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GUERRE 1914-1918 |
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Du lundi 2 octobre 1916 (793ème jour de la guerre) au dimanche 8 octobre 1916 (799ème jour).
Sur les fronts belge et français. Dans la région de Dixmude et sur l’Yser, au sud de cette ville, se sont déroulés des duels d'artillerie; la lutte entre les batteries de campagne et de tranchées a été vive vers Steenstraete et Boesinghe. Le mauvais temps empêche les Alliés de reprendre leur action offensive sur une grande échelle en Picardie; cependant leur artillerie crache sans arrêt du fer et du feu sur les organisations allemandes : nous avons, actuellement, gagné les vues dominantes sur tout le terrain qui s'incline vers Bapaume. L'ennemi opère d'importants mouvements de troupes et de matériel dans la plaine de la Woëvre, qui relie Saint-Mihiel à Metz et où il a construit une voie verrée. Nos canons lourds installés sur les côtes de Meuse que nous tenons depuis les Eparges jusqu'à la forêt de la Montagne fouillent ce large espace.
Sur le front italien. Les communiqués du général Cadorna ne signalent que d'intenses actions d'artillerie à Sano (vallée de l'Adige), à Forni Avoltri (Haut- Degano), Timan et Paularo (bassin du Bul) et à Gorizia. L'artillerie italienne a bouleversé les lignes ennemies sur le Carso. Le commandement signale l'avance italienne en Albanie : des détachements de cavalerie, partant de Argyro-Castro ont occupé Gioguoati etTepisoopi, dans la vallée du Drinos-Vojussa, tandis que d'autres détachements de cavalerie, partis de Delvino, établissaient une liaison avec le poste d'Argyro-Castro.
Sur le front russe. Les Russes continuent sur le front du Dniester au Pripet une offensive que les Allemands qualifient de « forcenée ». La Galicie reste le théâtre d'événements importants; entre Loutzk et Vladimir Wolinsky, les Russes font une telle dépense de munitions d'artillerie que cette recrudescence de leur offensive inquiète l'ennemi. Le général Broussiloff manœuvre sur les lignes autrichiennes de la Gnita-Lipa, les dernières qui protègent Lemberg.
Sur le front roumain. Les Roumains avancent plus lentement en Transylvanie : ils ont forcé à un retrait les Austro-Allemands qui s'accrochaient sur les hauteurs de Fogaras et, plus au nord, dans la vallée du grand Kokel. En Dobroudja, l'aile gauche du général Averesco fait reculer l'armée de Mackensen, en enlevant une forte position dans la région de la mer Noire, entre Tuzla et Mangalia. De leur côté, les Russes progressent sur la droite, en suivant le Danube. Les Roumains sont entrés en Bulgarie, en franchissant le Danube, entre Routschouk et Turtukai vers Rahovo; mais ce n'était qu'une simple démonstration, sur un demi-cercle de 22 kilomètres environ.
