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GUERRE 1914-1918 |
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Du lundi 28 mai 1917 au dimanche 3 juin 1917
Sur les fronts belge et français. Cette semaine n'a pas apporté de changement notoire sur ces fronts : les communiqués allemands insistent sur la reprise prochaine de grosses opérations dans le secteur des Anglais, en Artois et dans la région du nord-ouest de Saint-Quentin, appuyant cette prévision sur l'intensité croissante du feu britannique. Dans le secteur français, la situation est également restée la même: on signale seulement un martelage violent de nos nouvelles positions de Champagne, suivi d'attaques locales à petits effectifs sans résultat. Les critiques militaires autorisés concluent, de cette accalmie relative des semaines dernières, que la première phase de la grande offensive des Alliés en France est terminée. Elle leur a valu de gros avantages : gains territoriaux, 52 000 prisonniers, butin de 446 canons et 1000 mitrailleuses, usure de 155 divisions sur 220 que compte l'armée ennemie, mise hors de combat de 713 avions allemands.
Sur le front italien. L'activité de nos Alliés italiens est momentanément arrêtée pour des raisons de regroupement et de renforcement de troupes de choc et l'adversaire en profite pour tenter de récupérer une partie des importantes positions qui conduisent vers Trieste à demi évacuée, vainement, d'ailleurs, cette offensive étant brisée par l'opiniâtre résistance des occupants.
Sur les fronts russe et roumain. Les bulletins allemands signalent une recrudescence des tirs d'artillerie russes en Galicie et dans les Carpathes. Sur le front roumain, fusillades habituelles.
La semaine politique et diplomatique. De nombreuses grèves, à Paris, à Marseille et à Bordeaux, principalement, causent une agitation inquiétante dans la rue : la Chambre a voté la semaine anglaise et les chambres patronales, en général, acceptent de donner des indemnités de vie chère aux ouvriers et employés. Le gouvernement étudie les moyens d'arrêter l'action des agitateurs parmi lesquels se trouvent beaucoup d'étrangers; les socialistes français, majoritaires et minoritaires, s'étant mis d'accord pour envoyer des délégués à la conférence des socialistes internationalistes convoqués à Stockholm par les groupements scandinaves et russes, M. Ribot, à la Chambre des députés, a refusé de délivrer des passeports aux délégués français; il les accordera pour le Congrès socialiste de Pétrograd : la Chambre votera un ordre du jour après s'être réunie en comité secret. En Angleterre, M. Lloyd George a accordé les passeports aux délégués socialistes anglais qui se rendront à Pétrograd : il décline toute responsabilité si ces délégués s'arrêtent et «causent» à Stockholm. En Espagne, le gouvernement enregistre les excuses de l'Allemagne relatives au torpillage du Patricio : les honneurs seront rendus au drapeau espagnol à la première occasion possible. En Allemagne, une campagne est menée pour amener la chute du chancelier Bethmann et hâter l'arrivée au pouvoir du prince de Bülow. En Hongrie, une crise ministérielle, provoquée par le renouvellement des conventions entre l'Autriche et la Hongrie, fait surgir des difficultés intérieures augmentées par un commencement de famine. En Grèce, l'attention des Alliés est attirée sur ce fait que la récolte de l'orge, en Thessallie, est expédiée à Athènes, à la grande indignation de la population locale qui souffre de la famine.
En Amérique. Aux États-Unis, une ardente campagne est menée contre la conscription et contre l'Angleterre; les journaux américains demandent au président Wilson de publier les buts de guerre. Le Brésil est entré, à son tour, dans le conflit en votant une loi révoquant sa neutralité ; les navires allemands sont retenus.
