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GUERRE 1914-1918 |
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Vendredi 1er janvier 1915. 153ème jour de la guerre, 108ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: combats d'artillerie de la mer à Reims; nous détruisons plusieurs ouvrages allemands. En Argonne, de violentes attaques et contre-attaques dans le bois de la Grurie ont été à la fin favorables aux Français. Violentes canonnades dans la région de Verdun. Aux environs de Toul, près de Flirey, six contre-attaques ennemies ont été vaillamment repoussées. En Haute-Alsace, nous continuons à progresser pied à pied dans Steinbach; les gares de Metz et d'Arnaville ont été bombardées par nos avions. Nancy a reçu des bombes lancées par des Taubes. Un cuirassé anglais, le Formidable a été torpillé et a coulé. (par le sous-marin U24) Les Allemands reconnaissent leur échec en Pologne, et les Autrichiens en Galicie. Les Russes avancent dans les Carpathes.
Samedi 2 janvier 1915. 154ème jour de la guerre, 109ème jour de la bataille de l'Aisne el du Nord: violentes canonnades de la mer à l'Aisne; la région de Reims a été très vivement bombardée par l’ennemi. Dans la région de Perthes, nous avons enlevé un bois à 2 kilomètres au nord-est de Mesnil-les-Hurlus. En Argonne, dans le bois de la Grurie, quelques tranchées perdues par nous ont été reprises presque aussitôt. Dans les Vosges, à Brémenil, à 3 kilomètres nord-est de Badonviller, nous avons repoussé une violente attaque de l'ennemi qui a subi des fortes perles. A Steinbach, notre infanterie enlève trois nouvelles lignes de maisons. Les Russes débouchent des Carpathes et provoquent une vive panique en Hongrie. En Pologne, une nouvelle et très violente attaque allemande contre les Russes, sur la Bzoura, a complètement échoué.
Dimanche 3 janvier 1915. 155ème jour de la guerre, 110ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: le temps, très mauvais, entrave considérablement les opérations; le sol est détrempé; de la Lys à Arras, le calme a été presque complet, malgré quelques canonnades isolées. Après un violent combat d'artillerie dans la région d'Albert et de Roye, nous avons pu progresser de 500 mètres près de La Boisselle (hameau situé a 5 kilomètres au nord est d'Albert) sur le plateau de Touvent (Le plateau de Touvent est situé è 15 kilomètres à l'est de Compiègne et à 5 kilomètres au nord d’Attichy), notre artillerie
En Pologne, une guerre de tranchées semble devoir succéder à l'échec de l'offensive allemande. L'armée russe du Caucase remporte une grande victoire sur les Turcs à Sarykamish, près d’Ardagan. (1) (Paris) : Des prières publiques sont organisées dans toutes les églises pour le succès des alliés
Lundi 4 janvier 1915. 156ème jour de la guerre, 111ème jour de la bataille de l’Aisne et du Nord: temps toujours pluvieux; la journée, sauf encore quelques duels d'artillerie isolés, a été complètement calme de la mer à l'Oise; nous faisons de nouveaux et sensibles progrès dans les environs de Perthes et de Mesnil-les-Hurlus. En Argonne, une attaque de nos troupes pour enlever Boureuilles, au sud-ouest de Varennes a échoué; nous continuons à progresser dans le bois Le Prêtre. En Haute-Alsace, nous enlevons le village entier de Steinbach et une hauteur importante à l'ouest de Cernay.
(3) A Sarikamisch, dans le Caucase. Fin de la bataille qui opposait depuis le 25 décembre 1914 les Turcs aux Russes. Ceux-ci capturent le 9ème corps d'armée turc et s'emparent d'Ardahan.
Mardi 5 janvier 1915 157ème jour de la guerre, 112èmejour de la bataille de l'Aisne et du Nord: malgré l'état du sol détrempé par les pluies, les Alliés ont progressé dans les dunes en face de Nieuport, notamment dans la région de Saint-Georges où nous avons enlevé maisons et tranchées et où nous avons progressé de 200 à 500 mètres. Dans la région de Lens, l'ennemi nous a pris des tranchées que nous avons reprises après une contre-attaque. Dans la région de Saint-Mihiel, nous avons enlevé plusieurs positions stratégiques allemandes. En Alsace, nous progressons du côté d'Orbey, au sud-est du col du Bonhomme, et du côté de Cernay. Les Russes reprennent leur marche sur Cracovie; l'armée autrichienne parait en pleine retraite. Des navires italiens sont à Durazzo; l'Albanie est en pleine révolution. Le cardinal Mercier aurait été arrêté par les Allemands après l'envoi de sa lettre pastorale. (1) Les Russes gagnent la bataille des Quatre-Rivières.
