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GUERRE 1914-1918 |
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Du lundi 3 avril 1916 (611ème jour de la guerre) au dimanche 9 avril 1916 (617ème jour).
Sur les fronts Belge et Français. Les Allemands font des préparatifs en vue d'une forte attaque sur le front belge : des canons de campagne sont envoyés d'Ostende et des défenses, tout le long de la côte, sont fortement renforcées; le nombre des hôpitaux préparés est triplé. Les Anglais sont en action incessante de Diximude à la Somme : les opérations autour de Saint-Eloi deviennent nombreuses. Depuis deux mois, l'ennemi dispute, aux troupes britanniques, ce point situé à une lieue d'Ypres et à un kilomètre au sud du canal : deux routes y bifurquent, l'une vers Warneton, l'autre par Messine vers Armentières. Les Anglais ont dû évacuer une partie du saillant de Saint-Eloi. La solidité du front au nord de Verdun, depuis si longtemps balayé par la rafale, n'a pas diminué. Dans la région de Douaumont-Vauxi-Damloup, les Allemands sont en léger recul. La côte du Poivre oppose à l'ennemi une barrière infranchissable, et le bois de la Caillette, au sud ouest de Douaumont, est actuellement repris aux Allemands. Près de Malancourt, l'ennemi a occupé un hameau sans importance stratégique. Dans la semaine qui vient de s'écouler, les Allemands n'ont donc fait aucun progrès : malgré le discours retentissant du chancelier Bethmann-Holweg, la population n'est plus dupe des affirmations mensongères du gouvernement de Berlin.
Sur le front italien. Sur le front italien, l'activité reste soutenue : les canons tonnent sans relâche et nulle journée ne se passe sans une série de ces petites opérations, de ces coups de mains, surprises et escarmouches où nos Alliés déploient de merveilleuses qualités de décision et de hardiesse. Fidèles à la tactique adoptée par les commandements des armées de l'Entente, les Italiens abandonnent dans la zone du Cristallo une ligne de positions récemment conquises, sur laquelle l'ennemi concentrait un feu violent et dont la conservation eût coûté un trop grand nombre de vies humaines. En revanche, ils repoussent une attaque, dispersent des colonnes en marche et font prisonnier un poste ennemi dans la zone de l’Isonzo moyen.
Sur le front russe. En Russie, dans les régions plates et humides du Nord, le dégel empêche toute action d'infanterie: aussi les communiqués ne signalent que des tirs d'artillerie ou de mousqueterie et quelques explosions de mines. En Galicie, dans la région de la Strypa moyenne, les Autrichiens essaient de lancer une forte offensive contre les positions russes; mais, soit préparation d'artillerie insuffisante, soit que le moral des colonnes d'assaut ne se trouve pas à la hauteur de la tâche, l'ennemi n'aborde pas la ligne russe. Les troupes russes sont près de la ville de Surmeneh, à 25 kilomètres de Trébizonde.
Dans les Balkans. En Macédoine, l'agitation persiste sur le front Guevgheli-Doiran : duels d'artillerie, rencontres d'avant-postes, raids de patrouilles se multiplient; on ne saurait dire si ce sont les signes de la grande bataille qui, d'un jour à l'autre, peut s'engager.
Au Congo. La France reprend la partie du Congo cédée à l'Allemagne en 1911.
