GUERRE 1914-1918

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       Les textes en bleu et italique proviennent du site Wikipédia

        Les textes en vert proviennent de l’encyclopédie « Mémoires du XXème siècle de Bordas »

(il apparaît que les faits peuvent être à des dates légèrement différentes)

 

Du lundi 2 avril 1917 (975ème jour de la guerre) au dimanche 8 avril 1917 (981ème jour).

 

Sur les fronts belge et français.

En Belgique, les troupes françaises ont effectué des coups de sonde: elles ont pénétré en deux points et ramené de nombreux prisonniers.

La canonnade a été très vive, cette semaine, non seulement entre Somme et Oise, mais sur tout le front du nord-est de Soissons au nord-ouest de Reims. La « ligne Hindenburg » a reçu de nouvelles graves atteintes : c'est au centre de cette ligne, dans la région de Saint-Quentin, que les engagements ont le plus d'ampleur; on peut dire que cette ville serait réoccupées si les Franco-Anglais n'avaient pas intérêt à contourner la place.

L'ennemi se venge de ses échecs en tirant, sans relâche, des milliers d'obus de tous les calibres sur Reims.

L'activité de notre aviation est remarquable: en une seule journée, 46 avions et 2 ballons ennemis ont été descendus; de vastes étendues de territoires jusqu'à plusieurs kilomètres à l'arrière des Allemands ont été photographiées; plus de 1 700 vues ont été prises.

 

Sur le front italien.

Sur ce front, aucun changement : actions habituelles de l'artillerie.

 

Sur les fronts russe et roumain.

Même accalmie, sauf en Galicie, où une lutte générale et très vive de l'artillerie alliée est signalée.

 

En Grèce.

Aucun événement important sur le front de Salonique.

De très nombreux sous-officiers de l'armée royale grecque et un groupe considérable de  soldats qui avaient été transférés dans le Péloponèse se sont dirigés vers Salonique pour se joindre au mouvement national.

A la faveur du mécontentement causé par le blocus, l'agitation des royalistes, encouragée par Constantin, reprend. Cependant, la fête de l'anniversaire de l'indépendance hellénique n'a été marquée par aucun incident.

 

En Russie.

La Révolution continue à recevoir l'adhésion des intellectuels et des paysans. Le tzar est étroitement surveillé. Les groupes politiques des Cadets, partisans de la monarchie libérale  constitutionnelle, et les socialistes, partisans de la République, font une active propagande en vue de l'élection de la Constituante.

 

En Asie.

En Mésopotamie, la jonction des Anglo-Russes s'étend sur une longue étendue de la frontière Est : dans les milieux militaires, on envisage une avance sur Mossoul.

 

En Amérique.

Au milieu d'un enthousiasme patriotique, le Congrès des Etats-Unis, à la demande du président Wilson, a déclaré l'état de guerre entre la grande République américaine et l'Allemagne : le gouvernement a demandé un premier crédit de 17 milliards pour « se ranger aux cotés de l'Entente dans la lutte pour l'humanité et délivrer le monde du danger et des menaces de la dynastie des Hohenzollern ». Un prêt de 25 milliards à l'Entente et l'envoi de 500 000 hommes sur notre front est à l'étude.

Cuba, l'Argentine, le Pérou, le Chili et le Brésil se solidarisent avec les Etats-Unis et envisagent la guerre contre les Austro-Allemands.

 

(1) 2 avril, le congrès américains vote l’entrée en guerre du pays.

(2) 2 avril : Entrée en guerre des États-Unis au côté des Alliés.

(1) 2 avril, arrestation des souverains russes.

(3) 3 avril; L’empereur Charles 1er rencontre Guillaume II à Hombourg et lui propose la Pologne en échange de la restitution à la France de l’Alsace-Lorraine. La proposition est rejetée

(3) 3 avril ; Quittant les Etats-Unis pour la Russie Trotski et sa famille sont arrêtés au Canada et internés dans un camp de prisonniers à Amherst.

(3) 6 avril; Les Etats-Unis déclarent la guerre à l’Allemagne

                      (1) 8 avril, déclaration de guerre entre Panama et l’Allemagne.

 

Du lundi 9 avril 1917 (982ème jour de la guerre) au dimanche 15 avril 1917 (986ème jour)

 

Sur les fronts Belge et Français.

