|
GUERRE 1914-1918 |
Les textes en rouge et italique proviennent de Paris Match ou de données personnelles Les textes en bleu et italique proviennent du site Wikipédia Les textes en vert proviennent de l’encyclopédie « Mémoires du XXème siècle de Bordas » (il apparaît que les faits peuvent être à des dates légèrement différentes)
|
Du lundi 30 octobre 1916 (821ème jour de la guerre) au dimanche 5 novembre 1916 (827ème jour).
Sur les fronts belge et français. Le mauvais temps rend difficile les opérations sur le front de la Somme, où les luttes d'artillerie sont toujours très vives. Les troupes britanniques ont exécuté avec succès un coup de main contre les lignes allemandes vers Arras. Le 2 novembre, le fort de Vaux est redevenu français : la rentrée de nos troupes dans le fort et dans le village de Vaux, puis dans le village de Damloup, après un bombardement écrasant, méthodique et implacable, est la consécration éclatante de notre reprise du fort de Douaumont. Il ne reste plus aux mains de l'armée du Kronprinz nulle parcelle des défenses fixes de l'immense forteresse : la ligne que nous occupons aujourd'hui, sur la rive droite de la Meuse, passe exactement par les mêmes points qu'elle passait le 24 février au soir du troisième jour de la soudaine et formidable ruée allemande contre Verdun. Sur tout le front, notre activité aérienne continue à s'affirmer : de nombreux avions allemands sont abattus par nos escadrilles de chasse.
Sur le front italien. Le généralissime Cadorna vient de réussir le quatrième coup de bélier porté depuis le mois d'août contre le front-autrichien. Sur le front de Guilio, depuis Gorizia jusqu'à la mer, le long de l'âpre lisière nord du plateau du Carso, un nouveau succès a été remporté par nos Alliés : les positions de Castagnavitza sont investies. Les pertes austro-hongroises sont considérables : elles sont estimées à quarante mille hommes dont dix mille prisonniers; plusieurs centaines de mitrailleuses ont été capturées et retournées contre l'ennemi. De forts détachements de cavalerie de l'armée du duc d'Aoste se trouvent à une vingtaine de kilomètres de Trieste. L'état-major italien espère pouvoir prochainement bombarder les premières défenses de cette ville.
Sur le front russe. La semaine qui vient de s'écouler est caractérisée surtout par une furieuse lutte d'artillerie dans la zone de Riga; les deux adversaires ont mis en action leurs pièces du plus gros calibre; ce duel à coups de feu est inauguré afin d'empêcher l'ennemi de procéder au regroupement de ses contingents. Les Allemands procèdent actuellement sur le front septentrional à une série de reconnaissances renforcées en y engageant souvent des bataillons entiers, afin de chercher à utiliser les meilleurs endroits de la région pour y passer l'hiver, et résister aux intempéries qui s'annoncent rigoureuses. Les empereurs d'Autriche et d'Allemagne ont proclamé l'autonomie de la Pologne, sous la forme d'une monarchie héréditaire : la désignation des frontières est réservée ainsi que l'organisation et la direction de l'armée de ce nouvel Etat.
Sur les fronts roumains. Les succès considérables remportés par les Empires centraux contre les Roumains dont l'effet moral est sérieusement amorti par notre avance continue dans la Somme et à Verdun, et celle des Italiens vers Trieste), se trouvent arrêtés par suite de la victoire roumaine dans la vallée de Jiul. La résistance roumaine en Transylvanie semble arrêter les armées austro-allemandes de Falkenhayn : les difficultés en face desquelles se trouve l'ennemi ne font qu'augmenter, car l'hiver va diminuer fatalement la valeur de son principal atout, l'artillerie lourde à laquelle il doit surtout sa supériorité; mais de gros renforts austro-allemands arrivent toujours. En Dobroudja, pas de changement apparent : les communiqués laissent espérer que les renforts russes arriveront à prendre la contre-offensive contre l'armée de Mackensen composée d'Allemands, d'Autrichiens et de Turcs. La mission militaire française, dirigée par le général Berthelot, fait preuve de la plus grande activité : tandis que de nombreux officiels instructeurs se rendent sur divers points du front où ils apportent l'expérience de la guerre moderne, d'autres membres de la mission, à Bucarest, surveillent les différents services : recrutement, ravitaillement, munitions. La confiance règne en Roumanie.