(3) 28 mai; Le haut-commissaire des Alliés en Grèce Charles Jonnart est chargé de veiller à l’occupation de la Thessalie afin d’obtenir l’abdication du roi mais sans emplyer d’autre moyen militaire qu’un débarquement allié dans l’isthme de Corinthe (3) 30 mai; Après avoir évoqué l’offensive d’avril, le gouvernement obtient la confiance de la Chambre (3) 1 juin; Répondant à la proposition de Llyod George faite le 23 mai, le ministre des Affaires étrangères italien Sonnino déclare que la rencontre projetée serait peu opportune et risquerait d’éveiller les susceptibilités du gouvernement russe et des Etats-Unis qui n’y seraient pas conviés
Du lundi 4 juin 1917 au dimanche 10 juin 1917
Sur les fronts belge et français. Sur le front belge, les troupes britanniques ont avancé de plus de 10 kilomètres, enlevant la hauteur importante de Messines et récupérant un précieux morceau du territoire de nos alliés : elles ont supprimé ainsi un saillant gênant de l'ennemi, mis à mal plusieurs divisions allemandes, capturé un matériel de guerre important, occupé les positions qui leur permettent de dominer à leur tour l'adversaire et ouvrent le champ à des possibilités de manœuvre. Dans les secteurs français, l'activité de l'artillerie s'est maintenue très vive : l'ennemi a diminué le nombre de ses tentatives d'attaques. Nous avons effectué un coup de main heureux sur la rive gauche de la Moselle, dans la région du chemin de fer de Thiaucourt.
Sur le front italien. Sur ce front, les communiqués du général Cadorna se résument par ces mots : « activité habituelle » ; dans la zone de Gorizia, une attaque autrichienne, longuement préparée, a échoué.
Sur les fronts russe, roumain et serbe. Sur ces fronts, les troupes alliées et adverses restent dans l'expectative : les communiqués ne signalent que l'activité de quelques patrouilles.
La semaine politique et diplomatique. En France, le Sénat, à la demande éloquente de M. Ribot, a voté, à l'unanimité, un ordre du jour exposant nos buts de guerre : retour à la Patrie de l'Alsace-Lorraine et réparations des dommages causés par la nation de proie qu'est l'Allemagne. En Angleterre, M. Mac Neil, ministre de l'Intérieur, a déclaré, aux Communes, que le gouvernement anglais était en parfait accord sur les buts de la guerre avec le gouvernement français. En Espagne, vive effervescence à la suite de l'incident d'Algésiras : cette ville a été atteinte par quelques obus anglais tirés de Gibraltar et destinés à des sous-marins signalés aux environs; le gouvernement britannique a fait des excuses et le gouvernement espagnol étudie si le Parlement doit être convoqué. Un comité de défense de l'armée s'agite et le ministre de la Guerre a donné sa démission. En Grèce, la récolte de Thessalie passant aux mains du gouvernement, les populations, exaspérées par les souffrances que leur cause le blocus, demandent l'intervention des puissances protectrices de l'Hellade. En Turquie, d'après une interview de M. Elkus, ambassadeur des Etats-Unis à Constantinople, le gouvernement se comporte généreusement envers les ennemis : les prisonniers de guerre seraient bien traités ; nombreux seraient les Turcs qui n'ont pas perdu les sentiments d'amitié qu'ils nourrissaient pour la France; les cartes de pain existent, mais il n'y aurait pas de disette réelle. En Russie, l'ordre est loin d'être rétabli; A Cronstadt, le délégué du « Comité des ouvriers et soldats » tient en échec le délégué du gouvernement provisoire ; plusieurs provinces, notamment la Finlande, l'Esthonie, l'Ukraine, la Lithuanie, s'agitent pour obtenir leur autonomie ; la reprise de l'offensive préconisée par le ministre de la Guerre, M. Kerensky, n'excite pas l'enthousiasme, et le général Gourko, commandant sur le front ouest, a démissionné ; les socialistes français, anglais et belges sont fraîchement accueillis par les socialistes russes qui adhèrent au programme de la Conférence internationale de Stockholm.
En Amérique.
