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GUERRE 1914-1918 |
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Du lundi 5 mars 1917 au dimanche 11 mars 1917.
Sur les fronts belge et français. En réponse à l'artillerie ennemie qui a canonné différents points du front belge, les batteries de nos alliés ont vigoureusement riposté à l'est de Ramscapelle et vers Dixmude. Dans les secteurs anglais, des opérations préparatoires ont eu lieu : en Flandre, les Allemands ont déclenché une offensive vers le système qui commande la route d'Ypres à Bailleul, et, sur cinq vagues menées au feu, une seulement atteignit quelques éléments de l'objectif, petit avantage payé cher; par contre, en face de Bapaume, nos alliés ont avancé à nouveau de 5 kilomètres. Le maréchal Hindenburg dit aux journalistes de l'Empire que la guerre serait terminée cet été et qu'un grand coup se prépare : or, en deux jours, cette semaine, 50 aéroplanes ont été abattus sur ce secteur, dont 33 avions alliés, effort immense et subit des Allemands pour empêcher de voir. Trois points du front français ont été le théâtre d'actions assez vives : entre l’Oise et l'Aisne, nos troupes ont effectué des raids jusqu'à la troisième tranchée allemande, infligeant aux occupants des pertes sensibles et bouleversant les défenses; en Champagne, nous progressons légèrement ; sur la rive droite de la Meuse, la lutte d’artillerie se poursuit, avec une intensité rare, de part et d'autre.
Sur le front italien Sur le front italien, petits coups de main et actions habituelles d'artillerie.
Sur les fronts russe et roumain. Sur le front russe proprement dit, fusillades et reconnaissances d'éclaireurs. Sur le front roumain, le froid très intense continue (on a enregistré 22° au-dessous de zéro) ; une neige abondante arrête toutes les opérations Le roi de Roumanie a reçu le général Berthelot, chef de la mission militaire française.
Les Alliés en Orient. Anglais et Russes continuent leur avance dans le secteur de Bagdad ; les Turcs se fortifient de plus en plus dans toute la région; ils font venir des secours de Constantinople, mais ils ont dû abandonner le col de Saïd-Abbad qui semblait imprenable A l'altitude de 2000 mètres. Bagdad est pris : cette chute ne peut manquer d'avoir un effet considérable sur les populations musulmanes.
La légation de Russie a informé le président du Conseil de Perse que les troupes russes avaient occupé quelques villes, et il a invité le gouvernement persan à reprendre possession de ces villes, actuellement évacuées par les troupes ennemies.
La situation économique. En France, la pénurie de charbon et de pétrole se fait sentir; les réquisitions de blé et de farine se généralisent dans les départements, en vue d'assurer le ravitaillement civil. En Allemagne, la crise alimentaire n'est plus niée : les journaux de Hollande affirment que les personnes non employées dans les usines de guerre n’ont que 4 livres de pain et 3 livres de pommes de terre par semaine. En Angleterre, avec la sanction du contrôleur de l'alimentation, les Bourses des comestibles dressent les prix maxima des principales denrées. En Russie, en présence du problème de l'approvisionnement, la Douma vote l'extension des pouvoirs des municipalités pour la durée de la guerre.
En Amérique. L'amirauté des Etats-Unis a ordonné officiellement d'armer tous les navires marchands qui se rendent dans la zone de guerre européenne : cet armement est, d'ailleurs, déjà commencé. Le gouvernement de Washington prépare un livre diplomatique relatant les complots allemands contre les Etats-Unis. L'ambassadeur des Etats-Unis à Mexico a fait savoir au général Carranza qu'il serait rendu responsable du développement éventuel des tentatives allemandes pour fomenter des troubles au Mexique; le général Carranza est invité officieusement à protéger les gisements de pétrole anglais au Mexique.
(3) 5 mars; Le prince Sixte de Bourbon-Parme remet à Raymond Poincaré un mémorandum sur sa mission, accompagné d’une note du comte Czernin (1) 10 mars, les troupes britanniques prennent Bagdad. (1) 10 mars, à Petrograd, manifestations et soulèvements des ouvriers rejoints par la population, contre la famine et la guerre. C’est le début de la révolution de février (d’après le calendrier russe). (3) 11 mars; Les troupes britanniques s’emparent de Bagdad
Du lundi 12 mars 1917 au dimanche 18 mars 1917.
