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GUERRE 1914-1918 |
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Dimanche 1er août 1915. 365ème jour de la guerre : en Alsace, l'ennemi attaque sans succès nos positions ; entre Meuse et Moselle, un bataillon allemand, surpris, est en partie détruit; les avions allemands bombardent Pont-à-Mousson et le plateau de Malzéville, près de Nancy. En Russie, le président de la Douma ouvre la séance en affirmant la volonté du pays de mener la lutte à bonne fin : le discours est salué de chaleureuses acclamations. Sur l'Isonzo, les opérations italiennes pour développer la tête de pont de Plava continuent avec succès. Au nombre des personnes tuées dans le nouveau torpillage d'un paquebot, l’Ibérian, par un sous-marin allemand, se trouvent quelques Américains.
Lundi 2 août 1915 366ème jour de la guerre : les engagements à coups de pétards et de grenades et les luttes de mines se généralisent sur le front français ; sur les Hauts-de-Meuse, entre les Eparges et la tranchée de Calonne, une violente attaque allemande est arrêtée par nos feux d'artillerie ; Arras, Soissons, Pont-à-Mousson et Manoncourt-sur-Seille sont bombardés avec des obus incendiaires par les Allemands. En Russie, l'ennemi avance sur le front de la Narew ; dans la région d'Ivangorod, les Russes reculent peu à peu ; dans la mer Noire et sur la côte d'Anatolie, les torpilleurs russes détruisent dix voiliers ennemis. La flotte italienne est maîtresse du golfe de Trieste; en Carnie, les Italiens avancent et consolident leurs gains. Partout, dans les Etats alliés et dans les Etats impériaux, l'anniversaire de la déclaration de guerre donne lieu à des manifestations.
Mardi 3 août 1915. 367ème jour de la guerre : en Argonne, dans le secteur Saint-Hubert, Marie-Thérèse, Fontaine-aux-Charmes, cote 213, la lutte est vive : les Allemands ne peuvent déboucher. Le ministre de la Guerre publie une note montrant les dangers des cuirasses et autres appareils à protection pour militaires : ces appareils ont pour effet de déformer les balles et de donner ainsi aux blessures un caractère d'extrême gravité. Dans la direction de Riga, les Russes se replient au delà de la rivière Ekau ; les forces allemandes qui ont traversé la Vistule progressent sur une distance considérable. Les Autrichiens tentent un coup de main sur le Carso, mais les Italiens leur infligent de lourdes pertes. (1) Un sous-marin allemand arraisonne le navire de commerce américain « Pass of Bahama » et le conduit jusqu’à Cuxhaven. (3) Le ministre britannique des Affaires étrangères sir Edward Grey envoie au nom de l’Entente une note à la Bulgarie lui précisant l’étendue et la date de remise des territoires réclamés en échange de son intervention. Mécontentement de la Grèce qui oppose une fin de non-recevoir le 12 et de la Serbie ont la réponse, le 15 constitue un refus pur et simple.
Mercredi 4 août 1915.
(3) Organisation du contrôle parlementaire sur la Défense nationale. Après accord entre les groupes politiques de la Chambre et le président du Conseil René Viviani, il est décidé que les commissions parlementaires désigneront l’un de leurs membres pour des « missions temporaires » et d’ »objet déterminé » destinées à contrôler la défense nationale.
Jeudi 5 août 1915. 369ème jour de la guerre : dans les Vosges, l'action allemande est vive : nous perdons quelques éléments de tranchées, sur la crête du Linge. Varsovie est occupée par les Allemands : les Russes effectuent leur retraite en bon ordre. Au Parlement français, lecture d'un message de M. Poincaré affirmant, une nouvelle fois, l'union sacrée et la volonté des Alliés d'imposer une paix qui garantira la sécurité de l'Europe. (1) Les troupes allemandes prennent Varsovie. (2) Les troupes allemandes prennent Varsovie, Lublin et Cholm
Vendredi 6 août 1915. 370ème jour de la guerre : combats locaux sur le front français ; en Lorraine, les Allemands font un grand effort autour de nos positions de Reillon qu'ils ne peuvent prendre ; deux taubes jettent quelques bombes dans la vallée de la Meurthe. L'archevêque de Riga a quitté la ville avec le clergé : on se bat sur les bords de la Missa, à dix milles en amont de cette ville. Trois dirigeables italiens bombardent avec succès des campements autrichiens et des gares : l'un d'eux, après avoir survolé Pola, tombe à la mer. (1) Les députés au Conseil d’empire autrichien exigent la création d’un royaume réunifié de Pologne avec la Galicie, uni à la monarchie habsbourgoise.