(2) 4 juin : Les forces italiennes du général Luigi Cadorna battent en retraite sur le front du Carso. (3) 4 juin; Au cours d’une dernière entrevue Llyod George rappelle au prince Sixte de Bourbon-parme que l’assentiment de l’Italie reste nécessaire pour ouvrir les négociations de paix (3) 4 juin; Par 467 voix contre 52, la Chambre, suivie à l’unanimité par le Sénat, vote l’ordre du jour de confiance : la guerre sera poursuivie jusqu’à la restitution de l’Alsace-Lorraine et la juste réparation des dommages subis (3) 4 juin; Contre-offensive autrichienne sur le front du Carso. Les forces italiennes doivent reculer (3) 5 juin; Le général Ferrero commandant des troupes italiennes d’occupation en Albanie, proclame unilatéralement l’unité et l’indépendance du pays tout entier sous la protection de Victor Emmanuel III. Les Alliés proteste auprès du gouvernement italien (3) 5 juin; Le haut-commissaire français Charles Jonnart arrive à Athènes avant de se rendre à Salonique pour examiner avec le général Sarrail la question de la Thessalie et l’éventualité d’un débarquement au Pirée, ainsi que pour entrer en contact avec Vénizélos (1) 5 juin, en Italie, la 10ème bataille d’Izonso, commencée le 14 mai, s’achève sans succès décisif pour les italiens. (1) 6 juin, en France, débat à la Chambre « La paix n’est possible que si l’on obtient la restitution de l’Alsace-Lorraine ». (1) 7 juin, en France, début de la bataille des Flandres : attaques des chars britanniques. (3) 10 juin; Les italiens passent à l’offensive entre la Valsugana et Asiago mais le sommet de l’Ortigara sera reconquis par les forces autrichiennes
Du lundi 11 juin 1917 au dimanche 17 juin 1917
Sur les fronts belge et français. Les communiqués anglais et français ne signalent que des actions d'intérêt secondaire: malgré la chaleur torride, les vaillants soldats de France et d'Angleterre font bonne garde et repoussent les nombreuses contre-attaques allemandes. Deux, raids allemands d'aéroplanes et de zeppelins ont visé Londres et le comté de Kent: les dégâts sont peu importants, mais une centaine de morts sont à déplorer; un des zeppelins a été abattu. Le général américain Pershing et son état-major sont arrivés à Paris qui leur a fait l'accueil le plus enthousiaste..
Sur le front italien. Nos alliés italiens ont remporté un grand succès dans la zone de Damello, à 3 400 mètres de hauteur : succès qui représente un record dans la guerre de montagne. En Albanie, les Italiens occupent de nouveaux points stratégiques.
Sur les fronts russe et roumain. Les communiqués continuent à être muets, ou à ne signaler que quelques fusillades.
En Orient. Sur l'ensemble du front, activité moyenne de l'artillerie; l'aviation britannique cause de grands dégâts. L'avance en Thessalie se poursuit sans incident: la cavalerie française a atteint Pharsale et Domokos (à 60 kilomètres au sud de Larissa) et les contingents britanniques ont occupé Denorli.
La semaine politique et diplomatique. En France, à la Chambre, M. Viviani, au nom de la mission française envoyée aux Etats-Unis, a donné le compte rendu, des réceptions et des entrevues officielles, et montré le grand effort qu'accomplit en ce moment l'Amérique. En Allemagne, les délégués de la Sociale Démocratie répondant aux organisateurs hollando-suèdois de la conférence de Stockholm, s'opposent à la « désannexion » de l'Alsace-Lorraine, «terre, allemande », affirment-ils. En Espagne, le cabinet Data se trouve en présence de grosses difficultés; les plus sérieuses sont: l'agitation des milieux militaires, la crainte de la grève générale, les revendications d'autonomie en Catalogne et la crise économique; le gouvernement envisage une solution optimiste. En Grèce, le haut commissaire des puissances de l’Entente, M. Jonnare, a enregistré l'abdication du roi Constantin et du diadoque, ou prince héritier, en faveur du jeune prince Alexandre, Celui-ci, deuxième fils de Constantin, a lancé une proclamation qui a causé quelque désappointement : les journaux vénizélistes estiment qu'il est urgent d'épurer Athènes et de soustraire l'autorité royale à l'influence de l'Allemagne. En Russie, le Conseil des ouvriers, et soldats souhaite que tous les partis qui se réclament du socialisme se réunissent dans une conférence internationale pour y exposer leur point de vue; le ministre de la Guerre fait les plus grands efforts pour que l'armée russe reprenne l'offensive et que les déserteurs soient sévèrement punis. Aux États-Unis, le président Wilson vient à nouveau de stigmatiser les manœuvres allemandes qui s'opposent a une paix basée sur le droit et la justice et le militarisme prussien qui empêche l'entente des nations européennes ; le Congrès, réuni à Washington, étudie le programme qui lui est soumis, par le Conseil de défense nationale : crédit de 3 milliards de francs pour la construction, de 100 000 aéroplanes afin de couvrir militairement chaque kilomètre carré du front et empêcher un seul avion, ennemi de prendre son vol.
