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GUERRE 1914-1918 |
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Lundi 1er mars 1915. 211ème jour de la guerre, 166ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: de la Belgique jusqu'en Champagne, rien à signaler, des tempêtes de pluie et de neige entravant les opérations; en Champagne, où nous progressons légèrement, une forte attaque allemande est repoussée au Mesnil; en Alsace, nous repoussons quelques attaques. Une note franco-anglaise aux Etats neutres répond au décret allemand pour le blocus sous-marin des eaux anglaises: tout trafic est désormais interdit à l'Allemagne. (1) En Grande-Bretagne, un bataillon de femmes est constitué (2) Les alliés étendent le blocus à la totalité des marchandises allemandes. (3) En réplique à la déclaration allemande du 4 février relative à la guerre sous-marine, les Alliés étendent le blocus à la totalité des marchandises destinées à l’Allemagne.
Mardi 2 mars 1915. 212ème jour de la guerre, 167ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: en Belgique et jusqu'à l'Aisne, journée assez calme; en Champagne, nouveau bombardement de Reims; malgré la tempête, nous progressons entre Perthes et Beauséjour; il est confirmé que les éléments de la garde qui nous ont attaqué dans la nuit de dimanche à lundi ont subi des pertes énormes; en Argonne, dans le secteur Bagatelle-Marie-Thérèse, nous perdons et reprenons presque aussitôt une tranchée avancée; dans la Meuse, dans la légion de Vauquois, nous progressons, malgré de vives contre-attaques; près de Pont-à-Mousson, une attaque de nuit au Bois Le-Prêtre est repoussée. Le bombardement des Dardanelles, un moment interrompu de nouveau par une tempête, reprend avec l'extinction de nouveaux forts à l'intérieur du détroit, cependant que la division française opère dans le golfe de Paros. En Pologne, après la victoire de Prasnysz, deux corps d'armée allemands, battus, sont repoussés jusqu'à la frontière.
Mercredi 3 mars 1915. 213ème jour de la guerre, 168ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: de la Belgique à l'Aisne, canonnades d'intensité variable; en Champagne, bombardement de Reims, progrès accentués au nord de Souain, de Mesnil et de Beauséjour, et particulièrement sensibles à l'ouest de Perthes, où un régiment de la garde prussienne a subi des pertes énormes; en Argonne, canonnades assez vives, plusieurs attaques allemandes sont repoussées. (3) La Russie rejette toute participation grecque à l’expédition des Dardanelles, craignant par la suite des revendications de la Grèce sur Constantinople
Jeudi 4 mars 1915. 214ème jour de la guerre, 169ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: en Belgique, dans les dunes, l'artillerie française s'empare de deux tranchées ennemies, après une vive canonnade; au nord d'Arras, à Notre-Dame-de-Lorette, l'ennemi s'empare d'une de nos tranchées récemment construite et en contact presque immédiat avec les leurs; en Champagne, Reims est bombardé toute la journée à raison d'un obus toutes les trois minutes; nous continuons à avancer au nord-ouest de Perthes et de Mesnil, malgré de violentes contre-attaques de l'ennemi qui nous laisse de nombreux prisonniers; en Argonne, au Four-de-Paris et à Vauquois, nous repoussons des attaques allemandes; près de Verdun, au fort de Vaux, nous abattons un taube allemand. En Wurtemberg, un aéroplane français fait sauter l'importante poudrerie de Rottweill. A Gérardmer, l'hôpital est bombardé par un taube. Deux sous-marins allemands sont coulés dans la Manche, l'un par les Anglais, l'autre par les Français. Les Dardanelles: le bombardement est intense dans les détroits; autour des détroits, nous bombardons les défenses du golfe de Saros jusqu'à Kavak, et de la côte d’Asie jusqu'à Smyrne. (1) La Russie annonce ses prétentions territoriales sur les Dardanelle et Istanbul. La France et la Grande-Bretagne la soutiennent. (3) La butte de Vauquois, en Argonne, occupée dès septembre 1914 par les forces allemandes de Kronprinz, est reprise par les Français. Toutes les contre-offensives allemandes lancées en 1915 seront repoussées. (3) Dans un mémorandum, la Russie annonce ses prétentions territoriales sur Constantinople, les Dardanelles et les iles de Tenedos et Imbros.
