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GUERRE 1914-1918 |
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Du lundi 1er Mai 1916 (639ème jour de la guerre) au dimanche 7 Mai 1916 (645ème jour).
Sur les fronts Belge et Français. Si l'on excepte Verdun, le front britannique est actuellement plus actif que le front français : l'ennemi n'a d'ailleurs pris l'offensive que sur quelques parties de ce vaste front, en Artois; en Picardie, au contraire, ce sont les troupes britanniques qui ont l'initiative de l'attaque. Plus au nord, en Flandre française, entre Armentières et Frelinghien, comme entre Ypres et la Lys, les bombardements se continuent, terribles, sans que nos Alliés faiblissent : les Anglais, commandés par le général Haig, tiennent, comme nous tenons à Verdun, soutenus par les Belges qui, dans le secteur de Dixmude, ont pris sous le feu de leur artillerie les batteries allemandes et les chalands qui servent au transport des munitions, sur le canal d'Oandzaense. Cette semaine, regain d'activité en Champagne, consistant presque exclusivement en des combats d'artillerie,. Il y a 76 jours écoulés depuis le moment où le Kronprinz a lancé ses armées à l'assaut de Verdun : toujours repoussé, souvent refoulé, il renouvelle ses attaques, mais on sent son élan et sa détermination mollir; il serait prématuré de considérer la bataille de Verdun comme terminée, l'attaque, repoussée d'ailleurs, de la cote 304, le montre; cependant les critiques militaires constatent que l'action devient ici languissante. Actuellement, au nord du Mort-Homme, nous avons repoussé les Allemands au-delà de la ligne qu'ils occupaient dans la première quinzaine de mars.
Sur le front italien. L'offensive autrichienne qui devait prévenir celle de nos Alliés parait mal se dessiner. Dans le Trentin, à la frontière occidentale, les Autrichiens se font battre sur le massif de l'Amadello, aux cols de Cavento et de Lares, à plus de 3 000 mètres d'altitude. Dans le haut Cordevole, sur la Marmolada et sur la ligne de l'Isonzo, vers Plezzo, Podgora et Selz, les attaques autrichiennes sont repoussées.
Sur le front russe. Aucune bataille importante ne s'est produite cette semaine, ni sur le nord du front russe, ni en Galicie. En Asie-Mineure, l'occupation du littoral de la mer Noire par une partie de l'armée du grand-duc Nicolas se poursuit. L'autre partie, qui avait occupé Bitlis, marche sur Diarbékir; l'aile gauche occupe Sert Diarbékir se trouve à 170 kilomètres au sud-ouest de Bitlis, dans la région montagneuse la plus voisine de la Mésopotamie : de là, l'armée devra se diriger sur Bagdad, par Mossoul.
Dans les Balkans. Rien de nouveau, ou à peu près, vers Salonique : nous étendons notre front jusqu'à 30 kilomètres de Monastir, par l'occupation de Florina : dans cette région, le paysan grec, sous l'égide des Alliés, se sentira de nouveau en sécurité et les bombes des Comitadjis verront le terrain de leurs opérations sensiblement réduit; d'autre part, nous barrons la route vers Monastir, nouvelles inquiétudes pour les Bulgares, nouveaux dangers pour les communications germano-turcs par la Serbie et la Bulgarie.
Les Etats-Unis et l'Allemagne. La controverse entre l'Amérique et l'Allemagne, à l'occasion de la guerre sous-marine, semble réglée : la note allemande, longue et verbeuse et mettant en cause l'Angleterre à cause du blocus resserré de plus en plus des puissances centrales, promet en résumé de prévenir, de visiter les navires marchands et d'assurer le salut des non-combattants à bord de ces navires. Le Cabinet des Etats-Unis étudie la note allemande : il semble que l'excitation des jours derniers soit passée en Amérique. (2) 1er mai : Pétain, nommé commandant du armées du Centre, laisse la direction de la bataille de Verdun à Nivelle. (1) 1er mai, à Berlin, suite aux violentes manisfestations contre la guerre, le dirigeant socialiste et fondateur de la ligue Spartakus, Karl Liebknecht est arrêté. (3) 1er mai : Le général Pétain est nommé au commandement du groupe des armées au Centre et laisse la direction de la bataille de Verdun au général Nivelle (3) 2 mai : Entrée en service dans l’escadrille française 57 du Nieuport 17, un avion de chasse plus résistant et plus léger que les précédents, équipé d’une mitrailleuse synchronisée Vickers. L’appareil affrontera avec succès les Fokkers Et les HalberstadtD-2 allemands. (1) 2 mai, à Paris, le général Pétain est en désaccord avec Joffre. (1) 4 mai, le gouvernement allemand cède à l’ultimatum américain au sujet de la guerre sous-marine à outrance. (3) 4 mai : Devant la menace d’une rupture des relations diplomatiques, Berlin promet que les navires marchands ne seront plus coulés sans avertissement et que les vies humaines seront préservées. (3) 7 mai : Bataille de Verdun ; une première offensive allemande échoue entre Malancourt et la butte de Mort-Homme
Du lundi 8 mai 1916 (646ème jour de la guerre) au dimanche 14 mai 1916 (652ème jour).
