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GUERRE 1914-1918 |
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Du lundi 3 juillet 1916 (703ème jour de la guerre) au dimanche 9 juillet 1916 (708ème jour).
Sur les fronts belge et français. Cette semaine, la centième de la guerre, a été favorable aux armées de l'Entente, sur tous les fronts. Sur le front belge, l'activité de l'artillerie s'est manifestée plus spécialement dans le secteur à l'est de Ramscappelle et dans la région de Steenstraete. Sur le front anglais, en liaison avec les troupes françaises, les positions allemandes de la région de la Somme ont été attaquées avec le plus vif succès pour les armes britanniques. C'est surtout en face de Lens et en face de Bapaume, occupées par les ennemis, que l'effort a été le plus rude et le résultat le plus complet : le bombardement a été d'une violence inouïe, les obus tombaient avec méthode sur les tranchées allemandes, brisant les réseaux de fil de fer, nivelant parapets et défenses. Près d'Angres et de Montauban, les Anglais ont été particulièrement heureux. Leur avance continue. Les troupes françaises, au nord et au sud de la Somme, restant soudées aux troupes britanniques, ont avancé progressivement jusqu'à quelques kilomètres de Péronne: le chiffre des prisonniers faits par nous dépasse 9000 parmi l'important matériel que nous avons capturé on a pu, jusqu'à ce jour, compter 76 canons et plusieurs centaines de mitrailleuses. En Champagne, l'activité s'est rallumée tout à coup dans le secteur où nous avons vaincu en septembre dernier : toutes les attaques allemandes ont été arrêtées par nos tirs de barrage, ou repoussées à la grenade. Passant à l'offensive, nous avons nettoyé les tranchées de première ligne et, en certains points, pénétré jusqu'à la dernière ligne. Autour de Verdun, nos troupes ont résisté avec une vaillance indomptable à tous les assauts; la lutte d'artillerie a continuée à être très violente toute la semaine, à l'est de la Meuse et dans la région de la cote 304. Sur la rive droite, la batterie de Damloup prise par les Allemands est reprise par nous; l'ouvrage de Thiaumont, par contre, est repris par l'ennemi. Sur la rive gauche, nous repoussons les attaques du bois d'Avocourt et de la cote 304 et réussissons un coup de main au Mort-Homme. La nomination de M. Lloyd George, au ministère de la Guerre anglais, est accueillie par l'Entente avec une vive satisfaction. M. Lloyd George est connu par son esprit de décision, sa ténacité et ses dons d'organisateur: il était, comme ministre des munitions, le collaborateur le plus immédiat de lord Kitchener. L'amiralissime anglais Jellicoë a terminé son rapport sur la bataille navale du Jutland, qui confirme les pertes anglaises annoncées et estime celles des Allemands à deux cuirassés dreadnoughts, cinq croiseurs légers, six contre-torpilleurs, un sous-marin qui ont été tous vus couler bas. En outre, deux croiseurs de bataille, un cuirassé dreadnought, trois contre-torpilleurs, furent aperçus si avariés qu'il est douteux qu'ils aient pu regagner le port.
Sur le front italien. La contre-offensive déclenchée par le général Cadorna a donné ses résultats décisifs : la manœuvre avait consisté en une pression puissante sur les ailes qui força le centre autrichien a abandonner les positions conquises sur le plateau d'Asiago et sur le plateau d'Arsiero. Dans le bassin du Haut-Astico, l'infanterie italienne progresse; sur le plateau des Sept-Communes, il y a arrêt causé par les brouillards. Le long du front de l'Isonzo, l'artillerie ennemie s'est montrée active sur les hauteurs du nord-ouest de Goritz. Dans la zone de Monfalcone, les tentatives d'attaque contre les positions récemment conquises par les Italiens ont été repoussées victorieusement.
Sur les fronts russes.
reprend sa marche en avant. Sur la route de Loutsk à Vladimir-Volinski, les Austro-Allemands continuent leur mouvement de retraite sous la pression des Cosaques et de l'infanterie russe qui ont franchi le Stokhod sur les talons des fuyards : la poussée russe vers Kovel et Vladimir continue. Dans la Galicie du sud, nos Alliés se sont emparés de l'important nœud de voies ferrées de Delatyn.