Vendredi 5 mars 1915. 215ème jour de la guerre, 170ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: en Belgique, dans les dunes, nous repoussons douze fois les Allemands qui essayaient de reprendre la tranchée perdue la veille; au nord d'Arras, à Notre-Dame-de-Lorette, nous reprenons la tranchée perdue la veille, en faisant 150 prisonniers et en nous emparant de plusieurs mitrailleuses; en Champagne, le bombardement de Reims, surtout de la cathédrale, continue tout le jour; nous progressons dans la région de Perthes où nous nous emparons de 600 mètres de tranchées, au nord-est de Mesnil, et dans les ravins au nord-ouest de Beauséjour, où les pertes ennemies sont très élevées; en Argonne, nous nous emparons d'une partie du village de Vauquois; nous faisons de nombreux prisonniers au bois Le Prêtre, au nord-ouest de Pont-à-Mousson; dans la Meurthe-et-Moselle, à Badonviller, nous repoussons une contre-attaque allemande et nous nous avançons jusqu'aux fils de fer des tranchées ennemies; en Alsace, à Hartmannswillerkopf, nous nous emparons de quelques tranchées et d'un fortin. Les Dardanelles: nous achevons de détruire les forts Dardanos et Souan-Déré; nous draguons les mines immergées; nous bombardons Smyrne. Après la défaite de Prasnysz, les forces .allemandes se retirent vers Thorn, pour s'y abriter et se refaire. Dans la région d'Ossowietz, les Allemands s'acharnent à conserver leur terrain.
Samedi 6 mars 1915. 216ème jour de la guerre, 171ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: en Belgique, violentes canonnades à Westende et dans la région d'Ypres; au nord d'Arras, à Notre-Dame-de-Lorette, nous progressons, à la suite de nos contre-attaques; en Champagne, nous repoussons deux contre-attaques dans le ravin de Beauséjour; en Alsace, nous repoussons une contre-attaque devant Uffholz et nous faisons sauter un dépôt de munitions à Cernay. Le roi de Grèce fait démissionner le cabinet Venizelos qui voulait engager la guerre contre la Turquie. Dans les Dardanelles, les opérations se développent dans le détroit, dans le golfe de Saros et sur la côte d'Asie. Les Russes s'emparent de Stanislau, ce qui les rend maîtres de la voie d'occupation de la Bukovine et de la Galicie orientale. Les Allemands tentent une diversion vers Rava, au sud-ouest de Varsovie. (3) En Grèce, devant le refus catégorique du roi Constantin 1er d’accepter le principe d’une intervention, Eleuthérios Vénizélos, président du Conseil, démissionne
Dimanche 7 mars 1915. 217ème jour de la guerre, 172ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: en Belgique, rien à signaler; au nord d'Arras, à Notre-Dame-de-Lorette, nous repoussons quatre contre-attaques des Allemands contre les tranchées que nous leur avons prises; en Champagne, nous progressons légèrement autour de Perthes et au nord-ouest de Beauséjour où nous enlevons une nouvelle tranchée; au nord de Verdun, à Consenvoye, nous repoussons une contre-attaque; dans les Vosges, nombreux engagements, tous à notre avantage, à Mulbach, à Stosswihr, à Inberg, au sud des Hautes-Huttes, et sur les flancs de Reichackerkopf. Les Dardanelles: les opérations contre les forts continuent; les forts sont détruits les uns après les autres. Les Allemands envoient d'importants renforts du côté d'Ossowietz.
Lundi 8 mars 1915 218ème jour de la guerre, 173ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: en Belgique, rien à signaler; en Champagne, des tempêtes de neige gênent les opérations; toutefois, nous repoussons une contre-attaque ennemie et nous nous emparons d'environ 500 mètres de tranchées au nord-est de Mesnil, mais, entre Mesnil et Beauséjour, nous abandonnons quelques mètres de tranchées pris hier; dans la Meuse, dans de forêt d'Apremont, au Bois-Brulé, nous nous sommes emparés d'une tranchée contenant un important matériel; dans la Meurthe-et-Moselle, à Badonviller, nous progressons; dans les Vosges, le sommet de Reichackerkopf, dont nous restons maîtres, est vivement disputé; en Alsace, à Burnhaupt, nous repoussons une contre-attaque. Quatre hydroaéroplanes anglais bombardent l'atelier des sous-marins et le quartier général allemand à Ostende. Les Dardanelles: pendant que la flotte anglo-française détruit les forts des détroits, les Russes bombardent les ports turcs de la mer Noire.
