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GUERRE 1914-1918 |
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Dimanche 1er novembre 1914 Quarante-huitième jour de la bataille de l'Aisne et du Nord : nouvelles et toujours violentes attaques allemandes, toutes repoussées; les Alliés progressent au Quesnoy, à Vailly, à Souain et dans l'Argonne. Prise du Quesnoy-en-Santerre, localité stratégique importante. Prise de plusieurs tranchées allemandes autour de Sainte-Marie-aux-Mines (petite ville d'Alsace, près de la frontière française actuelle). Brillantes expéditions d'aviateurs français, en Belgique et vers Amiens : un état-major allemand est bombardé près de Dixmude. Les troupes russes progressent en Prusse orientale, au delà de la Vistule et sur le San.
Lundi 2 novembre 1914. Quarante-neuvième jour de la bataille de l'Aisne et du Nord : progrès sensibles des Alliés autour de Dixmude. De très violentes attaques de l'ennemi contre les faubourgs d'Arras, sur le Quesnoy, sur Vailly et sur Lihons ((Somme), au S.-E. d'Amiens) ont échoué; de même vers Nomény, au nord de Nancy. Dans les Vosges, les Français occupent le col de Sainte-Marie et progressent vers Saint-Dié. (2) La Serbie déclare la guerre à l'Empire ottoman qui a rejoint les Allemands et les Autrichiens. (3) Au coursd’une réunion qui se tient dans la nuit du 1er au 2 au domicile du grand vizir Saïd Halim, le ministre de l’Intérieur Talaat pacha désapprouve au nom de l’Ittihad (le parti jeune-turc) la note d’excuse envoyée à la Russie, en veru du traité d’allaince signé avec l’Allemagne le 2 août. Saïd Halim s’incline. N’ayant pas reçu de réponse à son ultimatum, la Russie déclare la guerre à la Turquie.
Mardi 3 novembre 1914. Cinquantième jour de la bataille de l'Aisne et du Nord : l'ennemi parait avoir abandonné la rive gauche de l'Yser; les Français continuent à repousser les incessantes attaques de l'ennemi sur Arras et sur Le Quesnoy, mais ils cèdent un peu de terrain du côté de Chavonne (ville de l'Aisne, à l'est de Soissons); et de Soupir (ville du dép. de l'Aisne, au N.-E. de Chavonne) et dans la vallée de la Seille. Vers Souain, combat d'aéroplanes : trois aéroplanes allemands sont descendus par les aviateurs français. Les Allemands recommencent à bombarder Reims avec leur artillerie lourde. En Pologne, les Russes réoccupent Lodz et poursuivent l'armée austro-allemande. Le tsar se rend sur le front. Sur la cote arabe, au nord de la mer Rouge, un croiseur anglais bombarde la ville d'Akaba (forteresse turque au fond du golfe d'Akaba, qui, avec le golfe de Suez, entoure la presqu'île du Sinaï), détruit ses forts et ses approvisionnements. (1) La Grande-Bretagne annonce que toute la mer du Nord devient un champ de bataille (2) L’amirauté britannique fait miner la mer du Nord déclarée « zone de guerre ». Le Royaume-Uni fait confiance à sa marine pour protéger le pays et établir un blocus économique. Il ne possède en effet qu’une armée de métier de 250 000 hommes dispersés à travers le monde dont 60 000 seulement sont prêts à partir pour la France. (3) La France et la Grande-Bretagne déclarent la guerre à la Turquie tandis qu’une escadre anglo-française bombarde les forts des Dardanelles. (3) L’Amirauté britannique déclare la mer du Nord « zone de guerre » et commence à la miner. Les navires neutres sont désormais tenus de faire escale dans un port britannique pour y être inspectés et orientés vers un itinéraire sans risque.
Mercredi 4 novembre 1914. Cinquante et unième jour de la bataille de l'Aisne et du Nord : les Allemands, rejetés au delà de l'Yser, nous laissent de nombreux prisonniers et abandonnent un important matériel; légère avance entre Dixmude et la Lys, ainsi qu'entre Arras et l'Oise; du côté de Vailly, nous reprenons une grande partie du terrain perdu. Violentes canonnades un peu partout Les forts des Dardanelles sont bombardés par la flotte anglo-française. Sur plusieurs points du Caucase, les troupes russes sont entrées en Turquie. En Prusse orientale et en Pologne, les armées russes progressent.
