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GUERRE 1914-1918 |
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Du lundi 29 Mai 1916 (667ème jour de la guerre) au dimanche 4 Juin 1916 (673ème jour).
Sur les fronts belge et français. Les opérations de guerre, prises dans leur ensemble, ne sont pas en apparence aussi satisfaisantes pour les armées de l'Entente que pendant les semaines précédentes. Un vif combat a eu lieu à l'avancée d'Ypres, sur un front d'environ 3 kilomètres, entre Hooge et la ligne de chemin dé fer Ypres-Commines : l'infanterie ennemie a réussi à pénétrer dans quelques éléments de tranchées anglaises. Après plus de cent jours de bataille, la lutte gigantesque dans laquelle se trouvent engagées en avant de Verdun les armées allemandes et françaises revêt un caractère d'une violence inimaginable; depuis huit jours, l'ennemi, par ses assauts furieux et répétés, préparés par une débauche de projectiles, a réussi à enlever un peu de terrain à gauche de la Meuse et à avancer légèrement à droite. Le fort de Vaux et le plateau de Douaumont paraissent devenus l'objectif principal de l'état-major allemand, sans cependant négliger les attaques de détail sur la rive gauche du fleuve, du village de Cumières et du bois des Caurettes jusqu'au bois d'Avocourt, en passant par la cote 286, versant sud du Mort-Homme, la cote 304 et la cote 287. Malgré les pertes effroyables que subissent nos ennemis, la pénétration allemande est insignifiante.
Sur le front italien. Sur le front du Trentin, du Fugazza au nord d'Asiago, les Autrichiens ont pris pied sur le territoire italien, sur une ligne d'une vingtaine de kilomètres. Les Italiens amènent des renforts, sans toucher aux forces du front de l'Isonzo. Les Autrichiens, en s'emparant d'Argerio et d'Asiago cherchent à être maîtres de la route et de la voie ferrée qui débouchent de l'Astico dans la plaine de Vicence; les Italiens sont encore maîtres de la route qui, plus à gauche, conduit de Rovereto à Vicence et franchit la frontière au Passa delle Fugazze; mais ils défendent difficilement ce col par suite du retrait de leur centre. De même, leur droite qui a tenu solidement sur la Brenta court un danger analogue.
Sur les fronts russes. Le front russe d'Europe semble stationnaire bien que, depuis trois semaines, les dépêches de Petrograd aient annoncé qu'en Galicie et en Bessarabie, l'armée de nos Alliés était prête pour l'offensive et que 150 000 Autrichiens aient été distraits, d'après les critiques militaires, pour être envoyés au Trentin. En Arménie et en Mésopotamie, les Turcs ont reçu des renforts austro-allemands et l'avance du grand-duc Nicolas s'en trouve ralentie : les Russes ont même dû évacuer la position de Mamahatoum, sur la route d'Erzeroum à Erzindjean. Les Turcs ont réussi, en effet, à amener, sur ce point vital, des troupes nouvelles et, peu à peu, sont passés de la défensive à l'attaque.
Sur le front de Macédoine. Le fait capital de la semaine est l'installation en territoire grec et dans plusieurs forts des troupes bulgaro-allemandes, avec l'assentiment du roi et du gouvernement grec. M. Guillemin, ministre de la France à Athènes, a signalé avec fermeté cette atteinte à la neutralité à M. Skouloudis, et le général Sarrail a proclamé, au nom des Alliés, l'état de siège dans la zone: de la Macédoine qu'ils occupent : la préfecture, le port, les postes et télégraphes et la télégraphie sans fils ont été occupés sans incident. Il faut s'attendre à une action importante sur ce front.