Sur le front de Macédoine. Sur la rive gauche de la Struma. les troupes britanniques, poursuivant leurs succès, ont pris d'assaut le village d'Alipsa. Malgré la pluie qui ne cesse de tomber, les troupes françaises, dans la boucle que forme de Cerna et son confluent la Sakuleva, ont réussi a pénétrer et à se maintenir dans les lignes bulgares : le village de Gardilovo a été occupé et des gains sensibles réalisés sur tout le secteur. Les opérations se continuent avec méthode, suivant la tactique employée sur le front français, car les obstacles opposés à notre progression sont de même nature; les troupes alliées se trouvent en face de tranchées bétonnées, d'abris blindés, de fortins et de réseaux de fils de fer accumulés, depuis deux mois, par des officiers du génie allemands, sur des positions choisies par eux; pour réduire ces défenses, il faut une puissante artillerie, et notamment des pièces de très gros calibres. Les troupes venizelistes ont occupé Ekatherini (ville et fort), à trois kilomètres du golfe de Salonique, et à 65 kilomètres de cette ville. Le gouvernement national présidé par M. Venizelos s'occupe de la situation de l'Epire où la propagande allemande fait des ravages.
Sur mer. Les sous-marins allemands font une guerre implacable aux navires marchands neutres, spécialement aux navires grecs et des puissances Scandinaves. La Norvège ayant défendu l'accès de ses fjords et de ses eaux territoriales aux sous-marins (défense qui vise tout particulièrement les pirates allemands), le gouvernement de Berlin a adressé une note comminatoire au gouvernement de Christiania : la Norvège a, dans sa réponse, maintenu son droit qui est conforme à la loi internationale. Le bâtiment le Marina, venant d'Amérique, ayant été torpillé par un sous-marin allemand, et quelques Américains ayant trouvé la mort, le secrétaire des Affaires étrangères de New-York a demandé de nouvelles explications à Berlin. Le Deutschland, sous-marin du commerce allemand a réussi, une deuxième fois, à faire le voyage de la mer du Nord en Amérique.
2 novembre, Evacuation du fort de Vaux (près de Verdun) par les forces allemandes qui le font exploser. Les troupes françaises le reprennent, sous le commandement du général Mangin. (2) 2 novembre : Prise du fort de Vaux par les troupes françaises. (3) 2 novembre : En Allemagne, des manifestations pacifiques sont déclenchées à Dresde (3) 2 novembre : En Espagne, Trotski arrive à Madrid après avoir été expulsé de France (3) 2 novembre : Bataille de Verdun ; les troupes françaises reprennent le fort de Vaux dont les Allemands s’étaient emparés le 7 juin (1) 5 novembre 1918, l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie proclament la fondation du Royaume autonome de Pologne. (1) 6 novembre, 9ème offensive d’Izonso.
Du lundi 6 novembre 1916 (828ème jour de la guerre) au dimanche 18 novembre 1916 (834ème jour).
Sur les fronts belge et français. A Bruxelles, les Allemands ont décidé d'enrôler des milliers d'hommes valides pour les faire travailler de force : lorsque le premier groupe arriva à la gare du Nord, une véritable révolte éclata, de nombreux Belges et une trentaine d'Allemands furent tués ou grièvement blessés. Déjà 30000 Anversois ont été transportés en Allemagne : ils reçoivent 13 marks par semaine et des rations militaires. Sur le front de la Somme, les troupes françaises avancent quelque peu leurs lignes, à l’est de la route Béthune Péronne, par un mouvement d'investissement. C’est la même méthode d'encerclement qu'emploient les troupes anglaises au sud de l'Ancre et à l'ouest
Les torpillages augmentent sur les côtes Scandinaves et hollandaises; les bâtiments norvégiens sont particulièrement visés et les sous-marins allemands ne tiennent plus compte des promesses faites aux États-Unis. La presse neutre espère que M. Wilson (réélu président de la République par 272 suffrages, contre 259 à son concurrent, M. Hugues), débarrassé des soucis d'une campagne électorale très ardente, fera respecter les règlements internationaux de la guerre maritime. Au Parlement français, M. Ribot, ministre des Finances, a fait connaître les résultats de l'emprunt : 11 milliards 360 millions, dont 5 milliards et demi en numéraire versé; toutes les classes, toutes les autorités, religieuses et laïques, militaires et civiles, ayant spontanément contribué à ce succès, tel est le bilan financier et moral.