Jeudi 5 novembre 1914. Cinquante-deuxième jour de la bataille de l'Aisne et du Nord : les armées alliées ont légèrement progressé à l'est de Nieuport. De vigoureuses attaques allemandes au nord d'Arras, ainsi que dans l'Argonne, ont été repoussées. Très violents duels d'artillerie entre La Bassée et l'Oise, et aussi entre l'Oise et la Moselle. Les troupes russes pénètrent en Silésie et en Posnanie. Dans le Pacifique, au large du Chili, combat naval entre quelques vaisseaux anglais et allemands : : les Anglais ont été très éprouvés. L'Angleterre a annexé l'île de Chypre, qu'elle occupait déjà. L'Angleterre et la France se déclarent en état de guerre avec la Turquie. (1) La Grande-Bretagne, la France, la Russie déclarent la guerre à l’empire ottoman. (2) Les Britanniques annexent Chypre, qu'ils administraient jusque-là sous souveraineté ottomane. (3) Les troupes russes prennent la forteresse turque de Bayazid qui commande la route de Van
Vendredi 6 novembre 1914. Cinquante-troisième jour de la bataille de l'Aisne et du Nord : action toujours très violente dans la région d'Ypres. Attaques allemandes d'Arras à l’Oise, toutes repoussées; nous reprenons les villages de Sapigneul, près de Berry-au-Bac, et de Soupir, que nous avions dû abandonner. Toutes les attaques des ennemis dans l'Argonne, dans la Woëvre, sur les Hauts-de-Meuse, au nord de Nancy, dans la région de Lunéville, échouent partout et nous progressons. Les Russes ont remporté en Galicie la plus grande victoire obtenue depuis le début de la guerre : les Austro-Allemands sont en pleine retraite. Les Russes envahissent la Turquie d'Asie. (2) Blocus économique de l’Allemagne.
Samedi 7 novembre 1914. Cinquante-quatrième jour de la bataille de l'Aisne et du Nord : une nouvelle attaque sur tout le front est encore tentée par les Allemands qui sont repoussés partout. Les Belges se sont avancés du côté de Nieuport. Nous avons encore gagné du terrain vers Albert et Vailly. A l'est de Verdun, la position de Saint-Rémy (village de la Woëvre (Meuse), au S.-E. de Verdun) a été enlevée à la baïonnette. En Galicie, les Russes prennent aux ennemis plus de 80 canons et 20 000 prisonniers. En Chine, les Japonais se sont emparés des ports de Tsing-Tao (après plus de 2 mois de lutte), et sont entrés dans la ville.
Dimanche 8 novembre 1914. Cinquante-cinquième jour de la bataille de l'Aisne et du Nord : avances marquées des Français sur l'Aisne; au nord-est de Soissons, vers Vailly, ils enlèvent le plateau de Vrégny. Les brouillards gênent beaucoup depuis deux jours les opérations et contrarient l'artillerie. Les Russes marchent vers Cracovie; la route leur parait ouverte.
Lundi 9 novembre 1914. Cinquante-sixième jour de la bataille de l'Aisne et du Nord : le brouillard intense rend les opérations difficiles, surtout entre la Lys et l'Oise; toutefois, nous avons progressé de Dixmude à l'Oise. Les attaques allemandes ont été partout repoussées, particulièrement dans les Vosges, vers Sainte-Marie-aux-Mines, où les Allemands ont éprouvé un sérieux échec. On apprend que les troupes françaises, aidées des Belges, ont repris la portion du Congo que la France avait cédée à l'Allemagne. Dans le golfe Persique, les Anglais occupent la ville de Chao. (1) Le croiseur allemand « Emden » (qui avat coulé une vingtaine de navires britanniques) est coulé dans l’océan indien (par le croiseur australien Sydney)
Mardi 10 novembre 1914. Cinquante-septième jour de la bataille de l'Aisne et du Nord : la bataille est extrêmement violente à l'aile gauche, parce que les Alliés comme les Allemands prennent l'offensive. Les Alliés repoussent les Allemands et gagnent un peu de terrain vers Ypres et Armentières. Des attaques dans les Vosges, vers Thann (ville de la Haute-Alsace, à 33 kilomètres N.-E. de Belfort), sont violemment repoussées. Une avance est aussi signalée entre Reims et Berry-au-Bac, vers Loivre (ville de la Marne, au nord de Reims). Les Russes sont à 35 kilomètres de Cracovie. Le trop fameux croiseur Emden, qui a détruit tant de bâtiments marchands, a pu être enfin surpris par des croiseurs australiens sur la côte de l'île des Cocos et être détruit. (2) Les Russes doivent cesser l’offensive devant la poussée des troupes allemandes sur Lodz (3) Reddition compléte aux Japonais de toute la concession de Kiao-tchéou (Jiaozhou). (3) En Pologne, le renfort de 5 corps d’ armée permet aux troupes allemandes d’avancer de Thorn vers Lozd en obligeant les Russes à cesser l’offensive.
