GUERRE 1914-1918

        Les textes en rouge et italique proviennent de Paris Match ou de données personnelles

       Les textes en bleu et italique proviennent du site Wikipédia

        Les textes en vert proviennent de l’encyclopédie « Mémoires du XXème siècle de Bordas »

(il apparaît que les faits peuvent être à des dates légèrement différentes)

 

Décembre :

           (2) Effort de guerre considérable, animé en Allemagne par Rathenau, en Grande-Bretagne par Lloyd George et en France par Albert Thomas et Louis Loucheur.

(2) Apparition des tanks à chenilles sur les champs de bataille.

 

Vendredi 1er décembre 1915 (491ème jour de la guerre)

 

Sur les fronts Belge et Français :

Canonnade énergique de notre artillerie, particulièrement en Belgique, de concert avec l'artillerie anglaise ; dans le secteur de Frise, vallée de la Somme ; entre la Somme et l'Oise ; et au nord-est de Soissons.

 

Sur le front Russe:

Calme, du golfe de Riga jusqu'à la frontière roumaine.

 

En Italie :

M. Sonnino, président du Conseil, déclare à la Chambre italienne que l'Italie a adhéré à la convention de Londres (pas de paix séparée avec les empires centraux) et qu'elle portera au secours à l'armée serbe.

 

En Grèce :

La presse gouvernementale publie une note disant que la Grèce s'en tiendrait à interdire que des combats pussent être livrés sur son territoire.

(1) La Roumanie signe avec les puissances centrales un traité de livraisons importantes de céréales.

             (3) L’Italie adhère au pacte de Londres du 5 septembre 1914, ce qui l’engage à ne pas signer de paix séparée.

             (3) Par décret, le général Joffre, chef de l’état-major général et commandant en chef des armées françaises du Nord et du Nord-Est, est nommé commandant en chef de toutes les armées françaises opérant en Europe.

             (3) Les troupes de l’armée d’Orient qui tiennent un front de 65 kilomètres à Salonique reçoivent l’ordre du général Sarrail de se replier au-delà du Vardar. Le 12, les Bulgares sont arrêtés sur le frontière grecque.

 

Jeudi 2 décembre 1915 (493ème jour de la guerre).

 

Sur les fronts Belge et Français:

Canonnade vive de part et d'autre, dans le secteur de Loos, du bois en Hache et d'Angres ; l'ennemi lance une soixantaine d'obus sur Arras.

 

Sur le front Russe :

Le grand calme, à la suite de la neige et du gel, règne sur le front : les Russes prennent leurs dispositions en vue de l’hiver.

 

Dans le Balkans :

Sanglants engagements dans la direction de Prilep et d'Alenci : les Serbes se retirent de Monastir; sur le front français, dans les montagnes de Krivolak, le froid intense arrête les mouvements.

(1) Les pouvoir du généralissime Joffre sont étendus

(2) Les troupes alliées de Salonique reçoivent l’ordre de se replier au-delà du Vardar.

 

Vendredi 3 décembre 1915 (494ème jour de la guerre).

 

Sur les fronts Belge et Français:

Actions d'artillerie sur quelques points du front.

 

Sur le front Italien:

Nouveaux succès italiens au Monte-Reno : après un intense bombardement des Autrichiens,  infanterie ennemie avance par vagues successives décimées par nos alliés.

 

Dans le Balkans :

Monastir est occupée par les Bulgares ; les Serbes se retirent dans la région de Resan.

 

Samedi 4 décembre 1915 (496ème jour de ta guerre).

 

Sur les fronts Belge et Français:

La pluie torrentielle gène notre tir : canonnade intermittente sur le front.

 

Dans le Balkans :

Dans la région Stroumitza-Doiran, sur le front anglo-français, les Bulgares essaient vainement de déloger les Alliés des puissantes positions occupées par eux.

 

En France :

Une importante conférence franco-anglaise a lieu à Calais ; les principaux ministres anglais et français et le général Joffre délibèrent sur les principales questions posées à l'heure actuelle.

      (2) Calais, les états-majors de France et de Grande-Bretagne examinent la question de Salonique, hésitant entre l'évacuation et le maintien des troupes.

             (3) Réunion franco-britannique à Calais en présence de Herbert Asquith et Aristide Briand. L’état-major examine l’épineuse question de Salonique et hésite entre évacuation et maintien des troupes.

Dimanche 5 décembre 1915 (496ème jour de la guerre)..