(3) 11 juin; Le général Sarrail commandant en chef de l’armée d’Orient, fait remettre par le haut-commissaire des Alliés, Charles Jonnart, au Premier ministre Zaïmis, un ultimatum exigeant l’abdication du roi Constantin (1) 12 juin, en Grèce, le roi Constantin abdique sous la pression des Alliés. C’est son 2ème fils Alexandre, qui lui succède. (1) 12 juin, en Grèce, Vénizélos revient au pouvoir comme président du Conseil et déclare la guerre à l’Allemagne, à l’Autriche-Hongrie, à la Bulgarie et à l’Empire ottoman (2) 12 juin: Les troupes belges d'Afrique, appuyées par un embryon d'aviation et dotées de navires, attaquent Kigoma sur la rive est du lac Tanganyka, en chassent les allemands et pénètrent en Afrique orientale allemande dans le but de faire leur jonction avec les Britanniques. (3) 12 juin; Chargée par le baron von der Lancken d’entrer en contact avec Aristide Birand en vue d’ouvrir des pourparlers de paix, la comtesse de Mérode inviite ce dernier à se rendre en Suisse pour y rencontrer l’émissaire allemand. Arsitide Briand avertit de cette démarche le président de la République, qui le met en garde mais finit par accepter la proposition. (3) 12 juin; Dans un aide-mémoire adressé au ministre français de Affaires étrangères, Boghos Nu pacha, président de la délégation nationale arménienne, revendique la création de l’Arménie intégrale réunissant la Cilicie et les 6 vilayets d’Erzeroum, Biltis, Van, Diarbékir, Mamouret-ul, Aziz et Sivas et incluant les ports de Mersina et d’Alexandrette. (3) 12 juin; Le général Sarrail fait débarquer des fusiliers-marins français au Pirée. Le roi Constantin décide de « quitter le pays » en désignant son second fils Alexandre pour occuper le trône pendant son absence. (3) 13 juin; Le général Pershing, chef du corps expéditionnaire américain est accueilli à Paris (3) 13 juin; En Russie, en recevant le ministre français Albert Thomas, le nouveau ministre des Affaires étrangères Terechter propose la réunion des représentants de l’Entente en vue de réviser les buts de guerre des Alliés. (1) 15 juin, aux Etats-Unis, loi sur l’espionnage. De lourdes sanctions seront infligées à ceux qui gênent les actions de guerre ou aident l’ennemi.
Du lundi 18 juin 1917 au dimanche 24 juin 1917
Sur les fronts belge et français.
Sur le front italien. Sur tout le front, lutte d'artillerie en divers endroits et activité de patrouilles de reconnaissance: les communiqués officiels insistent sur la ténacité et le courage des troupes qui conduisent la guerre la plus imprévue, la guerre de positions en hautes montagnes.
Sur les fronts russe et roumain. Les états-majors allemand et autrichien insistent, dans leurs « bulletins de cette semaine, sur la reprise de l'activité de l'artillerie russe en Volhynie et en Galicie, notamment près de Loutzk, sur la Zlota-Lipa, la Narayouvka et au sud du Dniester ; les bulletins allemands ajoutent :« Par conséquent aussi, l'activité de notre artillerie a été plus intense que ces derniers temps. » Sur le front nord, des aviateurs allemands jettent sur les lignes russes des feuilles portant ces mots : « Nous vous remercions de la longue accalmie et de la fraternisation, qui nous ont permis de transporter des troupes sur le front ouest et de faire face à l'offensive anglo-française. »
En Orient. Sur le front britannique et sur le front serbe, combats de patrouilles : l'artillerie a montré de l'activité dans la région du Vardar et dans la boucle de la Cerna.