Mercredi 11 novembre 1914. Cinquante-huitième jour de la bataille de l'Aisne et du Nord : batailles toujours extrêmement violentes; les Alliés ont pu reprendre Lombaertzyde (ville de Belgique, à l'ouest d'Ostende) et ont même un peu progressé au delà, mais ils ont dû abandonner Dixmude dont les Allemands sont parvenus à s'emparer. Nous continuons à garder nos positions aux abords mêmes du village, sur le canal de Nieuport à Ypres qui est solidement occupé. Les Français avancent dans les régions de Soissons et de Vailly, et au nord de Lunéville ont repoussé à Coincourt (village de Meurthe-et-Moselle, à 20 kilomètres N.-E. de Lunéville) une violente attaque d'un détachement allemand. Les Russes menacent Cracovie, Breslau et Posen, en poursuivant activement l'armée austro-allemande. Les Serbes ont battu, à 30 kilomètres de Belgrade, les Autrichiens qui avaient passé le Danube. (1) La colonie allemande de Quingdao (Chine) capitule après 43 jours de siège devant les Japonais. (3) Déclaration de l’Ittiihad justifiant la participation de la Turquie à la guerre au nom de l’idéal national. Les Jeunes-Turcs veulent obtenir une frontière naturelle permettant l’ «union avec les frères de race », et libérer le monde musulman de la « domination des infidèles »
Jeudi 12 novembre 1914. Cinquante-neuvième jour de la bataille de l'Aisne et du Nord : une tentative des Allemands de franchir l'Yser est vigoureusement repoussée. A la ferme Heurtebise, près Craonne, l'artillerie allemande est réduite au silence. En Argonne, de nombreuses contre-attaques allemandes sont également repoussées. Les Russes battent en Bukovine deux divisions autrichiennes qui fuient en subissant des pertes énormes. Les Russes, en Galicie, rétablissent le siège de Przemysl. Dans les Karpathes, ils attaquent les arrières gardes autrichiennes qui se maintiennent sur le San. Le sultan proclame la guerre avec les puissances de la Triple Entente. (3) L’Empire ottoman déclare la guerre aux Alliés
Vendredi 13 novembre 1914. Soixantième jour de la bataille de l'Aisne et du Nord : dans les environs d'Ypres, les Alliés ont enlevé plusieurs positions et ont repoussé une attaque de la garde prussienne. Dans l'Aisne, les Français, repoussant plusieurs attaques ennemies, ont progressé en plusieurs points et se sont emparés de la position de Tracy-le-Val ((Oise), au nord-est de Compiègne). Combats avantageux pour nous du côté de Vailly, de Berry-au-Bac, de Lunéville, du col Sainte-Marie. Les Russes se sont emparés des lagunes orientales des lacs de Mazurie où les Allemands battent en retraite en essayant de s'arrêter sur de fortes positions. En Galicie, l'armée autrichienne parait désorganisée. (1) Le gouvernement allemand appelle la population à changer son or contre du papier-monnaie. (3) A Khénifra, au Maroc, les zayans attaquent les troupes du colonel Laverdure et font plus de 500 morts dans leurs rangs
Samedi 14 novembre 1914. Soixante et unième jour de la bataille de l'Aisne et du. Nord : des attaques des Allemands à Zonnebeke, à Ypres et dans la région de La Bassée et d'Arras sont repoussées; de même à Lihons ((Somme), au sud-ouest de Péronne) où l'ennemi a subi des pertes considérables. Attaques toutes également repoussées dans l'Argonne où l'ennemi a vainement essayé de reprendre le Four-de-Paris et Saint-Hubert. Violentes canonnades aux environs de Verdun. (1) Début de la guerre des tranchées. En Prusse orientale et en Galicie, les Russes avancent sans rencontrer de résistance. L'armée autrichienne a réussi à entrer en Serbie.