(3) 31 mai : En mer du Nord, au large de la côte ouest du Jutland (Danemark), les flottes de haute mer des amiraux Jellicoe et Beatty affrontent la marine allemande sous le commandement de l’amiral Hipper. Cette première grande bataille navale, qui sera la seule importante du conflit, se termine sur un léger avantage pour les Allemands. Néanmoins, la flotte allemande n’osera plus sortir de ses ports pour se mesurer aux escadres britanniques (2) 31 mai : Bataille navale indécise entre les flottes allemande et britannique au Jutland. (1) 31 mai : Début de la bataille navale de Skagerrak qui met aux prises les armadas anglaise et allemande. (Bataille de Jutland) (3) 1 juin : Sous le haut-commandement du général Broussilov, les Russes lancent une offensive générale en bombardant les positions austro-hongroises. (3) 1 juin : Bataille de Verdun ; l’armée allemande lance une offensive en direction du fort de Vaux (Hauts de Meuse). (1) 2 juin, début de la bataille de la Somme. (2) 3 juin : Les Alliés proclament l’état de siège à Salonique à la suite de la prise du fort de Rupel par les troupes germano-bulgares. (3) 3 juin : A la suite de la prise du fort de Rupel par les troupes germano-bulgares, les Alliés proclament l’état de siège à Salonique (3) 4 juin : Les attaques d’infanterie russe commencent sur un front allant du fleuve Pripet à la frontière roumaine (1) 4 juin, en Russie, début de l’offensive russe contre les armées austro-hongroises menée par le général Broussilov. (2) 4 juin : Offensive russe du général Broussilov contre les forces allemandes de Mackensen (fin en août).
Du lundi 5 juin 1916 (674ème jour de la guerre) au dimanche 11 juin 1916 (680ème jour).
Sur les fronts belge et français. L'activité se continue sur la partie du front occupée par l'année britannique : aux environs d'Ypres les attaques violentes sont réciproques, surtout à l'est de la ville; mais le centre de l'action se porte sur Hooge ainsi que près du chemin de fer et du canal d'Ypres à Comines. Si les Allemands ont pu prendre possession des tranchées de première ligne anglaises établies dans le village en ruines d'Hooge, de leur côté, à l'est du Bois-Grenier, les troupes australiennes ont pénétré chez l'ennemi; d'autres fractions anglaises ont occupé des tranchées adverses, à la Boisselle. Beaucoup d'autres actions sont signalées à Olivers, Souchez, Loos, Liévin, Neuve-Chapelle, Neuville-Saint-Vaast et Givenchy; mais rien ne fait encore prévoir une offensive générale, quoique l'ennemi concentre des forces importantes en Belgique et principalement à Tournai. Les Allemands viennent d'occuper le fort de Vaux : avec Douaumont, c'est deux forts, sur les dix-huit qui entourent Verdun, dont nos ennemis se sont emparés après quatre mois d'attaque et avoir subi des pertes effroyables de 400000 hommes mis hors de combat. L'ennemi continue, malgré ces pertes, à appliquer le programme de von Falkenhayn qui ordonne d'arriver à la prise de Verdun, quelque coûteux que soit l'effort. « Le Hampshire », qui portait lord Kitchner, ministre de la guerre anglais, a heurté une mine, près des Orcades, par une mer furieuse lord Kitchner et toute sa suite ont trouvé la mort. C'est une très grosse perte pour les Anglais et les Alliés. M. Briand, président du Conseil, et le général Joffre, sont allés à Londres s'entretenir avec les principaux ministres anglais.
Sur le front italien. L'offensive autrichienne parait brisée par la résistance italienne que Vienne reconnaît être « extrêmement opiniâtre. » Les Italiens, en effet, n'ont pas perdu courage pendant leurs insuccès consécutifs des dix-huit premiers jours. Peu à peu, ils ont installé de nouvelles lignes puissamment organisées et accumulé des renforts en arrière. C'est ainsi que de l'Adige à Posubio leur front n'a plus été entamé; sur certains points même, c'est maintenant la contre-offensive italienne qui fait pression. Les Italiens ont réalisé quelques progrès sur la route de Vallarsa, dans le secteur du Mont-Novegno, au fond de la vallée de l'Astico et sur les pentes occidentales du Mont Cengio. Dans les hautes vallées du Boite et de l'Ansiei, la marche en avant méthodique des troupes italiennes a continué. La Chambre italienne, surprise par les événements du Trentin, a voté un ordre du jour de défiance contre le cabinet Salandra; mais rien n'est changé dans la direction de la guerre.
