GUERRE 1914-1918

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(il apparaît que les faits peuvent être à des dates légèrement différentes)

 

Jeudi 1er avril 1915.

242ème jour de la guerre, 197ème jour de la bataille de l’Aisne et du Nord: au sud-ouest de Péronne, devant Dompierre et au nord de Berry-au-Bac, lutte de mines sur plusieurs points du front; en Woëvre, à l'ouest du bois Le Prêtre, nous avons occupé le village de Fey-en-Haye, repoussé plusieurs attaques et avons fait de nombreux prisonniers.

Sur le front du Niémen, les Russes, après un violent combat, poursuivent leur offensive.

Toutes les contre-attaques autrichiennes, dans les Carpathes sont repoussées. La marche en avant des Russes dans le Caucase continue.

Dans les Dardanelles, les opérations de repêchage des torpilles s'opèrent sous la protection de cuirassés qui bombardent les batteries turques.

A l'entrée du Bosphore, la flotte russe a coulé un torpilleur turc et gravement endommagé un autre.

 

Vendredi 2 avril 1915.

243ème jour de la guerre, 198ème jour de la bataille de l’Aisne et du Nord: rien d'important à signaler sur l'ensemble du front; près de Dompierre, plusieurs tranchées allemandes sont détruites à la mine; en Argonne, à Bagatelle, une tentative d'attaque allemande est arrêtée net; en Woëvre, la gare de Vigneulles a été bombardée par nos avions.

Les Russes continuent à avancer sur le front à l'ouest du Niémen et dans les Carpathes.

Plusieurs milliers de comitadjis bulgares, vêtus d'uniformes militaires, ont envahi, à l'improviste, le territoire serbe à Valandovo; les Serbes ont dû se retirer jusqu'à Stroumitza et, grâce à l'arrivée de troupes venant de villes voisines, ils ont pu reprendre l'offensive et poursuivre les comitadjis au delà de la frontière.

           (1) France : La classe 1917 est appelé par « mesure de simple prévoyance »

 

Samedi 3 avril 1915.

244ème jour de la guerre, 199ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: dans la région de la Somme, à Dompierre et à La Boisselle, la guerre de mines continue à l'avantage des Français; près de Lassigny, une attaque allemande a été arrêtée net; en Alsace, à Burnhaupt-le-Haut, nous repoussons deux attaques allemandes.

Les succès russes continuent sur le Niémen et dans les Carpathes.

Les sous-marins coulent quatre vaisseaux anglais, un vaisseau norvégien et un bateau français; ces navires étaient tous de petit tonnage, environ 500 tonnes en tout; les sous-marins semblent tenir beaucoup au nombre pour produire une plus forte impression, et ils n'hésitent pas à couler les navires de pêche, que protègent cependant les conventions internationales.

 

Dimanche 4 avril 1915.

245ème jour de la guerre, 200ème jour de la bataille de l’Aisne et du Nord: la journée a été calme sur tout l'ensemble du front, sauf en Woëvre où nous avons continué à progresser; nous nous sommes emparés du village de Regniéville, à deux kilomètres et demi de Fey-en-Haye, que nous avions occupé le 1er avril.

De nombreux combats de détails, dont quelques-uns très violents, se livrent sur presque tout le front, à l'ouest du Niémen et dans les Carpathes, mais la marche en avant des Russes continue.

 

Lundi 5 avril 1915.

246ème jour de la guerre, 201ème jour de la bataille de l’Aisne et du Nord: journée de pluie et de brouillard sur tout le front; en Argonne, au sud-est de Vauquois, nous nous emparons d'une partie d'un ouvrage ennemi; au sud-est de Saint-Mihiel, au bois d'Ailly, nous enlevons trois lignes successives de tranchées, nous progressons au sud-est du bois d'Ailly, au Bois Brûlé; au nord-est de Regniéville, nous nous emparons de quelques positions allemandes.

Un navire anglais et un navire américain ont été torpillés; un navire allemand de 2 500 tonnes a heurté contre une mine et a coulé.

(1) L’armée française lance une offensive de grande envergure sur la Moselle et sur la Meuse.

 

Du 5 au 12 avril 1915 :

(2) Combats aux Eparges. Les opérations commencèrent le 5 avril et durèrent 4 jours, quatre jours de lutte et de souffrance. Elles n’ont pas eu d'équivalent parmi toutes les attaques menées depuis le début de la guerre. L'objectif assigné fut le fameux point X qui était considéré comme la clef de la position.

 

Mardi 6 avril 1915.

247ème jour de la guerre, 202ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: journée de pluie sur tout le front, marquée cependant de progrès appréciables de notre part; à l'est de Verdun, nous nous sommes emparés du village de Gussainville et de quelques collines environnantes; vers le petit village de Maizeray, puis au bois d'Ailly, au bois Brûle et au bois Le Prêtre, nous nous emparons de quelques tranchées; enfin, au sud-est d'Hartmannswiller, nous progressons aussi et nous faisons des prisonniers.

Six grands vapeurs allemands ont été coulés par leurs propres mines entraînées à la dérive.