Sur les fronts belge et français. Deux faits dominent la situation militaire sur le front français : l° la prise du bois de Saint-Pierre-Vaast, de Bapaume et de Péronne pour les Anglais (ce bois était une des principales positions allemandes qui contenaient l'avance britannique à l'est de la route de Béthune; quant à l'entrée victorieuse de nos alliés à Bapaume et à Péronne, elle prive l'ennemi d'un centre important de ravitaillement) ; 2° l'avance magnifique des troupes françaises sur l'Avre : nos coups de sonde exécutés entre l'Aisne et l'Oise se récapitulent cette semaine par un gain de 80 kilomètres carrés. L'ennemi est en retraite sur la route de Cambrai, et Noyon, bifurcation importante, est entre nos mains.
L'aviation anglo-française a fait des prodiges : le capitaine Guynemer a abattu son 35ème avion ennemi. En revenant d'un raid sur l'Angleterre, trois zeppelins ont survolé la région parisienne; l'un d'eux a été abattu à Compiègne, les autres se sont enfuis. En représailles de la destruction systématique de Bapaume par les Allemands en fuite, un avion français a bombardé la ville de Francfort-sur-le-Mein.
Sur le front italien. Les communiqués ne font allusion qu'à l'activité des artilleries, de part et d'autre, et à quelques petits coups de main sans envergure.
Sur les fronts russe et roumain. Aucun fait important à signaler.
En Asie. La Turquie rappelle ses armées de Roumanie pour les engager contre les Indiens, s'avançant en Mésopotamie; contre les Russes, dévalant de Perse ou progressant légèrement en Arménie, et contre les Egyptiens envahissant la Syrie : c'est la répercussion attendue des victoires des Alliés à Hamadan, Bagdad et Kermanchah
La semaine politique et diplomatique. En France, pendant une discussion, à la Chambre, sur l'aéronautique militaire, le général Lyautey ayant signalé les périls que pouvaient faire courir à la Défense nationale, même en comité secret, de pareils débats, un grand nombre de députés protestèrent et empêchèrent le ministre de continuer son discours. Le ministre de la Guerre démissionna; M. Briand, président du Conseil, n'ayant pu obtenir, pour remplacer le général Lyautey, les concours qu'il désirait, a remis au Président de la République la démission du Cabinet. En Russie, un mouvement révolutionnaire, analogue au mouvement français de 1789, a balayé l'ancien régime : la Révolution russe, libérale et nationale, va organiser l'ordre nouveau. Le mauvais ravitaillement des troupes et de la population civile; les intrigues de Cour suggérées par la tzarine, princesse d’origine allemande ; les tergiversations du tzar, mal conseillé par les ministres autocrates couvrant les erreurs et les trahisons de la bureaucratie, ont amené la Douma, les troupes et les grands-ducs à demander l'abdication du tzar. Celui-ci a adressé un manifeste au peuple russe : « D'accord avec la Douma d'Empire, dit-il en substance, nous avons reconnu pour bien d'abdiquer la couronne de l'Etat et de déposer le pouvoir suprême. Ne voulant pas nous séparer de notre fils aimé, nous léguons notre héritage à notre frère, le grand-duc Michel Alexandrovitch, le bénissant de son avènement au trône de l'Etat russe. Nous léguons à notre frère de gouverner en pleine union avec les représentants de la nation, siégeant aux institutions législatives et de leur prêter serment inviolable au nom de la patrie. » Le nouveau tzar a lancé la proclamation suivante : « A une époque de guerre sans précédent et de troubles populaires, animé, avec tout le peuple, de la pensée que le bien de la patrie prime tout, j'ai pris la ferme résolution d'accepter le pouvoir suprême seulement si telle est la volonté de notre grand peuple qui doit par un plébiscite, par l'organe de ses représentants réunis dans une Assemblée constituante, établir la forme du gouvernement et les nouvelles lois fondamentales de l'Etat russe. Je prie tous les citoyens de Russie de se soumettre au gouvernement provisoire formé sur l'initiative de la Douma et investi de toute la plénitude du pouvoir, jusqu'à ce que, dans un délai aussi bref que possible, une Assemblée constituante, élue sur la base du suffrage direct, égal et secret, ait, par sa décision relative à la forme du