Sur le front russe. Sur le front de Russie d'Europe, l'irruption soudaine de nos Alliés en Galicie et en Volhynie, sur une longueur de 160 kilomètres, a mis hors-de-combat 100 000 Austro-Hongrois et fait plus de 100000 prisonniers. Le général en chef russe, Broussiloff, a déclaré que ce n'était pourtant pas encore l'attaque générale. Ces résultats ont produit une diversion considérable sur le front du Trentin où le contre-coup s'est fait utilement sentir. Le commandement russe ne veut rien dire encore, en dehors de l'occupation de Loutsk, sur les unités engagées et les lieux où se poursuivent les opérations. Mais la poussée russe est telle que Kovel, Lemberg et Czernovitz sont menacées : les autorités autrichiennes et la population civile évacuent ces villes.
Dans les Balkans. L'entente officieuse de la Grèce et des puissances centrales a obligé la France et ses Alliés à établir le blocus économique des côtes grecques: aucun navire hellénique ne peut sortir des ports ou y rentrer. Le capitaine grec du port de Salonique a été remplacé par un officier de la marine française: c'est un coup grave porté aux compagnies de navigation helléniques, lesquelles gagnaient des sommes considérables, et l'arrêt du ravitaillement de la Grèce. Le gouvernement grec a chargé ses représentants près de l'Entente de remettre une protestation contre ce blocus et un mémorandum destiné à établir la sincérité de la Grèce, ainsi que ses raisons de maintenir la neutralité. La démobilisation partielle de l'armée grecque (classes de 1892 à 1903 inclusivement) a été ordonnée pour répondre aux désirs de l'Entente.
(1) 6 juin, naufrage du bâteau britannique « Hampshire ». (3) 6 juin : En Chine, mort de Yuan Che-k’ai (Yuan Shikai) (1) 7 juin, chute du fort de Vaux. (2) 7 juin : Offensive allemande à Verdun. Chute du fort de Vaux puis de Thiaumont, Fleury-devant-Douaumont. (3) 7 juin : Bataille de Verdun ; les forces allemandes s’emparent du fort de vaux (3) 7 juin : Devant la double opposition de la gauche neutraliste et des interventionnistes qui se reprochent le manque de fermeté dans la conduite de la guerre, Antonio Salandra démissionne. (3) 8 mai : Les forces du général Kaledine s’emparent de la ville de Loutsk (Volhynie), sur la Styr (3) 8 mai : Pour faire pression sur le gouvernement grec, soupçonné de complaisance envers l’Allemagne, les Alliés imposent un blocus maritime du pays (3) 9 mai : Le président du Conseil Aristide Briand et le général Joffre tentent sans succès de convaincre les Britanniques d’envoyer 2 nouvelles divisions à Salonique en vue de participer à la grande offensive Alliés. (3) 9 mai : Le gouvernement allemand somme la Suisse de laisser introduire en Allemagne tous les produits achetés par ses agents, faute de quoi il interdira toute livraison de charbon. Le gouvernement de Berne demande aux Alliés d’assouplir le blocus économique des pays ennemis ce que la Grande-Bretagne et la France refuse de faire. (3) 10 mai : Le chérif Hussein ibn Ali proclame la révolte des Arabes contre les Turcs
Du lundi 12 Juin 1916 (681ème jour de la guerre) au dimanche 18 Juin 1916 (687ème jour).