(1) 4 avril, : entrevue entre Lord Asquith (premier ministre britannique) et le pape Benoit XV (2) 9 avril : Echec de l’offensive générale allemande sur le front de Verdun. (3) 9 avril : 12 régiments allemands tentent sans succès une offensive générale sur le front de Verdun
Du lundi 10 avril 1916 (618ème jour de la guerre) au dimanche 16 avril 1916 (624ème jour)
Sur les fronts Belge et Français. Dans les lignes anglaises, la lutte a été presque entièrement restreinte cette semaine à des combats d'artillerie et à des opérations de mines : dans les combats d'infanterie, nos Alliés ont réussi à reprendre, autour de Saint-Eloi trois des cinq cratères de mines qu'avaient occupées les Allemands. Mais le résultat principal de leur action est de ne pas permettre à l'état-major ennemi de distraire de troupes, sur ce front, pour les porter sur Verdun. Nous participons, du reste, à cette action par l'appui de notre artillerie lourde, dirigeant son feu au nord-est d'Ypres sur les positions allemandes de Langemark. En Champagne, nous avons pu croire, un moment, à une offensive, entre Souain et Somme-Py, à la suite d'un violent bombardement provenant des lignes allemandes : notre répliqué semble avoir changé les dispositions de nos adversaires. Les Allemands continuent leur grande offensive sur le front de Verdun. Grâce à nos contre-attaques au « Réduit d'Avocourt », à la Caillette, à Vaux, nous avons repris les positions perdues la semaine dernière. Le gros effort de l'ennemi a été dirigé sur le point du Mort-Homme, avec tentative d'enveloppement par l'est, vers Cumières; il a échoué, sauf sur un point où il a pu prendre pied dans quelques petits éléments de tranchées. Comme conclusion des opérations de cette semaine, donnons l'aveu découragé, échappé jeudi au journal le « Deutsche Tageszeitung » : L'avance sur Verdun s'effectue beaucoup trop lentement, et ceux qui sont en arrière du front mettent un jugement sceptique quant à l'issue de l'attaque. » Le Président de la République, accompagné de M. Léon Bourgeois, est allé voir les différentes lignes de la région fortifiée de Belfort. Recevant les parlementaires français à Londres, M. Asquith, premier ministre, a répondu au discours du chancelier allemand sur les conditions de la paix future : les Alliés veulent le respect des nationalités, mais la destruction de la domination militaire de la Prusse.
Sur le front italien. L'offensive italienne commencée simultanément avec l'attaque allemande contre Verdun, donne les meilleurs résultats : les lignes italiennes se sont étendues à plusieurs kilomètres au sud-est du Trentin, dans l'Isonzo, sur le Carso, dans les vallées de l'Adige et de la Sugana. Trente villages sont passés dans les mains, des Italiens. Le lac de Garde et huit forts autrichiens sont littéralement entourés. Rovereto, Tolmino, Doberdo sont sous le feu des Italiens. Les Autrichiens ont reçu de nouvelles batteries de renfort, avec des recrues des classes; 1916 et 1917. L'aviation italienne porte le combat sur les voies ferrées ennemies chaque jour, presque sans interruption. En dehors des avions, un seul dirigeable a pu lancer, dans un voyage, 500 kilos d'explosifs sur des travaux autrichiens.
Sur le front russe. Dans la région de Dvinsk, les communiqués russes ne signalent guère que des actions d'artillerie: la débâcle des glaces est loin d'être achevée. Rien d'important ne s'est produit en Bessarabie: la situation est stationnaire devant Czernovitz. Au Caucase, nos Alliés signalent de nouveaux progrès sur le territoire situé à l’ouest d'Erzeroum : cependant les Turcs semblent avoir porté des renforts dans celte région. Rien d'important à signaler autour de Trébizonde.
Dans les Balkans. Aucune action importante n'est signalée sur la frontière grecque; mais l'activité des deux artilleries et des patrouilles est assez grande : il en est résulté quelques petites escarmouches, notamment à Pataros, à Sedgeli et au sud-ouest de Doiran, où une forte reconnaissance allemande a été repoussée. Les avions ennemis ont lancé quelques bombes sur les villages de Karasouli et de Sarigol, sans causer aucun dommage. Une de nos escadrilles a bombardé les établissements militaires de Guevgueli; une autre escadrille de 23 appareils a lancé des projectiles nombreux sur les camps et les batteries ennemies de Bogorodica.
(1) 10 avril, l’offensive allemande est arrêtée entre le Mort-Homme et Cumières (3) 10 avril : Le Premier ministre grec Skouloudis proteste violemment contre la décision des Amirautés française et britannique de miner la baie d’Argostoli (ile de Céphalonie), pour empêcher le passage d’une escadre autrichienne en route pour les Dardanelles, sans avoir reçu l’autorisation de son gouvernement. Athènes devra pourtant s’incliner devant la détermination de l’Entente. (2) 11 avril : Arrivée à Marseille, où elle reçoit un accueil triomphal, de la 1re brigade russe (2 régiments) partie de Moscou par le transsibérien le 13 février, via la Mandchourie, où elle a embarqué sur des navires français. (3) 12 avril : Reprenant sa place aux côtés des forces alliées, l’armée serbe commence à quitter l’ile de Corfou pour Salonique (1) 14 avril, en France, pour éviter la spéculation sur les denrées alimentaires, le Sénat décide de taxer le lait, le café et le sucre. (3) 15 avril : Le chancelier allemand Théobald von Bethmann-Hollweg revendique pour son pays le protectorat sur la Pologne
Du lundi 17 avril 1916 (625ème jour de la guerre) au dimanche 23 avril 1916 (631ème jour).