Mercredi 6 janvier 1915. 158ème jour de la guerre, 113ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: deux attaques des Allemands dans la région des dunes et au sud-est de Saint-Georges ont été repoussées; de la Lys à l'Oise, il n'y a eu que des combats d'artillerie; légère avance de nos batteries au nord-ouest de Reims. En Argonne, tranchées perdues, puis reprises; nous avons fait sauter 800 mètres de tranchées allemandes, près du ravin de
Jeudi 7 janvier 1915. 159ème jour de la guerre, 114ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: de violentes attaques des Allemands ont été partout repoussées; dans la région de Lille, nous avons repris une tranchée que nous venions de perdre, et nous avons fait sauter quelques ouvrages allemands. En Argonne, combats d'artillerie avantageux pour nous. En Woëvre, au nord-ouest de Flirey, nous nous sommes rendus maîtres d'une partie de la première ligne ennemie. En Haute-Alsace, le combat n'a pas cessé; nous avons progressé vers Altkirch. La pluie persistante retarde toutes les opérations. En Pologne, nombreux combats sur le front. L'invasion russe continue en Galicie et en Bukovine. (3) Le président Yuan Che-k’ai (Yuan Shikai) demande au Japon de retirer ses troupes du territoire chinois considérant que les opérations militaires dans le Chan-tong (Shandong) sont achevées
Vendredi 8 janvier 1915. 160ème jour de la guerre, 115ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: en Belgique, légère avance vers Lombaertzyde où nous avons enlevé un mamelon occupé par l'ennemi, et aussi à l'est de Saint-Georges; nous avons aussi un peu progressé dans la région d'Arras, où toutefois nous avons dû, dans le bois de Berthonval (hameau de la commune de Mont-Saint-Eloi, dans le Pas-de-Calais, à 8 kilomètres N.-N.-O. d'Arras), évacuer quelques parties de tranchées, sans que nous ayons subi d'attaque, mais parce que, par suite des pluies, les hommes étaient enlisés jusqu'aux épaules. Dans la région de Reims, violent combat, entre Bétheny (à 2 kilomètres au nord de Reims) et Prunay (à 14 kilomètres au S.-E. de Reims), dans lequel l'ennemi a subi de fortes pertes, tandis que les nôtres sont minimes. Au nord de Soissons, nous avons enlevé une redoute allemande, conquis deux lignes ennemies et repoussé trois contre-attaques. En Argonne, à la Haute-Chevauchée, une violente attaque allemande, à la suite de l'explosion de quelques-unes de nos tranchées de première ligne, nous a forcés à nous replier d'un kilomètre, mais, par une contre-attaque, nous avons réoccupé nos positions. En Haute-Alsace, dans la région de Thann et d'Altkirch, nous avons repris à l’ennemi des tranchées qu'il nous avait prises, et même gagné du terrain à l'est de ces tranchées. (1) Publication d’un rapport sur les violations des droits commises par les Allemands en France lors de l’invasion. (3) Le Journal officiel publie un rapport sur les « violations du droit des gens » commises par les Allemands en France au moment de l’invasion, qui recense les pillages, incendies, massacres dont la population a été victime
Samedi 9 janvier 1915. 161ème jour de la guerre, 116ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: le mauvais temps persiste sur tout le front, et dans toute la région du Nord il n'y a guère que des combats d'artillerie; toutefois, entre Arras et Amiens nous enlevons un certain nombre de tranchées et nous repoussons une violente attaque vers Perthes-les-Hurlus dont nous nous emparons. Pour se venger, les Allemands bombardent Soissons dont ils incendient le Palais de justice. En Haute-Alsace, les Allemands, après avoir reçu des renforts importants, réoccupent, au prix de grosses pertes, Burnaupt-le-Haut. Les Russes atteignent la chaîne de montagnes séparant la Bukovine de la Hongrie. Les Allemands sont battus au Cameroun.