Dans les Balkans. En Asie-Mineure, les Russes ont eu à subir des offensives de la part des troupes turques dans la région de Trébizonde et aussi en Mésopotamie : ils les ont repoussées en faisant subir de grosses pertes à l'assaillant. Quelques escarmouches seulement sur le front de Salonique qui reste calme : deux bataillons allemands ont attaqué un bataillon français dans le secteur de Doiran-Guevgueli : les Allemands, malgré leur supériorité numérique, se sont repliés après avoir subi des pertes sérieuses causées par la précision du tir français. En Grèce, les ligues se multiplient en vue des élections : les ligues venizelistes ont pour programme de s'opposer à l'invasion bulgare en Macédoine.
(3) 4 juillet : Le Premier ministre roumain Ion Bratianu rappelle à l’ambassadeur de France que la Roumanie n’interviendra qu’à condition qu’elle soit approvisionnée en munitions, que les Alliés ne se retirent pas des Dardanelles, qu’ils déclenchent une offensive contre les Bulgares à partir de Salonique et que l’offensive russe soit générale de la Baltique à la Bukovine (1) 7 juillet, Lloyd George, ancien ministre de l’Armement, devient ministre de la Guerre à la place de Lord Kitchener. (3) 7 juillet : Pour donner toute son efficacité au blocus de l’Allemagne, les Alliés suppriment les dernières libertés commerciales laissés aux pays neutres. (3) 7 juillet : Les Britanniques lancent une offensive au sud de Thiepval, près d’Albert (Somme) (3) 7 juillet : Le président du Conseil Aristide Briand assure le gouvernement roumain que les munitions réclamées sont sur le point d’être livrées et que la Roumanie obtiendra satisfaction sur les 3 autres conditions (3) 8 juillet :Les Russes atteignent le Stockhod, obligeant les Austro-Hongrois à se replier (3) 9 juillet : Les forces françaises occupent le village de Biaches, à 3 kilomètres de Péronne (1) La Russie et le Japon signent un traité d’alliance.
Du lundi 10 juillet 1916 (709ème jour de la guerre) au dimanche 16 juillet 1916 (715ème jour).
Sur les fronts belge et français. La bataille continue sur tout le front où le duel d'artillerie reste très violent. Les batteries belges de tous calibres ont exécuté des tirs de destruction systématiques sur les organisations défensives de l'ennemi principalement dans la région de Dixmude : l'ennemi a vigoureusement riposté. Les communiqués anglais enregistrent les brillants succès dont on voyait la préparation se développer méthodiquement depuis quelques jours : tandis qu'un âpre débat, localisé dans le bois des Trônes, qui se trouve exactement au sommet de l'angle droit dessiné par le front d'attaque de la Somme, retenait l'attention de l'ennemi, un intense bombardement préludait à un assaut général de la seconde ligne allemande; cette seconde ligne est enfoncée sur une longueur de 6 kilomètres et une profondeur de 3 kilomètres. Ça et là, la troisième ligne est entamée. Nos Alliés se trouvent ainsi à une lieue et demie de Bapaume. Sur notre secteur, au nord et au sud de la Somme, la lutte continue et la canonnade s'intensifie: nous sommes tout près des faubourgs de Péronne, à 1500 mètres de cette ville. En Champagne, dans la région de Prosnes, nous avons effectué, avec un succès identique, des raids comme ceux qui ont si bien réussi aux troupes britanniques. L'offensive allemande contre le fort de Souville, qui se trouve à 5 kilomètres de Verdun, se poursuit avec 2000 canons de tous calibres : les attaques ont pour but d'encercler le fort. Après un bombardement d'une intensité sans cesse accrue, l'infanterie allemande, évaluée à une division et demie, soit six régiments ou 15 à 18000 hommes, sur un front de 2 kilomètres à peine, a surgi et a pu s'approcher à 800 mètres du fort. Un sous-marin allemand a bombardé le petit port ouvert de Seaham, près de Durham, en Angleterre : nos Alliés n'ont à déplorer aucune perte de vie, ni aucun dégât matériel. Des sous-marins allemands de fort tonnage sont signalés dans la Baltique et dans la basse Méditerranée, ainsi que dans les eaux turques : une reprise de la campagne des pirates semble imminente. Un sous-marin allemand de très fort tonnage, le « Deutschland », muni d'une cargaison de nickel et s'intitulant « sous-marin marchand », est entré dans le port de Baltimore; plusieurs transatlantiques sous-marins vont se consacrer au transport des munitions : le gouvernement des Etats-Unis déclare qu'il se trouve en présence de bâtiments marchands.