Sur les fronts Belge et Français. L'armée anglaise retient avec succès les renforts que l'armée allemande voulait envoyer sur Verdun : actuellement les armées britanniques ont la garde du front de la mer à la Somme; en face d'elles, on peut compter 40 divisions allemandes, soit environ 500 000 combattants. Quelques symptômes d'offensive, dans la région d'Ypres, sont à signaler. De même, en Picardie, près d'Albert, les Allemands ont tenté d'atteindre les tranchées de nos Alliés : partout les contre-attaques britanniques les ont repoussés. Sur le front français, dans la région de Verdun, au sud de Douaumont comme aux Eparges et au flanc nord du Mort-Homme, nous obtenons des avantages. Trois affaires importantes ont dominé autour de Verdun : l'attaque des Eparges, violente offensive du Kronprinz, est repoussée; au nord-ouest de l'Etang-de-Vaux, prenant l'offensive, nous nous installons sur les positions allemandes; enfin une attaque ordonnée par notre commandement au nord et dans le bas de la côte du Mort-Homme, où les Allemands nous avaient enlevé des éléments de tranchées tourne à notre avantage. L'événement dominant de la semaine est l'arrivée à Marseille de régiments russes : chacun s'est senti rempli d'espérance en lisant l'ordre du jour du généralissime saluant la venue de nos Alliés et s'inclinant devant les drapeaux de ces régiments « sur lesquels, dit-il, s'inscriront bientôt les noms de communes victoires ».
Sur le front italien. Pour nos alliés d'Italie, la lutte se continue sur l'Isonzo comme dans le Trentin, mais leurs communiqués ne fait pas prévoir une offensive générale. Les Autrichiens poursuivent avec ténacité leur offensive, dans le val Sugana (Trentin); mais leurs attaques sont vigoureusement enrayées. Des troupes, prélevées en Serbie, sont arrivées sur le front italien pour combattre sous le commandement de von Koevess, abandonnant aux Bulgares la garde de la Macédoine.
Sur le front russe. Les Russes conservent et consolident leurs positions dans la région du Niémen supérieur, près de Krevo et en Galicie dans le secteur de Strypa. En Asie-Mineure, après la chute d'Erzeroum, l'état-major germano-turc jeta toutes ses troupes disponibles contre les armées du grand-duc Nicolas qui visait la conquête de Trébizonde clef de l'Arménie sur la mer Noire, centre de l'alimentation de toute l'Asie-Mineure. Les Russes ont pris, cette semaine, cette place forte de Trébizonde, à deux journées de Sébastopol, base navale excellente; mais les critiques militaires sérieux pensent qu'il ne faut rien exagérer, ni préjuger déjà la marche des Russes sur Constantinople.
Dans les Balkans. Semaine calme, à l'exception de quelques engagements de patrouilles et de duels d'artillerie. Par contre, une grande activité aérienne s’est produite; deux escadrilles françaises ont bombardé le campement allemand de Petritch; une autre escadrille a bombardé une concentration allemande dans la région de Doiran. Deux aéroplanes alliés ont survolé Sofia, bombardant un hangar de zeppelins.
La guerre sous-marine. L'ambassadeur des Etats-Unis à Berlin remet à la Chancellerie allemande une note du président Wilson mettant l'Allemagne en demeure de choisir entre la cessation de sa campagne sous-marine ou la rupture des relations diplomatiques : le Président expose au Congrès américain le sens et la portée de cette note où se trouve cette phrase : « à moins que l'Allemagne n'annonce immédiatement qu'elle abandonne ses méthodes d’attaque sous-marine contre les navires transportant des passagers et des marchandises, les Etats-Unis n’auront d'autre choix que la rupture des relations diplomatiques. »
(1) 17 avril, en Afrique orientale, les troupes britanniques et portugaises entament leur avance dans les possessions allemandes. (3) 18 avril : A la suite du torpillage du paquebot britannique Sussex au mois de mars, les Etats-Unis menacent l’Allemagne de rompre leurs relations diplomatiques si cette dernière continue de couler les navires de commerce sans avertissement. (1) 18 avril, le président Wilson (Etats-Unis) menace de rompre les relations diplomatiques avec l’Allemagne, si celle-ci continue la guerre sous-marine à outrance. (3) 19 avril : Mort à Bagdad de Colmar Goltz, dit Goltz pacha, feld-maréchal allemand né à Bielkenfeld le 12 août 1843. Il fut envoyé en 1915 au Proche-Orient où il commanda les 1ère et VIème armées turques. (1) 19 avril, les italiens prennent le col de Di Lana (1) 20 avril, combat naval entre bâtiments anglais et allemands au large des côtes flamandes (3) 20 avril : Les Russes s’emparent de Trébizonde. (3) 23 avril : Le général Joffre décide de limiter à 24 divisions les effectifs de l’armée sur le front de Verdun.