Les Russes avancent dans les Carpathes, malgré l'épaisse couche de neige qui couvre les sommets. Dans le Caucase, quelques combats locaux, tous à l'avantage des Russes.

On se bat sur un front de 2668 kilomètres!

A l'ouest, les troupes françaises occupent 870 kilomètres, les troupes anglaises 50 kilomètres, les troupes belges 28 kilomètres: total, 948 kilomètres.

A l'est, nos alliés russes ont à faire face à un front de 1370kilomètres. .

Au sud, les vaillants Serbes et Monténégrins occupent un front de 350 kilomètres.

(1) En échange de sa neutralité, l’Italie exige de l’Autriche, le Tyrol du Sud et la ville de Trieste avec l’Istrie. L’Autriche s’y refuse.

 

Mercredi 7 avril 1915.

248ème jour de la guerre, 203ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: continuation du mauvais temps, cependant l'armée belge enlève un détachement allemand qui avait réussi à passer sur la rive gauche de l'Yser, au sud de Driegrachten; à l'est de Verdun, direction d'Etain et de Pareid, nous nous rendons maîtres de deux lignes de tranchées; aux Eparges, nous faisons un bond en avant important malgré les contre-attaques allemandes fauchées par notre artillerie; même succès au bois d'Ailly, au bois Brûlé et au bois Le Prêtre où nous restons maîtres des positions conquises et faisons de nombreux prisonniers parmi lesquels des hommes de la garde prussienne.

Dans la région de l'ouest du Niémen, des combats de détail continuent.

Dans les Carpathes, malgré le renfort des troupes allemandes, les contre-attaques sont arrêtées; tous les sommets de la chaine principale des Beskides tombent aux mains des Russes.

Les forts intérieurs des Dardanelles sont bombardés par des croiseurs et des hydro-aéroplanes anglais et français.

En Egypte, à quelques milles au nord-est de El-Kantara, un détachement de cavalerie turque est mis en fuite par les patrouilles anglaises.

Le gouvernement grec envoie une note à la Bulgarie lui faisant ressortir l'inconvénient grave d'incursions de bandes de comitadjis contre les voies de chemins de fer.

 

Jeudi 8 avril 1915.

249ème jour de la guerre, 204ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: en Belgique, combats d'artillerie, ainsi que dans la vallée de l'Aisne et à l'est de Reims; les Allemands essaient vainement de reprendre le fortin de Beauséjour perdu sur leur front de Champagne; entre Meuse et Moselle, les résultats de nos efforts sont décisifs:

1° sur les fronts nord-est et est de Verdun, nous enregistrons un gain de vingt kilomètres de largeur sur trois kilomètres en profondeur.

2° sur les Hauts-de-Meuse, aux Eparges, nous avons conquis le plateau, point stratégique de haute importance

3° près de Saint-Mihiel, nous nous emparons du sud-ouest du bois d'Ailly

4° dans la Woëvre méridionale, entre le bois de Mortmare et le bois Le, Prêtre, nous occupons un front de 7 à 8 kilomètres de long sur 3 kilomètres en profondeur: les contre-attaques violentes sont repoussées et l'ennemi fait des pertes formidables.

En Alsace, trois aviateurs français jettent des bombes sur la gare de Habsheim et le hangar d'avions de cette place.

Le corps expéditionnaire d'Orient, placé sous le commandement du général d'Amade, se concentre

à Ramleh, station balnéaire près d'Alexandrie; un attentat est commis, mais échoue, contre le Khédive d'Egypte.

             Du 1er au 7 avril, les sous-marins allemands ont coulé 5 navires jaugeant 7 904 tonnes. Un sous-marin allemand, avarié, est rentré à Anvers.

Gal D’Amade

La capture d'un navire suédois par les Allemands soulève de violentes protestations à Stockholm.

Une conférence commence entre les délégués suédois et les délégués russes pour régler la question de la réunion des deux pays par un chemin de fer.

           (3) Poursuivant les négociations avec l’Autriche-Hongrie, l’Italie demande, outre le Trentin, les iles Curzolari, Vallona, l’autonomie de Trieste et la reconnaissance de la prépondérance italienne en Albanie en échange de sa neutralité. Le comte Burian refuse.

           (3) La ville de Zeïtoun (Cilicie) es t prise d’assaut par les troupes ottomanes. La population est désarmée, les notables arrêtés ou pendus et des déportations massives sont effectuées vers la région de Deïr-ez-Zor, dans le désert de Syrie.

 

Vendredi 9 avril 1915.

250ème jour de la guerre, 205ème jour de la bataille de l’Aisne et du Nord: les troupes britanniques repoussent une attaque allemande près de Kermel; les troupes belges envahissent une tête de pont sur la rive droite de l'Yser; en Champagne, une action locale à Beauséjour tourne à notre avantage; entre Meuse et Moselle, de nouveaux progrès sont réalisés; les Eparges, qui dominent la plaine de Woëvre, sont complètement à nous: les combats à la baïonnette ont été terribles, plus de 30 000 Allemands, depuis le commencement de l'action, sont tombés là; au bois d'Ailly, nous prenons 6 mitrailleuses, 2 lance-bombes et 400 mètres de front; au bois Mortmare, malgré 15 contre-attaques, nous gardons nos positions.