Sur le front italien. Les Italiens continuent leur offensive sur le Carso. Les positions qu'y tient l'armée du duc d'Aoste sont avantageuses pour le déclenchement d'une manœuvre contre la troisième ligne de défense autrichienne : sur leur gauche, nos amis ont déjà nettoyé tout le terrain s'étendant jusqu'au Wippuch; au centre, ils commandent Castagnievizza, ville pratiquement enserrée; mais, à droite, vers le long couloir menant à Trieste, ils avancent plus lentement.
Sur les fronts russo-roumains. Sur le front russe proprement dit, aucune nouvelle importante : les communiqués ne signalent que des escarmouches plus ou moins violentes. Sur le front transylvain, notamment dans les vallées qui mènent le plus rapidement à Bucarest, les Austro-Allemands, commandés par Falkenhayn, font un effort considérable : leurs avantages, à ce jour, sont plutôt insignifiants et c'est au détriment d'une de leurs ailes qu'ils les ont obtenus; ainsi les Russo-Roumains ont fait fléchir la ligne ennemie au delà de la frontière moldave d'où le commandement allemand avait retiré des forces pour les jeter sur le centre des Alliés. On a peu de précisions sur les événements de la Dobroudja : le coup audacieux du général russe Sakharolf, sur l'aile gauche du maréchal allemand Mackensen, a été asséné avec rapidité et quelques conséquences s'en font déjà sentir. Les Russo-Roumains sont aux portes de Cernavoda; ils se rapprochent de cette tête de pont à la fois sur les deux rives du Danube. Les Germano-Bulgares, surpris de front et sur leur aile gauche, ont dû abandonner, en quatre jours, une bande de terre dont la largeur n'est pas donnée par les communiqués, mais sur une profondeur qui est estimée à 40 kilomètres. L'action de la flotte russe sur la côte, aux environs de Constantza, d'une part, et la menace roumaine que le maréchal allemand découvre au sud de la ligne Bucarest-Fetesci, semblent avoir pour but de contraindre l'ennemi à ramener son front au delà de la voie ferrée Constantza-Cernavoda.
En Macédoine. Les Serbes, à l'aile gauche de l'armée d'Orient, après une vive canonnade, se sont emparés de la totalité du massif du Cuke : ce dernier comprend une série de monts échelonnés de l'ouest à l'est, dans la boucle de la Cerna, à une dizaine de kilomètres à l'intérieur du territoire serbe. Cette chaîne était d'un abord d'autant plus difficile que, çà et là, plusieurs bourgades, encastrées dans les cols ou situées sur les sommets avaient été puissamment organisées par les défenseurs. L'avance des Serbes peut constituer un danger pour Monastir : la protection de cette ville, au nord-est, se trouve diminuée. Les Bulgares, en évacuant la région de la rive gauche de la Struma, ont brûlé les villages et emmené avec eux, en Bulgarie, plus de 12 300 habitants grecs; les dégâts commis sont estimés à 10 millions de francs. Le roi de Grèce, Constantin, la reine et les princes royaux, ont dîné chez le prince Demidoff, ministre de Russie en Grèce. Quelles seront les conséquences de ce rapprochement? «J'en parle avec espoir et je voudrais en parler avec confiance » : telle est l'appréciation du ministre anglais Asquith, dans son dernier discours. Pendant ce dîner, le roi causa longuement avec l'amiral français Dartigue du Fournet. Les officiers grecs ont fait remise aux officiers français de toutes les munitions destinées à la flotte grecque et qui se trouvaient dans l'arsenal et dans les dépôts des petites îles de Leros et de Kyra : les garnisons helléniques chargées de la garde de ces dépôts ont été remplacées par des troupes françaises.