Dimanche 10 janvier 1915. 162ème jour de la guerre, 117ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: combats d'artillerie de l'Aisne à l'Oise; l'ennemi continue à bombarder Soissons. Dans la région de Perthes-les-Hurlus et près de Beauséjour, au nord-est de Reims, nous faisons quelques progrès. Nous repoussons quelques attaques dans les Hauts-de-Meuse et en Haute-Alsace. Des avions et des Zeppelins volent au-dessus de Calais et de Dunkerque, essayant d'atteindre Douvres; obligés devant la chasse qu'on leur donne de rebrousser chemin, ils jettent des bombes sur Malo-les-Bains et tuent cinq civils. Les Russes envahissent la Hongrie par la Bukovine; ils occupent plusieurs points de la Transylvanie. Les Monténégrins battent les Autrichiens.
Lundi 11 janvier 1915. 163ème jour de la guerre, 118ème jour de la bataille de l’Aisne et du Nord: combats d artillerie de la mer à l'Oise et de l'Aisne à l'Argonne; nous progressons de 200 mètres au nord de Perthes; dans la région de Soissons, nous enlevons deux lignes de tranchées et nous nous emparons d'une importante position. Dans le Caucase, la bataille entre les Russes et les Turcs continue avec acharnement. (3) Décidés à « libérer l’Egypte du joug anglais », les Turcs lèvent 40000 hommes sous le commandement de Djemel pacha pour s’emparer du cana de Suez
Mardi 12 janvier 1915 164ème jour de la guerre, 119ème jour de la bataille de l’Aisne et du Nord: combats très violents au nord-est de Soissons où les Allemands ne réussissent pas à reprendre les positions qu'ils ont perdues. Combat extrêmement violent sur le fortin situé au nord de la ferme de Beauséjour: l'ennemi parvient à établir une tranchée à l'intérieur de l'ouvrage, mais nous en conservons la plus grande partie. Nous repoussons deux attaques dans les Hauts-de-Meuse. Vif combat favorable aux Français à Saint-Sauveur, à la frontière de Lorraine. Le mauvais temps, les tempêtes de neige continuent.
Mercredi 13 janvier 1915. 165ème jour de la guerre, 120ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: le mauvais temps (brouillard, pluie, neige, tempête) gêne considérablement la marche des opérations, surtout en Belgique. Entre Soissons et Berry-au-Bac, nous faisons sauter des batteries ennemies; des combats très acharnés se livrent au nord-est de Soissons, dans lesquels sont engagées des forces ennemies importantes; de nombreuses attaques et contre-attaques sont livrées sans résultats décisifs; toutefois, nous avons dû reculer jusqu'à l'Aisne et abandonner une hauteur importante, l'éperon 132; cet échec, très minime, dû à l'arrivée d'importants renforts ennemis, est tout à fait local. Violents combats d'artillerie en
Jeudi 14 janvier 1915. 166ème jour de la guerre, 121ème jour de la bataille de l’Aisne et du Nord: en Belgique, violente canonnade entre Nieuport et Ypres, malgré un brouillard intense; entre la Lys et l'Oise, dans les environs de Lens, notre artillerie a dispersé des travailleurs ennemis et bombardé efficacement quelques tranchées; au nord de Soissons, près de Crouy, de vifs engagements ont eu lieu toute la journée: nous avons légèrement progressé en certains points; dans d'autres nous avons, malgré les attaques réitérées de l'ennemi, conservé nos positions; mais à l'est devant Vrégny, nous avons dû céder. La crue de l'Aisne contrarie beaucoup nos communications, plusieurs ponts sont emportés; cependant nous nous établissons solidement au sud de la rivière, avec des têtes de pont sur la rive nord; les attaques ennemies dans le nord de Soissons sont enrayées; le succès partiel des Allemands est tout à fait local et n'a aucune influence sur le reste des opérations. Sur tout le reste du front, quelques canonnades intermittentes. Dans le Caucase, les Russes continuent à poursuivre les restes de l'armée turque. Sur la rive gauche de la Vistule, de nouvelles attaques allemandes ont été vigoureusement repoussées. (3) En Autriche-Hongrie, démission du ministre des Affaires étrangères Léopold Bertchold, Le comte Stephan Burianvon Rajecz lui succède. (3) Sur le front de l’Ouest, succès de l’offensive allemande sur Crouy, dans la région de Soissons, à la faveur d’une crue de l’Aisne Les troupes française doivent se replier après quinze jours de combats.