Mardi 9 mars 1915. 219ème jour de la guerre, 174ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord; en Belgique, les Allemands tentent une attaque au sud-est de Dixmude, ils sont repoussés; au nord d'Arras, à Notre-Dame-de-Lorette, violents combats qui n'ont rien changé aux positions des adversaires; en Champagne, violents combats, qui se sont terminés à notre avantage, dans les environs de Perthes et de Souain: au Mesnil, nous enlevons 200 mètres de tranchées et nous reprenons quelques mètres de tranchées perdus la veille; en Argonne, au Four-de-Paris, nous nous emparons de 200 mètres de lignes allemandes dans les Vosges, au Reichackerkopf, nous repoussons plusieurs attaques ennemies. Les Dardanelles: la flotte anglaise est renforcée de plusieurs cuirassés, les opérations continuent. (1) Victoire allemande à Grodno contre les Russes (2) Le gouvernement italien présente aux gouvernements de l’entente un mémorandum contenant les prétentions de l’Italie en échange de son intervention dans le conflit (Trentin, Tyrol du Sud, Trieste, l’Istrie et une partie de la Dalmatie). (3) L’Autriche-Hongrie annonce au gouvernement italien qu’elle accepte le principe des concessions territoriales mais les négociations entre l’Italie et l’Entente sont déjà très avancées et plus séduisantes pour les Italiens. (3) Le gouvernement italien présente aux gouvernements de l’Entente un mémorandum en seize points élaboré le 4 et contenant les prétentions de l’Italie en échange de son intervention dans le conflit. Outre le Trentin, l’Italie réclame le Tyrol du Sud, Trieste, L’Istrie, la Dalmatie jusqu’à Narenta, le port de Vallona (Albanie), sans compter les compensations éventuelles en Asie Mineure (région d’Adalia) et en Afrique.
Mercredi 10 mars 1915 220ème jour de la guerre, 175ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: en Belgique, très violent bombardement de Nieuport-Ville; entre la Lys et le canal de La Bassée, important succès de l'armée anglaise qui, appuyée par l'artillerie lourde française, enlève le village de Neuve-Chapelle et progresse vers Aubers en s'emparant de 2500 mètres de tranchées; plus de 1 000 prisonniers et de nombreuses mitrailleuses sont capturés; l'ennemi a environ 10 000 hommes hors de combat; en Champagne, nous repoussons plusieurs contre-attaques très vives; nous avançons au Mesnil où nous nous emparons d'un ouvrage allemand en livrant un combat acharné à Maisons-de-Champagne, où l'ennemi fait des pertes considérables; en Argonne, à Fontaine-Madame, nous détruisons un blockhaus allemand et avançons d'une centaine de mètres; entre le Four-de-Paris et Bolante, l'ennemi nous enlève des tranchées que nous venions de lui prendre et que nous lui reprenons quelques heures après; sur les Hauts-de-Meuse, nous démolissons un certain nombre de tranchées allemandes. Sur mer, trois steamers anglais sont coulés par des torpilles; un nouveau sous-marin allemand est coulé par un vaisseau anglais. Les Allemands tentent une nouvelle offensive en Pologne septentrionale. La flotte russe bombarde les ports de la mer Noire. (3) Le nouveau président du Conseil grec, Dimitri Gounaris, lance une proclamation de neutralité sans équivoque.
Jeudi 11 mars 1915. 221ème jour de la guerre, 176ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: en Belgique, les Anglais bombardent Westende et repoussent deux contre-attaques à Neuve-Chapelle; les Français repoussent deux attaques dans les environs d'Ypres, à Zandwoorde; en Champagne, près de Mesnil, nous enlevons plusieurs tranchées; dans les Vosges, nous repoussons plusieurs contre-attaques au Reichackerkopf. (1) Les intellectuels français signent un manisfeste répliquant à celui des intellectuels allemands d’août 1914. (1) En Allemagne, on produit du salpêtre artificiel.