(3) 7 novembre : En Grèce, les forces vénizélistes occupent Ekatérini (3) 10 novembre : Les forces franco-serbes s’emparent de Monastir (2) 11 novembre : Le gouvernement grec d'Eleftherios Venizelos déclare la guerre à la Bulgarie. (3) 11 novembre : Le gouvernement formé par Vénizélos déclare la guerre à la Bulgarie (3) 12 novembre : En Pologne, l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie décident d’instituer un Conseil d’Etat provisoire qui collaborerait avec les occupants et tente sans aucun succès de recruter une armée polonaise
Du lundi 13 novembre 1916 (835ème jour de la guerre) au dimanche 19 novembre 1916 (841ème jour).
Sur les fronts belge et français. La pluie qui sévit sur le front occidental est une des causes de ralentissement de l'offensive franco-britannique dans le secteur de la Somme. Le sol picard est presque impraticable pour la grosse artillerie, dans les périodes pluvieuses. Cependant, la canonnade signalée depuis quatre jours sur les deux rives du fleuve et au nord de l'Ancre montre que les Alliés, dans la mesure du possible, continuent le pilonnage des défenses ennemies. Le ciel inclément n'empêche pas nos aviateurs d'être très actifs, si l'on en juge par les combats nombreux et généralement victorieux qu'ils livrent aux pilotes allemands et par les bombardements multiples auxquels ils soumettent les gares, les colonnes en marche, les usines de l'ennemi : le capitaine français de Beauchamps a bombardé Munich et est allé atterrir en Italie; l'aviation maritime britannique a bombardé les usines et ateliers d'Ostende. La guerre sous-marine allemande continue avec une intensité qui effraye les neutres : cette situation qui aggrave la crise économique, une coordination plus serrée des mouvements des Alliés et les mesures à prendre en réponse à la levée en masse allemande ne seraient pas étrangères au voyage du ministre de la Guerre français, le général Roques, en Grèce et à Rome; à la rencontre du généralissime français Joffre et du généralissime italien Cadorna, à la frontière italienne; aux conférences des principaux ministres français et anglais et des représentants des Etats alliés, au ministère des Affaires étrangères, à Paris.
Sur le front italien. Du côté italien, la bataille continue, ardente, pour la conquête totale du plateau si difficile du Carso : les Autrichiens, après bien des contre-attaques vaines pour reprendre le terrain cédé au sud-est de Gorizia, auraient décidé d'appeler à leur aide, du fond de la Dobroudja, le général allemand Mackensen. De grosses forces autrichiennes sont massées sur le front du Trentin : l'ennemi semble vouloir chercher un succès ou une grosse diversion entre la vallée de l'Adige et la tête de la vallée d'Assa.
Sur les fronts russes et roumains. Sur le front russe proprement dit, accalmie. En Roumanie, sur quelque front que ce soit, la situation n'a pas encore changé sensiblement. Si les Roumains apprécient chaque jour davantage l'appui des Alliés, les Austro-Allemands reçoivent aussi, sans cesse, de gros renforts. La bataille engagée va donc se poursuivre plus acharnée que jamais. Le maréchal allemand Hindenburg a concentré sur les deux fronts roumains 32 divisions allemandes, autrichiennes et bulgares : 22 divisions opèrent en Transylvanie, 10 en Dobroudja. L'importance du théâtre de la guerre roumain est soulignée par l'entrevue de Hindenburg avec Mackensen et Falkenhayn, à Belgrade. Dans le nord de la Moldavie et même en Valachie orientale, c'est-à-dire sur le front le plus important pour nos Alliés, les Allemands sont contenus : il importe que les armées russo-roumaines conservent toute aisance pour se mouvoir et toute facilité de se ravitailler et de se renforcer par le nord-est; c'est la raison de leur héroïque résistance. Au sud des passes de Valkan, la situation devient très sérieuse pour les défenseurs; l'ennemi ne cesse d'avancer vers l'intérieur du pays; il est à craindre qu'il ne tente un effort surhumain pour obliger les Roumains à abandonner toute la partie de la Valachie occidentale comprise entre la vallée du Jiul, la frontière transylvaine et Orsova. Les critiques militaires des puissances alliées espèrent que l'artillerie lourde, dont nos amis ont besoin pour briser cette furieuse poussée, arrivera à temps. D'ailleurs, en quelques points, les Roumains effectuent des actions contre-offensives souvent couronnées de succès. En Dobroudja, le général russe Sakharoff et le général allemand Mackensen, deux rudes chefs, restent aux prises : mais le laconisme des communiqués ne permet pas de suivre actuellement, comme on le voudrait, les débats de cette lutte.