 

Sur les fronts Belge et Français :

Notre artillerie exécute des tirs efficaces dans la région de Hetsas, en Belgique, on se font des mouvements de troupes ennemies ; quelques obus incendiaires atteignent Arras.

 

Dans le Balkans :

Les armées autrichiennes se concentrent à Nisch; une manifestation contre la continuation de la guerre a lieu à Sofia : les manifestants sont dispersés par la police.

 

A compter de ce jour les comptes-rendus seront fait semaine par semaine. Ceci est dû à l’accalmie sur les fronts et aux informations contradictoires provenant des évènements dans les Balkans.

 

Du lundi 6 décembre 1915 (492ème jour de la guerre) au dimanche 12 décembre 1915 (498ème jour)

 

Sur les fronts Belge et Français :

          

             Il ressort d'un rapport du maréchal French que nos contingents ont cédé la place au sud Arras, à des effectifs anglais dont les lignes s'étendent jusqu'aux abords de la Somme. : la ville d'Albert se trouve dans leur rayon d'action.

             En Artois, la canonnade ne se relâche guère: Loos et Givenchy demeurent le théâtre de ce duel, ainsi que le secteur de Fouquescourt, en Picardie.

             Sur deux points, en Champagne, nous avions perdu, 300 mètres, environ de tranchées ; nous les avons regagnés lentement, avec le minimum de risques : au sud de Saint-Souplet et à l'est de la Butte de Souain. Ce sont là des incidents locaux.

Mal. French

           En Argonne, c'est la guerre de mines, qui prévaut; mais l'armée du Kronprinz semble méditer quelques nouvelles attaques ; nos batteries détruisent, les réservoirs de gaz suffocants ; près de Béthincourt, et nos troupes, solidement installées y défendent l'accès, du camp retranché de Verdun, à 8 kilomètres des forts avancés.

Un grand conseil de guerre, sous la présidence du généralissime Joffre et auquel assistaient les délégués militaires; des puissances de l’Entente, a tenu plusieurs réunions à Paris.

A la Chambre dés députés, M. Briand, président du Conseil, refusé de répondre aux interpellations sur le haut commandement : le général Joffre a été nommé généralissime de nos armées sur tous les fronts, et le général de  Castelnau, chef d'état-major général.

 

Sur le front russe.

L'accalmie continue à régner sur la presque totalité du front russe, seules les lignes, de la Drina sont témoins d'une certaine activité de l’artillerie.

Pour la vingtième fois des  Allemands échouent non loin d'Uskub, à 35 kilomètres environ au sud-est de Riga. Partout ailleurs, les combattants restent blottis dans les tranchées, aux prises avec la neige et la pluie.

Une armée russe se prépare en Bessarabie : elle a maintenant les armes qui lui faisaient défaut.

 

Sur le front italien.

Dans la zone de Monte-Nero le brouillard a permis aux Autrichiens de prendre  pied sur le contrefort de Vodil, mais les contre-attaques italiennes les en ont délogés à peu près.

Sur le front de l'Isonzo, les difficultés du terrain, à la suite de pluies intenses diminuent l'activité de l'infanterie.

Sur les hauteurs du Calvaire, à l'ouest de Gorizia, les Autrichiens perdent des munitions et du matériel.

Dans le secteur du mont Saint-Michel et sur le Carso, petites opérations offensives.

 

Dans les Balkans.

L'armée serbe, évaluée à 150000 hommes, continue son mouvement de retraite vers l’Albanie, dans des conditions rendues très pénibles par le mauvais temps et l'insuffisance des resSources: elle a abandonné Ipek après, trois jours de résistance.

Malgré des efforts héroïques le Monténégro voit l'encerclement se resserrer autour de ses anciennes frontières: les Autrichiens remontent la vallée de l'Ibar, tandis que les Bulgares, arrivés à Diakova et menaçant le cours inférieur du Drin, ne sont plus qu'à 20 lieues  de Scutari d'Albanie.

Une armée italienne débarque à Vallona pour faire face aux attaques ennemies et empêcher les côtes de l'Adriatique de tomber au pouvoir des Germano-Bulgares : les éléments serbes monténégrins et italiens peuvent former, une armée assez puissante, pour refouler les envahisseurs.

L'effort bulgare se porte,  violent, en Macédoine contre le corps expéditionnaire franco-anglais; le général Sarrail fait replier nos troupes : ce mouvement s'explique par les dispositions devenues défectueuses de nos forces étalées en demi cercle sur la Cerna et le Vardar et menacées d'enveloppement par l'attitude équivoque de la Grèce, par l’éloignement de notre base de Salonique, par l'insuffisance des effectifs et du matériel.