En Egypte. Le débarquement de contingents franco-anglo-italiens en Egypte ou en Sinai attire de nouveau l'attention vers le front de Palestine : Gaza parait désignée comme le prochain objectif de l'expédition alliée.
La semaine politique et diplomatique. En France, M. Albert Thomas, de retour de Russie, a fait cette déclaration dans les couloirs de la Chambre : « La Russie se débat actuellement dans des difficultés d'ordre financier et économique, mais la situation va en s'améliorant chaque jour. » En Angleterre, à la Chambre des Communes le ministre de la Guerre a annoncé que la nouvelle visite des exemptés du service militaire permettra d'envoyer sous les drapeaux 120 000 hommes, dont 60 000 pour le service hors le Royaume-Uni. En Allemagne, les désordres et les incendies, dans les villes manufacturières, se multiplient; la baisse continuelle du mark inquiète la presse allemande : cette baisse nouvelle provient de ce que les Américains vendent les valeurs des puissances centrales. En Suisse, le conseiller fédéral, M. Hoffmann; qui avait engagé le chargé d'affaires suisse en Russie, M. Grimm, a suggérer au ministre des Affaires étrangères russe et au gouvernement provisoire l'idée d'une paix séparée avec les Austro-Allemands, a dû démissionner. En Grèce, le haut commissaire des puissances protectrices, M. Jonnart, s'efforce de concilier les partis et de faire l'unification politique : M. Venizelos s'est rencontré avec M. Zalmis, président du Conseil, afin d'établir les bases sur lesquelles pourrait s'opérer une réconciliation entre le gouvernement de Salonique et celui d'Athènes. En Russie, les résolutions et les vœux se multiplient pour l'offensive : le Congrès des Soviets (ouvriers et soldats) et celui des paysans la réclament; les personnalités en vue des partis de gauche, cadets et octobristes, font une tournée de propagande dans les principales villes, notamment a Kharkhof, Ekaterinoslaf, Kief et Odessa, en vue d'organiser les éléments libéraux pour lutter contre l'anarchie. Aux Etats-Unis, le président Wilson vient d'user des pouvoirs exceptionnels que le Congrès lui a conférés en mettant l'embargo sur toutes les exportations de vivres : les neutres ne recevront pas plus que leur population ne peut consommer; tous les régiments de la garde nationale de l'Etat de New-York seront envoyés en France en une seule armée qui constituera une division ; des mesures sont prises pour que 6 millions de plus de tonnes de houille soient extraites cette année et expédiées sur la côte atlantique.
(3) 18 juin; Considérant sa mission comme terminée, le prince Sixte de Bourbon-Parme rejoint son régiment. (1) 19 juin, en Russie, constitution du 1er bataillon de femmes engagées volontaires. (3) 19 juin; En Grèce Vénizelos forme un nouveau gouvernement (3) 21 juin; En Grèce, sans avertir le roi, le Premier ministre Venizelos rappelle les représentants diplomatiques de Grèce à Vienne, Berlin, Sofia et Constantinople. (3) 22 juin; La Grèce déclare la guerre aux puissances centrales (3) 22 juin; Après avoir parcouru le front, le ministre de la Guerre Kerenski donne l’ordre à l’armée de passer à l’offensive.
Du lundi 25 juin 1917 au dimanche 1er juillet 1917
Sur les fronts belge et français. Les Anglais, cette semaine, poursuivent l'encerclement de Lens : c'est par le sud de cette ville que leur poussée, lente mais irrésistible, s'effectue; après avoir pris la petite ville d'Avion, nos alliés ne se trouvent plus qu'à 1 200 m. environ de Lens. Les Allemands effectuent leur repli à la manière accoutumée : ils pillent et détruisent tout et entre Avion et Lens, au sud de la rivière Souchez, ils ont inondé le pays. Sur le front français, l'ennemi a montré une grande activité dans l'Aisne et au nord-ouest de Reims. Sur la rive gauche de la Meuse, la lutte d'artillerie a pris un caractère d'extrême intensité, dans la région du bois d'Avocourt : la puissance de nos feux a réussi à désorganiser l'attaque qui a pu prendre pied, cependant, en quelques points de notre première ligne.