Les troupes anglaises, sur la route Arras Cambrai, ont progressé jusqu'à environ 10 kilomètres au sud est d'Arras. Mais c'est entre Lens et Arras, du nord de la Scarpe au sud de Loos, que nos alliés ont fait, cette semaine, leur plus gros effort : ils ont réalisé une splendide progression, se sont emparés de Thiévin et sont à un kilomètre de Lens qui est en flammes. Enfin, au sud de leur ligne. Ils se sont emparés des villages que 1500 mètres à peine séparent les premières maisons de Saint-Quentin. Cette avance rapide est due à la supériorité de l'artillerie anglaise, si écrasante au point de vue du poids du métal et de la tactique, que l'ennemi se retire au plus vite pour éviter d'être enterré ou asphyxié sous les ruines de ses abris. Le communiqué de sir Douglas Haig, commandant en chef les troupes anglaises, nous donne le nombre des prises de cette semaine : 1300 prisonniers, dont 285 officiers, 166 pièces d'artillerie lourde, 130 canons et obusiers de campagne, 84 mortiers, 250 mitrailleuses et beaucoup de munitions.

Sur le front français, nos troupes mènent une action offensive au sud de Saint-Quentin et bombardent énergiquement, en ce secteur, les positions allemandes.

L'activité des deux artilleries est grande en Champagne : nous effectuons de nombreuses reconnaissances et un grand nombre de prisonniers tombent entre nos mains.

Les Allemands continuent le bombardement intense de Reims : en raison de cette situation, le gouvernement fait évacuer ceux des habitants dont la présence n'est pas indispensable.

Pour la première fois depuis le début de la guerre, un journal d'outre-Rhin envisage la possibilité d'une rupture du front allemand ; la Gazette de Francfort écrit, en effet : « Si nous abandonnons nos positions actuelles, nous poursuivrons alors une guerre de mouvement qui est notre spécialité… »

 

Sur le front italien.

Duel d'artillerie dans le bassin de Gorizia : les intempéries persistantes entravent l'activité de nos alliés.

 

Sur le front russo-roumain.

D'après les renseignements reçus de Riga, les troupes allemandes tentent des attaques rapides dans le but d'éprouver la solidité du front russe, mais elles se heurtent partout à une résistance énergique.

Rien à noter sur le front roumain.

 

A l'armée d'Orient.

 Les communiqués français ne signalent que des actions d'artillerie ; ils font ressortir les gains réalisés depuis le commencement du mois :

1° prise de toute la première position allemande au nord-ouest de Monastir, entre la route de Monastir à Resna et la route de Monastir A Prilep, sur une étendue de 6 kilomètres et une profondeur d'environ 1500 mètres ;

2° occupation de nombreux villages ;

3° plus de 1800 prisonniers, dont 24 officiers; prise de 12 mitrailleuses et d'un important matériel.

 

En Amérique.

 A l'heure actuelle, tous les États d'Amérique (sauf le Mexique et San-Salvador) ont pris parti contre l'Allemagne aux côtés des Etats-Unis.

Le contre-amiral Sims, envoyé spécial du gouvernement américain, est à Londres : il a reçu la mission de déterminer avec les membres de l’Amirauté britannique les moyens d'obtenir le meilleur rendement possible de la coopération des flottes anglaises et américaines.

Le constructeur du canal de Panama, le général Goëthals, est chargé de la construction de 1000 navires en bois pour le commerce des Etats-Unis.

A l’unanimité, la Chambre des Représentants, à Washington, a voté l'émission de 35 milliards de Bons du Trésor.

 

La semaine politique et économique.

En France, un décret vient d'être signé au sujet de la restriction sur la consommation de la viande de boucherie : du 25 avril au 15 mai, il y aura un jour sans viande par semaine (le vendredi) ; du 15 mai au 15 octobre, deux jours (le jeudi et le vendredi) :  les pâtisseries fermeront pendant deux mois consécutifs, afin de permettre de constituer un stock de farine ; les exemptés et réformés, dits « récupérés » reconnus bons pour le service seront convoqués au mois de mai prochain.

En Angleterre, M. Lloyd George, dans un discours humoristique, s'est moqué de la « ligne Hindenburg » que les Anglais et les Alliés franchissent déjà; la Chambre des lords sera remplacée par un Sénat, ce qui entraînerait la suppression des droits héréditaires des lords nommés à vie; des mesures sont prises en vue de nourrir les animaux d’une façon économique et d'épargner ainsi la nourriture humaine.