gouvernement, exprimé la volonté du peuple. » Le grand-duc Nicolas devient généralissime : La nouvelle du mouvement révolutionnaire, connue de toutes les troupes sur le front russe, a provoqué des cris d'enthousiasme et des chants patriotiques. Les principales villes et provinces de l'Empire adhèrent à la Révolution et le nouveau gouvernement, présidé par le prince Lvov, a fait cette déclaration qui satisfait le peuple russe et les peuples alliés : « La Russie, victime d'une agression préméditée et préparée de longue date, continuera, comme par le passé, à lutter contre l'esprit de conquêtes d'une race de proie qui s'imagine pouvoir établir, au-dessus de ses voisins, une hégémonie intolérable et faire subir à l'Europe du XXème siècle la honte de la domination du militarisme prussien. » Aux Etats-Unis, l'effervescence règne : le vapeur américain Algonquin, allant de New-York à Londres avec une cargaison de vivres, a été coulé par un sous-marin allemand; la presse croit que c'est là l'acte délibéré que le président Wilson attendait pour déclarer que l'état de guerre existe entre les Etats-Unis et l'Allemagne. Le gouvernement chinois a rompu les relations diplomatiques avec l'Allemagne, et six navires allemands, ancrés au port de Shanghai, ont été saisis. (1) 12 mars, aux Etats-Unis, armement des bateaux de commerce. (3) 12 mars; A Pétrograd, les régiments Volinski et Pavlovski refusent de réprimer les manifestations et fraternisent avec les ouvriers. Les mutineries au sein de l’armée se développent. Un comité pour le rétablissement de l’ordre et de la paix intérieur, d’inspiration libérale, est créé par les dirigeants de différents groupes parlementaires de la Douma, dont la session est ajournée. Le même jour est institué un soviet des ouvriers et des soldats. (3) 13 mars; Le président de la Douma Rodzianko tente de reprendre les troupes en main tandis que les insurgés s’emparent des derniers bâtiments publics. (3) 13 mars; L’état-major déconseille au tsar de provoquer une guerre civile. (1) 14 mars, à Paris, démission du général Lyautey du ministère de la Guerre. (1) 14 mars, à Berlin, rupture des relations diplomatique entre l’Allemagne et le Chine. (1) 15 mars, en Russie, formation d’un gouvernement provisoire sous la présidence du prince Lvov. (1) 15 mars, en Russie, sous la pression de l’état-major, Nicolas II abdique en faveur de son frère le grand-duc Michel. (1) 16 mars, en Russie, Le grand-duc Michel renonce au trône (3) 16 mars; Le ministre autrichien des Affaires étrangères Czernin met le chancelier allemand von Bethmann-Hollweg au courant de la possibilité d’ouvrir des négociations de paix avec la France mais n’arrache que des concessions partielles sur la question de l’Alsace-Lorraine. (3) 16 mars; Le Tsar Nicolas II abdique au profit de son frère le grand-duc Michel (1) 17 mars, à Paris, démission du cabinet Briand. (3) 17 mars; Après avoir tenté sans succès de remplacer le général Lyautey, Aristide Briand présente la démission de son gouvernement (3) 17 mars; Le ministre des Affaires étrangères Milioukov annonce aux Alliés la volonté du gouvernement provisoire de respecter les obligations internationales contractées par le régime déchu et de poursuivre la guerre jusqu’au bout. (3) 17 mars; Devant l’opposition des dirigeants du mouvement libéral et du gouvernement provisoire, le grand-duc Michel renonce au trône
Du lundi 19 mars 1917 (961ème jour de la guerre) au dimanche 25 mars 1917 (967ème jour).
Sur les fronts belge et français. Les combats de cette semaine ont rendu très difficile la situation des Allemands dans Saint-Quentin et dans La Fère : les Anglais se sont emparés de Roisel, le dernier chef-lieu de canton que tenait l'ennemi dans la Somme, et, de ce fait, le chemin de fer de Cambrai-Saint-Quentin n'est plus protégé par la moindre position naturelle; les Français ont progressé au delà de la ligne Saint-Quentin-Laon par La Fère. En résumé, la nouvelle ligne défensive allemande, appelée le « fossé d'Hindenburg », se trouve sérieusement entamée. Sur le reste du front, rien d'important n'est signalé. Le Danton, bâtiment français affecté au transport des troupes, a été torpillé dans la Méditerranée : environ 300 des nôtres ont péri.