Sur le front italien. La lutte d'artillerie continue dans tous les secteurs.
Sur le front russe. Les communiqués allemands seuls nous renseignent sur ce front. Le gouvernement russe, y est-il dit en substance, n'a pas pu se soustraire à la pression exercée sur lui par les puissances directrices de l'Entente, et une partie de l'armée a été envoyée à l'attaque dans la Strypa supérieure: après un feu de destruction, l'infanterie russe a avancé quelque peu. La lutte d'artillerie s'est étendue dans la direction de Stanislau. Les Austro-Allemands renforcent leurs positions: les cas de fraternisation entre les troupes adverses cessent peu à peu, affirment les communiqués russes; les désertions se font de plus en plus rares et les rapports entre chefs et soldats s'améliorent.
Sur le front roumain. Rien d'important à signaler sur tout le front, en dehors de fusillades d'infanterie et du bombardement habituel d'artillerie.
La semaine politique et diplomatique. En France, le ministre des Finances a fait connaître au Sénat que les souscriptions des « Bons du Trésor » donnent une moyenne d'un milliard par mois : indice sérieux de notre activité commerciale et élément de confiance dans les forces vives et le crédit de la France. En Angleterre, à la Chambre des Communes, le ministre des Munitions confirme l'emploi, pour les projectiles anglais, d'un nouvel explosif de puissance très supérieure. En Italie, une crise ministérielle est ouverte, mais le ministre Sonnino reste à son poste : c'est, avec le général Cadorna, le pivot de la guerre. En Allemagne, la ration de viande est réduite de 500 à 400 grammes par semaine, par suite des difficultés de ravitaillement par les neutres. En Norvège, le ministre des Affaires étrangères a déclaré au Storting (la Chambre) que des bombes et autres explosifs avaient été importés par le courrier impérial allemand et qu'une protestation avait été adressée à Berlin : le gouvernement norvégien demande à l'Allemagne qu'une punition exemplaire soit infligée aux personnes coupables attachées au service diplomatique. En Grèce, M. Venizelos a pris la direction des affaires et rompu avec les Empires du Centre : le grand ministre, en se consacrant à la réorganisation immédiate de l'armée, a enjoint aux légations royales de quitter Berlin, Sofia, Vienne et Constantinople. De graves manifestations ont eu lieu à Budapest: plus de 30000 personnes, à la sortie des usines, ont réclamé la paix. En Russie, l'antagonisme entre les extrémistes et les modérés qui siègent dans le Conseil des délégués continue : c'est le fait capital du moment. Un complot aurait été découvert : des extrémistes, à la solde de l'Allemagne, essaieraient de renverser le gouvernement provisoire, de le remplacer par un gouvernement anarchiste et de rappeler les soldats du front.
L'aide américaine. Quelques milliers d'hommes de troupes américaines sont arrivés dans des ports anglais et français ; les compagnies de chemins de fer, aux Etats-Unis, prennent leurs dispositions : de nombreux trains sont supprimés pour augmenter le nombre de locomotives et de wagons mis à la disposition du gouvernement. Le Brésil a révoqué ses décrets de neutralité dans le conflit entre les Alliés et l'Allemagne: il se met ainsi effectivement aux côtés des puissances de l'Entente.
(1) 26 juin, Saint Nazaire, les premières troupes américaines débarquent. (2) 29 juin : La Grèce entre dans la guerre au côté des Alliés. (1) 29 juin, Kiev, proclamation de la République autonome d’Ukraine par Vinnichenko et Simon Petlioura. (2) 30 juin : Débarquement à Saint-Nazaire des premières troupes américaines. (1) 1er juillet, Chine, restauration de la monarchie. (3) 1 juillet; L’armée allemande lance une offensive contre les positions françaises sur le Chemin de Dames |