A l'ouest du Niémen, on signale des actions secondaires.

Dans les Carpathes, les Russes effectuent avec succès la traversée de la chaîne principale; la bataille générale qui est engagée près des plaines de Hongrie couvre plus de 100 milles de l'est à l'ouest.

Au Caucase, dans la région côtière, quelques fusillades sont signalées.

L'exportation des pommes de terre est interdite, sous toutes ses formes, en Hollande.

Une conférence des délégués chinois et des délégués japonais, réunis à Pékin, étudie un règlement concernant le régime de la Mandchourie.

           (3) L’éperon des Eparges, dont la crête domine la plaine de la Woëvre, est repris par les troupes françaises après plus de 2 mois de siège. Les troupes allemandes l’avaient conquis le 21 septembre 1914.

 

Samedi 10 avril 1915.

251ème jour de la guerre, 206ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord : accalmie sur tout le front; Reims est de nouveau bombardé; entre la Meuse et la Moselle, nous faisons de nouveaux progrès: au bois d'Ailly et au bois de Mortmare, nous enlevons des tranchées et prenons 5 mitrailleuses et un lance bombes; au nord de Regniéville, nous élargissons notre position; en Lorraine, une demi-compagnie, qui avait poussé jusqu'à Bezanges-la-Grande, a été enveloppée par des forces supérieures et faite prisonnière.

A l'ouest du Niémen, les Russes enlèvent deux lignes de tranchées, font 600 prisonniers et s'emparent de 8 mitrailleuses.

En Pologne, la pluie torrentielle et les inondations arrêtent les hostilités.

Dans les Carpathes, malgré la neige, le dégel et les intempéries, les Russes s'approchent de la vallée d'Uszok.

Le Kronprinz-Wilhelm, mouillé dans les eaux américaines, a reçu l'ordre de l'Amirauté allemande de suivre l'exemple du Prince-Eitel et de se laisser interner: ce corsaire avait été surpris par un sous-marin américain qui lui ordonna de se rendre au quai sanitaire.

La nouvelle du départ de M. Venizelos, chef de la majorité de la Chambre hellénique, en désaccord avec le roi de Grèce, sur l'entrée immédiate de son pays dans les rangs des Alliés, cause une profonde émotion en Grèce.

           (3) Comme la Grande-Bretagne le 12 mars, la France souscrit à son tour au mémorandum russe du 4 mars relatif aux cessions territoriales.

 

Dimanche 11 avril 1915.

252ème jour de la guerre, 207ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: au nord d'Albert, les Allemands ont prononcé sur les deux rives de l'Ancre une attaque qui a été repoussée; dans l'Argonne, nous avons pris 300 mètres de tranchées ennemies; au bois d'Ailly, nous gagnons une nouvelle ligne de tranchées; au bois Le Prêtre, à la lisière ouest du Quart-en-réserve, nous réalisons également une avance et prenons une mitrailleuse: la neige, la pluie et le vent ont fait rage pendant toute la journée. Nos avions ont lancé des obus de 155 sur la gare maritime et la fonderie de Bruges. Le Président de la République, accompagné de M. Millerand, ministre de la Guerre, s'est rendu au milieu des troupes françaises qui opèrent dans le Nord; il est allé ensuite au quartier général belge saluer le roi Albert et la reine.

Le vapeur français Frédéric-Franck a été torpillé: il a pu néanmoins, avec son équipage, arriver à Portsmouth.

Dans les Carpathes, les Russes développent une violente action dans la région du col d'Uszok.

 

Lundi 12 avril 1915.

253ème jour de la guerre, 208ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: en Belgique, sur l'Ancre, entre l'Oise et l'Aisne, et en Champagne, duels d'artillerie; entre Meuse et Moselle, surtout aux Eparges, malgré de violentes contre-attaques, nous organisons les positions conquises au cours des journées précédentes.

Destruction d’un magasin rue Victor à Nancy dans la nuit

du 11 au 12 avril

Un dirigeable allemand a jeté sur Nancy 7 bombes: deux commencements d'incendie ont été facilement éteints. Un Zeppelin a survolé l'île hollandaise d'Ameland.

Plusieurs steamers anglais ont été attaqués par des hydravions allemands, mais ils ont peu souffert; plusieurs vapeurs sont torpillés par des sous-marins allemands.

La bataille des Carpathes, depuis la direction de Bartfeld jusqu'à celle de Stry, évolue avec une

grande intensité: les Russes font 2 700 prisonniers, dont 530 officiers ;

dans les autres secteurs, les rencontres entre les éléments en reconnaissance deviennent plus fréquents.

Le destroyer anglais Fox, envoyé en éclaireur, franchit une distance de 10 milles, à très grande vitesse, dans les Dardanelles; le cuirassé anglais London entre également dans le détroit: les batteries turques de la côte adriatique ont seules été actives.