Sur le front italien. La situation reste à peu près stationnaire dans le Trentin, la guerre dans la montagne est malaisée par suite de la difficulté d'amener l'artillerie lourde sur le front; sur l'Isonzo, nos Alliés retiennent plusieurs corps d'armée ennemis que l'état-major autrichien voulait envoyer en Galicie.
Sur le front russe.
Au sud des marais du Pripet, l'armée russe de Kalédine, aile droite du général Broussilof, fait des progrès continus : déborde le Stockhoud que, déjà, elle a passé à Ongly, en face de Sokoul, dans la région où la rivière se rapprochant jusqu'à 6 ou 7 kilomètres du Styr, forme une sorte d'isthme. Mais les Allemands, commandés par le maréchal Hindenburg, accumulent les défenses et les canons afin de rendre imprenable Kovel : une grande bataille est engagée là et se prolonge. En Galicie, le mouvement de retraite du général autrichien Bothmer continue. Au-delà du Dniester, l'ennemi se retranche dans de fortes positions pour couvrir la voie ferrée de Stanislau. Dans le Caucase, à l'ouest d'Erzeroum, les Russes ont repris d'assaut la ville de Mamahatoum: au cours de leur retraite, les Turcs ont mis le feu à la ville. Nos Alliés ont également enlevé d'assaut la ville de Bayburt, important point stratégique sur le théâtre de guerre avancé d'Arménie.
En Macédoine. Quelques escarmouches sont signalées : quelques bataillons bulgares qui passaient à l'offensive ont été facilement refoulés. Notre armée reste à peu près immobile, par 40° de chaleur à l'ombre, dans la plaine du Vardar.
(3) 10 juillet : Les troupes britanniques s’emparent de Cantalmaison (3) 14 juillet : Les Britanniques passent à l’attaque sur un front de 6 kilomètres et s’emparent de Longueval, à 19 kilomètres de Péronne, le 27. (1) 16 juillet, Les Russes prennent Cernowitz
Du lundi 17 juillet 1916 (716ème jour de la guerre) au dimanche 30 juillet 1916 (729ème jour).
Sur les fronts belge et français. Nous sommes revenus à la guerre de tranchées, dure et âpre. Nos alliés britanniques, dans leur secteur de Picardie, malgré des pluies abondantes qui empêchent les grandes opérations, poussent leurs incursions sur un front de 3 kilomètres au sud d'Armentières et continuent une lutte difficile devant chaque bois et chaque ferme, se heurtant à des forces importantes et tenaces. Le butin qu'ils ont récapitulé est considérable : 189 officiers (dont plusieurs officiers supérieurs) et 12 000 soldats faits prisonniers, 113 pièces d'artillerie, une quantité énorme de munitions et du matériel de toutes sortes, sans compter ce qui a été détruit; ce qui n'est pas moins intéressant, ce sont les documents trouvés à la Boisselle (rapports des chefs des unités allemandes engagées là). Ces rapports révèlent des pertes effroyables : une compagnie était réduite à 12 hommes, un bataillon ne comprenait plus que 24 hommes. Sur notre front d'attaque de cette même région de Picardie, il n'y a qu'une série de chicanes : notre avance est d'un kilomètre de profondeur sur 5 de front. Au nord de la Somme, de gains en gains, notre ligne est portée le long du chemin de fer à voie étroite de Combles à Cléry; au sud, notre offensive persiste sur plus de deux lieues. Nous avons pris à l'ennemi 3 000 hommes, 30 officiers, des canons et des mitrailleuses. Sur les autres parties du front, dans l’Aisne, la Champagne et l'Argonne, aucun fait important : rencontres de patrouilles, tentatives allemandes contre quelques tranchées, menus faits divers de la guerre; partout l'avantage nous est resté. On sait que nos amis les Russes occupent une partie du front de Champagne. Le front de Verdun, par l'ampleur de la tragédie qui s'y déroule depuis cinq mois, reste l'objet de nos principales préoccupations : sur la rive gauche de la Meuse, le bombardement continue dans les régions d'Avocourt et de Chattancourt; sur la rive droite, nous progressons à l'ouest de l'ouvrage de Thiaumont et nous enlevons un ouvrage fortifié au sud de Fleury. Un raid de 3 zeppelins sur la côte orientale anglaise a été entravé par le brouillard : 32 bombes ont été lancées sans faire ni blessés, ni dégâts matériels. D'autres bombes sont tombées à la mer.