Sur le front italien. Sur ce front, de persistantes intempéries limitent les actions d'artillerie.
Sur les fronts russe et roumain. Sur le front russe proprement dit, fusillades et reconnaissances d'éclaireurs, sans grande importance. Sur le front roumain, échange de feux d'infanterie et d'artillerie; sur le Sereth, l'artillerie roumaine empêche les travaux de l'ennemi.
En Asie. Le communiqué russe annonce la prise de Kerind, sur la route de Kermanchah à Klanikin : depuis l'occupation de Kasrichirine par les Russes et de Bakula (à 120 kilomètres de Kasrichirine) par les Anglais, les forces alliées marchent rapidement à la rencontre l'une de l'autre, on suivant le cours de la Dialah.
La semaine parlementaire et diplomatique.
En Allemagne, le problème des vivres est de plus en plus angoissant. Le vice-généralissime de l'armée ottomane, Enver-Pacha, a séjourné au grand quartier général, où il a conféré avec l'empereur, le maréchal Hindenburg et le général Ludendorf. A Athènes, le roi Constantin, qui perd son principal protecteur, l'ex-tzar Nicolas II, a déclaré que « les grandes nations civilisées de l'Entente lui rendront justice » et que son grand désir « a toujours été de maintenir la neutralité » ; il a conclu ainsi son discours : « Quand les fumées de la guerre auront disparu, les nations qui combattent pour défendre leurs droits nous rendront les nôtres. »
grands-ducs adhèrent, d'ailleurs, au mouvement littéral. Aux Etats-Unis, le gouvernement a arrête les mesures radicales qu'il compte prendre après la déclaration, attendue au Congrès, que l'état de guerre existe avec l'Allemagne : les journaux gouvernementaux affirment qu'il n'y aura pas, à proprement parler, d'alliance politique avec l'Entente, mais qu'une coopération financière, navale et militaire est possible.
(3) 17 mars; A la suite du torpillage du Vigilentia, le président Wilson convoque le Congrès en session extraordinaire (3) 19 mars; Le vapeur américain Vigilentia est coulé par un sous-marin allemand (3) 20 mars; Alexandre Ribot forme le nouveau ministère à la suite de la démission d’Aristide Briand (1) 20 mars, à Paris, constitution du cabinet Ribot (1) 21 mars, en Belgique, séparation administrative : les Flamands à Bruxelles et les Wallons à Namur. (3) 22 mars; Le comte Erdödy et le prince Sixte de Bourbon-Parme sont reçus par l’empereur Charles 1er qui confirme sa volonté de paix et accepte les conditions des Alliés. (1) 23 mars, à Vienne, l’empereur d’Autriche, Charles 1er présente une offre de paix à Raymond Poincaré. (3) 24 mars; Charles 1er remet sa première offre de paix écrite au prince Sixte de Bourbon-Parme qui la transmet à Raymond Poincaré le 31. (3) 24 mars; Le soviet de Petrograd se prononce pour la renonciation à toute conquête territoriale et pour l’ouverture immédiate de négociations avec « les ouvriers des pays ennemis ».
Du lundi 26 mars 1917 (968ème jour de la guerre) au dimanche 1er avril 1917 (974ème jour)
Sur les fronts belge et français. L'artillerie belge continue à exécuter des tirs efficaces sur les organisations allemandes ; à Dixmude et à Hetsas, la lutte de tranchées est particulièrement vive. Cette semaine, le mouvement convergent vers Cambrai et l'encerclement de Saint-Quentin, par les troupes anglaises et françaises, se dessinent de plus en plus nettement. Malgré une très vive résistance des Allemands, nos soldats progressent à l'ouest de Maisons-de-Champagne ; notre situation sur ce point est bien établie : toutes les contre-attaques sont brisées par nos feux. Malgré le temps défavorable, nos pilotes ont livré, au cours de la semaine, de nombreux combats aériens, et détruit sept appareils allemands. Les avions ennemis ont lancé quelques bombes sur Dunkerque, et des torpilleurs ont tiré sur cette ville une soixantaine de projectiles : les dégâts sont insignifiants.