Vendredi 15 janvier 1915. 167ème jour de la guerre, 122ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: en Belgique, vifs combats de la mer à la Lys; les Alliés progressent sensiblement vers Lombaertzyde; dans la région d'Arras, les zouaves enlèvent brillamment à la baïonnette des positions ennemies, sur la route Lille-Arras; dans la région de Roye, notre artillerie démolit deux pièces ennemies, fait sauter un dépôt de munitions et bouleverse des ouvrages allemands; près de Soissons, les Allemands s'emparent du village de Saint-Paul qui est presque aussitôt repris par les Français; dans la région de Saint-Mihiel, une forte attaque allemande est arrêtée et nous détruisons les passerelles établies par l'ennemi sur la Meuse; dans les Vosges, vers Senones, nous détruisons des tranchées allemandes. Les Russes poursuivent les Turcs dans le Caucase. (1) En Allemagne, les prisonniers de guerre sont utilisés pour cultiver les zones marécageuses en friche.
Samedi 16 janvier 1915. 168ème jour de la guerre, 123ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: en Belgique, combats d'artillerie entre Nieuport et Ypres; de la Lys aux Vosges, plusieurs attaques ennemies sont repoussées, près de Perthes, au bois de Beauséjour, à La Boisselle, à Flirey; mais près de Carency, à Notre-Dame-de-Lorette, l'ennemi réussit à réoccuper une partie des tranchées qu'il avait perdues le 14; combats d'artillerie dans la région de Reims, ainsi que dans l'Argonne, dans les Vosges, particulièrement avantageux pour nous du côté de Clémery, à l'est de Pont-à-Mousson. Dans les Carpathes, neiges et froid intense interrompant les opérations.
Dimanche 17 janvier 1915. 169ème jour de la guerre, 124ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: en Belgique, nous continuons à progresser d'une manière très appréciable entre Nieuport et Lombaertzyde; nous prenons quelques tranchées et détruisons quelques ouvrages à la Grande-Dune et au sud de Saint-Georges; dans la région d'Arras, nous reprenons, après un vif combat à Blangy, la fonderie dont l'ennemi s'était emparé; nous progressons également dans la région de Perthes-Beauséjour; des attaques de l'ennemi sont arrêtées près de Troyon et de Beaulne. La neige entrave beaucoup les opérations dans l'Argonne et dans les Vosges. Les Russes reprennent l'offensive sur la Vistule.
Lundi 18 janvier 1915. 170ème jour de la guerre, 125ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: en Belgique, de la mer à l'Aisne, canonnades intermittentes, malgré la tempête et les pluies. Tempêtes et neige également dans les Vosges et en Haute-Alsace; deux violentes attaques allemandes sont repoussées à Vic-sur-Aisne, près d'Autréchy; La Boisselle, que nous avions momentanément évacuée à la suite d'un incendie ayant causé une violente explosion est brillamment reprise par les Français. Les Allemands bombardent Thann, en Alsace, et Saint-Paul, près de Soissons. Au nord-ouest de, Pont-à-Mousson, nous nous emparons de plusieurs ouvrages allemands au bois Le Prêtre. Les Russes repoussent vigoureusement plusieurs attaques allemandes sur la Vistule, et continuent dans le Caucase à poursuivre ce qui reste de l'armée turque. (3) Le gouvernement japonais envoie une liste de revendications à la Chine (les « vingt et Une Demandes ») dont l’acceptation par celle-ci conditionne la restitution de son territoire à bail de Kiao-tchéou (Jiaozhou). Outre des privilèges d’exploitations (mines, agriculture, voies ferrées, métallurgie), le Japon exige une zone d’influence exclusive dans le Chan-tong (Shandong), la Manchourie, la Mongolie et la Chine centrale. Placée dans un état de vassalité de fait, la Chine devra s’engager à ne pas céder une quelconque parcelle de territoire à une tierce puissance et accepter la tutelle japonaise sur toute son administration intérieure.