Dimanche 15 novembre 1914.
(2) Mêlée des Flandres. Victoire des armées française, britannique et belge autour d’Ypres et de Dixmude. (3) Grâce à l’offensive menée par le général Foch, les armées françaises, renforcées par les britanniques et les belges sont viictorieuses dans les Flandres à l’issue de combats autour d’Ypres et de Dixmude le 10 et le 11 (la « mêlée des Flandres »)
Lundi 16 novembre 1914. Soixante-troisième jour de la bataille de l'Aisne et du Nord : de grandes inondations ont été tendues suc les bords de l'Yser; le terrain immergé se prolonge au sud de Dixmude jusqu'à 5 kilomètres au nord de Bixschoote; les Allemands tentent en vain de franchir l'Yser : leurs attaques sont toutes repoussées. Attaques repoussées à Saint-Hubert, dans l'Argonne, et dans le bois d'Apremont près de Saint-Mihiel. En Prusse orientale, une violente bataille est engagée vers Soldau (ville de la Prusse orientale, près de la frontière russe). En Galicie, l'investissement de Cracovie est commencé par les Russes. Une sortie de la garnison de Przemysl est violemment repoussée par les Russes. En Arabie et aux frontières persanes, les Russes et les Anglais attaquent avec succès les forts et les troupes de la Turquie.
Mardi 17 novembre 1914. Soixante-quatrième jour de la bataille de l'Aisne et du Nord : sur le canal de l'Yser, au sud de Dixmude, notre canonnade arrête les travaux exécutés par l'ennemi pour s'opposer à l'inondation; les Allemands évacuent une grande partie de leurs tranchées envahies par l'eau. Nous progressons sur l'Yser, d'Armentières à Arras, vers Vailly, dans l'Argonne, sur les Hauts-de-Meuse. Continuation du bombardement de Reims. A Lille, les aviateurs des Alliés ont détruit deux anciens forts qui servaient d'importants dépôts de munitions. Les Russes sont sous Cracovie. En Herzégovine, les Serbes, malgré l'inégalité du nombre, résistent énergiquement à l'armée autrichienne. En Hollande, un Zeppelin, chassé par la tempête, est tombé près de la frontière et a été détruit. Défaite des Turcs sur le Chatt-el-Arab (golfe Persique).
Mercredi 18 novembre 1914. Soixante-cinquième jour de la bataille de l'Aisne et du Nord : canonnades très violentes à l'aile gauche, particulièrement vers Nieuport et au sud d'Ypres; plusieurs attaques des Allemands sont vivement repoussées, particulièrement près de Bixschoote où les zouaves, dans une superbe charge, ont brillamment enlevé un bois disputé depuis plusieurs jours. Dans la région de Craonne, l'artillerie française a de nouveau fait taire l'artillerie allemande. Le bombardement de Reims continue. Dans a région de Saint-Mihiel, les Allemands ont fait sauter la partie ouest de Chauvoncourt qui avait été reprise par les Français. En Alsace, les bataillons de landwehr, ayant perdu plus de la moitié de leur effectif, ont dû être ramenés en arrière. (Le conseil des ministres décide la radiation des Allemands de l'ordre de la Légion d'honneur.) Dans la Baltique, la flotte allemande bombarde Libau (port de la Russie d'Europe (Courlande)). Dans la mer Noire, la flotte russe canonne Trébizonde et détruit plusieurs navires turcs. L'avance russe continue en Prusse orientale. (1) Les institutions françaises radient tous les correspondants allemands. (3) Convaincu qu’une victoire rapide de l’Allemagne n’est plus possible, le chef de l’état-major Erich von Falkenhayn écrit au chancelier von Bethmann-Hollweg pour lui demander de tenter de mettre fin aux hostilités soit avec la France, soit avec la Russie.