Sur le front italien. Les Italiens consolident leur conquête du mont Cimone, malgré les nombreux assauts des Autrichiens. Dans le bassin d'Asiago et contre la ligne italienne Spera-Strigno, l'artillerie des ennemis est violente. Il apparaît, d'ailleurs, que les effectifs de ces derniers se réduisent peu à peu dans le Trentin, non pas seulement du fait des pertes normales que les troupes subissent au feu, mais parce que la Galicie absorbe peu à peu toutes les resSources de la double monarchie. Il reste cependant, de l'Adige à la Drave, beaucoup de canons ennemis et de troupes techniques, force mitrailleuses surtout, sans parler des habiles «chasseurs impériaux» du Tyrol. Sur l’Isonzo duels d'artillerie, surtout à l'ouest de Gorizia.
Sur les fronts russes. L'offensive russe s'est étendue sur l'ensemble du front de 1 300 verstes; elle ne sévit pas uniformément sur une envergure aussi vaste : de grands secteurs d'accalmie s'intercalent entre les foyers de l'offensive générale. L'emploi de la cavalerie aggravé les échecs ennemis. Les Allemands, en Courlande, après avoir reculé le long de la rive sud du golfe de Riga, à l'ouest, et presque jusqu'à l'Eckau, au sud, se maintiennent devant l'armée de Kouropatkine : cette altitude défensive est fort éloignée de la menace de Pétrograd lancée il y a quelques mois. Mais une grande activité des bâtiments légers et des sous-marins allemands, à l'ouest des golfes de Finlande, de Riga el de Bothnie même, est signalée; la flotte russe ne reste pas inactive non plus. Un petit combat dans la Baltique orientale montre que les opérations maritimes ne sont pas abandonnées. Entre le Niémen et le Pripet, les ennemis luttent avec énergie pour conserver le grand noeud de chemins de fer de Baranovitchi. En Galicie, Brody a été pris par nos Alliés sans grande préparation d'artillerie, grâce à l'élan de l'infanterie russe : l'état-major d'une armée autrichienne se trouvait à Brody, point de jonction important, 82 kilomètres séparent Brody de Lemberg (Lwoff), mais cette distance présente un terrain très accidenté, organisé et miné: une lutte acharnée et sanglante y est prévue. Plus au sud, les Russes continuent à progresser à travers les Carpathes qu'ils ont abordées sur différents points : leur cavalerie a franchi déjà les passages de Kimpolung et trois colonnes d'infanterie pénètrent dans la Hongrie. Sur le front du Caucase, la situation de nos Alliés est des plus satisfaisantes : pour assurer leurs communications entre Erzeroum et Trébizonde, les Russes se sont emparés de Baïcourt, puis de Erzindjian et des dépôts de fusils, revolvers, armes blanches, munitions, pétrole et benzine qui s'y trouvaient. La voie est donc libre entre les deux bases essentielles des Russes dans cette région.
Dans les Balkans. Les Serbes ont entrepris des opérations méthodiques ayant pour but de chasser les Bulgares des positions qu'ils ont conquises à 10 ou 12 kilomètres au sud de la frontière, en territoire grec : une série de hauteurs ont été occupées par les Serbes qui se sont maintenus dans leurs positions, malgré le feu d'artillerie et les contre-attaques de l'ennemi. Le gouvernement hellénique ayant été informé qu'une grave épidémie de choléra sévit parmi les troupes bulgares, a ordonné aux autorités de Macédoine de prendre les mesures les plus sévères pour empêcher la propagation de l’épidémie sur le territoire grec: une surveillance très étroite est exercée sur les déserteurs bulgares de plus en plus nombreux qui passent la frontière grecque de Macédoine.
(2) 27 juillet : Au cours de la bataille de la Somme, les Britanniques prennent Contalmaison, progressent rapidement vers Péronne et s’emparent de Longueval. (1) 30 juillet, à Bruges, les allemands fusillent un officier français, le capitaine Fryatt.
Allemagne : (1) 20 juillet, le général von Hindenburg devient commandant en chef des troupes du front Est.
Paris : (1) 21 juillet, la fête nationale belge est célébrée pour la 2ème fois à l’étranger.
Turquie : (1) 27 juillet, les Russes prennent Erincan |