Avec le concours d'un hydravion, le cuirassé français Saint-Louis bombarde, dans le voisinage de Gazo, un campement turc.

Un avion français bombarde Smyrne.

Le cours du mark allemand, à New-York, subit une perte de 1/5 de sa valeur nominale

           (3) Ouverture de la conférence des partis socialistes hongrois, autrichien et allemand qui se tient à Vienne jusqu’au 13. Les participants se prononcent en faveur de la création – après la guerre- d’un tribunal d’arbitrage international.

 

Mardi 13 avril 1915.

254ème jour de la guerre, 209ème jour de la bataille de l’Aisne et du Nord: journée calme sur l'ensemble du front; à l'est de Berry-au-Bac, nous nous emparons d'une tranchée allemande; en Argonne et entre Meuse et Moselle, combats à coups de bombes et de grenades d'une tranchée à l'autre. Nos avions bombardent avec succès les hangars militaires allemands de Vigneulles (dans la Woëvre) et dispersent un bataillon en marche.

Sur le front russe, accalmie: le dégel printanier a mis les routes en mauvais état.

Le bombardement des Dardanelles reprend.

En Mésopotamie, à Schaiva, une expédition turque est défaite par les Anglais.

Le gouvernement bulgare, pour empêcher de nouveaux incidents de Comitadjis en territoire serbe, prend des mesures militaires sévères à l'entrée de la frontière

Une note du comte Bernstorff ambassadeur de l'Allemagne aux Etats-Unis, rendue publique, reproche aux Etats-Unis de fournir du matériel de guerre aux Alliés: la grande presse neutre d'Amérique proteste contre cette incorrection d'ordre diplomatique.

Von Bernstorff

 

Mercredi 14 avril 1915.

255ème jour de la guerre, 210ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: l'ennemi commence une nouvelle attaque des positions belges sur l'Yser, au sud de Dixmude; journée calme sur le reste du front, sauf aux Eparges où les contre-attaques allemandes sont repoussées; au bois d'Ailly et au bois de Mortmare, où nous progressons, des prisonniers et de nombreuses munitions restent entre nos mains. Un Zeppelin a jeté des bombes au-dessus de Bailleul: notre terrain d'aviation n'a pas été atteint; des avions allemands ont dû atterrir dans nos lignes, près de Lieuville; un autre, atteint par notre feu, est tombé.

Un Zeppelin, le Z-9, a survolé pendant 35 minutes le littoral du Northumberland (comté anglais

au sud de l'Ecosse) et a jeté des bombes, sans résultats sérieux, sur différentes cités, non loin de Newcastle.

Deux vapeurs anglais et un vapeur hollandais ont été torpillés; des bâtiments de guerre allemands ont saisi 4 chalutiers à vapeur hollandais.

Légère offensive des Allemands en Prusse orientale; en Pologne, il y a quelques engagements dans les lignes avancées.

C'est dans les Carpathes qu'a lieu le grand effort: les troupes autrichiennes renforcées de troupes allemandes se livrent à de nombreuses contre-attaques que les Russes repoussent avec succès.

 

Jeudi 15 avril 1915.

256ème jour de la guerre, 211ème  jour de la bataille de l'Aisne et du Nord : au nord d'Arras, brillant succès qui nous rend maître de tout l'éperon sud-est de Notre-Dame-de-Lorette; au sud, à Ovillers, près de la Boisselle, nous progressons; dans tout le secteur de l'Argonne, à

Fontaine-aux-Charmes, à Bagatelle et à Meurissans, nous bouleversons les tranchées allemandes et notre ascendant s'affirme; aux Eparges, nous sommes violemment bombardés ; au bois d'Ailly, nous prenons 400 mètres de tranchées sur 100 mètres en profondeur; en Alsace, au nord de Lauch, dans la direction de Schepfenriethkopf (sud-ouest de Metzeral), nous avançons de 1500 mètres. Le lieutenant aviateur Garros abat un taube entre Ypres et Armentières; un aviateur allemand lance des bombes sur l'hôpital de Mourmelon; un de nos avions jette cinq bombes sur le grand quartier général allemand, à Mézières-Charleville; un de nos dirigeables bombarde la gare de Frihourg-en-Brisgau; enfin, une

R. Garros

escadrille des avions français bombarde avec succès les bâtiments militaires allemands d'Ostende.

Le front russe de la grande bataille des Carpathes est, à ce jour, de 380 kilomètres environ et quatre millions d'hommes sont en présence: l'offensive russe s'exerce de la vallée du Dniester à la Tbeiss.

Dans la mer Noire, les torpilleurs russes, sur la côte d'Anatolie, détruisent i vapeurs et plusieurs voiliers ravitaillant les Turcs.

Sur la côte méditerranéenne de Syrie, près de Saint-Jean-d'Acre, un croiseur français détruit un pont de la voie ferrée.

           (1) L’Autriche fixe à 50 ans l’âge limite d’incorporation.

           (3) Au nord du lac de Van, dans la région que les Russes viennent d’évacuer, les Turcs ravagent 80 villages et massacrent 24000 Arméniens jusqu’au 18.