Jeudi 19 novembre 1914. Cent dixième jour de la guerre, soixante-sixième jour de la bataille de l'Aisne et du Nord : vives canonnades entre la mer et la Lys, mais pas d'attaques d'infanterie. Entre l'Oise et l'Aisne, les Allemands essaient vainement de reprendre Tracy-le-Val; ils sont vigoureusement repoussés par nos contingents algériens. Les Allemands font sauter une partie du village de Chauvoncourt, faubourg de Saint-Mihiel, que nous avions occupée. Les Serbes repoussent les Autrichiens à Orchava et à Opronovatz. La flotte allemande bombarde Libau (ville de la Russie d'Europe (Courlande), sur la Baltique, à 170 kilomètres ouest de Milau). Dans la mer Noire, la flotte russe bombarde Trébizonde (ville et port de la Turquie d'Asie, sur la mer Noire). Continuation de la violente bataille entre la Vistule et la Wartha : l'armée russe avance.
Vendredi 20 novembre 1914. Cent onzième jour de la guerre, soixante-septième jour de la bataille de l'Aisne et du Nord : pas d'attaques d'infanterie dans le Nord, le temps est très mauvais, il neige; les attaques d'artillerie sont faibles; à l'est de Dixmude et Ramscapelle, les Allemands reculent devant l'inondation qui les force à abandonner quelques canons. Dans l'Argonne trois attaques d'infanterie allemandes sont repoussées. Les Allemands réoccupent la partie détruite de Chauvoncourt, faubourg de Saint-Mihiel. Le blocus de Przemysl se resserre.
Samedi 21 novembre 1914. Cent douzième jour de la guerre, soixante-huitième jour de la bataille de l'Aisne et du Nord : violentes canonnades à Nieuport, Dixmude, au sud d'Ypres, ainsi que dans l'Aisne et la Champagne où nous avons empêché les Allemands de continuer la construction de leurs tranchées. En Argonne, nous faisons sauter des tranchées ennemies. En Woëvre, aux Eparges (ville de 200 habitants (Meuse), au S.E. de Verdun), près de Verdun, cinq attaques ennemies, faites en deux heures, ont été repoussées avec de grandes pertes. En Pologne, les Russes, qui avaient été obligés de reculer entre la Vistule et la Wartha, reprennent l'offensive et battent les Allemands près de Lodz. Les Russes avancent dans les Karpathes. Les Serbes résistent énergiquement à l'invasion autrichienne : le bombardement de Belgrade reprend.
Dimanche 22 novembre 1914. Cent treizième jour de la guerre, soixante-neuvième jour de la bataille de l'Aisne et du Nord : terrible bombardement d'Ypres par les Allemands; églises, halles, hôtel de ville, monuments admirables sont en ruines; notre artillerie, entre Arras et l'Oise, détruit quelques tranchées; mais l'ennemi en reconstruit de nouvelles en arrière. Des avions anglais lancent des bombes sur les ateliers des Zeppelins, près du lac de Constance, et causent des dégâts matériels considérables. Les Russes avancent, en refoulant les Allemands, entre la Vistule et la Wartha. (3) La campagne britannique en Mésopotamie se poursuit : prise de Bassorah.
Lundi 23 novembre 1914. Cent quatorzième jour de la guerre, soixante-dixième jour de la bataille de l'Aisne et du Nord : violentes
Mardi 24 novembre 1914. Cent quinzième jour de la guerre, soixante et onzième jour de la bataille de l'Aisne et du Nord : dans le Nord, quelques canonnades intermittentes. En Argonne, plusieurs attaques d'infanterie sont repoussées, et nous gagnons du terrain dans la région du Four-de-Paris; une brume épaisse gène les opérations. En Pologne, entre la Vistule et la Wartha, les avantages des Russes s'accentuent : une contre-offensive allemande dirigée par le Kronprinz sur Varsovie est enrayée. La guerre contre les Turcs s'accentue : les Anglais s'emparent de Bassorah (ou Basra, v. de la Turquie d'Asie, sur le Chat-el-Arab (Euphrate), à 88 kilomètres N.-O. du golfe Persique); les Russes, en Arménie, se dirigent vers Erzeroum (ville forte de la Turquie d'Asie, à 1070 kilomètres E. de Constantinople). A Bucarest, importante manifestation populaire en faveur de la Triple-Entente.