Sur le front de Macédoine. Nos troupes de l'armée d'Orient sont entrées à Monastir le 19 novembre, jour anniversaire de la prise de cette ville par les Serbes en 1912. Les conséquences stratégiques de cette occupation par l'armée de Sarrail sont graves pour les Germano-Bulgares : jusqu'à Prilep, autre grand centre serbe, déjà fort à l'intérieur du pays, les ennemis ne trouveront plus de positions naturelles solides pour s'accrocher; l'aile droite alliée du secteur de Monastir a dépassé de beaucoup cette cité par le nord-est, et les Serbes attaquent la dernière chaîne montagneuse qui les sépare de Prilep; les Bulgares, pour ne pas voir leur retraite coupée, doivent la précipiter. Ce fait d'armes ne doit pas faire négliger les succès marqués des Anglais sur la rive gauche de la Struma : leurs bonds successifs les ont amenés, cette semaine, à portée de canon de Sérès, par le nord-ouest; ils sont maîtres de 10 kilomètres du chemin de fer qui, de Vétreni et Demir-Hissar, court à l'est vers Dédéagatch, le grand port bulgare de la mer Egée : les renforts turcs n'arriveront plus jusqu'à Demir-Hissar et cette ville, ainsi que Sérès, se trouve menacée. Les volontaires grecs armés par le gouvernement de M. Venizelos se joignent aux troupes britanniques. Les adhésions au mouvement national protestataire, en Grèce, affluent : 70 officiers et 700 sous-officiers ou hommes de troupe, ainsi que de nombreux fonctionnaires, sont partis pour Salonique. L'Allemagne refuse de renvoyer les troupes grecques — les « traîtres de Cavalla » — actuellement prisonnières : elle les gardera jusqu'à la fin des hostilités. Des documents officiels sur les « Ligues de réservistes » permettent de constater que chaque ligueur reçoit une indemnité mensuelle minimum de 180 drachmes, payée par la propagande allemande. (3) 14 novembre : Le président du Conseil Stürmer est vivement contesté par la Douma, réunie en session. L’impératrice est également mise en cause (3) 15 novembre : Le ministère de la Guerre français crée la Légion d’Orient, un bataillon de volontaires arméniens ayant pour base le camp militaire de Monarga à Chypre (3) 15 novembre : Les états-majors alliés réunis à Chantilly décident de donner un « caractère décisif » aux campagnes de 1917 (3) 15 novembre : Aristide Briand, Herbert Asquith et Llyod George, le représentant italien Carcano et le Russe Isvolski se réunissent à Paris et décident de prendre l’initiative des futures campagnes, en particulier sur le front oriental, principal théâtre des opérations (3) 15 novembre : Les forces allemandes refoulent l’armée roumaine à Targu-Jiu, en Valachie (2) 15 et 16 novembre : Réunion à Chantilly (Oise), à l'initiative du général Joffre, d'une nouvelle conférence militaire interalliée pour arrêter le plan des opérations de 1917. (2) 18 novembre : fin de la bataille de la Somme (2) 19 novembre : Prise de Monastir en Macédoine par Sarrail et les forces alliées (franco-anglo-russo-italiano-serbes).
Du lundi 20 novembre 1916 (842ème jour de la guerre) au dimanche 26 novembre 1916 (848ème jour).