En Espagne, une note énergique a été rédigée par le Conseil des ministres, à la suite du torpillage de navires espagnols : les journaux de gauche, en présence du blocus de l'Espagne,  demandent au gouvernement de pencher pour la «manière forte»; les journaux de droite et les principaux hommes politiques font campagne pour le «maintien de la neutralité».

En Russie, le généralissime a fait arrêter et transporter au grand quartier, à Tsarskoié-Sélo ; le Congrès général tenu par les délégués des Comités des ouvriers, des députés et des soldats a appelé « la démocratie à mobiliser toutes les forces vives de la nation pour renforcer le front et l'arrière, afin d'obtenir la paix dans la victoire » ; le service de surveillance de l'ex-tzar, au palais de Tsarskoié-Sélo, est devenu plus sévère à la suite d'une tentative qu'il avait faite pour correspondre avec l'extérieur.

(1) 9 avril, début de la bataille d’Arras. Les forces allemandes se retirent

(2) 9 avril Les Britanniques lancent l’offensive en Artois, entre Arras et Lens.

(2) 9 avril Début de la Bataille de la crête de Vimy.

(2) 9 avril Lénine et ses camarades quittent la Suisse et partent pour la Russie révolutionnaire.

(3) 9 avril; Les Britanniques lancent la première offensive en Artois, entre Arras et Lens

(1) 10 avril, en Russie, une trentaine de dirigeant socialistes, dont le leader bolchévique Lénine, rejoignent la Russie dans un wagon plombé. Un sauf conduit leur a été accordé par les autorités allemandes.

(3) 13 avril; L’empereur Charles 1er d’Autriche-Hongrie tente de convaincre Guillaume II de la gravité de la situation militaire. L’empereur d’Allemagne lui répond que la guerre sous-marine sans restrictions et effondrement du tsarisme ouvrent au contraire la voie vers la victoire

 

Du lundi 16 avril 1917 (989ème jour de la guerre) au dimanche 22 avril 1917 (995ème jour).

 

Sur les fronts belge et français.

Aucun événement important, sauf une avance sur Lens, n'est signalé, cette semaine, sur le front tenu par les Anglais ; le ralentissement de la bataille de l'Artois ne surprend pas : le remaniement des effectifs, la reconcentration de l'artillerie et la mise en valeur du terrain conquis, exigent un demi-repos.

La lutte continue, très chaude, aux deux extrémités du front tenu par les Français, à l'est de Soissons et à l'est de Reims; nous enregistrons de brillants succès sur les deux points : les Allemands cèdent lentement, mais constamment, à la pression de notre infanterie et à la puissance de nos canons. 20000 prisonniers et un important matériel sont tombés entre nos mains: les pertes ennemies sont énormes. Les Allemands sont inquiets: le grand fait stratégique de ces dernières heures le prouve : c'est l'arrivée de 12 nouvelles divisions allemandes devant nos troupes d'assaut : plus de 30 divisions allemandes sont actuellement réparties entre Soissons et Auberive.

 

Sur le front italien.

Sur ce front, le duel d'artillerie continue avec intermittence.

 

Sur les fronts russe et roumain.

Un important mouvement de forces allemandes au nord, sur le front de Riga et dans la mer Baltique est signalé par l'état-major russe.

Sur le reste des fronts occidental, roumain et du Caucase, fusillade habituelle, reconnaissances d’éclaireurs et opérations d'avions.

 

En Orient.

Sur les fronts d'Orient, une recrudescence d’activité malheureuse pour nos adversaires est enregistrée par les communiqués. Les Bulgares, qui avaient réussi à nous prendre quelques positions au nord-est de Monastir, en ont été chassés vingt-quatre heures après.

En Mésopotamie, les Anglo-Indiens ont culbuté les Turcs sur le Chatt-el-Adhiem, affluent oriental du Tigre, passé le fleuve et progressé dans la direction Samarra.

 

La semaine politique et diplomatique.

En Espagne, le ministère de Romanonès a démissionné à la suite des nouveaux torpillages de navires par les sous-marins allemands, M. de Romanonès estimait que la neutralité n'était plus possible. Le nouveau ministère entend ne rien changer à la conduite de l'Espagne.