Mercredi 25 novembre 1914. Cent seizième jour de la guerre, soixante-douzième jour de la bataille de l'Aisne et du Nord : aucune attaque d'infanterie dans le Nord. Près de La Bassée, les troupes indiennes reprennent quelques tranchées qu'elles avaient dû abandonner la veille. En Flandre, entre Langemarck (ville de Belgique, au S.-E. de Bixschoole et au N -E. d'Ypres) et Lanneberck, au nord-est de Reims, à Berry-au-Bac et en Argonne, nous progressons. Une attaque allemande est repoussée près de Verdun, où une suspension d'armes est refusée aux Allemands. Dans la région de Pont-à-Mousson, nous avons bombardé Arnaville (petite localité de l'arrondissement de Toul, dernier village français dans la direction de Metz), localité très fortifiée, formant un bastion avancé de la défense de Metz. En Pologne, continuation de la terrible bataille entre la Vistule et la Wartha qui continue à s'affirmer en faveur des Russes; l'armée allemande paraît être coupée en plusieurs tronçons. Les Serbes battent les Autrichiens qui avaient réussi à franchir la rivière Koloubara; les pertes autrichiennes sont considérables.
Constatation très encourageante. (Occupation du territoire par les allemands en pourcentage)
Jeudi 26 novembre 1914. Cent dix-septième jour de la guerre, soixante-treizième jour de la bataille de l'Aisne et du Nord : continuation du bombardement d'Arras; dans l'Aisne, une attaque des Allemands contre Missy est repoussée; petit engagement à l'est de Verdun. En Belgique, la flotte anglaise bombarde les positions allemandes sur le littoral. Les Russes font de nombreux prisonniers allemands et autrichiens : la situation de deux corps d'armée allemands paraît très compromise.
A Zeebrugge, que les Anglais bombardent, trois sous-marins allemands sont détruits; 27 mécaniciens sont tués
Samedi 28 novembre 1914. Cent dix-neuvième jour de la guerre, soixante-quinzième jour de la bataille de l'Aisne et du Nord : combats d'artillerie en Belgique où plusieurs positions sont enlevées autour d'Ypres; l'artillerie abat un biplan ennemi monté par trois aviateurs, dont l'un est tué et les deux autres sont prisonniers. Trois attaques allemandes sont repoussées autour d'Arras. Vive canonnade en Champagne, où les Allemands font des pertes importantes. En Pologne, la victoire russe semble s'accentuer, mais la lutte est particulièrement acharnée autour de Lodz. En Galicie, les Autrichiens sont en pleine déroute. Au Congo belge, les Français et les Belges battent les troupes allemandes, en territoire allemand, au nord de l'Oubanghi (rivière de l'Afrique équatoriale, affluent de droite du Congo).
Dimanche 29 novembre 1914. Cent vingtième jour de la guerre, soixante-seizième jour de la bataille de l'Aisne et du Nord : au nord et au sud d'Ypres, notre infanterie a encore enlevé quelques positions; quelques attaques allemandes repoussées dans la région d'Arras. Progrès sensibles des Français, près du village de Fay, entre la Somme et Chaulnes. Entre Vailly et Berry-au-Bac, notre artillerie détruit un groupe de mitrailleuses et quelques autres pièces. Dans les Vosges, trois attaques allemandes pour reprendre le terrain conquis par nous, dans le Ban-de-Sapt, sont successivement repoussées. Dans la Manche, un sous-marin allemand coule deux vapeurs anglais. En Pologne, des combats terribles se livrent encore autour de Lodz; les armées allemandes et autrichiennes résistent avec une extraordinaire énergie aux attaques de l'armée russe.
Lundi 30 novembre 1914. Cent vingt et unième jour de la guerre, soixante-dix-septième jour de la bataille de l’Aisne et du Nord : en Belgique, l'ennemi reste sur la défensive; les Alliés progressent sur quelques points. Les Allemands recommencent à bombarder Soissons. Plusieurs attaques allemandes sont repoussées aux environs d Arras et dans l'Argonne. En Woëvre, violente attaque d'artillerie, mais sans résultat, dans les bois d'Apremont. A Lodz, une partie de l'armée allemande résiste encore énergiquement au centre, pour arrêter une partie de l'armée russe. Au Caucase, défaite des Turcs qui paraissent battre en retraite devant les Russes. |