Mardi 19 janvier 1915. 171ème jour de la guerre, 126ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: en Belgique et dans la légion d'Arras, et même sur presque toute la totalité du front, les pluies et la neige entravent les opérations; dans la région de Reims, combats d'artillerie; violent combat à La Boisselle, où nous maintenons nos positions très vivement attaquées; au nord-ouest de Pont-à-Mousson, nous nous emparons d'environ 500 mètres de tranchées allemandes. Notre sous-marin Saphir est coulé par une mine dans les Dardanelles. En Angleterre, sur les côtes du Norfolk, plusieurs Zeppelins exécutent dans la soirée et dans la nuit un raid et lancent des bombes qui tuent quelques personnes et causent des dégâts à Yarmouth, Slteringham et Kingslina où ils visent tout particulièrement le palais royal que les souverains anglais avaient quitté quelques heures auparavant. Les Russes avancent en Prusse orientale et aussi au sud de la Transylvanie. (2) Premier bombardement aérien de civils par un Zeppelin au Royaume-Uni.
Mercredi 20 janvier 1915. 172ème jour de la guerre, 127ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: en Belgique, dans la région de Nieuport, les ennemis essaient en vain de détruire notre pont sur l'Yser; nous parvenons à détruire quelques uns de leurs ouvrages; à Notre-Dame de Lorette, entre Béthune et Arras, nous reprenons une tranchée après un violent combat; l'ennemi bombarde violemment Blangy, près d'Arras; trois attaques allemandes sont repoussées dans la région d'Albert; en Argonne, dans le bois de la Grurie, nous perdons et reprenons dans une contre-attaque deux tranchées; à la Fontaine-aux-Charmes, nous repoussons une violente attaque; nous avançons d'une centaine de mètres au nord-ouest de Pont-à-Mousson. Des neiges et un très grand froid arrêtent les opérations dans les Carpathes. Le froid fait de très nombreuses victimes. (3) Les troupes russes, qui ont occupé Ardanoutch à l’ouest d’Ardahan, obligent les armées turques à évacuer la région du Tchorok au sud-ouest de Batoum (Caucase).
Jeudi 21 janvier 1915. 173ème jour de la guerre, 128ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: de la mer à la Lys, combats d'artillerie; à Notre-Dame-de-Lorette, près d'Arras, nous repoussons une attaque allemande opérée après un violent bombardement des positions françaises; en Champagne, dans la région de Beauséjour, nous enlevons quelques positions ennemies, et nous progressons légèrement; en Argonne, près de Saint-Hubert, la canonnade allemande bouleverse nos tranchées, mais nous repoussons les attaques et gardons nos positions; à Saint-Mihiel, nous enlevons 150 mètres de tranchées allemandes; en Alsace, dans les environs de Thann, dans la région de Silberbach-Hartmannsweilerkopf (sommet de la chaîne des Vosges, au nord de Thann), on se bat violemment, et sans discontinuer depuis un jour: nous progressons lentement. Les Russes continuent à progresser en Bukovine. Dans la mer Noire, un torpilleur russe coule 12 bateaux turcs avec leur cargaison. A Berlin, on fête avec enthousiasme le raid des Zeppelins sur l'Angleterre. (2) Offensive russe dans les Carpates. (3) Début de l’offensive russe dans la région des Carpates. Les autrichiens, pour entraver l’avance russe vers les plaines de Hongrie, commence à concentrer leurs forces.
Vendredi 22 janvier 1915. 174ème jour de la guerre, 129ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: en Belgique, les Alliés progressent au delà de Lombaertzyde, les Allemands bombardent Nieuport; entre Ypres et l'Oise, notre artillerie remporte de sérieux avantages; en Champagne, plusieurs attaques allemandes sont repoussées; dans la forêt d'Apremont, nous devons céder 150 mètres de tranchées prises l’avant-veille à l'ennemi; dans le bois Le Prêtre, nous avons dû céder aussi une partie des tranchées précédemment conquises par nous. Les Allemands bombardent Saint-Dié, sans grand résultat; du col du Bonhomme au col de la Schlucht, notre artillerie fait taire l'artillerie allemande; le combat acharné continue à Hartmannsweiler. Une escadrille d'avions allemands bombarde Dunkerque; l'un d'eux est abattu; les consulats des Etats-Unis et de Norvège sont atteints. Des avions anglais bombardent la gare d'Ostende, endommageant des sous-marins dans le port de Zeebrugge et quelques ouvrages militaires de Bruges.