Du lundi 24 avril 1916 (632ème jour de la guerre) au dimanche 30 avril 1916 (638ème jour).
Sur les fronts Belge et Français. Sur le front anglais, l'activité des canonnades ne semble pas se ralentir : les mêmes noms, Saint-Eloi, Ypres, Souchez, Neuve-Chapelle, Carency, reviennent dans presque tous les bulletins officiels. En Picardie, une certaine recrudescence d'action est signalée dans la région de Santerre : c'est une offensive d'artillerie qui provient de notre propre initiative; nous avons bombardé les positions allemandes de Chaulnes et celles de Puzeaux, sur la ligne de Tergnier. En Champagne, dans cette région de Tahure et de Massiges, dont on a tant parlé déjà, nous bombardons des dépôts de munitions et des parcs ennemis. Dans la région de Verdun, l'ennemi, cette semaine, n'a engagé aucune action importante : il a dirigé sur nos positions entre Avocourt et la Meuse, des bombardements continus et violents; nous avons non seulement repoussé l'ennemi, mais encore réalisé quelques gains : au nord du Mort-Homme, nous enlevons une tranchée et dans la région de la Ville-aux-Bois nous enlevons un petit bois. Le comte Andrassy, un des hommes d'Etat les plus considérables de l'Autriche-Hongrie, après un voyage au front allemand, écrit dans ses impressions cette phrase : « Il n'y a aucune chance pour l'armée allemande de s'emparer de Verdun.» il ajoute cette note caractéristique : « Il me faut modifier mon opinion sur la valeur de l'armée allemande. » De nouveaux contingents russes (la censure ne permet pas de donner aucun chiffre) ont débarqué cette semaine à Marseille.
considère qu'il s'agit de 10000 hommes arrêtés sur un front secondaire.
Sur le front italien. Les communiqués italiens semblent faire prévoir une large offensive prochaine des Autrichiens sur toute la région du Trentin : 200000 ennemis seraient concentrés dans la partie orientale, avec l'artillerie que comportent des forces aussi importantes. En attendant, les escarmouches se continuent sur l’Amadello et dans le Val Sugana. Sur la ligne de l'Izonzo, nos Alliés conquièrent sur le Carso quelques positions avancées.
Plus haut, dans les montagnes, à l'ouest d'Erzeroum et au sud de Bitlis, les attaques turques sont partout repoussées, mais aucun événement important n'est à signaler.
Dans les Balkans. Les envois successifs de troupes serbes, réorganisées à Corfou, au corps expéditionnaire anglo-français de Salonique, commandé par le général Sarrail, ont soulevé un incident : ces départs de l'armée serbe par le chemin de fer de Patras à Salonique déplaisent à la Grèce. Les puissances de l'Entente ont répondu que la Grèce avait sa part de responsabilité dans le pullulement des sous-marins austro-allemands et que, pour cette raison, il y avait nécessité à envoyer les troupes serbes par voie de terre. Les journaux roumains annoncent que 140 000 de leurs soldats ont été provisoirement licenciés pour les travaux des champs : il n'y a donc à prévoir aucune entrée prochaine dans la lutte de la Roumanie, pour ou contre les Alliés. (3) 25 avril : Les forces anglo-indiennes du général Townshend capitulent à Kout-el-Amara, en Mésopotamie, devant les troupes turques, après 143 jours de siège. (2) 27 avril : Une loi créant un diplôme de « mort pour la France » délivré à chaque homme tué au combat, pour rappeler que leur sacrifice n'a pas été vain. (3) 27 avril : Le Code de justice militaire modifié par l’admission de circonstances atténuantes, du sursis, des pénalités et de l’instruction judiciaire contradictoire. (1) 29 avril, en Irak, le corps expéditionnaire britannique sous le commandememnt du général Townsen, capitule davant les Turcs qui font 10 000 prisonniers. Divers : Mata Hari est engagée par des services de renseignements allemands sous le nom de code H21. |