 

Vendredi 16 avril 1915.

257ème jour de la guerre, 212ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: aucune action nouvelle importante; à Notre-Dame-de-Lorette, les contres-attaques allemandes sont arrêtées net; il en est de même aux Eparges; au bois Mortmare, nous faisons sauter un dépôt de munitions allemand.

Des zeppelins, accompagnés de taubes, survolent quelques villes des comtés anglais d'Essex et de Suffolk, s'arrêtant à 70 kilomètres de Londres : les bombes allument quelques incendies rapidement éteints.

Les aviateurs français et anglais lancent 40 bombes sur plusieurs villes allemandes de la rive droite du Rhin et incendient la gare de Haltingen.

L'activité allemande augmente dans la Prusse orientale.

Dans les Carpathes, les Russes commencent un mouvement offensif, dans la direction de Rostok.

Un cuirassé anglais bombarde Kilid-Bahr, sur la côte européenne, à l'endroit, le plus resserré des Dardanelles.

La flotte russe bombarde Kara-Burun, à l'intérieur des lignes de Tchataldja.

Un cuirassé français bombarde efficacement les ouvrages d'El-Arish (port syrien entre le canal de Suez et Gaza) et les troupes turques signalées autour de cette place.

 

Samedi 17 avril 1915.

258ème jour de la guerre, 213ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: dans la vallée de l'Aisne, notre artillerie lourde bombarde avec succès les grottes de Pasly (non loin de Soissons) qui abritent des troupes allemandes; en Champagne, au nord-est de Perthes et au nord de Mesnil, nous résistons victorieusement à l'artillerie ennemie; dans les Vosges, nous réalisons de sensibles progrès sur les deux rives de la Fecht: rive nord, nous nous emparons de l'éperon ouest du Sillakerwassen; rive sud, nous enlevons le sommet du Schnepfonriethkopf (1225 mètres d'altitude), point culminant du massif.

Dans la mer du Nord, un vapeur grec est torpillé par un sous-marin allemand.

L'artillerie serbe ouvre le feu contre l'île d'Anakale, sur le Danube; les Autrichiens ripostent en bombardant Tekia, sur la rive serbe.

Dans les Carpathes, les Russes s'emparent d'une hauteur au sud-est de Polen; autour du col d'Uzsok, un combat se livre au cours duquel les troupes austro-allemandes perdent 18000 hommes.

Dans le Caucase, après avoir essuyé une fusillade, près du littoral, les Russes progressent vers le sud.

Le croiseur britannique Minerva et des contre-torpilleurs obligent un torpilleur turc à s'échouer sur les côtes de l'île de Chio, dans la mer Egée.

Un sous-marin anglais s'échoue à la pointe de Kephis, dans les Dardanelles: l'équipage est fait prisonnier par les Turcs.

           (3) Dans le cadre des négociations sur les « Vingt et Une demandes » transmises à la Chine le 18 janvier, les japonais acceptent de revenir sur quelques revendications (notamment concernant la Mongolie-Intérieure) à condition que toutes les autres soient acceptées.

           (3) Au lendemain de l’assassinat d’Ishkan, l’un des trois chefs dachnaks de Van, le député arméniens de Van, Vramian, est arrêté chez Djevdet pacha, commandant en chef des troupes frontalières turques.

 

Dimanche 18 avril 1915.

259ème jour de la guerre, 214ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord : journée relativement calme; les troupes britanniques enlèvent, près de Zvartele, en Belgique, 2110 mètres de tranchées allemandes; dans la vallée de l'Aisne, au bois de Saint-Mard, nous chargeons à la baïonnette et infligeons des portes sérieuses à l'ennemi; en Champagne, au nord-ouest de Perthes, nous enlevons 60 mètres de tranchées allemandes; en Lorraine, près de la forêt de Parroy, nous repoussons facilement de petites attaques; en Alsace, les attaques allemandes à Orbey et au Petit Reichackerkopf coûtent de lourdes pertes à l'ennemi.

Un avion belge abat un avion allemand près de Roulers; une de nos escadrilles bombarde avec succès un terrain d'aviation allemand en Belgique; des avions allemands survolent Belfort, endommageant seulement quelques hangars et quelques caisses de poudre.

L'aviateur français Garros est obligé d'atterrir à Ingelmunster (10 kilomètres au nord de Courtrai)

et est fait prisonnier.

La fonte des neiges et la crue des rivières arrêtent la plupart des opérations dans les Carpathes

et en Bukovine; près de Polen, du Strij et dans la chaîne de la Rozancka, les troupes russes prononcent des attaques, font des prisonniers et prennent des mitrailleuses et des lance-bombes.

Un croiseur français, assisté d'un hydravion, bombarde un camp turc, au sud de Gaza, et lui inflige des pertes considérables.

           (3) Le comte de Romanones, chef du parti libéral espagnol, souligne dans un discours que, l’équilibre de la Méditerranée étant sur le point d’être rompu à l’Est par la prise de Constantinople, il doit en compensation être rétabli à l’Ouest par l’annexion de Tanger au domaine espagnol.