En Grèce. L'armée d'Orient poursuit ses succès : les Anglais, à l’aile droite, vont de l'avant après avoir visiblement fatigué les Bulgares dans des affaires toutes locales, mais très vives à l'est de la Strouma; ils tentent de couper les communications entre Rupel et Sérès. Au centre, de chaque côté du Vardar, dans les parages de Doiran, sur la rive gauche, et de Guevgeli première ville serbe sur la rive droite duels d'artillerie fréquents. L’aile gauche serbe va de victoire en victoire, bien qu'elle ait devant elle plus du tiers des effectifs bulgares. Après avoir battu les Bulgares à Kajmackcalan, les Serbes, entrant dans leur patrie, ont poursuivi l'ennemi sur la ligne Petalino, Tcherna-Reka, Levareka et sont arrivés à Kenali, sur la route de Monastir; les Français sont à la même hauteur. La Serbie libérée mesure maintenant 230 kilomètres carrés avec 7 villages et 45 kilomètres de frontière. En Grèce, le ministère Calogeropoulos a donné sa démission, les représentants de l'Entente refusant d'entrer en relations avec lui. Le roi Constantin consulte les hommes politiques pendant que les ministres de l'Entente, dans un important conseil, prennent des décisions sérieuses concernant la police et l'espionnage et que le mouvement national, à la tête duquel se trouve. M. Venizelos, prend de l'extension. (2) 3 octobre : Les troupes serbes lancent une offensive sur Monastir, en Macédoine. (3) 3 octobre : Les troupes serbes lancent une offensive vers Monastir, en Macédoine (3) 3 octobre : En Grèce, démission du gouvernement Calogeropoulos (1) 5 octobre, les troupes bulgares sont battues à Monastir. (1) 5 octobre, Les britanniques occupent 6 villages sur les bords de la Struma. (2) 7 octobre : Les Allemands forcent les Roumains à évacuer la Transylvanie. (3) 7 octobre : Les Allemands forcent les Roumains à quitter Szekely puis à évacuer la Transylvanie (3) 7 octobre : Bataille de la Somme ; les troupes françaises passent à l’offensive à hauteur de la cote 123 vers le village de Sailly-Saillisel, à 13 kilomètres de Péronne
Du lundi 9 octobre 1916 (800ème jour de la guerre) au dimanche 15 octobre 1916 (806ème jour).
Sur les fronts belge et français. Les artilleries française et anglaise poursuivent sur les deux rives de la Somme le martèlement des ouvrages ennemis : la tactique alliée d'investissement des réduits de la résistance allemande est menée avec une volonté implacable d'atteindre les objectifs fixés. Il suffit de jeter les yeux sur la carte pour voir se dessiner chaque jour davantage sur l'Ancre l'investissement par les Anglais, des positions adverses au nord de Thiepval; de même, nos lignes tendent à déborder Péronne, ainsi qu'elles menacent Chaulnes d'encerclement déjà bien prononcé au nord-est. Ce système d'enveloppement conduit aux centres allemands de premier ordre : Bapaume, où rayonnent quatre routes, et Péronne, nœud de communications très précieuses. Des mouvements de troupes ont lieu en Champagne et dans le secteur de Verdun. Les groupes franco-britanniques d'avions continuent leurs prouesses hardies : Metz et les usines Mauser d'Oberndorf (sur le Neckar), particulièrement visées, ont beaucoup souffert; nombreux sont les avions allemands abattus au cours des actions engagées par eux pour défendre leurs usines.
Sur le front italien. Les Italiens ont remporté, sur le Carso, une victoire d'importance capitale : les Autrichiens ont eu 20 000 hommes hors de combat et perdu une série de hauteurs puissamment organisées, sur une profondeur atteignant par endroits 10 kilomètres. Les chocs principaux eurent lieu dans trois secteurs d'inégale valeur : sur les pentes du Boîte, au nord-ouest de Gorizia, sur le front de la Vertoibizza, entre la rivière Vippacco et l'est de Gorizia; enfin le grand heurt, celui dont les conséquences stratégiques sont dès à présent énormes, s'est produit au sud-ouest d'Oppachiasella. Une des plus solides barrières naturelles de la route de Trieste est tombée, et, d'autre part, les Italiens immobilisent de plus en plus des forces autrichiennes considérables que le commandement ennemi destinait à la Bukovine et à la Transylvanie.
Sur le front russe. Les communiqués russes ne signalent que des petites actions locales d'infanterie et des bombardements intermittents de l'artillerie. L'offensive russe sur le front allemand est actuellement arrêtée.