Samedi 7 août 1915. 371ème jour de la guerre : en Argonne, les Allemands renouvellent vainement leurs attaques contre la cote 213; dans la forêt d'Apremont, le bombardement se poursuit avec intensité. Les Russes effectuent leur retraite en donnant d'énergiques contre-attaques et en faisant éprouver aux Allemands de lourdes pertes : le butin des Allemands est presque nul. Après un combat acharné, les Italiens sont parvenus sur les sommets dominant Gorizia, dont la chute parait imminente. La Chambre française vote le retour au « pain bis », c'est-à-dire le blutage donnant un taux de 74 p. 100 de l'extraction de la farine de blé et l'adjonction de 5 p, 100 de farine de seigle ou de riz. (1) France : La Chambre donne le droit au gouvernement de réquisitionner le blé à 30 francs le quintal. (3) Le corps d’armée britannique commandé par le général Ian Hamilton débarque dans la baie de Suvia (Gallipoli) mais ne parvient pas à déborder les positions turques de la région d’Ananfarta.
Dimanche 8 août 1915. 372ème jour de la guerre : dans les Vosges, l'ennemi bombarde nos positions du Linge et de Sehratzmaennele et s'empare d'une trentaine de mètres de tranchées françaises. Les Allemands avancent dans la direction de Riga. L'Italie adresse à la Porte une demande catégorique d'explications et de réparations : les sujets italiens à Constantinople sont particulièrement molestés. Un grand conseil de guerre des états majors allemands et autrichiens, présidé par le kaiser assisté de l'archiduc héritier d'Autriche et du kronprinz, est annoncé. (3) Début de l’offensive allemande sur la ligne du Niémen. Kovno capitule le 17 août.
Lundi 9 août 1915. 373ème jour de la guerre : des navires anglais canonnent la côte belge et un avion bombarde Bruges; un contre-torpilleur anglais heurte une mine dans la mer du Nord et coule; journée mouvementée dans le secteur d'Arras : toutes les attaques allemandes sont repoussées ; en Argonne, l’ennemi attaque nos postes avancés : il est rejeté par notre feu. Trente-deux avions français de bombardement, escortés d'avions de chasse, bombardent la gare et les usines de Sarrebrûck : des incendies sont observés ; quatre de nos avions ne rentrent pas dans nos lignes. L'état-major de Vienne et de Berlin envisage la possibilité d'une nouvelle attaque de la Serbie comme conséquence du refoulement des Russes vers l'est; les Russes arrêtent les Allemands à 37 kilomètres de Riga. Les Turcs, malgré les assurances du Gouvernement bulgare que la Bulgarie restera neutre, fortifient Andrinople et les lignes de Tchataldja.
Mardi 10 août 1915. 374ème jour de la guerre : les Allemands entourent quelques villes de Belgique, notamment Courtrai, de fortes défenses de fils de fer barbelés : personne n'est autorisé à sortir sans permission spéciale ; journée calme sur le front français ; on ne signale que des actions d'artillerie : en Artois, dans la vallée de l'Aisne (région de Troyes), aux lisières de l'Argonne et en forêt d'Apremont. Une escadrille de zeppelins visite le littoral oriental de la Grande-Bretagne, faisant peu de dégâts ; des hydravions français bombardent un zeppelin qui rentre désemparé à Ostende ; nous effectuons un bombardement de nuit de ce port. Les Russes repoussent tous les assauts à Kovno. Une campagne est menée en Italie pour qu'il soit laissé un million d'hommes du lac de Garde à l'Isonzo et distribué l'autre million entre la Belgique et la presqu'île de Gallipoli. La ville de Gaza, base de ravitaillement des troupes turques, au nord de la Palestine, est presque entièrement démolie par un croiseur français.