Du 11 mars et 10 avril : (2) Accord des gouvernements britannique et français sur le principe d’une annexion de Constantinople par la Russie.
Vendredi 12 mars 1915. 222ème jour de la guerre, 177ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: en Belgique, au sud de Nieuport, vers Schoorbakke, l'armée belge progresse de 500 mètres; à Lombaertzyde, les Français s'emparent d'un fortin allemand et progressent de 100 mètres; à l'est d'Armentières, vers le hameau de Piètre, les Anglais repoussent deux fortes contre-attaques allemandes et s'emparent de quelques tranchées; en Champagne, vers
Dans les Dardanelles, le forcement des détroits se poursuit avec vigueur. Les Russes résistent énergiquement à l'offensive allemande. (3) Acceptées par le gouvernement britannique, les revendications italiennes donnent lieu à des contre-propositions russes sur la question de la côte dalmate, peuplée en majorité de Slaves et que les Russes, par égard pour la Servie, ne veulent pas céder à l’Italie (3) Par une note adressée à Sergueï Sazonov, ministre russe des Affaires étrangères, le gouvernement britannique accepte de satisfaire les revendications russes exposées le 4 sous réserve d’une conclusion heureuse de la guerre. Mardi (3) Fin de la 1ère bataille de Champagne, quia débutée en décembre 1914. Engagée par les troupes françaises de l’armée Langle de Cary afin d’interdire les transports de troupes allemandes depuis la France jusqu’au front de l’Est, elle n’aboutit qu’à des gains de terrain insignifiants mais a infligé de lourdes pertes aux Allemands.
Samedi 13 mars 1915. 223ème jour de la guerre, 178ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: en Belgique, à Neuve-Chapelle, les troupes anglo-françaises avancent d'environ 3 kilomètres; les contre-attaques allemandes sont repoussées avec des pertes considérables; à Piètre, nous enlevons plusieurs maisons fortifiées; en Champagne, à Mesnil, nous repoussons deux attaques allemandes et nous progressons, sensiblement; dans les Vosges, au Reichackerkopf, nous repoussons plusieurs attaques allemandes. Le bombardement de Smyrne recommence.
Dimanche 14 mars 1915. 224ème jour de la guerre, 119ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: en Belgique, l'armée belge détruit un fortin que les Allemands avaient établi sur le cimetière de Dixmude; les Allemands bombardent Ypres; une escadre anglaise bombarde Westende; les Allemands bombardent la cathédrale de Soissons et le quartier environnant; au nord de Reims, au bois du Luxembourg, nous repoussons une attaque allemande; aussitôt le bombardement de Reims recommence; en Argonne, entre le Four-de-Paris et Bolante, nous nous emparons de 300 mètres de tranchées et nous repoussons des contre-attaques; sur les Hauts-de-Meuse, aux Eparges et au Chamois, au nord de Badonviller, nous arrêtons des attaques allemandes. Le vaisseau allemand le Dresden, qui a coulé un grand nombre de navires de commerce anglais et français, a lui-même été coulé par les Anglais à l'île Juan-Fernandez; l'équipage est prisonnier. Les Dardanelles: les forts de Gallipoli sont détruits par la flotte alliée. (1) Le croiseur Dresden est coulé par les britanniques
Lundi 15 mars 1915. 225ème jour de la guerre, 180ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: en Belgique, l'armée belge continue à avancer; au sud d'Ypres, nous repoussons une vive contre-attaque allemande; les Anglais, repoussés à Saint-Eloi, reprennent, après un violent combat, le village et les tranchées voisines; au nord d'Arras, à Notre-Dame-de-Lorette, et près d'Ecurie-Roclincourt, nous enlevons plusieurs lignes de tranchées et en faisons sauter d'autres; dans la région d'Albert, près de Carnoy, une tranchée française saute, mais nous la rétablissons peu après; dans la vallée de l'Aisne, près de Vassens, deux compagnies allemandes subissent des pertes considérables; en Champagne, nous avançons aux environs de Souain, de Perthes et de Mesnil; en Argonne, à Bagatelle, au Four-de-Paris, à Bolante, à Vauquois, nous progressons en repoussant de vives contre-attaques; au Bois-Le-Prêtre, les Allemands font sauter quatre tranchées françaises, s'en emparent, mais en sont presque aussitôt chassés. L'Allemagne accorde toute satisfaction aux Etats-Unis pour faire relaxer le Prinz-Eitel. Les Dardanelles: le croiseur anglais Ametyst pénètre jusqu'au milieu des Dardanelles où il parvient, malgré le feu des forts, à couper le câble reliant les deux rives.