           (3) Contraint d’atterrir à Ingelmunster, près de Courtrai, dans les lignes ennemies, le sous-lieutenant Roland Garros est fait prisonnier après avoir abattu plusieurs avions allemands depuis le 1er avril.

 

Lundi 19 avril 1915

260ème jour de la guerre, 215ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: l'action heureuse des troupes britanniques, commencée le 17, se termine aujourd'hui par l'occupation complète de la côte 60, à l'est d'Ypres, qui domine la campagne; aux Éparges et au bois Mortmare, les contre-attaques allemandes sont repoussées; progrès sensibles dans les Vosges, sur les deux rives de la Fecht: nous occupons une série de hauteurs importantes au point de vue stratégique; au cours de cette action, nous enlevons un secteur d'artillerie de montagne et deux mitrailleuses.

Un aviateur anglais incendie un hangar de dirigeables allemands, près de Gand.

Un sous-marin allemand torpille un chalutier; un autre chalutier, qui tente de sauver l'équipage, essuie des coups de feu et est obligé de se retirer; un vapeur hollandais heurte une mine et sombre.

Dans les Carpathes, de nombreux renforts continuent d'affluer d'Allemagne: l'offensive austro-allemande, contre les hauteurs de Polen, marquée par une ténacité exceptionnelle, échoue.

Les forces anglaises occupent Keemanshoop, deuxième ville du Sud-Ouest africain.

 

Mardi 20 avril 1915.

261ème jour de la guerre, 216ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: dans la région de

Soissons le secteur de Reims et l'Argonne des actions d'artillerie assez vives sont signalées: 50 obus incendiaires sont lancés sur Reims; sur le reste du front, il n'y a que quelques contre-attaques allemandes, d'ailleurs repoussées; au bois de Mortmare, entre Meuse et Moselle, nous prenons une ligne de tranchées ennemies.

En Galicie orientale, les Russes repoussent une attaque autrichienne, près de Gorlice; une escadrille

d'avions allemands lance une centaine de bombes sur Biélostok et sa banlieue: il y a des tués et des blessés parmi la population civile; un zeppelin envoie des bombes sur la ville de Ciechanow.

           (1) Le ministre du trésor britannique, David Llyod George, exige le passage à l’économie de guerre.

           (3) Début du siège de Van par les troupes ottomanes. Les 30000 Arméniens retranchés ne disposent que de 1500 hommes armés de peu de munitions.

 

Mercredi 21 avril 1915.

262ème jour de la guerre, 217ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: en Belgique, des attaques se produisent contre les tranchées occupées par les troupes britanniques à la côte 60; elles sont repoussées: l'ennemi a perdu sur ce point, depuis le 17 avril, environ 4 000 hommes; en Champagne et en Argonne, quelques attaques locales sont arrêtées net par notre artillerie; au nord de Flirey, nous enlevons une nouvelle tranchée allemande et la relions aux nôtres: notre gain des derniers jours porte ainsi sur un front continu de plus de 700 mètres.

Le nombre total des bateaux de pêche et des navires marchands britanniques détruits depuis le début des hostilités à ce jour est de 168; il est de 2 du 14 au 21 avril.

Les Russes font sur le front oriental des expéditions aériennes: plusieurs de leurs aéroplanes «dreadnoughts », capables de transporter une vingtaine de passagers, bombardent la gare de Soldau; un avion allemand jette des bombes sur Varsovie et Lomza.

La réponse des Etats-Unis à la note de M. Bernstorff, ambassadeur d'Allemagne à Washington, lui est remise: le ministre des Affaires étrangères, M. Bryan fait connaître que les États resteront neutres, mais continueront la vente et l'exportation des armes et munitions aux Alliés.

 

W. Bryan

 

Jeudi 22 avril 1915.

263ème jour de la guerre, 218ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: au nord d'Ypres et à la cote 60, les troupes britanniques repoussent de violentes contre-attaques allemandes; près de Saint-Mihiel, dans la forêt d'Apremont, au lieu dit « la Tête-de-Vache », nous enlevons deux lignes successives de tranchées; en Alsace, nous continuons à progresser sur les deux rives de la Fecht. Un taube survole Amiens et blesse deux personnes.

Toute navigation entre le Royaume-Uni et la Hollande est momentanément suspendue.

Le tsar de Russie, Nicolas, arrive en Galicie et prend connaissance personnellement du rapport sur les opérations. Les Autrichiens bombardent la position des Monténégrins, et leur infanterie prononce plusieurs attaques, toutes repoussées.

Dans les Carpathes, les Austro-Allemands attaquent les hauteurs occupées par les Russes dans la région de Polen, mais inutilement.

En Mésopotamie, des détachements anglais poursuivent les Turcs: ceux-ci sont maintenant à 50 milles de Bassorah.

En Perse, des troupes turques ont occupé quelques territoires; les soldats persans se retirent sans combattre.

        (1)  Offensive allemande, avec utilisation de gaz à Ypres.

Tsar Nicolas II

(2) Première utilisation de gaz asphyxiants à Steenstraate et à Ypres par les Allemands.