Sur les fronts belge et français. La situation est bonne cette semaine : nos Alliés de Russie multiplient leurs succès et augmentent leur avance; les Italiens résistent victorieusement et reprennent aux Autrichiens les positions importantes, et sur le front français, il y a une accalmie relative depuis notre perte du fort de Vaux. Sur les lignes anglaises, les communiqués enregistrent l'activité d'artillerie déployée de part et d’autre; mais pas plus au canal de la Bassée qu'à la redoute Hohenzollern, vers Souchez qu’à Hooghe, les résultats obtenus par les uns ou les autres n’ont de véritable importance sur l'action générale. M. Asquith, premier ministre du Royaume-Uni, vient de répéter ce qu'avait dit le général sir Douglas Haig : « Le concours de nos forces est acquis au général Joffre et les décisions qui seront prises le montreront.» En attendant, l'armée anglaise se renforce chaque jour. Sur les points du front les plus divers, ouest et est de Soissons, Champagne, Argonne, Vosges, les actions de détail de plus en plus fréquentes ne semblent avoir pour but que d'empêcher des déplacements de troupes ennemies. Autour de Verdun, les communiqués de la semaine, à part deux ou trois actions de détail, n'ont relaté que des combats d'artillerie. L'effort de l'ennemi se porte actuellement sur la zone fortifiée de Souville à Tavannes qui défend l'étranglement des côtes de Meuse, au point où il atteint à peine 5 kilomètres de large, traversé par là route nationale de Verdun à Metz et par la voie ferrée : les Allemands n'ont pu encore aborder directement cette ligne et ils se trouvent arrêtés à 2 kilomètres environ au nord, entre la ferme de Thiaumont et le ravin de Damloup.
Sur le front italien. Les Italiens non seulement repoussent les armées austro-hongroises, mais regagnent du terrain; au nord-est d'Asiago, nos Alliés ont commencé une vigoureuse marche en avant entre la vallée de Frenzela et le bassin de Marcesina; l'aile droite italienne a pris d'assaut de fortes positions. En Carnie et sur l'Isonzo, actions d'artillerie. La crise ministérielle italienne est dénouée avec M. Boselli, président du Conseil, qui garde aux Affaires étrangères le ministre actuel, M. Sonnino; la presse de la Péninsule déclare que, désormais, la guerre sera, pour l'Italie, plus intensive, « moins limitée » et souhaite que les opérations s'étendent de l'autre côté de l'Adriatique
Sur le front russe. Pour les Russes, la situation continue à être brillante et, depuis huit jours, les diversions tentées sur leur front, vers le Nord, par le maréchal Hindenbourg, n'ont donné aucun résultat utile. Un combat naval qui s'est produit, dans la nuit du 13 juin, dans la Baltique, à quelques relations avec les projets, allemands contre ce front nord : des vapeurs allemands convoyés par des chalutiers armés, un croiseur auxiliaire et deux destroyers ont été attaqués par une flottille russe; le croiseur et la plupart des bâtiments allemands ont été coulés. Les Russes étendent rapidement leur avance aux points où ils ont percé le front ennemi. Sur la Strypa inférieure, où ils ont occupé déjà de nombreuses positions au nord-ouest de Buczaz, l'aile droite autrichienne est complètement débordée. A la suite des succès russes sur le front méridional, les Allemands ont évacué quelques unes de leurs positions dans la région de Pinsk et travaillent à se fortifier sur la rive gauche du Pripet. Sur la frontière de Galicie, au sud de Loutsk et au nord-est de Lemberg dont ils ne sont plus qu'à 50 kilomètres environ, les Russes ont occupé Radzivillow, ville de 7000 habitants. Ils ont occupé également Czernowitz. Entre Czemowitz et la frontière roumaine, sur un front de 15 kilomètres, les Autrichiens ont accumulé les travaux de défense: leurs adversaires s'efforcent depuis plusieurs jours d'y faire une trouée dans le secteur de Bojan; ils ont tenté à diverses reprises de passer le Pruth.