Mardi 16 mars 1915. 226ème jour de la guerre, 181ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: en Belgique, les Anglais s'emparent de toutes les tranchées au sud de Saint-Eloi; au nord d'Arras, à Notre-Dame-de-Lorette, des contre-attaques allemandes très violentes sont repoussées; en Champagne, nous progressons un peu au nord-est de Souain et de Beauséjour; en Argonne, au Four-de-Paris, à Bolante, à Vauquois, nous repoussons des contre-attaques allemandes; au Bois-Le-Prètre, nous repoussons à trois reprises différentes des attaques allemandes pour reprendre les tranchées que nous avions reconquises la veille; dans les Vosges, au sud du Reichackerkopf, les Allemands s'emparent d'une de nos tranchées que nous leur reprenons quelques heures après. (1) En Allemagne, les prisonniers de guerre sont contraints de travailler dans les mines plus de 10 heures par jour. (2) Fin de la bataille de Champagne. Échec de la tentative de percée française en Champagne (février-mars).
Mercredi 17 mars 1915. 227ème jour de la guerre, 182ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: en Belgique, sur l'Yser, l'armée belge progresse en repoussant une contre-attaque; au nord d'Arras, à Notre-Dame-de-Lorette, nous repoussons trois contre-attaques, dont une de nuit; dans la région d'Albert, à Carnoy, violents combats sans changements de position; Soissons et Reims sont de nouveau bombardées; en Champagne, nous progressons au nord de Mesnil, à Perthes, à Souain; les Allemands font des pertes considérables dans une contre-attaque repoussée à Mesnil; en Argonne et en Woëvre, vives canonnades et contre-attaques allemandes repoussées; à Colmar, un aviateur français bombarde les casernes. L'offensive des Russes se développe au nord de la Vistule. La situation de Przemysl investie s'aggrave. Les succès des Russes sur les Turcs s'affirment aussi au Caucase.
Jeudi 18 mars 1915.
en Argonne, près du Four-de-Paris et aux Eparges; nous repoussons des contre-attaques dans le bois de Consenvoye et au nord-est de Mesnil; vifs combats d'artillerie dans l'Aisne; aux Eparges, prise du saillant Est, occupé depuis un mois par l'ennemi. La garnison de Przemysl fait une sortie. Les Russes font prisonniers 107 officiers, 3954 soldats et s'emparent de 16 mitrailleuses.
Samedi 20 mars 1915. 230ème jour de la guerre, 185ème jour de la bataille de l’Aisne et du Nord: au nord-est d'Albert, à La Boisselle, nous repoussons une violente attaque de nuit; légers progrès dans le voisinage de Mesnil; à Perthes, nous repoussons une violente attaque de nuit; progrès continus aux Eparges où nous repoussons trois contre-attaques; en Woëvre, au bois Mortmare, notre artillerie détruit un blockhaus et fait exploser des dépôts de munitions; nous avançons aussi au Bois-le-Prêtre. (1) Fin de la bataille hivernale en champagne : Echec de l’offensive française malgré l’emploi par l’artillerie de la technique du feu roulant. (3) Réponse de l’Entente au mémorandum italien du 9 mars. Le ministre italien des Affaires étrangères, Sidney Sonnino, n’en est pas satisfait parce que l’Italie devrait consentir à un agrandissement de la façade maritime de la Servie et accepter l’autonomie de l’Albanie. (3) Le gouvernement russe accepte les principes défendus par le ministre britannique des Affaires étrangères sir Edward Grey concernant l’extension de la zone britannique en Perse et la séparation des pays de population arabes de l’Empire ottoman en vue de leur indépendance.