Sur le front roumain. L'impression générale est que le maréchal Hindenbourg prépare un gros effort contre la Roumanie : les journaux neutres affirment que 600 000 hommes des Empires centraux sont amassés pour écraser notre nouvelle Alliée. Sur le front autrichien et en Dobroudja, les armées ennemies s'observent. Le passage du Danube, par les Roumains, et l'entrée en Bulgarie, simple démonstration par quelques bataillons, n'a eu aucune suite. M. Lloyd George, à la Chambre des Communes, résume ainsi l'impression des Alliés : « Il n'y a pas le moindre doute que l'Allemagne concentré toutes ses forces pour essayer d'écraser la Roumanie, comme la Belgique et la Serbie; les Alliés sont parfaitement d'accord sur la nécessité de faire tous les efforts possibles pour protéger l'armée roumaine : je ne puis en dire davantage au cours de ce débat. » Le communiqué des armées russo-roumaines en Dobroudja affirme qu'une escadrille ennemie a jeté sur Constantza, port roumain de la mer Noire, des bombes et des bonbons empoisonnés avec des bacilles de choléra.
En Grèce. Au nom des puissances de l'Entente, l'amiral Dartige du Fournet, commandant de la flotte de l'Entente dans les eaux grecques, a exigé du gouvernement grec le désarmement de la marine grecque, l'occupation française des batteries et des redoutes qui commandent la rade et la passe de Salamine, l'occupation de deux des forts qui commandent le Pirée et le désarmement des autres forts du port, l'interdiction pour les citoyens de porter des armes, l'interdiction d'envoyer en Thessalie, du matériel de guerre, et l'occupation de la gare d'Athènes. Toutes ces conditions ont été acceptées. M. Venizelos a procédé à la constitution officielle du gouvernement provisoire à la tête duquel il est placé. Les représentants de l'Entente, le général Sarrail, les consuls de France, d'Italie, de Russie, d'Angleterre, de Roumanie, de Belgique et de Serbie lui ont rendu visite. Le gouvernement provisoire percevra les impôts, décrétera le service militaire, lèvera les équipages et les troupes. Sur le front de Macédoine, rien d'important à signaler : les patrouilles et les automobiles blindées de l'Entente font des reconnaissances et quelques raids dans les tranchées ennemies.
(1) 9 octobre, l’ancien président du Conseil des ministres Vénizelos, proclame à Salonique, la mise en place d’un gouvernement révolutionnaire contre le roi Constantin. (2) 9 octobre : Eleftherios Venizelos constitue à Salonique un gouvernement provisoire favorable aux Alliés. (1) 9 octobre, attaque aérienne française sur Stuttgart. (1) 9 octobre, début de la 8ème offensive d’Izonso. (3) 9 octobre : L’Allemagne avertit les Etats-Unis qu’elle entend reprendre prochainement la guerre sous-marine sans restriction (3) 9 octobre : Les Serbes se rendent maîtres du Dobropolje Palina (Macédoine) et atteignent la vallée de la Bella Zoda ; les troupes russo-française s’emparent de Kisovo et les italiens de Premeti en Albanie (3) 9 octobre : En Grèce, devant les hésitations du roi Constantin à prendre clairement parti, Vénizelos constitue à Salonique un gouvernement provisoire, chargé d’organiser un corps d’armée pour combattre aux côté des Alliées sur le front balkanique (1) 10 octobre, guerre sous-marine : bilan désastreux pour les alliés. (3) 10 octobre : Les troupes italiennes poursuivent leur offensive en direction de Trieste (3) 10 octobre : Les forces française passent à l’attaque au sud de la Somme entre Berny et Chaulnes (3) 10 octobre : En Grèce, Lambros succède à Calogeropoulos. Le nouveau gouvernement doit accepter le contrôle par les Alliés de la flotte grecque légère, des ports et des chemins de fer (3) 13 octobre : A la suite d’activité déployées par les Allemands, la Norvège interdit l’accès à ses eaux territoriales aux sous-marins, quelque soit leur nationalité
Du lundi 16 octobre 1916 (807ème jour de la guerre) au dimanche 22 octobre 1916 (813ème jour).
Sur les fronts belge et français.
les objectifs assignés par l'état-major de l'Entente : Chaulnes est menacée et nous visons Bapaume. Deux généraux français ont été blessés; le général Marchand, légèrement, et le général Sainte-Claire-Deville, plus gravement.