Mercredi 11 août 1915 375ème jour de la guerre: en Argonne, très violent bombardement de nos positions à l'est de la route de Vienne-le-Château-Binarville : les Allemands réussissent à garder un élément de nos tranchées de première ligne. Les opérations les plus importantes du front oriental sont les attaques allemandes contre la forteresse de Kovno et la marche sur le chemin de fer Varsovie-Vilna : l'ennemi vise l'occupation de Vilna que la plupart des fonctionnaires russes ont évacué. Les Autrichiens bombardent Bari, Santo Spiritto et Molfetta, sans occasionner de dommages appréciables ; dans la haute Adriatique, un sous-marin autrichien est torpillé par un submersible italien et coule.
Jeudi 12 août 1915. 376ème jour de la guerre : sur le front français, luttes locales à coups de pétards et de grenades, sans résultats de part et d'autre. Une flottille de destroyers allemands sort d'Ostende en reconnaissance: devant le feu violent de nos batteries terrestres, les unités ennemies rentrent à leur port d'attache. Deux zeppelins survolent le littoral anglais et ne causent que des dégâts peu importants. La population civile de Dvinsk évacue cette ville de 100000 âmes, située à 200 kilomètres au nord-est de Kovno déjà évacué ; la flotte allemande de la Baltique se sert maintenant comme base du port de Libau pris aux Russes. Un croiseur français détruit à coups de canon les ateliers allemands de Jaffa qui fabriquent des armes et des munitions et construisent des bateaux destinés à l'attaque du canal de Suez. Les Autrichiens bombardent Belgrade avec des obusiers de gros calibres ; les Serbes ripostent en bombardant Semlin et Pantchevo.
Vendredi 13 août 1915. 377ème jour de la guerre : rien à signaler sur le front français, si ce n'est des actions d'artillerie en Artois, en Argonne où la canonnade a été accompagnée d'une lutte à coups de grenades et de pétards, et en forêt d'Apremont. Le but de l'état-major allemand se dessine en Russie: il essaie de s'emparer de la ligne naturelle de la base défensive russe, sur la Dvina, le Niémen, le Bug et le Dniester, qui relie le golfe de Riga à la frontière roumaine. Aucun événement d'importance sur le front italien : les communiqués ne mentionnent que de petites escarmouches. Un sous-marin anglais torpille, dans les Dardanelles, une canonnière turque.
Samedi 14 août 1915. 378ème jour de la guerre : en Argonne, l’ennemi prononce une attaque sur tout le front du secteur Marie-Thérèse : il est repoussé par notre feu et subit des pertes sensibles. L'activité de la flotte allemande, dans la Baltique, augmente : l'Allemagne semble viser l'occupation des îles d'Aland ; une manœuvre heureuse du général Alexieff, autour de Vlodawa, dégage la retraite russe entre la Vistule et le Bug: les Allemands doivent reculer. L'ambassadeur de Turquie à Berlin est rappelé sur la demande du kaiser, l'ambassadeur ayant, dans un rapport, exprimé l'avis que l'Allemagne et l'Autriche étaient à la période d'épuisement qui déterminera leur chute.
Dimanche 15 août 1915. 379ème jour de la guerre : bombardements réciproques et violents en Artois (secteur de Souchez et de Roclincourt), en Champagne (fortin de Beauséjour) et en Lorraine (région de Leintrey et Reillon). Un groupement de 19 avions bombarde les parcs et dépôts allemands de la vallée de Spada : 108 obus sont lancés sur les objectifs. Sur le front de la Narew au Bug, les Allemands continuent leurs furieuses attaques, éprouvant des pertes terribles. Les Autrichiens évacuent les villes de la vallée de Sugana, notamment Borgo, cité de 12000 âmes : la population est envoyée à Innsbruck, fuyant les troupes italiennes qui progressent. Des avions et un croiseur anglais bombardent la ville d’Idjadik, près de Smyrne ; les Turcs perdent 2 000 hommes.