Sur les fronts belge et français. Bien que l'empereur allemand continue à concentrer sur Verdun l'action principale de ses armées, une offensive importante de l'ennemi paraît se dessiner dans le secteur nord : déjà, vers Ypres, vers Albert, vers Carency, vers Hulluch, le kronprinz de Bavière, le prince Ruprecht, tâte le terrain, et l'objectif de la percée serait Arras; entre Ypres et Armentières, le bombardement réciproque est d'une telle violence que, par endroits, les tranchées des deux côtés sont démolies et que l'infanterie combat en quelque sorte à découvert. Voici trois mois que continue la bataille de Verdun : après chaque ruée formidable de l'armée du kronprinz, le combat languit, s'éteint, semble terminé et, tout à coup, reprend avec plus de violence. Au commencement de cette semaine, la 92ème semaine de la guerre, les pentes du Mort-Homme et celles de la cote 304 ont subi les plus violents bombardements qui aient marqué cette guerre pourtant si fertile en grandes actions d'artillerie; à la cote 304, après une effroyable canonnade de trente-six heures, l'assaut allemand s'est déclenché : les trois colonnes, fortes d'une division chacune, ont été repoussées et brisées par nos feux. Nous avons même repris des éléments de tranchées et de boyaux qu'avait occupés l'ennemi. Les attaques allemandes ont donc été inutiles et leur échec signifie une fois de plus qu'au nord-ouest de Verdun la route est barrée. MM. Viviani et Thomas sont en Russie : après avoir été reçus par le tsar au grand quartier impérial, ils visitent plusieurs usines de guerre.
Sur le front italien. Les journaux autrichiens annoncent « une intensive et vaste offensive » sur le front italien: des attaques aériennes auraient lieu simultanément dans les régions de Brescia et de Milan, et deux nouveaux corps d'armée et de nombreuse artillerie de gros calibre renforceraient les contingents du Trentin. En attendant, les duels d'artillerie se continuent sur la vallée d'Assa, le Haut-But, dans le haut Isonzo, le bassin de Plezzo, au val Sugana, etc. Une escadre italienne, composée de grosses unités, a bombardé Durazzo, provoquant des dégâts considérables.
Sur les fronts russes. Dans les cercles compétents russes, l'opinion prévaut que les Allemands préparent une grande offensive sur ce front avec une action combinée des forces de terre et de mer : ils débarquent à Libau des canons qui sont transportés dans la direction de Muravievo, derrière le front Riga-Dwinsk; l'évacuation de postes inutiles dans les régions de Mitau et de Touckou indique que les Allemands font, leurs préparatifs pour une lutte qui comprendra tout le vaste secteur de la ligne de combat de Riga. Pour le moment, les communiqués russes ne signalent que des duels d'artillerie dans les régions de Jacobstadt et de Dvinsk et dans la direction de Baranovitchi, puis à l'est de Kolki et au nord de Tsirin. Les communiqués allemands donnent la même note : on doit conclure qu'aucune action d'ensemble n'est encore engagée. Toute autre est la situation en Asie-Mineure où les Russes multiplient leurs avantages : en Arménie, l'avance russe se continue dans trois directions, vers Erzingan, Diaberkir et Badgdad; mais il faut se garder de croire que les assaillants soient déjà aux portes de ces villes, ces noms indiquent seulement les directions des colonnes.
Dans les Balkans. Le front de Salonique est toujours calme : le général Sarrail a occupé non seulement Florina, mais presque toute la ligne qui sépare la Grèce de la Serbie.
Le différend germano-américain. Une enquête a démontré que le bâtiment torpillé par un sous-marin allemand, le 24 mars, est le « Sussex » : le gouvernement allemand a notifié au secrétaire d'État à Washington que le commandant du sous-marin a été puni et qu'une réparation sera offerte. Dans une réponse impérative à l'Allemagne, le président Wilson a pris note de la promesse du Kaiser de modifier sa politique sous-marine, et il a repoussé de façon absolue l'ingérence allemande dans la politique étrangère des Etats-Unis ou l'implication de l'Angleterre dans le conflit.