Sur le front italien. Les communiqués du général Cadorna ne signalent cette semaine que des actions d'artillerie, des rencontres d'infanterie, peu importantes, et quelques luttes d'avions : les pluies et d'abondantes chutes de neige limitent les opérations.
Sur le front russe. Sur le front russe, trois secteurs continuent à être le théâtre de combats relativement violents; celui de Kiesseline (entre Loutzk et Vladimir-Volynski), celui de Halliez et celui de Dorna-Vatra; ce sont les Allemands qui attaquent, laissent entendre les communiqués russes.
Sur les fronts roumains. La situation sur les fronts roumains peut être résumée ainsi : le général allemand Mackensen, lancé en Dobroudja, s'est heurté à une contre-offensive qui lui a repris d'un coup vigoureux vingt-cinq kilomètres de terrain. Aussitôt, le général Falkenhayn, son adjoint, a attaqué en masses compactes les armées roumaines entrées en Transylvanie, les a rejetées vers leurs frontières en menaçant si bien celles-ci que nos Alliés sont obligés d'appeler sur leur front nord-ouest tout ce qu'ils peuvent distraire de leur front sud. Les troupes austro-allemandes de Falkenhayn continuent les attaques et menacent les cols des Carpathes : pour le contenir, tout l'effort de l'armée roumaine se porte de son côté et l'ennemi se heurte à une résistance presque insurmontable. Mais l'armée de Mackensen reprend l'offensive : elle a fait plier l'aile gauche roumaine de Dobroudja, d'abord, puis l'aile droite et le centre, légèrement.
A l'aile droite, les troupes britanniques ont conquis tout le terrain compris entre la rive gauche de la Strouma et la voie ferrée, depuis Kaznaiar jusqu'à la hauteur de Sérès; leurs éléments avancés ont franchi la voie ferrée à Prosenik et poussé vers l'est. Au centre, les troupes françaises ont attaqué les positions ennemies à l'est de Guevguéli et enlevé les premières lignes bulgares sur un front assez étendu. A l'aile gauche, les Serbes ont livré de violents combats : la lutte a été particulièrement vive sur le Dobropolje dont les Serbes se sont emparés. Plus à l'ouest, les troupes franco-russes ont refoulé l'ennemi sur sa ligne principale de défense. Par suite des circonstances militaires générales, le théâtre des opérations dans les Balkans tend à devenir de plus en plus important : Monastir est devenu pour le moment le pivot du front balkanique et représente, toutes proportions gardées, le Verdun des Bulgares. Ceux-ci accumulent les moyens de défense autour de cette ville. De nouveaux et importants contingents de troupes italiennes ont débarqué à Salonique et ont défilé devant le général Sarrail et le général Petiti, venus spécialement du front à cette occasion. L'agitation est toujours très grande à Athènes; le roi Constantin, qui avait préparé son départ, a consenti à demeurer, sur les instances des membres de son nouveau ministère. D'autre part, le gouvernement de la Défense nationale, que préside M. Venizelos, a notifié, au corps consulaire et aux commandants alliés, sa constitution définitive; son ministre des Affaires étrangères est M. Palitis, qui était directeur général des Affaires étrangères du gouvernement royal. (1) 16 octobre, début de la déportation de Belges en Allemagne pour des travaux forcés. (1) 18 octobre, en France, arrestation du financier Rochette protégé du député Caillaux. (1) 19 octobre, en Belgique, le cardinal Mercier déclare publiquement sont indignation devant la déportation des travailleurs belges en Allemagne. (1) 18 octobre, Vénizelos établit un gouvernement séparatiste à Salonique (3) 20 octobre : Devant l’offensive allemande en Roumanie, Aristide Briand et les représentants du gouvernement et de l’état-major britanniques décident de renforcer leurs positions sur le front balkanique (3) 22 ocotbre : Les troupes roumaines s’emparent de Constantsa sur la mer Noire
Du lundi 23 octobre 1916 (814ème jour de la guerre) au dimanche 29 octobre 1916 (820ème jour).