Lundi 16 août 1915. 380ème jour de la guerre : nos batteries causent à l'ennemi des portes sensibles dans la région de Quennevières et sur le plateau de Nouvron; elles endommagent sérieusement les ouvrages allemands près de Berry-au-Bac; l'ennemi ayant envoyé des obus sur Saint-Dié, nous tirons sur les gazomètres de Sainte-Marie-aux-Mines qui font explosion et nous incendions une fabrique allemande à l'est de Munster.
pendant quelques jours l'armée française du Nord et l'armée anglaise.
Mardi 17 août 1915.
Les sous-marins alliés se trouvant dans la mer de Marmara empêchent le ravitaillement par mer des troupes ottomanes. (1) France : vote de loi Dalbiez destinée à combattre les « embusqués ».
Mercredi 18 août 1915. 382ème jour de la guerre ; combat local furieux sur la crête de Sondernach : nous gardons et consolidons les positions conquises hier. Des zeppelins font une incursion sur les comtés de l'est de l'Angleterre : il y a une quarantaine de civils blessés et quelques tués.
le 4 août et Varsovie, Lublin et Cholm le 5 août.
Jeudi 19 août 1915. 383ème jour de la guerre : grande activité sur le front français, principalement dans les Vosges, au sommet du Linge : nous nous emparons d'une nouvelle tranchée allemande à la crête de Schratzmaennele. Le fort de Kovno tombe aux mains des Allemands, la sécurité des Russes sur la ligne Brest-Litovsk est menacée et la ligne du Niémen devient moins sûre; les vaisseaux russes qui protègent l'entrée du golfe de Riga se replient, après un combat, sur une position plus proche, à cause de la supériorité de la flotte ennemie. Aux Dardanelles, dans la zone sud, combats de patrouille et luttes d'artillerie ; dans la zone nord, l'aile gauche anglaise réalise des progrès dans la plaine d'Anafarta. (3) Dans le vilayet d’Alep, à Ourfa, les 28000 Arméniens de la ville se réfugient dans leurs quartiers et entament une résistance armée tandis que massacres et déportations se poursuivent dans tout l’Empire. (3) Le transatlantique Arabic de la White Star Line est torpillé et coulé près de l’Irlande par un sous-marin allemand. 40 disparus dont 2 citoyens américains.
Vendredi 20 août 1915. 384ème jour de la guerre : en Artois, après un violent tir d'artillerie et trois contre-attaques, l'ennemi réussit à reprendre pied dans les tranchées que nous lui avons enlevées sur le chemin d'Ablain à Angres. Les Allemands s'emparent de Novo-Georgiewsk, malgré l'opiniâtre défense des Russes. A Rome, le Conseil des ministres se réunit et examine l'état des rapports italo-turcs, la Turquie venant, par décret, d'interdire les communications en langue italienne. M. Venizelos accepte de former le nouveau ministère, en Grèce. A la Chambre française, importants débats sur le service sanitaire aux armées : M. Viviani annonce qu'il prendra la parole à la séance de jeudi prochain.
Samedi 21 août 1915 385ème jour de la guerre : les Allemands lancent une quarantaine d'obus sur Reims; en Alsace, nos engins de tranchées bouleversent les positions ennemies et y font sauter plusieurs dépôts de munitions. L'investissement de Brest-Litovsk, objectif immédiat des armées austro-allemandes, se resserre. Le gouvernement italien expédie l'ordre à l'ambassadeur d'Italie à Constantinople de présenter une déclaration de guerre à la Turquie. (1) (2) (3) L’Italie déclare la guerre à l’Empire Ottoman. (3) A Beyrouth, des patriotes libanais sont exécutés par les troupes de Djemal pacha, commandant turc de la IVème armée.