(1) 8 mai, violentes attaques allemandes sur les deux rives de la Meuse. (3) 11 mai : En Afrique Orientale allemande, les troupes allemandes lancent sans succès une contre-offensive contre les forces alliées du général Smuts à Kondoa Irangui (3) 14 mai : L’armée austro-hongrois sous les ordres de l’archiduc Eugène lance une offensive dans le Trentin
Du lundi 15 Mai 1916 (653ème jour de la guerre) au dimanche 21 Mai 1916 (659* jour).
Sur les fronts belge et français. L'action est devenue de plus en plus active, cette semaine, la 93ème semaine de guerre, sur presque tous les fronts. Au nord d'Arras, près de Neuville, les Anglais ont pu pénétrer dans quelques tranchées ennemies; de même, dans une autre partie de l'Artois, à Auchy, près de la Bassée. L'activité sur ces lignes est due autant à l'initiative britannique qu'aux Allemands; mais ce sont des actions de détail. Plus au nord, notre armée de liaison et l'armée belge continuent à appuyer l'action anglaise près de Steenstraete, sur la rive droite de l'Yser. Le colonel Repington, au Times, explique à ses compatriotes qu'il faut maîtriser leur impatience : « Nous ne pourrons songer à attaquer avec succès quarante divisions allemandes solidement constituées, bien retranchées, que lorsque nous aurons la supériorité nécessaire pour assurer le succès; d'ici là, les Anglais doivent contenir les divisions allemandes et permettre aux Français d'épuiser l'ennemi devant Verdun. » C'est sans nous causer aucune surprise qu'après une période d'accalmie les communiqués nous annoncent de nouvelles attaques allemandes d'une extrême violence, dans la région d'Avocourt et de la cote 304. Dans le secteur ouest et sur les pentes nord du Mort-Homme, l'ennemi, après une série d'assauts infructueux, rendus meurtriers par nos tirs de barrage, est parvenu à occuper quelques éléments de tranchées avancées. Un communiqué de l'Amirauté britannique annonce qu'une rencontre a eu lieu au large de la côte belge entre une force anglaise composée de contre-torpilleurs et de monitors et plusieurs contre-torpilleurs allemands : ceux-ci, après un court engagement, ont battu en retraite.
Sur le front italien. L'événement le plus important de la semaine est l'offensive que tentent les Autrichiens sur le front italie, et principalement dans le Trentin : c'est le secteur de Rovereto qu'ils ont visé. Nos Alliés ont repoussé les plus violentes attaques dans le val Lagarina, au sud de Rovereto. Ils n'ont un peu reculé que dans le secteur compris entre la vallée de Terragneto et le Haut-Astico, ainsi que dans la vallée de Lugana où leurs troupes avancées ont dû se replier derrière le val Maggio; mais actuellement, comme nous devant Verdun, les voilà, rentrés dans leurs lignes rectifiées.
Sur les fronts russes. Sur le front russe d'Europe, dans la partie nord, des contacts violents se produisent sans que l'offensive soit déclenchée de part ni d'autre; les bulletins ne contiennent rien d'intéressant sur les secteurs sud de Galicie et de Bessarabie. Sur le front asiatique, les Russes progressent lentement, repoussant les attaques de l'armée turque reformée.
Dans les Balkans. 75 000 Serbes prennent part aujourd'hui aux opérations des armées de Salonique : un front serbe est reconstitué. Après avoir occupé le front de Dova-Tépé, le général Sarrail a étendu les lignes avancées des troupes alliées du côté de Montbelles et au-delà, dans la direction de Siderocastro.
De grands mouvements de l'ennemi sont signalés dans la région d'Uskul où l'état-major germano-allemand procède à un nouveau regroupement de ses forces (1) 15 mai, offensive des troupes austro-hongroises contre les italiens dans le Tyrol. (2) 15 mai : L’armée austro-hongroise perce les premières lignes de défense italiennes dans le Trentin. (3) 15 mai : L’armée austro-hongroise perce les premières lignes de défense italiennes dans le Trentin. (3) 16 mai : Le diplomate britannique Mark Sykes et Georges Picot, représentant de la France en Egypte, signent un accord secret prévoyant après la guerre le partage entre les 2 pays des possessions arabes de l’Empire ottoman ; le littoral syrien et la Cilicie seront placés sous administration française, les vilayets de Bagdad et de Bassorah ainsi que le port de Haïfa en Palestine sous administration britannique, et la Palestine à l’ouest du Jourdin sous l’administration internationale dont la forme sera définie en accord avec la Russie. Seul le territoire compris entre ces 3 zones reviendra à un Etat arabe ou à une confédération d’Etats arabes à créer après le conflit. (1) 20 mai, accord économique franco-britannique, le charbon anglais alimentera l’industrie française. La majeure partie des mines françaises sont sous occupations allemandes. (3) 20 mai : Bataille de Verdun ; une nouvelle offensive très meurtrière de l’armée allemande contre la butte de Mort-Homme.