Sur les fronts belge et français. Sous l'averse continuelle, les combats dans les secteurs de la Somme deviennent impossibles : les trous d'obus sont des étangs, les tranchées des canaux; dans cet état du terrain beaucoup d'obus deviennent inoffensifs : l'explosion couvre d'eau et de boue. A la droite du front français, les hommes sont dans un véritable marécage : il a fallu toute l'héroïque énergie de nos troupes pour fortifier ce terrain. Sur le front anglais, les contre-attaques deviennent plus vives et plus fréquentes et le feu de l'artillerie augmente d'intensité : les Allemands possèdent de nouveaux canons à longue portée. Sur le front de Verdun, après une préparation d'artillerie intense, nous avons attaqué sur la rive droite de la Meuse : La ligne ennemie, sur un front de 7 kilomètres, a été crevée partout sur une profondeur qui, au centre, atteint 3 kilomètres; le village et le fort de Douaumont sont en notre possession. A gauche, nos troupes dépassant l'ouvrage et la ferme de Thiaumont, se sont emparées des carrières d'Haudromont. Nous continuons notre avance sur Vaux. Les prisonniers affluent : le nombre décompté atteint 3500 dont une centaine d'officiers. Les Allemands multiplient leurs efforts pour reprendre pied sur nos conquêtes : six jours se sont passés pour eux en contre-attaques, aucun avantage, pas même la prise d'un élément de tranchée n'a compensé un tel acharnement. En France, le deuxième emprunt de la défense nationale, clos le dimanche 29 octobre, a été un succès : l'armée de l'Epargne a répondu avec empressement à l'appel du ministre des Finances. Les résultats seront bientôt connus. La marine allemande a effectué un raid avec dix destroyers contre le service de transport britannique de la Manche : la tentative a échoué. Le transport vide, le « Queen » a été coulé et un destroyer britannique est manquant. Deux destroyers allemands ont été coulés, les autres chassés. La guerre allemande de torpillage a été intensifiée : de nombreux navires norvégiens et suédois, notamment, ont été détruits.
Sur le front italien. Les communiqués ne signalent que des combats locaux sans envergure. L'artillerie autrichienne déploie une plus grande activité sur le plateau d'Asiago et dans la vallée de Sugana, d'une part; et dans la zone à l'est de Gorizia et sur le Carso, d'autre part. L'artillerie italienne répond avec une égale énergie.
Sur le front russe. Une assez grande activité règne en Galicie. Entre Haliez et Prezany, la canonnade est particulièrement acharnée : c'est là, en effet, que se sont groupées les forces allemandes les plus denses. Pour donner une idée des renforts reçus par les Austro-Allemands depuis l'avance du général russe Broussiloff, sur la partie du front indiquée plus haut et qui à vol d'oiseau, est d'environ 120 kilomètres, il suffit de dire que sont arrivées successivement 14 divisions, dont 8 allemandes, 4 autrichiennes et 2 turques. Malgré la température si défavorable, des offensives partielles sont alternativement engagées, tantôt par les Russes tantôt par l'ennemi, sur différentes parties du front : les Russes bombardent principalement le rayon de Prezany et les Austro-Allemands Stanislau; il semble que, de part et d'autre, les adversaires cherchent mutuellement à se fixer et à se retenir sur place.