Dans les Balkans. En Macédoine, pour que le corps expéditionnaire franco-anglais, renforcé par les Serbes, puisse donner le signal de l'action, il faut que l'ensemble des forces dont dispose le général Sarrail soit puissant par le nombre; dans ce but, la presse anglaise propose de prélever en Egypte, que l'ennemi ne menace plus, les contingents qui y sont inutiles. Les autorités militaires grecques en Macédoine ont reçu le texte d'un décret royal démobilisant douze classes, mais aucune indication n'est donnée sur la façon dont se fera le renvoi des hommes. Des manifestations germanophiles ayant eu lieu devant les légations alliées d'Athènes, les puissances de l'Entente ont rappelé que les traités franco-russo-anglais confiant aux trois pays alliés la sauvegarde de l'indépendance constitutionnelle de la Grèce sont toujours en vigueur. Les puissances de l'Entente s'opposent aux transactions annoncées entre le gouvernement grec et la Banque nationale d'Athènes en vue du nouvel emprunt et de l'émission de 30 millions de papier-monnaie. (1) 12 juin, 20 000 soldats autrichiens sont faits prisonniers par les Russes en Volhynie. (3) 12 juin : En Arabie, les troupes du chérif Hussein s’empare de La Mecque, de Djeddah et de Taïf avant d’assiéger Médine, en faisant plusieurs milliers de prisonniers turcs. (3) 12 juin : Thiaumont tombe aux mains des troupes allemandes (3) 15 juin : Les troupes italiennes réussissent à contenir l’avance autrichienne dans le Trentin (1) 16 juin, à Paris, 1ère réunion à la Chambre des députés du comité secret de défense de Verdun. (3) 16 juin : La Chambre des députés se réunit pour la première fois en comité secret afin d’examiner les responsabilités mises en cause par l’attaque allemande contre Verdun, André Maginot, suivi par d’autres députés, critique le haut-commandement (3) 16 juin : A l’annonce des premiers succès de l’offensive russe Aristide Briand demande à la Roumanie d’intervenir aux côtés de l’Entente (3) 17 juin : Réunis au ministère des Affaires étrangères, les Alliés décident d’interdire toute relation commerciale directe ou indirecte avec les pays ennemis. (3) 17 juin : Les Russes s’emparent de la tête de pont de Czernowitz (Bukovine), sur le Pruth (3) 18 juin : Les autorités anglo-françaises exigent d’Athènes la démobilisation de l’armée grecque, le remplacement du gouvernement actuel, de nouvelle élections, le remplacement du chef de la police d’Athènes et l’expulsion des propagandistes germanophiles.
Du lundi 19 juin 1916 (688ème jour de la guerre) au dimanche 25 juin 1916 (694ème jour)
Sur les fronts belge et français. La discrétion des bulletins de sir Douglas Haig ne fait pas ressortir l'importance des opérations sur la ligne anglaise : il en résulte qu'à la période de préparations des organisations de tireurs d'élite d'équipée de grenadiers et d'artillerie lourde, a succédé une série de chocs dont l'intensité grandit progressivement. Le 24 juin a été le premier jour de l'application de la nouvelle loi sur le service militaire en Grande-Bretagne : tous les hommes de dix-huit à quarante et un ans sont considérés, désormais, comme dûment enrôlés pour la durée de 1a guerre. De nombreuses attaques de détail ont eu lieu en Picardie, entre l'Avre et l'Oise : l'Avre passe à Roye et l'Oise à Noyon; c'est ce qui donne de l'importance à ces opérations préparatoires. Bien que continuant leurs attaques dans la région d'Avocourt et au Mort-Homme, les Allemands cherchent à tout prit à nous enlever devant Verdun notre ligne de résistance sur la rive droite de la Meuse, de Thiaumont et Tavannes par Fleury et Souville, c'est cette partie qui détend l'étranglement des côtes de Meuse où passent la voie ferrée et la route de Verdun à Metz. L’ennemi n'a pu aborder cette ligne de défense mais il a pu s'emparer de la redoute de la ferme de Thiaumont. Quels que soient ses pertes effroyables en hommes et l'usure de son matériel, l'ennemi, depuis le mois d'avril, n'a avancé que de 14 mètres par jour.
Sur le front italien. Dans le Secteur du Pasubio, nos Alliés ont élargi leur occupation jusqu'à la vallée de Piaz à l'ouest et aux têtes des vallons du mont Pruch. Au nord-est sur le front Posina-Astico, duel d'artillerie. Sur le plateau d'Asiago, activité intense de l'artillerie italienne, particulièrement efficace contre les positions ennemies de la vallée de Kanaglia qui ont été bouleversées. Le long du reste du front, on signale des actions d'artillerie et des incursions de l'infanterie italienne avec des résultats sensibles dans le Haut-But.