En Allemagne, le nouveau rationnement du pain a provoqué de nombreuses grèves chez les ouvriers métallurgistes: jusqu'à présent aucun désordre important ne s’est produit, les grévistes organisent des défilés précédés de drapeaux rouges et noirs. Plusieurs organisations ouvrières réclament la paix immédiate.

En Russie, le représentant du Conseil Sokoloff répondant à une question des délégués des ouvriers et de l'armée, a affirmé que le gouvernement repoussait toute pensée de paix séparée.

Les délégués des socialistes anglais et français et M. Albert Thomas ont pris contact avec les délégués des socialistes pacifistes russes et Scandinaves qui s'efforcent, à Pétrograd et à Stockholm, de créer un mouvement en faveur de la paix sans conquêtes ni indemnités.

Au Japon, la préparation militaire se poursuit avec une fiévreuse intensité : les arsenaux travaillent jour et nuit et la production d'artillerie atteint des proportions considérables : le Japon suit, avec une minutieuse attention, les événements qui se déroulent actuellement en Russie,

Aux Etats-Unis, le président Wilson, dans un appel à la nation, explique qu'entre la conscription obligatoire et le volontariat, l'Amérique doit choisir la conscription ; à la suite d'une conférence tenue entre les autorités navales anglaises, françaises et américaines, il a été décidé que toutes les opérations de patrouilles sur les côtes américaines faites jusqu'ici par les vaisseaux anglais et français incomberont, désormais, à la flotte américaine; le cabinet de Washington prépare un règlement des exportations et des approvisionnements pour le nord de l'Europe, dans le but d'empêcher les provisions américaines de parvenir en Allemagne : ces mesures ne modifieront  pas les envois faits aux neutres, à moins que les Puissances centrales n'en profitent.

 

(1) 16 avril, en France, début de l’offensive des troupes dite du Chemin des Dames

             (2) 16 avril : Début de l'offensive Nivelle du Chemin des Dames. L'offensive qui se révèle très meurtrière entraîne des mutineries au sein de l'armée française. Combats du plateau de Craonne : les Ve (Mazel) et VIe(Mangin) armées françaises lancent l’offensive sur l’Aisne.

(3) 16 avril; Environ 300000 ouvriers se mettent en grève. Les autorités militaires réagissent en réquisitionnant le personnel des entreprises en grève en ordonnant l’arrestation des dirigeants syndicaux

(3) 16 avril; Les Vème (Mazel) et VIème (Mangin) armées françaises lancent l’offensive sur le Chemin des Dames

(3) 17 avril; Les premières mutineries éclatent dans l’armée française

(2) 17 avril : Entrée en action des blindés français, les chars d’assaut Schneider CA1 et Saint-Chamond sur le front entre Berry-au-Bac et le nord de Reims.

(3) 19 avril; Au Chemin des Dames, devant la résistance des fporces allemandes, l’attaque est suspendue. C’est l’échec du plan du général Nivelle, malgré quelques gains de terrain (Laffaux, plateau de Craonne, Berry-au-Bac)

(3) 19 avril; En Grèce, les Alliés se mettent d’accord pour occuper la Thessalie

(3) 19 avril; En Grèce, démission du gouvernement Lambros

(3) 19 avril; Lors d’une conférence organisée à Saint Jean de Maurienne, la Grande-Bretagne et la France acceptent de satisfaire, sous réserve de l’approbation de la Russie non représentée à la réunion, les revendications territoriales de l’Italie en Asie Mineure ; la région d’Adalia, Smyrne et une zone d’influence au nord de cette ville

(3) 19 avril; A la conférence de Saint Jean de Maurienne, le ministre italien des Affaires étrangères s’oppose catégoriquement à la moindre réduction des avantages territoriaux promis à l’Italie (Trentin, Dalmatie et iles de la côte)

(3) 20 avril; Le Premier ministre Llyod George fait part au Prince Sixte de l’intransigeance des Italiens et de la nécessité pour l’Autriche de faire des concessions à l’Italie avant de négocier une paix séparée avec les Alliés. La demande est transmise à l’empereur Charles.

(3) 22 avril; Albert Thomas, ministre français des Armements et Fabrications de guerre arrive à Petrograd afin de convaincre le gouvernement provisoire de poursuivre la guerre aux côtés des Alliés.

 

Du lundi 23 avril 1917 (996ème jour de la guerre) au dimanche 29 avril 1917 (1002ème jour).

 

Sur les fronts belge et français.