Sur le front italien. Les communiqués ne relatent que des escarmouches d'infanterie sans envergure et des duels d'artillerie.
Sur les fronts russe et roumain. Fusillades et reconnaissances d'éclaireurs : les attaques allemandes sont, d'ailleurs, en ce moment faibles. L'artillerie russe a bombardé avec succès les monitors allemands qui tentaient de s'approcher de Galatz.
En Grèce. A la suite d'agressions qui se poursuivent contre des patrouilleurs français en Thessalie et qui nous font quelques victimes, une perquisition a été faite dans les couvents et un dépôt d'armes a été constaté ; le général Sarrail a fait fusiller un officier grec et un pope bulgare : aux réclamations qui lui ont été transmises, notre général en chef a répondu que « quiconque participerait à un guet-apens contre nos soldats ou en seconderait les auteurs subirait le même sort ». Après une violente préparation d'artillerie, l'ennemi a attaqué les tranchées des Alliés, dans la région ouest de Monastir ; son attaque a été arrêtée net par nos tirs de barrage et nous avons fait de nombreux prisonniers.
En Asie. Au lendemain de la défaite des Turcs en Syrie, l'Arabie s'est révoltée et a remporté de brillants succès sur les troupes régulières ottomanes : un sultan d'Arabie a même été nommé par les principaux chefs de la révolte.
La semaine politique et diplomatique. En France, après une énergique intervention de M. Painlevé, ministre de la Guerre, la Chambre a voté, l'incorporation de la classe 18 et le renvoi des auxiliaires R.A.T. agriculteurs dans leurs foyers. La haute paye des combattants a été votée par les deux Assemblées. En Angleterre, M. Bonar Law, au nom du gouvernement, a fait voter par la Chambre des Communes la révision des certificats d'un million d'exemptés et de réformés ; il a expliqué que c'était indispensable pour assurer les effectifs, « en raison des prochains et très gros combats ». En Allemagne, le nouvel emprunt est mal accueilli ; le ministre de la Guerre a publié un appel où il dit textuellement : « Des gens sots croient que la guerre finira plus vite, si l'on ne souscrit pas; mais elle ne fera, en ce cas, que commencer. » En Espagne, un grave mouvement révolutionnaire et gréviste s'étant manifesté, le gouvernement a donné l'ordre de n'accepter au télégraphe et au téléphone que des communications visées par la censure. En Russie, la révolution continue à progresser sans effusion de sang : les chefs des missions militaires alliées détachées auprès du grand quartier général russe ont télégraphié au généralissime russe qu'ils avaient l'espoir que la victoire était proche. Le grand-duc Nicolas est surveillé et la grande-duchesse Marie Pavolna et son entourage ont été arrêtés, afin de déjouer un complot. Aux Etats-Unis, le cabinet s'est réuni, sous la présidence de M. Wilson qui a convoqué le Congrès. Le président du Sénat préconise que, jusqu'à ce que l'Amérique soit prête, elle prenne à son compte l'entretien, la nourriture, l'équipement d'un million de soldats français ; le ministre du Commerce annonce que toutes les mesures sont prises en vue de la mobilisation des navires côtiers. Le ministre du Travail expose les mesures prises pour la mobilisation des resSources industrielles.
(3) 27 mars; En Belgique, les autorités d’occupations allemandes procèdent à la séparation administrative entre la Flandre et la Wallonie (3) 27 mars; Trotski et sa famille quittent les Etats-Unis pour rentrer en Russie (3) 30 mars; Le ministre des Affaires étrangères Milioukov promet l’indépendance à la Pologne sous réserve d’une alliance militaire avec la Russie (2) 1er Avril : Conférence austro-allemande de Kreuznach. Charles Ier d'Autriche, pour débloquer la situation, propose de céder la Galice à la Pologne à condition que l’Allemagne cède l’Alsace-Lorraine à la France. Le chancelier allemand Michaelis refuse. Charles Ier confie alors une mission secrète au prince Sixte de Bourbon-Parme pour obtenir une paix de compromis avec la France. Le départ d'Aristide Briand et la pression des partis militaristes en empêche la conclusion.
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