Dimanche 21 mars 1915. 231ème jour de la guerre, 180ème jour de la bataille de l’Aisne et du Nord: nouveau bombardement de la cathédrale de Soissons qui a reçu 27 obus et qui est fort endommagée; en Champagne, légers progrès à Mesnil; aux Eparges, nous repoussons deux contreattaques; dans les Vosges, nous perdons et reprenons le Petit et le Grand-Reichackerkopf. Dans la soirée, quatre zeppelins se dirigent sur Paris; deux s'en retournent, l'un à Ecouen, l'autre à Mantes; les deux autres arrivent à Paris entre 1 heure et 3 heures, lancent quelques bombes dans la banlieue et dans les quartiers sud-ouest de Paris; ils font quelques blessés et causent peu de dégâts; les Parisiens suivent sans la moindre crainte, mais avec une grande curiosité, la bataille aérienne qui leur fait un peu l'effet d'un feu d'artifice au-dessus de Paris plongé dans l'obscurité la plus profonde. Le premier des zeppelins semble avoir été sérieusement endommagé. Les combats les plus violents ne cessent pas d'être livrés entre les Russes et les Allemands sur le Niémen. Une importante sortie de la garnison de Przemysl est de nouveau repoussée avec des pertes très importantes. (1) Le 2ème crédit de guerre allemand porte sur 9 milliards de marks. (2) Un Zeppelin bombarde Paris. (3) Au Reichstag, 32 députés sociaux-démocrates refusent de voter les nouveaux crédits militaires. (3) Un zeppelin bombarde plusieurs arrondissements de Paris dans la nuit du 21 au 22, faisant un mort et 7 blessés.
Lundi 22 mars 1915. 232ème jour de la guerre, 187ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: au nord d'Arras, à Notre-Dame-de-Lorette, une violente contre-attaque nous fait perdre 10 mètres de tranchées; au nord-est d'Albert, à la Boisselle, nous faisons sauter une tranchée dont nous occupons ensuite une partie; Reims est bombardée et reçoit 50 obus; en Argonne, près de Bagatelle, les Allemands subissent deux échecs durant lesquels ils font des pertes très importantes; aux Eparges, nous repoussons cinq contre-attaques successives; nous progressons un peu au nord de Badonviller. Des zeppelins tentent de revenir sur Paris, mais l'alerte est donnée à temps, et ils s'en retournent d'où ils étaient venus, après avoir pu lancer, sans grand résultat, trois bombes sur Villers-Cotterets. Les aviateurs français se distinguent de tous côtés: en Belgique, dans l'Aisne, en Champagne, en Alsace. Ils font d'utile besogne. La tempête qui règne depuis quelques jours aux Dardanelles interrompt les opérations militaires. La flotte russe bombarde plusieurs ports de l'Asie Mineure sur la mer Noire. La forteresse de Przemysl, assiégée depuis six mois, se rend. Le général Kusmanek, commandant de la garnison, accepte de se rendre sans condition. La garnison rendue consiste en 9 généraux, 93 officiers supérieurs, 2 500 officiers et fonctionnaires et 117 000 soldats. C'est la victoire la plus importante remportée par les Russes depuis le commencement de la guerre. (2) Capitulation de la place autrichienne de Przemysl devant les Russes. (3) Capitulation des forts austro-hongrois à Przemysl dans les Carpates. L’armée russe, victorieuse fait 110000 prisonniers et récupère de nombreuses pièces d’artillerie lourde.