La semaine a vu le millième jour de cette guerre qui devait donner à l'Allemagne  l'hégémonie mondiale et qui consommera sa déchéance. Les armées de la Grande-Bretagne et de l'Allemagne sont de nouveau aux prises : l'ennemi a reçu l'ordre de tenir, le haut commandement ne veut rien céder aux troupes britanniques sur la vallée de la Scarpe qui mène à la plaine découverte au nord de la France, à la frontière de Belgique et aux Ardennes.

Dans l'Aisne et en Champagne, où les troupes françaises continuent leur forte pression, les Allemands lancent des contre-attaques avec une furie et un mépris de la vie de leurs soldats si grands qu'on n'a jamais rien vu de tel, même au cours de cette guerre : nous continuons à faire de nombreux prisonniers et à capturer de nombreux canons.

En Haute-Alsace, nos détachements ont pénétré en plusieurs points jusque dans les deuxièmes lignes ennemies.

 Le général Pétain, colonel à la veille de la déclaration de guerre, aujourd'hui commandant d'un groupe d'armées, est nommé chef d'état-major général au ministère de la Guerre, poste rétabli par le Conseil des ministres.

 

Sur le front italien.

Les communiqués signalent les actions habituelles d'artillerie et l'activité persistante de l'aviation.

 

Sur les fronts russe et roumain.

Situation inchangée sur tout le front, bombardement d'artillerie dans quelques secteurs.

 

Sur le front serbe.

Lutte d'artillerie sur tout le front,  particulèrement dans la région de Doïran et dans celle de Monastir.

 

La semaine politique et diplomatique

En France, le problème alimentaire occupe toujours le gouvernement : les boucheries doivent fermer tous les soirs à partir de trois heures ; des bons d'essence et probablement de charbon vont être mis, comme les bons de sucre en circulation.

En Espagne, de grands meetings sont organisés par le parti conservateur afin «que la neutralité absolue soit conservée et que la politique d'après-guerre s'inspire du rapprochement avec les puissances occidentales ».

En Allemagne, les membres du gouvernement s'efforcent de faire croire à la paix prochaine : c'est ainsi qu'à la Commission principale du Reichstag, M. Zimmermann, secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, puis le secrétaire de la Marine, ont fait des déclarations nettes tout en refusant d'indiquer les buts de cette guerre.

En  Grèce, l'agitation reprend : les réservistes en armes font des patrouilles dans les rues et recherches les réunions secrètes : les puissances l’Entente ont donné au général Sarrail l'ordre  suivre de près les menées royalistes.

En Russie, le « Comité exécutif des délégués ouvriers et soldats », constatant l'agitation par le socialiste pacifiste Lénine et ses armées, a décidé d'opposer à cette agitation une propagande énergique dans la presse et parmi les troupes; le généralissime russe Alexeieff a télégraphié au maréchal Sir Douglas Haig, commandant en chef des armées britanniques qu'en dépit des difficultés résultant du changement de régime, l'armée russe ne manque pas à ses devoirs envers ses braves alliés «quelle leur donnera toute l'aide en son pouvoir  prenant l'offensive dès que les conditions atmosphériques le permettront »; le gouvernement provisoire a ordonné de

Lénine

libérer du service tous les soldats âgés de plus de quarante ans, et fait arrêter le général Kouropatkine, parce que, d'accord avec le général Kourloff, il avait essayé de fomenter dans le Turkestan et dans certaines parties de la Sibérie une contre-révolution.

 

Aux États-Unis.

La Mission française aux États-Unis, présidée par M. Viviani et le maréchal Joffre, a reçu un accueil des plus chaleureux. M. Wilson a assuré à M. Viviani et à M. Balfour, président de la Mission anglaise, que « les États-Unis ne feraient pas de paix séparée avec l'Allemagne et que la guerre serait continuée jusqu'à l'obtention de l'idéal des grandes démocraties du monde ». Le maréchal Joffre a fait au Cercle naval et militaire, devant les officiers américains de tout grade, une conférence sur les deux premières années de guerre en France ; la Chambre des représentants a voté la conscription obligatoire et une levée de 500 000 hommes qui seront envoyés en Europe au moment opportun ; des mesures concernant une coopération financière et l'envoi abondant de vivres en France sont, dès à présent, à l'étude.

(1) 26 avril, le président Wilson reçoit la délégation française composée du ministre de la justice Viviani et du maréchal Joffre.

 

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