Sur le front roumain. Sur le front de Transylvanie, les Autrichiens et les Allemands annoncent la prise du col de Vulcan qui fait communiquer les hautes vallées de Giul, en Roumanie et du Styrji, en Transylvanie; sur une largeur de plus de 100 kilomètres, les puissances centrales tiennent les crêtes et tous les cols des Carpathes. Au sud de Brasso, elles continuent d'avance vers Kinipolung. En Dobroudja, la retraite de nos Alliés s'accentue : Constanza est tombée aux mains des ennemis (port sur la mer Noire, précieux pour nos Alliés, bien outillé, qui permettait les relations constantes avec Odessa); mais les vivres et pétroles accumulés ont été sauvés ou détruits par les Russo-Roumains. L'évacuation de Cernadova, sur le Danube, a suivi la prise de Constantza : c'est une grosse perte pour les Roumains privés, en Dobroudja, de toute communication par voie ferrée. Mais nos Alliés, dans leur retraite, ont détruit l'immense viaduc élevé de 40 mètres au dessus du grand bras du Danube, se continuant ensuite sur près de 2 kilomètres, en franchissant des marais, des lacs et un second bras du fleuve. L'état-major roumain espère ainsi que la barrière du Danube restera aussi complète que par le passé. En Roumanie, la confiance absolue en l'issue de la lutte reste inébranlable : le tzar de Russie a donné sa parole au roi de Roumanie que toutes les resSources de l'empire russe seront mises en œuvre pour protéger nos Alliés; les renforts russes commencent à arriver régulièrement à l'armée de la Dobroudja et à celle de la Transylvanie et sont entrés en action. A 30 kilomètres de Constantza, les Russo-Roumains résistent énergiquement.
Sur le front de Salonique. Aucun événement important à signaler : le mauvais temps gène les opérations. L'aile gauche de l'armée d'Orient a atteint l'Albanie : la cavalerie a opéré sa jonction avec celle des contingents italiens débarqués à Santi-Quaranta. Nos troupes ont occupé Koritza (à 23 kilomètres environ au sud-ouest du lac Prespa, en territoire albanais, centre aussi important pour le ravitaillement et point d'appui d'une certaine valeur, par suite de sa situation géographique. Le mouvement provoqué par la politique de M. Vénizelos prend de l'extension : la Thessalie et l'Epire adhèrent au programme de la Défense nationale. Le gouvernement du roi Constantin, désireux de conserver avec les puissances de l'Entente des relations courtoises, a porté à la connaissance des journaux d'Athènes que toute publication injurieuse ou diffamatoire touchant les Etats ou les représentants de l'Entente ou de nature à exciter des malentendus ou des incidents, seront poursuivis. (1) 23 octobre, une escadrille d’aviation austro-allemande bombarde Bucarest. (2) 23 octobre : Le roi Constantin Ier de Grèce propose un désarmement complet des forces grecques à condition que l’armée d'Eleftherios Venizelos ne soit utilisée que contre les Bulgares. (3) 23 octobre : En Grèce, le roi Constantin propose un désarmement complet des forces grecques en échange de la suppression des mesures d’exception et de l’assurance que l’armée en train d’être créée par Vénizélos ne sera utilisée que contre les Bulgares. (3) 23 octobre : Bataille de Verdun ; les troupes françaises, menées par le général Mangin, reprennent le fort de Douaumont et réoccupent jusqu’à Vaux le territoire conquis par les Allemands depuis 8 mois. (1) 24 octobre, les français reprennent le fort de Douaumont. (2) 24 octobre : Les troupes françaises du groupement Mangin reprennent, en quatre heures, le fort de Douaumont et réoccupent jusqu’à Vaux tout le territoire conquis depuis huit mois par les Allemands. (3) 27 octobre : Après avoir interpellé le gouvernement sur l’application de la loi Dalbiez sur l’affectation des mobilisés, la Chambre des députés vote un ordre du jour prévoyant la lutte contre les « embusqués » (1) 28 octobre, à Paris, lors d’un débat à la Chambre, les députés demandent que soit faite une meilleure utilisation des troupes (3) Divers dates : En Afrique Occidentale française, sous la direction du roi Nikki CHabi Prouka et du chef Bio Guéra, les Baribas s’insurgent dans la région du Borgou (Soudan central)) contre le recrutement forcé |