Mardi 23 mars 1915. 233ème jour de la guerre, 188ème jour de la bataille de l’Aisne et du Nord: en Belgique, l'artillerie française détruit plusieurs ouvrages importants; au nord-ouest d'Arras, à Carency, nous nous emparons d'une tranchée allemande; une nouvelle tentative de bombardement de Soissons est immédiatement arrêtée par notre artillerie; Reims est encore bombardée et un avion allemand, en jetant des bombes sur la ville, fait trois nouvelles victimes dans la population civile; en Champagne, à Vauquois, les Allemands aspergent une de nos tranchées avec un liquide enflammé, et nous forcent à abandonner une quinzaine de mètres; aux Eparges, nous arrêtons deux attaques, ainsi qu'à Bagatelle; à Hartmannswillerkopf, nous enlevons une ligne de tranchées et des blockhaus. Les succès des Russes continuent dans le Caucase. Aux Dardanelles, les navires alliés rentrent dans les détroits. (1) Prezmysl capitule et les Russes y font 120 000 prisonniers
Mercredi 24 mars 1915. 234ème jour de la guerre, 189ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord : en Belgique, l'armée belge progresse sur la rive droite de l'Yser enlève une tranchée allemande sur la rive gauche; de la Lys à l'Oise, au nord d’Arras, à Notre-Dame-de-Lorette, deux attaques de nuit des Allemands sont très vivement repoussées ; des aviateurs allemands lancent des bombes sur Lillers et Saint-Omer, dans le Pas-de-Calais, et aux Estaires, dans le Nord; sept personnes civiles, dont trois femmes, sont tuées; les dégâts matériels sont insignifiants; en Alsace, à Hartmannswillerkopf, nous enlevons une deuxième ligne de tranchées, tout près du sommet; nous faisons des prisonniers. Aux Dardanelles, les opérations des navires dragueurs de mines continuent malgré la tempête. Les Russes, en Prusse orientale, évacuent Mémel et se replient sur leur territoire; en Pologne, le bombardement d'Ossowietz par les Allemands continue, mais s'affaiblit; dans les Carpathes, les succès des Russes s'accentuent; il en est de même dans le Caucase. Des avions anglais bombardent les ateliers de sous-marins allemands près d'Anvers et en détruisent deux qui étaient presque entièrement construits.
Jeudi 25 mars 1915. 235ème jour de la guerre, 190ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: de la Lys à l'Oise, à Notre-Dame-de-Lorette, nous repoussons une attaque allemande; en Champagne, vers Perthes-les-Hurlus, autre attaque allemande repoussée; il en est de même en Argonne, à Fontaine-Madame; au nord-est de Verdun, aux bois de Consenvoye et des Taures; enfin en Woëvre, aux Eparges. La pluie persistante a beaucoup entravé les opérations. Aux Dardanelles, le dragage des mines continue. En Pologne, combats très violents, non décisifs; dans les Carpathes, les Russes continuent à avancer et font de nombreux prisonniers. Les Anglais ont coulé un sous-marin allemand qui avait fait de nombreuses victimes. Un sous-marin allemand torpille un navire de commerce hollandais.
Vendredi 26 mars 1915. 236ème jour de la guerre, 191ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: en Belgique, violents combats d'artillerie vers Niewport; au nord de Saint-Georges, nous avançons un peu et nous nous emparons d'une ferme, en avant de nos lignes; en Champagne, combats d'artillerie; en Alsace, au Reichackerkopf, les Allemands lancent, sans résultats d'ailleurs, des liquides enflammés dans nos tranchées; à Metz, nos aviateurs bombardent la gare et des hangars de dirigeables, ainsi que des casernes à l'est de Strasbourg. Les Russes progressent à l'ouest du Niémen et dans les Carpathes, en faisant environ 6 000 prisonniers. Journée serbe: dans toutes les écoles françaises, on célèbre, en les racontant, les exploits héroïques de la Serbie. (3) Après 2 mois de combats, les Français s’emparent de l’Hartmannsweilerkopf, sommet des Vosges méridionales, qui a changé plusieurs fois de mains. (3) Le colonel américain Edward House, envoyé en mission en Europe depuis le 30 janvier pour établir des négociations de paix, conclut à l’échec de ses tentatives.
Samedi 27 mars 1915. 137ème jour de la guerre, 192ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: Arras est bombardé pendant la nuit; à La Boisselle, guerre de mines avantageuse pour nous; en Argonne, dans la région de Bagatelle, jets de bombes d'une ligne à l'autre; en Alsace, nous arrivons au sommet de l'Hartmannswillerkopf où les Allemands laissent des centaines de morts, où nous faisons de cinq à six cents prisonniers et où nous nous emparons d'un important matériel, tandis que nos pertes sont peu élevées; un avion allemand lance des bombes sur Manonviller, au nord-ouest de Thann, et tue trois petits enfants; l'avion est abattu par les Français. Les Russes progressent au delà des Carpathes; à Ossowietz, l'artillerie allemande a presque entièrement cessé le feu.