Sur les fronts belge et français. Les communiqués français et anglais ne signalent qu'une « canonnade habituelle » sur les fronts de la Somme et de l'Ancre. Les bulletins de Berlin accusent un bombardement de notre part, atteignant dans ces secteurs une grande violence : le général allemand von Ludendortf dit même que, en certains points, les Anglais manifestent une activité telle qu'on peut s'attendre à une série d'attaques locales prochaines.
l'Amirauté permettant un effort plus efficace dans la guerre sous-marine; en Italie, activité plus grande en Albanie. La mort de l'empereur d'Autriche-Hongrie, François-Joseph, et l'avènement au trône de l'archiduc Charles, sous le nom de Charles IV, ne changent en rien la situation. L'Angleterre a annulé en Amérique une commande de 300 millions qui peut être exécutée en Grande-Bretagne : elle a fait savoir, en notre nom et au sien, que, si les prix s'élevaient, les Alliés réduiraient encore leurs ordres, parce que leur organisation plus parfaite les rend plus indépendants.
Sur le front italien. Le long de tout le front, les communiqués du généralissime Cadorna ne signalent qu'une grande activité d'artillerie et des combats aériens; dans le Trentin, une nouvelle offensive autrichienne semble en préparation.
Sur les fronts russo-roumains. Sur le front russe proprement dit, combats de patrouilles et d'éclaireurs et canonnades intermittentes. Des contingents allemands ont été retirés entre le golfe de Riga et les marais de Pinsk, de vastes opérations paraissant impossibles pendant l'hiver dans cette région. Les événements se précipitent en Valachie occidentale : encore une fois, le général allemand Falkenhayn, pour atteindre son objectif, a frappé un coup rapide et violent que les Alliés n'ont pas su ou pas pu parer; il a descendu la vallée du Jiul jusqu'à Filias, à force de combats. Voilà donc les Portes de Fer et les cités importantes d'Orsova, de Turnu-Severinu, de Craïova, privées de communications avec Bucarest. Les Roumains n'ont plus grande chance de tenir longtemps encore dans cette partie de la Valachie : ils ont l'ennemi à leur droite, à leur gauche et devant eux; ils risquent d'être pris dans un cercle de feu et encerclés. D'autre part, le maréchal allemand Maekensen attaque le royaume par le sud, en franchissant le Danube : ses premières tentatives de débarquement ont eu lieu en plusieurs points, et avec succès. Une telle avance devient une très grave menace pour les armées roumaines à l'ouest : elles risquent non seulement de se voir séparées de Bucarest, mais aussi, par la perte de la seule ligne ferrée transversale de Roumanie, d'être mises dans l'impossibilité de rester en communication pratique et constante, pour leur renforcement et leur ravitaillement, avec la Moldavie et la Russie; toute la Valachie orientale devrait alors être évacuée. Les communiqués parlent de renforts russes, mais on ne les a pas encore signalés en nombre important au-devant de Bucarest, c'est-à-dire là où le danger est immédiat. En Dobroudja, la lutte se ranime : l'aile gauche et le centre roumano-russe ont progressé légèrement: la ligne Constantza-Cernavoda est approchée, par le général russe Sakharoff, dont la grosse artillerie n'est plus qu'à 20 kilomètres.
En Macédoine. Le général Sarrail continue la poursuite de l'ennemi au nord de Monastir. Déjà les Bulgares, qui attendent des renforts allemands, ont reçu des canons et font preuve d'une résistance acharnée : ils paraissent s'accrocher aux monticules qui s'échelonnent à mi-chemin de Prilep, vers Topolcani. Une conséquence de la victoire en Macédoine est le retrait vers le nord des contingents autrichiens qui, avec l'aide de bandes albanaises, s'opposaient en Epire à l'occupation italienne. Les puissances de l'Entente ont exigé et assuré sans délai le départ de la Grèce de représentants diplomatiques à Athènes des puissances centrales, dont les bureaux étaient de vrais centres d'espionnage. D'autre part, M. Guillemin, ministre de France, a notifié au ministère des Affaires étrangères d'Athènes que les gouvernements alliés ne peuvent pas rester indifférents devant les persécutions dont font l'objet les vénizélistes détenus dans les prisons de l'Etat.