Sur le front russe. L'avance russe, se continue avec moins de rapidité qu'au début. Les raisons de ce ralentissement ont été données par le général Schouwaieff, ministre de la Guerre en Russie; il faut se consolider sur le terrain conquis et procéder au transport de vivres et de munitions par des chemins souvent difficiles; Pour retarder et briser cette avance, les Allemands sont arrivés au secours de leurs alliés. La présence d'Hindenbourg était indispensable sur le front nord : le général allemand a pris l'offensive sur le canal Ogumski qui, entre Pinsk et Baronovitchi, relie les rivières Chara et Yasselda. La bataille est particulièrement vive au nord de Pinsk : cette diversion est la plus sérieuse qui ait été tentée pour soulager l'armée autrichienne. C'est le général Mackensen a qui incombe la charge de refouler l'armée russe du centre; les Austro-Allemands cherchent a enfoncer un coin destiné à diviser les armées russes marchant sur Kovel. Grace à l'occupation de Goura, Goumora, Straja, Kuty et Kimplung, toute la Bukovine est aujourd'hui aux mains des Russes. Les autorités austro-hongroises ont fait évacuer les villes de Kolomea et de Stanislau par la population civile, ainsi que tous les villages environnants, menacés par les Russes.
Sur le front de Salonique. Les Bulgares ne sont pas encore entrés en possession du fort de Phea-Petra et du fort d'lndgenez, mais l'occupation de ces forts par les troupes ennemies est imminente. Une brigade bulgare a franchi le Nestos et avance lentement dans la direction de Cavala. En Grèce, M. Zaïmis, président du Conseil, ministre des Affaires étrangères, a ordonné la démobilisation réelle et totale de l'armée grecque. La dissolution du Parlement et la fixation de la date des élections générales vont être l'objet d'un prochain décret : tous les partis prennent, dès à présent, leurs mesures en vue de la campagne électorale qui s'annonce comme devant être particulièrement agitée et difficile.
(3) 19 juin : Le républicain socialiste Maurice Viollette dresse un réquisitoire contre la conduite des opérations militaires françaises depuis le début de la guerre (1) 20 juin, Au Mexique, le président Carranza lance un ultimatum aux Etats-Unis. (2) 21 juin : Verdun : les Allemands atteignent les abords de Froideterre. (3) 21 juin : A la suite de l’offensive russe, et devant la résistance des forces italiennes du général Cadorna, l’état-major austro-hongrois décide de replier ses troupes dans le Trentin (3) 21 juin : En Grèce, le premier ministre Skouloudis décide de démissionner, Alexandros Zaïmis lui succède (3) 21 juin : Bataille de Verdun ; nouvelle offensive allemande qui aboutit à la prise de Thiaumont, Fleury-devant-Douaumont et des abords de Froideterre. (2) 22 juin : Le Premier ministre grec Zaïmis ordonne la démobilisation de l’armée à la suite de dissensions avec les Alliés. (1) 22 juin, En Allemagne, Premier départ d’un sous-marin cargo « Deutschland » pour Baltimore. Il doit être en mesure de forcer le blocus naval. (3) 22 juin : Après la clôture du comité secret, la Chambre se réunit en séance publique et vote la confiance par 444 voix contre 80 (3) 22 juin : En Grèce, le nouveau premier ministre Zaïmis ordonne la démobilisation de l’armée (3) 23 juin : Après la prise de Czernowitz, les Russes occupent l’ensemble de la Bukovine (3) 24 juin : Bataille de Verdun; l’armée française lance une contre-offensive autour de Fleury-devant-Douaumont (1) 24 juin, à Verdun les allemands lancent une dernière offensive (1) 25 juin, les troupes russes entrent en Bukovine.
Du lundi 26 juin 1916 (695ème jour de la guerre) au dimanche 2 juillet 1916 (702ème jour).