Du lundi 22 Mai 1916 (660ème jour de la guerre) au dimanche 28 Mai 1916 (666ème jour.)
, situé à 14 kilomètres de Verdun).
Au nord de Verdun, sur la rive droite de la Meuse, nous avions repris le fort de Douaumont occupé depuis la première quinzaine de mars par l'ennemi. Le kronprinz, pour réoccuper la position, a lancé deux divisions fraîches composées de Bavarois : au prix des sacrifices énormes, ces troupes ont enlevé la position, amas de ruines mais bon observatoire, où le général Nivelle n'a pas voulu se maintenir au prix de sacrifices trop importants. Bien que le fort de Douaumont domine celui de Vaux, nos ennemis, malgré leurs attaques multipliées, depuis deux mois, n'ont pu prendre pied dans ce dernier fort. Le général Galliéni, ancien ministre de la Guerre, l'un des principaux vainqueurs de la bataille de la Marne, est mort des suites d'une opération : on lui a fait des obsèques nationales.
Sur le front italien. L'offensive que l'Autriche développe dans le Trentin ne lui donne pas les résultats qu'elle attendait en raison des forces accumulées et de l'artillerie lourde massée pour mettre ce plan à exécution : l'offensive se précise entre l'Adamello à l'ouest et la Marmolata à l'est, dans la partie où les Alpes du Trentin enchevêtrent leurs massifs. A l'est de l'Adige, dans la direction de Schio et de Vérone, nos Alliés, après la perte de la Zugua-Torta, ont dû se replier un peu en arrière entre l'Arsa et la Terragnola, au sud-est de Rovereto. Plus à droite, les Autrichiens maintiennent leur avance assez sensible dans la vallée de l'Astico, à proximité immédiate de la frontière.
Sur les fronts russes. Aucun changement n'est à indiquer sur le front russe d'Europe : dans la région du Pripet et sur la Strypa les combats n'ont, aucune importance stratégique; en Galicie et en Bessarabie, la situation reste stationnaire quoique le moment semble bien choisi pour une offensive russe, aux dires des critiques militaires, plusieurs divisions autrichiennes ayant été retirées de cette ligne pour renforcer l'armée qui opère actuellement dans le Trentin. Du Caucase et des rives de la mer Noire, nous sommes à peu près sans nouvelles. Mais Russes et Anglais prévoient leur jonction : déjà, la prise de la redoute de Dujailar par le général Gorringe est un succès qui prépare la prise de Kut, et les Russes sont, du côté de leur base dans le nord de la Perse, à 350 kilomètres de Kavin, centre de cette base.
Dans les Balkans. M. Skouloudis, président du Conseil de la Grèce, le ministre de la Guerre et le chef d'état-major, ont eu une conférence ayant pour objet les déplacements des troupes grecques de la Macédoine : ce déplacement est considéré comme nécessaire du fait que les opérations entre les Alliés et les troupes germano-bulgares vont s'étendre à tout le front. Les troupes germano-bulgares ont occupé le fort Ruppel, malgré les protestations du commandant grec, et la gare et le pont de Demi-Hissar, à moitié détruit par les Français : de grands mouvements de troupes bulgares sont signalés entre Okdjilar et Xanthi et sur la rive gauche du fleuve Nestos. Sur la rive droite du Vardar, de vifs engagements de patrouilles se sont produits, principalement à Kupe. Le roi de Grèce est rentré à Athènes, venant de Larissa : le gouvernement a protesté par une note officielle contre les opérations militaires entreprises par les puissances centrales et la Bulgarie en Macédoine. (3) 21 mai : Le fort de Douaumont est partiellement repris par la 10ème brigade (division Mangin), mais reconquis dès le 24 par le 1er corps bavarois (1) 22 mai, à Douaumont, 48 heures de combats très violents entre Français et Allemands. (3) 23 mai : En Italie, à la suite de l’offensive autrichienne du 15, le Conseil des ministres se réunit d’urgence. Le général Cadorna est de plus en plus contesté. (2) 24 mai : Entrée dans Kigali, au Ruanda, des troupes du Congo Belge qui ont contourné les troupes coloniales allemandes pour les attaquer de flanc. (3) 27 mai : Mort à Versailles du général Joseph Simon Galliéni (3) 27 mai : Le roi Constantin de Grèce ordonne la remise aux forces germano-bulgare du fort de Rupel. Les Alliés protestent énergiquement |