(1) 21 novembre, Charles 1er, petit-fils de l’archiduc Charles-Louis devient empereur d’Autriche et roi de Hongrie, après le décès, au château de Schöbrunn, de l’empereur François-Joseph. (3) 21 novembre : Mort à Vienne de François-Joseph 1er, empereur d’Autriche et roi de Hongrie (3) 22 novembre : En Grèce, les ambassadeurs des Empires centraux sont expulsés (3) 23 novembre : En Autriche, à la suite de la mort de François-Joseph, l’archiduc Charles devient empereur d’Autriche sous le nom de Charles 1er et roi de Hongrie sous le nom de Charles IV (3) 23 novembre : Le gouvernement grec de Vénizélos déclare la guerre à l’Allemagne (3) 23 novembre : En Russie, Trepov remplace Stürmer comme président du Conseil (1) 23 novembre, Les troupes allemandes de Mackensen marchent sur Bucarest. (1) 23 novembre, en Russie, Trepov remplace le protégé de raspoutine, Sturmer comme président du Conseil des ministres. (2) 25 novembre : Le gouvernement provisoire grec déclare la guerre à l'Allemagne et à la Bulgarie.
Du lundi 27 novembre 1916 (849ème jour de la guerre) au dimanche 3 décembre 1916 (855ème jour)
Sur les fronts belge et français. Partout cette semaine, sur notre front, accalmie relative : « lutte d'artillerie dans la région de Dixmude et combats à l'aide de lance bombes », disent les communiqués belges : «activité de l'artillerie faible sur tout le front, sauf sur la rive droite de la Meuse où l'ennemi a bombardé violemment la région de Vaux », disent les communiqués français; « bombardement intermittent contre notre front et activité réciproque de mortiers de tranchées », disent les communiqués anglais. Les combats et les raids aériens continuent: un raid allemand d'avions et de zeppelins, sur Londres, a été déjoué par nos Alliés qui ont abattu deux zeppelins.
Sur le front italien. Le long de tout le front, le retour du beau temps a permis une reprise de l'activité d'artillerie et des avions : l'artillerie ennemie a effectué des bombardements sur une vaste échelle; gardant l'avantage sur celle de l'adversaire, l'artillerie italienne a contrebattu efficacement, faisant échouer la menace offensive de l'ennemi par des tirs de barrage, entravant les fréquents mouvements de troupes et de chariots, enfin en bouleversant les lignes ennemies et en empêchant la réfection.
Sur les fronts russe et roumain. Sur le front russe proprement dit, communiqués de quelques lignes, sans importance. L'action russe en Moldavie et en Transylvanie donne de bons résultats tactiques : les armées autrichiennes qui luttent au sud des Carpathes boisées n'ont pu appuyer l'armée des puissances centrales dans sa marche contre le centre roumain. Une violente offensive reprise en Dobroudja, par le général russe Sakharoff, a empêché l'ennemi d'amoindrir numériquement ses troupes dans cette région. A l'heure qu'il est, les forts avancés de Bucarest sont à portée des canons des armées austro-allemandes de Mackensen dont les avant-gardes sont même signalées à 10 kilomètres au sud et au nord-ouest de la ceinture de la capitale roumaine : celle-ci a été évacuée par la plupart des Roumains, par les administrations publiques et privées et les représentants des puissances (Jassy est devenu le siège du gouvernement roumain). L'avance du général allemand Falkenhayn, au nord-ouest, est retardée par les obstacles naturels et par la résistance acharnée des Roumains. Quoi qu'il en soit, Bucarest demeure sous la menace de plus en plus pressante de l'ennemi et les forces du royaume de Roumanie combattant en Moldavie et en Valachie peuvent être coupées de toutes communications. Le tiers du royaume va se trouver entre les mains des puissances centrales.