           (3) Le catholicos (chef de l’Eglise orthodoxe) arméniens demande à l’Italie d’intervenir diplomatiquement auprès des autorités turques pour faire cesser les persécutions et les massacres.

           (3) Sur le front de Stenstraate, lors d’une offensive déclenchée contre le saillant d’Ypres, les Allemands utilisent pour la première fois des gaz toxiques. Il s’agit ici de gaz suffocants et vésicants, à base de sulfure d’éthyle dichloré, que l’on appelle ypérite. L’ensemble de la division française recule, ouvre une brèche sur le front et se trouve incapable de contre-attaquer. L’emploi des gaz de combat est interdit depuis la convention de la Haye du 29 juillet 1899.

Dimanche

           (3) Débarquement d’un corps expéditionnaire allié dans la presqu’ile de Galllipoli en renfort des forces navales des Dardanelles. Pour faciliter cette opération, les flottes alliées poursuivent pendant ce temps le bombardement des forts et l’attaque des côtes.

 

Vendredi 23 avril 1915.

264ème jour de la guerre, 219ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: vifs engagements en Belgique; les troupes belges, dans la boucle de l'Yser, au nord de Dixmude, infligent de fortes pertes à l'ennemi; au nord d'Ypres, dans la nuit du jeudi au vendredi, les Allemands emploient, en grande quantité, contrairement à la convention de la Haye, des bombes asphyxiantes dont l'effet est ressenti jusqu'à 2 kilomètres en arrière de nos lignes et nous font reculer: nos contre-attaques, appuyées des troupes anglaises et belges, ont permis de regagner du terrain; au bois d'Ailly, nous prenons 700 mètres de tranchées et faisons une centaine de prisonniers dont 3 officiers; dans la forêt d'Apremont, à la Tête-de-Vache, nous progressons et notre artillerie fait exploser deux dépôts de munitions et anéantit presque totalement une compagnie d'infanterie allemande.

Deux zeppelins se dirigeant sur Blyth ont dû rebrousser chemin; les aviateurs anglais de la région d'Ypres forcent les avions allemands à s'éloigner; les aviateurs français mettent en fuite deux taubes qui survolent Hazebrouck.

Le tsar de Russie arrive à Przemysl et visite la place.

Les Autrichiens échouent dans leur tentative d'attaque des positions russes de la région de Volossati.

Les Serbes opèrent un coup de main, au nord de Semlin, contre les canonnières fluviales ennemies.

Les opérations des flottes alliées dans les Dardanelles sont reprises: une escadre a bombardé les forts intérieurs, tandis qu'une autre escadre bombardait la côte, à l'entrée du golfe de Saros.

 

Samedi 24 avril 1915.

265ème jour de la guerre, 220ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: l'effort violent des Allemands pour exploiter les surprises provoquées par les bombes asphyxiantes échoue: nous regagnons peu à peu le terrain, soutenus par les troupes belges et britanniques qui remanient au fur et à mesure leur 3 positions; en Champagne, au saillant nord du fortin Beauséjour, combat local à notre avantage; aux Éparges, au bois d'Ailly et à la forêt d'Apremont, nous maintenons nos gains.

Des détachements allemands, sur le front oriental, attaquent sans succès les positions russes, entre Calvarria et Ludwinow.

Dans les Carpathes, l'intensité du feu de l’artillerie ennemie augmente, mais les attaques dans la région du col d'Uszok sont repoussées.

(2) Arrestation et déportation de plus de 600 intellectuels arméniens de Constantinople par les Jeunes-Turcs. Date considérée symboliquement comme marquant le début du génocide des Arméniens.

 

Dimanche 25 avril 1915

266ème jour de la guerre, 221ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: en Belgique, nos contre-attaques, vers le nord, sur la rive droite de l'Yser, se poursuivent avec succès, en étroite liaison avec nos alliés ; les Allemands ont deux corps d'armée et continuent l'emploi des gaz asphyxiants; en Argonne, nous enlevons une tranchée ennemie et prenons deux mitrailleuses; sur les Hauts-de-Meuse, à la tranchée de Calonne, combat local à notre avantage.

Sur le front oriental, accalmie.

Les négociations austro-italiennes et balkaniques se poursuivent activement.

              Le corps expéditionnaire franco-anglais, sous les ordres du général Hamilton, débarque dans la presqu'île de Gallipoli. Bombardement des forts des Dardanelles et du Bosphore par les troupes alliées.

Hamilton

(2) Débarquement d'un corps expéditionnaire allié aux Dardanelles. Échec de l’expédition de Gallipoli, qui coûte la vie à plus 200 000 soldats britanniques sur 400 000 engagés, provenant pour la plupart du Commonwealth (fin en juillet).

 

Lundi 26 avril 1915.

267ème jour de la guerre, 222ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: les troupes britanniques au nord-est d'Ypres et les troupes françaises le long du canal de l'Yser font des progrès sensibles et infligent de grosses pertes aux Allemands; ceux-ci se servent à nouveau de gaz asphyxiants, mais un moyen de protection a été mis en service dans nos tranchées et dans celles des alliés; sur les Hauts-de-Meuse, malgré l'extrême violence de l'effort allemand, nous restons maîtres de notre front Eparges-Saint-Rémy, tranchée de Calonne; dans les Vosges, l'ennemi a réussi à prendre pied au sommet de l'Hartmannsviller.