Samedi 23 janvier 1915. 175ème jour de la guerre, 130ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: en Belgique, le mauvais temps continue à contrarier les opérations; toutefois les Alliés progressent légèrement dans la région de Lombaertzyde; combats d'artillerie sur tout le front; des attaques allemandes sont repoussées dans les régions d'Arras, d'Albert, de Soissons, de Saint-Mihiel; en Haute-Alsace, particulièrement à Fontaine-Madame, de violentes attaques allemandes ont été repoussées; le combat acharné continue à Hartmannsweiler. En Pologne, l'offensive russe continue; l'offensive en Hongrie donne lieu à de violents combats dans les Carpathes.
Dimanche 24 janvier 1915 176ème jour de la guerre, 131ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: en Belgique, les forces allemandes, dispersées par suite des effets de notre artillerie, n ont pu mettre à exécution l'attaque qu'elles avaient préparée dans la région de Nieuport; dans la vallée de l'Aisne, notre artillerie a détruit plusieurs ouvrages allemands; en Argonne, au Four-de-Paris, violent combat après lequel nous conservons nos positions, sauf une quarantaine de mètres de tranchées démolies par la grosse artillerie, et inutilisables; en Haute-Alsace, continuation du combat de Hartmannsweiler où les Français atteignent les réseaux de fil de fer barbelé des Allemands. Dans la mer du Nord, la flotte anglaise arrête un raid allemand, coule le grand croiseur le Blücher, et endommage sérieusement deux autres. (1) (une bataille navale au large de Helgoland et sur le Doggerbank oppose allemands et Britanniques. Le cuirassé allemand « Blücher » est coulé, le croiseur « Lion » est endommagé.) (2) Victoire de la flotte britannique près du Dogger Bank sur l’escadre allemande (3) Dans les parages du Doggerbank, la flotte britannique inflige une sévère défaite à l’escadre allemande chargée d’attaquer le littoral. En 2 heures, le croiseur de bataille Blücher est coulé. (3) La Grèce ayant laissé entendre qu’elle pourrait intervenir aux côté de l’Entente si elle obtenait des compensations territoriales, le ministre britannique des Affaires étrangères, sir Edward Grey offre à Eleuthérios Vénizélos, Premier ministre grec, la cession de la région de Smyrne et l’ile de Chypre, annexée par la Grande-Bretagne le 5 novembre 1914
Lundi 25 janvier 1915. 177ème jour de la guerre, 132ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: en Belgique, nous progressons légèrement vers Saint-Georges; depuis la Belgique jusqu'en Argonne, des canonnades locales et quelques engagements dans lesquels les Allemands sont repoussés; sur la Meuse, notre artillerie détruit les ponts de Saint-Mihiel; en Lorraine, à Emberménil (dernière station sur la ligne du chemin de fer avant d'arriver à Avricourt. Le village est à 1 kilomètre au nord de la station qui est à 8 kilomètres à l'ouest d'Avricourt), nous surprenons et nous capturons un détachement bavarois; une brume intense arrête les opérations dans les Vosges et en Alsace. En Russie, à Libau, un Zeppelin, qui tentait de bombarder la ville, a été abattu.
Mardi 26 janvier 1915. 178ème jour de la guerre, 138ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: dans la région d'Ypres, à l'est d'Ypres, nous arrêtons une forte attaque allemande, nous faisons 300 prisonniers; dans les régions de La Bassée, à Givenchy et à Guinchy (à 3 kilomètres au sud-ouest de La Bassée, sur le canal de La Bassée.), cinq attaques dirigées contre les lignes anglaises sont vivement repoussées avec de grandes pertes pour les Allemands; dans la région de Craonne, nous réoccupons des tranchées que les Allemands nous avaient prises, après les avoir bouleversées; en Argonne, quelques combats à notre avantage, particulièrement à Saint-Hubert et à Fontaine-Madame; en Alsace, les Allemands bombardent sans grands résultats Thann, Lembach (à 2 kilomètres au sud de Thann, au pied des Vosges) et Sentheim (à 6 kilomètres à l'ouest de Pont-d'Aspach, sur la ligne de Cernay à Massevaux). En Bukovine, les Russes avancent vers la Hongrie. (3) Poursuite de la guerre des tranchées en Artois et en Picardie consolidant le front par des attaques locales, les troupes anglo-françaises prennent Givenchy-en-Gohelle, près de Lens. (3) En vue de son intervention dans la guerre aux côté des Alliés, la Grèce exige une protection contre une éventuelle menace bulgare ainsi que l’assurance d’une alliance avec la Roumanie, avant de poursuivre les négociations avec la Grande-Bretagne.