Sur le front serbe et en Grèce. Sur notre front d'Orient, le mauvais temps empêche toute opération importante : les communiqués signalent quelques combats locaux et le bombardement de Prilep par nos avions. En Grèce, la situation est grave : le roi Constantin, en octobre dernier, déclarant vouloir montrer sa bonne volonté à l'égard de l'Entente, avait offert de remettre aux Alliés, en compensation du matériel de guerre livré par les officiers grecs aux Bulgares, la plus grande partie du matériel d'artillerie et des stocks existant en Grèce, contre indemnité. Quelques troupes des marines alliées, débarquant cette semaine pour recevoir ce matériel, ont été accueillies par des coups de fusils de bandes appartenant aux «ligues des réservistes» qui ont la confiance du roi : l'amiral français Dartige du Fournet, commandant la marine alliée, a dû donner l'ordre à l'escadre d'envoyer quelques obus pour faire cesser ce guet-apens. D'autre part, les gouvernements de l'Entente exigent des réparations et l'embargo a été mis sur les navires grecs ancrés dans les ports des Alliés : il en résulte que la Grèce est, en fait, en état de blocus.
La semaine dans les parlements. En Angleterre, un remaniement est annoncé dans le « Comité de défense » qui, au lieu de dix membres, n'en comprendrait que trois ou quatre : les ministres des Affaires étrangères, des Finances, de la Marine, de la Guerre. En France, le Parlement a voté le recensement et la révision de la classe 1918 : les tableaux de recensement seront dressés et publiés le 24 décembre au plus tard. Réunie, toute la semaine, en comité secret, la Chambre a examiné trois points essentiels : matériel, effectifs et haut commandement. En Allemagne, le Reichstag a voté la loi sur la levée en masse qui assure le service auxiliaire des civils : les grèves dans les usines se trouvent empêchées et 120 000 ouvriers, jour et nuit, dans la seule usine d'Essen, doivent travailler comme militarisés avec des salaires réduits. En Russie, à la Douma, le nouveau président du Conseil général Trépoff, a affirmé que la Russie irait « jusqu'au bout, jusqu'à la victoire complète et définitive » et que « l'accord conclu en 1915 avec la Grande-Bretagne et la France, et auquel a adhéré l'Italie, établit d'une façon définitive les droits de la Russie aux détroits et à Constantinople ».
(1) 28 novembre, lourdes pertes sur le front de la Somme : 1 150 000hommes tués (500 000 allemands et 650 000 alliés). (3) 28 novembre : A la suite des déceptions provoquées par la bataille de la Somme, ouverture d’un nouveau comité de la Chambre. 700000 hommes (dont plus de 2 tiers de britanniques) dans le camp allié et 500000 dans le camp allemand sont mort au terme de 20 semaines de combat. Le bilan de cette bataille n’est cependant pas entièrement négatif : lignes ennemies enfoncées sur 10 kilomètres de profondeurs et reprise de 25 villages. Mais surtout elle a soulagé l’effort de défense de Verdun en fixant sur le front de la Somme les réserves allemandes (3) 29 novembre : Le gouvernement d’Athènes ayant refusé de livrer dorénavant son matériel militaire. Paris ordonne à l’armée française d’intervenir (3) 29 novembre : L’Italie adhère à un accord signé à Londres imposant aux Alliés une entente préalable réciproque pour l’ouverture de toute négociation de paix (3) 1 décembre : Le général Maurice Sarrail, fait débarquer au Pirée 3000 fusiliers-marins français qui marchent sur Athènes (3) 2 décembre : Les troupes grecques ripostent au débarquement. 300 marins français sont tués dans un guet-apens ; Athènes est occupée. (1) 2 décembre, le général Joffre est démis de ses fonstions de commandant en chef de l’armée à la suite de l’échec de l’offensive sur le Somme. Il est remplacé par le général Nivelle. (1) 2 décembre, des réservistes grecs attaques les marins français et britanniques. (2) 2 décembre : L’Armée d’Orient du général Sarrail occupe Athènes après de sévères affrontements avec les Grecs (2) 2 décembre : L’armée allemande de Falkenhayn traverse la Valachie, fait la jonction avec les Germano-bulgares de Mackensen venus de Dobroudja, et entre à Bucarest le 6 décembre, évacuée la veille par le gouvernement Bratianu qui se retire en Moldavie |