Les aviateurs anglais bombardent les gares de Courtrai, de Tourcoing, de Roubaix, de Staden, de Roulers; un taube survole Belfort, sans pouvoir lancer de bombes.

Dans la direction de Strij, combat acharné: un bataillon autrichien tout entier se rend.

L'armée russe du Caucase occupe, dans la direction d'Olty, plusieurs points importants du territoire turc.

(1) Londres : Accord secret de l’Italie avec les alliés, lui occtroyant des compensations territoiriales si elle déclare la guerre à l’Autriche.

(2) Traité secret de Londres entre l’Entente et l’Italie qui s’engage à entrer en guerre contre les empires centraux dans un délai d’un mois. Les Alliés acceptent les revendications du 9 mars.

           (3) Signature à Londres d’un pacte secret par lequel l’Italie s’engage à intervenir dans le conflit dans un délai d’un mois. En contrepartie, ses revendications territoriales présentées le 9 mars sont acceptées par les Alliés.

 

Mardi 27 avril 1915.

268ème jour de la guerre, 223ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: consolidation de nos progrès et des progrès des troupes britanniques et belges dans la région d'Ypres; le sommet de l'Hartmannsviller (le Vieil-Armand) est repris par les troupes françaises qui avancent encore de 200 mètres.

Nos avions bombardent les gares de Bollwiller, de Chambley et d'Arnaville.

Le croiseur-cuirassé Léon-Gambetta, battant pavillon du contre-amiral Senès, est torpillé par un sous-marin autrichien, dans l'Adriatique, au large d'Otrante: tous les officiers ont péri à leur poste; il y a 110 marins français survivants.

Des éléments ennemis manifestent une grande activité dans la direction de Tilsitt et Yourbourg, sur le Haut-Niémen.

             Dans les Carpathes, combats acharnés près du col d'Uszok

Les troupes alliées, dans la péninsule de Gallipoli, avancent avec l'appui efficace des navires.

Funérailles à Nancy des victimes d’un taube

(1) Newport : Les Etats-Unis arraisonnent 2 croiseurs allemands.

(1) Courlande : Offensive allemande sur le front oriental.

           (3) Offensive allemande au nord du Niémen, en Courlande, conçue par l’état-major allemand comme une diversion lui permettant de préparer l’offensive en Galicie

 

Mercredi 28 avril 1915.

269ème jour de la guerre, 224ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: notre progression continue au nord d'Ypres: les pertes des Allemands sont extrêmement élevées; sur les Hauts-de-Meuse (front des Eparges à la tranchée de Calonne) nous gagnons 1000 mètres.

Nos aviateurs bombardent les hangars de zeppelins de Friedrichshafen et la gare, les ponts et l'usine de Léopoldshoehe.

Au nord et à l'ouest du Niémen, sur tout le front, le contact entre Russes et Autrichiens devient plus étroit.

Dans les Carpathes, près du col d'Uszok, l'ennemi a attaqué sans succès une hauteur au nord-est de Loubnia.

Au Caire, la cavalerie indienne met en fuite une troupe turque.

 

Jeudi 29 avril 1915.

270ème jour de la guerre, 225ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: en liaison avec les armées britanniques et belges, nous continuons notre avance; accalmie sur le reste du front occidental.

Dunkerque est bombardé par une vingtaine d'obus lancés par une artillerie allemande de gros calibre.

Des avions allemands bombardent Epernay. Trois taubes survolent Belfort, causant des dégâts insignifiants.

Dans les Dardanelles, les attaques des navires turcs sont brisées par le feu de la Queen-Elisabeth.

           (3) Dans le but de provoquer un soulèvement et de justifié ainsi les massacres en cours, un communiqué officiel du ministère de la Guerre turc dénonce l’animosité des Arméniens du Caucase et des Provinces arméniennes contre les Turcs, suscité par des comités établis en Europe

 

Vendredi 30 avril 1915.

271ème jour de la guerre, 226ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: progression régulière des troupes françaises et alliées au nord d'Ypres, dans la région de Steenstraete, sur une profondeur de 500 mètres à 1 kilomètre; Dunkerque reçoit à nouveau une dizaine d'obus de gros calibre; Reims reçoit plus de 500 obus dont beaucoup d'obus incendiaires: le feu a pu être circonscrit.

Un de nos dirigeables bombarde les voies ferrées et les hangars de la région de Valenciennes; deux zeppelins et des avions allemands lancent des bombes incendiaires sur Ipswich et Bury (comté anglais de Suffolk) et sur Walton (port de l'Essex): ce raid n'a aucune suite.

Des troupes alliées avancent dans la direction de Gallipoli (à l'extrémité du détroit des Dardanelles) et du fort de Nagara (côte asiatique).

(1) Attaque aérienne allemande sur la Grande Bretagne.

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