Mercredi 27 janvier 1915. 179ème jour de la guerre, 134ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: nombreux combats d'artillerie de Nieuport jusqu'à Soissons; nous repoussons plusieurs contre attaques dans la région de Craonne; à la Creute, le combat est très violent: les Allemands nous prennent des tranchées qu'ils perdent peu après, laissant un millier de morts sur le champ de bataille; en Argonne, à Saint-Hubert, nous repoussons vigoureusement quatre attaques de l'ennemi.
Jeudi 28 janvier 1915. 180ème jour de la guerre, 135ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: la journée a été relativement calme sur tout le front. En Belgique, combats d'artillerie; les Allemands bombardent Zonnebecke; dans l'Aisne et dans l'Argonne, il n'y a eu aussi que des luttes d'artillerie; dans les Vosges, nous progressons sensiblement au nord de Senones dans le Ban-de-Sapt; en Alsace, nous avançons également dans la région d'Ammertzviller, malgré un violent bombardement. (1) A Paris, découverte d’un trafic de fournitures volées organisé par un proche de Caillaux. (3) Le gouvernement britannique accepte le principe d’une opération contre le détroit des Dardanelles, projet présenté par le ministre de la Marine Winston Churchill avec un triple objectif : contrôler Constantinople, obliger le gouvernement ottoman à signer la paix et surtout ouvrir les détroits au trafic maritime. (3) Le colonel Edward House, envoyé spécial du président Wilson, quitte Washington pour une mission de reconnaissance en Europe destinée à engager des négociations de paix sur la base de l’évacuation de la France et de la Belgique. (3) Soutenue par l’Allemagne, le gouvernement italien négocie sa neutralité dans le conflit et demande à l’Autriche-Hongrie de lui céder Trentin comme compensation.
Vendredi 29 janvier 1915. 181ème jour de la guerre, 136ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord; en Belgique, les Français, après un très vif combat, s'emparent de la Grande-Dune près de Nieuport, et s'y établissent; plusieurs attaques de l'infanterie ennemie sont repoussées entre Ypres et Arras; les Anglais repoussent une attaque allemande à La Bassée; des avions allemands bombardent Dunkerque et y tuent quelques habitants; des avions français bombardent des cantonnements allemands dans les régions de Laon, de La Fère et de Soissons; à l'est de Soissons, deux tentatives de l'ennemi pour traverser l'Aisne sont brisées. La Chambre française vote le projet de loi gouvernemental sur le retrait des naturalisations des Austro-Allemands. L'offensive russe progresse sur tout le front.
Samedi 30 janvier 1915. 182ème jour de la guerre, 137ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: luttes d'artillerie sur presque tout le front; ces luttes sont partout favorables aux Alliés; à La Bassée, les Anglais ont repris toutes les tranchées qu'ils avaient dû céder momentanément; au sud d'Arras, les Allemands bombardent l'église de Fouquevilliers; en Argonne, très sérieux combat au bois de La Grurie, dans lequel Français et Allemands ont subi des pertes importantes; nos troupes ont dû reculer d'environ 200 mètres; près de Fontaine-Madame, trois attaques allemandes ont été repoussées; en Woëvre, près de Flirey, les Allemands ont fait exploser des mines destinées à bouleverser nos tranchées, mais elles n'ont détruit que les leurs. Des sous-marins allemands, au mépris du droit des gens, ont torpillé cinq navires de commerce, dans la Manche, en face du Havre, et dans la mer d'Irlande.
Dimanche 31 janvier 1915. 183ème jour de la guerre, 138ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: la lutte d'artillerie continue sur tout le front; elle est particulièrement vive dans le Nord: notre artillerie a pris partout l'avantage; une attaque allemande au sud d'Ypres a été repoussée. A Nancy, un Zeppelin est chassé par le feu de nos canons, mais un Taube bombarde une école maternelle; il ne fait aucune victime. Les Russes, en Prusse orientale, s'avancent vers Tilsitt; dans les Carpathes, ils battent les Autrichiens dans plusieurs combats; en Perse, ils s'emparent de la ville de Tabritz, que les Turcs avaient occupée. Dans la mer Noire, des torpilleurs russes coulent plusieurs voiliers turcs. En Italie, une imposante manifestation en faveur de la guerre a lieu à Rome. |