Dimanche 22 août 1915. 366ème jour de la guerre: en Artois, au nord de Souchez, et dans les Vosges, sur la crête de Sondernach, les attaques allemandes sont rapidement et facilement arrêtées. La flotte allemande pénètre dans le golfe de Riga, mais après avoir éprouvé de grosses pertes, les navires ennemis reculent. Les seules positions fortifiées que les Autrichiens détiennent encore sur le Carso sont les cols de Doberdo et de Harcottini : Doberdo est bombardé de façon ininterrompue.
Lundi 23 août 1915. 387ème jour de la guerre : l'ennemi lance quelques obus sur Arras, Montdidier et Reims; dans les Vosges, sur les crêtes du Linge-Barrenkopf, nous nous emparons de quelques tranchées allemandes. Deux torpilleurs d'escadre français coulent un destroyer allemand au large d'Ostende ; une importante flotte britannique bombarde Zeebrugge et Knocke, sur la côte belge. Les membres de la Douma votent un ordre du jour de félicitations à la marine russe pour l'exploit qu'elle a accompli dans le golfe de Riga en chassant les forces navales allemandes et mettant un dreadnought, deux croiseurs et huit torpilleurs ennemis hors de combat. Devant Goritz, les positions autrichiennes sont pressées jusqu'à une centaine de mètres, de sorte que le tir des troupes italiennes arrive jusqu'aux maisons de Goritz. Le secrétaire particulier du président Wilson, dans un discours, fait allusion à la crise grave actuelle entre les États-Unis et l'Allemagne. (2) Repoussés sur Brest-Litovsk, les Russes abandonnent la ligne du Bug. La Pologne est aux mains des empires centraux
Mardi 24 août 1915. 388ème jour de la guerre : dans les Vosges, violents combats sur les hauteurs situées à l'est de la Fecht ; nos avions bombardent les gares de Ternier et de Noyon, et la gare d'Offenbourg (grand-duché de Bade). Les Russes s'efforcent de contenir la poussée des armées austro-allemandes dans la direction de Kovno à Vilna; après l'évacuation des fortifications d'Ossowiecz par les troupes russes, celles-ci se replient en bon ordre. Les Autrichiens essaient, le long du front italien, des actions à distance avec l'aide de leur artillerie : cette action est promptement et efficacement contre-attaquée par les troupes italiennes. La Chambre serbe accepte les sacrifices de territoires qui permettraient de refaire la Ligue balkanique et de mettre cette Ligue au service de la Quadruple-Entente. (1) France : Le Figaro lance une pétition contre la censure politique.
Mercredi 25 août 1915. 389ème jour de la guerre : combats à coups de grenades et luttes de mines, sur le front français. Un de nos avions incendie la gare de Lorrach, dans le grand-duché de Bade, et une escadre de 72 avions survole les hauts fourneaux de Dilliggen (fabrique d'obus et de plaques de blindage), au nord de Sarrelouis, et les bombardent. Le groupe des armées austro-allemandes de Kovno opère sa jonction avec celui de la Courlande; les progrès de l'ennemi sont gênés par les boues de Pologne : les Austro-Allemands font de grands efforts pour saisir les routes de Wlodawa et de Brest-Litovsk. Les Turcs bombardent l'île Perim, à l'entrée de la mer Rouge. (1) Offensive franco-britannique en Artois et en Champagne qui se solde par des gains minimes de territoires.
Jeudi 26 août 1915. 390ème jour de la guerre : sur le front français, continuation de la lutte à coups de grenades et d'obus.