Dimanche 28 mars 1915. 238ème de la guerre, 193ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: les aviateurs belges bombardent le camp d'aviation de Ghistelle; à l'est des Hauts-de-Meuse, près de Marcheville, nous enlevons 300 mètres de tranchées ennemies, nous repoussons deux contre-attaques, mais nous perdons une partie des tranchées conquises; en Woëvre, aux Eparges, nous nous emparons de 150 mètres de tranchées. Aux Dardanelles, les flottes anglaise et française ont, du golfe de Saros, bombardé la rive européenne. La flotte russe de la mer Noire bombarde les forts extérieurs et les batteries du Bosphore sur les deux côtes. A l'ouest du Niémen, les Russes livrent aux Allemands des combats très violents; ils continuent à avancer dans les Carpathes, en faisant toujours de nombreux prisonniers. (1) A Berne, la conférence internationale des femmes socialistes adopte une résolution de paix.
Lundi 29 mars 1915. 239ème jour de la guerre, 194ème jour de la bataille de l'Aisne et du Nord: en Belgique, les Allemands bombardent Nieuport-Ville et Nieuport-Bains et causent quelques dégâts au pont jeté sur l'Yser; dans la région d'Ypres, nous faisons sauter un important poste allemand; en Champagne, vers Beauséjour, violent combat d'artillerie; un avion allemand laisse tomber des bombes sur Reims, la cathédrale est encore atteinte: en Argonne, canonnade et lancement de bombes, surtout dans la région de Bagatelle; en Woëvre, aux Eparges, violents combats dans lesquels des tranchées sont prises et reprises; nos positions sont maintenues. Aux Dardanelles, bombardement intense de plusieurs forts du détroit; les Turcs préparent une vigoureuse organisation défensive. La flotte russe de la mer Noire continue à bombarder les forts extérieurs du Bosphore. Les Russes entravent l'offensive allemande à l'ouest du Niémen, et avancent dans les Carpathes malgré des contre-offensives autrichiennes; ils avancent aussi dans le Caucase. (3) Dans la Caucase, après des offensives russes victorieuses dans la région de Kars, les Turcs évacuent toute la région de Batoum (mer Noire). (3) La flotte russe de la mer Noire attaque l’entrée du Bosphore tandis que la flotte alliée pénètre de nouveau dans les Dardanelles
Mardi 30 mars 1915.
En Pologne, la contre-offensive allemande est entravée; à Ossowietz, le bombardement a presque cessé, et dans les Carpathes l'avance russe continue. Au large de Dieppe, un torpilleur français coule un sous-marin allemand. Des avions anglais bombardent les ateliers des sous-marins de Zeebrugge; des avions français bombardent des gares et des bivouacs dans plusieurs régions du front; des avions belges manifestent aussi une très efficace activité.
Mercredi 31 mars 1915. 241ème jour de la guerre, 196ème jour de la bataille de l’Aisne et du Nord: en Belgique, bombardement par des avions français de la gare maritime de Bruges et du camp d'aviation de Gits; dans le Nord, un taube et un zeppelin ont bombardé Bailleul, sans causer de dégâts; en Champagne, dans les régions de Beauséjour et de Ville-sur-Tourbe, combats d'artillerie particulièrement violents; en Argonne, entre le Four-de-Paris et Bagatelle, vifs combats de nuit pendant lesquels nous nous emparons de 150 mètres de tranchées; au bois Le Prêtre, les Allemands reprennent les tranchées qu'ils avaient perdu la veille, puis nous les leur reprenons, ensuite, et nous conservons tout le gain fait par nous le 30 mars. La bataille continue entre le Niémen et la Vistule où se trouvent au moins quinze corps d'armée allemands. L'offensive russe continue dans les Carpathes; les Russes font de nombreux prisonniers. La forte tempête qui règne depuis plusieurs jours aux Dardanelles arrête les opérations. La flotte russe bombarde quelques ports turcs de la mer Noire. Deux vapeurs anglais sont torpillés par les sous-marins russes. |