Sur les fronts Belge et Français La semaine a présenté sur plusieurs points des fronts des Alliés une activité extraordinaire: elle est, en résumé, avantageuse pour les armées de l'Entente. Sur tout le front de l'armée belge, les actions d'artillerie ont gagné en intensité : les tirs de destruction exécutés sur les tranchées allemandes vers Dixmude ont été fort efficaces.
de première ligne, et s'attaque aux ouvrages de seconde ligne: les patrouilles de nos Alliés, envoyées en reconnaissance sur toute l'étendue de la ligne; dans des raids heureux, apportent d'utiles renseignements et font des milliers de prisonniers, plus, particulièrement entre Ypres et Arras. Au nord et au sud de la Somme, les troupes françaises ont également gagné du terrain et fait 5000 prisonniers. Devant Verdun, les Allemands ont dirigé toute une série d'attaques contre les forts de Froide-Terre et de Souville, et ont réussi à s’emparer d’une partie du village de Fleury devant Douaumont, situé entre les deux forts. La lutte la plus tragique peut-être de toute la bataille de Verdun s'est alors déroulée dans ce secteur, autour de Thiaumont: cet ouvrage fortifié est pris, perdu, puis enfin repris par nous au milieu d’une canonnade effroyable et des corps à corps extrêmement violents. Le dispositif de l'ennemi (renforts et réserves rapprochés d'une manière exceptionnelle de la première ligne) prouve, dit le communiqué français, « l'intention d'un effort particulièrement puissant et continu devant aboutir rapidement à un résultat important ».
Sur le front italien Dans le Trentin, le recul des Autrichiens au delà du plateau des Sept-Cormmunes et d'Asiago, ainsi que beaucoup plus à droite, dans le Carso, marque la fin de leur offensive. L'avance austro-hongroise sur le front italien est arrêtée et la contre-offensive italienne commencée. La retraite autrichienne a été si prompte que les Italiens n’ont pu faire avancer leur grosse artillerie avec une rapidité égale; il en résulte qu'à mesure que les troupes de nos Alliés avancent plus près des groupes ennemis d'arrière-garde, leurs progrès quoique sensibles sont, pour le moment, plus lents et plus pénibles.
Sur le front russe.
Vers les Carpathes, au sud du front, nos Alliés poursuivent leur conquête et s'emparent de Kolomea. Selon les derniers rapports, le total des prisonniers pris durant le mois de juin est de 212000.
Dans les Balkans. Aucune action de troupes françaises ou bulgares n'est signalée dans la région de Salonique : un régiment serbe a pris ses cantonnements Rorytes. Des incidents violents, préludes d'une bataille électorale très vive entre les partisans et les adversaires de Venizelos, ont lieu devant les journaux. Des ligues d'anciens militaires sont créées pour activer la propagande. Le gouvernement grec, conformément aux demandes de l'Entente a décidé de hâter la démobilisation, qui sera terminée à la fin de juillet.
(3) 30 juin : Dans son rapport adressé à son gouvernement, le comte von Wolff-Metternich, ambassadeur d’Allemagne à Constantinople, révèle la détermination du comité Union et Progrès à poursuivre la déportation la déportation et l’extermination des Arméniens (3) 1er juillet : En étroite collaboration, les armées britanniques et françaises déclenchent une offensive générale sur le front de la Somme. L’attaque britannique porte sur 20 kilomètres de Gommécourt à Fricourt en direction de Bapaume, tandis que les Français attaquent les positions ennemies sur 40 kilomètres de Maricourt à fay en direction de Péronne. C’est le début de la bataille de la Somme (1) 1er juillet, 57 000 tués lors du début de l’offensive franco-anglaise dans la Somme, les britanniques enregistrent en un jour les plus lourdes pertes de toute l’histoire de la guerre. Sous le comandement du général britannique Haig, ils ne parviennent pas à percer le front allemand. (2) 1er juillet : Début de la bataille de la Somme, offensive alliée vers Bapaume et Péronne (fin en octobre). Plus de 600 000 victimes dans les deux camps. Les forces britanniques (volontaires) s’engagent dans la bataille de la Somme. (3) 2 juillet : Les français enlèvent le village de Frise, près de Bray-sur-Somme (3) 2 juillet : En Grande-Bretagne, suite à la mort de Kitchener, le 5 juin, Llyod George devient ministre de la Guerre (2) 4 juillet : Le Premier ministre roumain Ion Bratianu rappelle aux Alliés que son pays interviendra à leurs côtés s’ils ne se retirent pas des Dardanelles et s’ils déclenchent une offensive contre les Bulgares à partir de Salonique. |