A la Chambre des députés, M. Viviani prononce un discours où il fait appel à l'union patriotique de tous les Français : l'affichage est voté et, à l'unanimité moins une voix, la Chambre approuve les crédits pour les sous-secrétariats à la guerre. (1) Le groupe d’armée de Mackensen prend Brest-Litovsk. L’ensemble de la Pologne est aux mains des puissances centrales. (3) Les vives attaques dont est victime à la Chambre le ministre de la Guerre Alexandre Millerand depuis le 13 sont muselées par un discours patriotique du président du Conseil René Viviani. (3) A la suite du discours de René Viviani, la chambre vote par 535 voix contre une, les crédits militaires. Elle suspend ses séances publiques jusqu’au 16 septembre 1915 (3) Le gouvernement allemand présente ses excuses aux Etats-Unis pour le torpillage de l’Arabic le 19 et offre une indemnité. Septembre 1915
Vendredi 27 août 1915. 391ème jour de la guerre : en Champagne, près de Suippes, l'offensive esquissée par les Allemands est repoussée ; en Alsace, vers Sondernach, nous prenons de nouvelles tranchées allemandes; es villages de Blénod-lès-Pont-à-Mousson, Thann et Vieux-Thann sont violemment canonnés par les Allemands. Sur le front oriental, les Russes continuent pas à pas leur retraite, abandonnant les unes après les autres les villes préalablement dévastées. Une statistique officielle porte que les Italiens ont jusqu'ici perdu 30000 hommes contre 100 000 aux Autrichiens, tués, blessés, ou prisonniers. Aux Dardanelles, les communiqués signalent des progrès obtenus par les Alliés : les Turcs se replient sur leur seconde ligne ; 10 000 Anglo-Français de renfort arrivent à Mudros.
Samedi 28 août 1915. 392ème jour de la guerre: nous bombardons, de façon intensive et efficace, des tranchées allemandes dans la région de Nieuport, et au nord d'Arras, à l'est de la route de Lille. Six avions allemands se dirigent vers Paris, lançant des bombes sur Nogent, Montmorency, Ribécourt et Compiègne (deux infirmiers et un enfant sont tués) : ces avions, pris en chasse par les nôtres, se sauvent ; l'un d'eux est abattu au nord de Senlis. Sur le front oriental, la retraite russe continue, couverte par des combats d'arrière-gardes; une tentative d'offensive de l'ennemi, au nord de Bieloslock, est arrêtée ; la garnison russe de Brest-Litovsk a pu rejoindre le gros de l'armée, après avoir fait sauter tous les ponts ; une grande bataille est engagée entre Russes et Autrichiens dans le secteur de Bessarabie. Les nouvelles et hardies opérations des Italiens se développent sur les rudes sommets du massif Dadamello (3000 mètres d'altitude); nos alliés gagnent du terrain.
Dimanche 29 août 1915. 393ème jour de la guerre : combat très violent près de Dixmude; notre artillerie poursuit son action continue sur le front occidental, dans le secteur d'Ablain, au nord de l'Aisne (environs de Craonne et de Berry-au-Bac), entre l'Aisne et l'Argonne, et dans la région de Metzeral. Nos avions bombardent les baraquements ennemis de Grand-Pré, de Monchentin et de Lançon, en Argonne. L'offensive allemande, sur le front oriental, se produit sur les ailes ; la ligne russe à l'ouest de Galicie est reportée en arrière. Sur le front italien, dans le val Sugana, les Autrichiens détruisent quelques ponts de la grande route et du chemin de fer, dans le fond de la vallée.
Lundi 30 août 1915. 394ème jour de la guerre : notre artillerie endommage, dans le secteur de l'Argonne, quelques tranchées ennemies. Les avions alliés bombardent des tranchées allemandes sur le front belge. Sur le front oriental, les Austro-Allemands tendent à enfoncer le front russe sur la Dwina et à provoquer ainsi l'évacuation de Riga. Le ministre de l'Intérieur autrichien reconnaît 929 cas officiels de choléra asiatique.
Mardi 31 août 1915 395ème jour de la guerre : sur le front français, notre artillerie, sans incidents notables, poursuit son action continue et efficace M. Millerand, ministre de la Guerre, rentre du front où il a conféré avec les officiers généraux sur les mesures à prendre en vue de la campagne d'hiver. Les Allemands continuent à développer leurs opérations en Russie sur leurs deux ailes : les arrière-gardes russes leur infligent de grosses pertes Les raids des aviateurs italiens continuent contre les objectifs militaires ; ils bombardent la gare de Vogersko, des campements ennemis étendus et des dépôts de munitions à Sesana. (1) L’Allemagne et l’Autriche divisent la Pologne en deux districts administratifs et militaires : Varsovie aux Allemands, Kielce aux Autrichiens. |