 

En Allemagne.

A la Chambre hongroise, des paroles se sont, élevées, pour demander qu'on arrête l’effusion de sang et que la paix soit rétablie. Au Reichstag, le chancelier de l'empire, M. de Bethmann-Hollweg, a fait une  description optimiste de la situation militaire et économique de l'Allemagne et des empires centraux pour intimider les puissances de l'Entente et égarer les neutres. Il attend, dit-il, pour discuter les conditions de paix, que les adversaires de l'Allemagne fassent des propositions. Les socialistes ont nettement affirmé que l'Allemagne ne peut pas rendre l’Alsace-Lorraine.

 

Bethmann-Hollweg

Du 6 au 8 décembre :

           (2) Conférence de Chantilly. Les Alliés coordonnent leur plan d’offensive pour 1916.

(1) Le 9, fin de la 4ème bataille de l’Isonzo

           (3) Ouverture d’une nouvelle conférence militaire interalliée qui se tient à Chantilly jusqu’au 8. Est adopté le principe d’une offensive simultanée avec ke maximum de moyens sur les fronts français, italien et russe.

           (3) Par la signature d’un accord, le gouverneur grec garantit aux Alliés que l’armée de Salonique n’aura à redouter aucun acte d’hostilité de la part des toupes grecques.

 

Du lundi 13 décembre 1915 (499ème jour de la guerre) au dimanche 19 décembre 1915 (505ème jour).

 

Sur les fronts Belge et Français.

             Nos alliés britanniques poursuivent avec succès la série de leurs petites attaques : en deux points du secteur d'Armentières, ils ont pénétré dans les tranchées allemandes. Leur artillerie, jointe à la nôtre,  réduit au silence les batteries ennemies au nord d'Ypres et le long du canal. Le général Douglas Haig, qui succède au maréchal French dans le commandement en chef des forces anglaises en France suit attentivement les incidents de ce secteur, car les inondations, qui entravent les opérations ennemies devant les lignes belges, n'atteignent pas la région d'Ypres, et celle-ci pourrait être le théâtre d'événements importants.

Douglas Haig

L'artillerie belge, opérant en étroite liaison avec nous, réduit au silence les canons allemands au sud de Dixmude et coopèrent à la garde du passage d'eau de Steenstraete, d'où l'ennemi essaya tant de fois de déloger nos troupes.

Opérations toutes locales de l'infanterie française entre Souchez et Givenchy, entre Somme et Oise, et sur les bords mêmes de l'Aisne, où les Allemands tiennent la rivière en amont de Soissons.

Le bombardement réciproque d'une certaine violence au nord de Nancy, secteur de Nomény-Aulnois, montre que les adversaires continuent à s'observer de près au voisinage de la frontière lorraine.

Les dépêches signalent de nombreux transports de troupes allemandes du front oriental sur le nôtre (douze divisions ennemies et des effectifs de l'armée de Gallwitz) ; il y aurait 2 400 000 combattants ennemis actuellement en présence des armées franco-anglo-belges depuis la mer du Nord aux Vosges : c'est l'indice d'une offensive allemande prochaine dont les récents mouvements de troupes dans les Flandres et en Alsace, la fermeture des frontières belge et suisse et une proclamation de l'héritier de Wurtemberg accréditent la vraisemblance.

(1) Le 11, le général de Castelnau est nommé second du généralissime

 

Sur le front russe.

Les communiqués de l'état-major russe deviennent de plus en plus concis : nos alliés montrent de l'activité en Bukovine.

Près de Riga, toutes les reconnaissances des éléments d'éclaireurs ennemis se terminent à l'avantage des Russes : par endroits en poursuivant l'ennemi, ils pénètrent dans les lignes allemandes.

Au nord-ouest de Dwinsk, l'artillerie russe disperse et détruit en partie une colonne allemande.

 

Sur le front Italien.

Au confluent de la Torra et de l'Astico, les troupes italiennes, grâce à une avance méthodique, réussissent à occuper la Cima Norre qui domine le cours du Haut-Astico et en commande la possession.

Sur les hauteurs au nord-est de Goritzia, nos alliés repoussent une attaque contre leurs positions d'Ostava et en face de Peuma.

Sur tout le front, actions habituelles d'artillerie.

 

Dans les Balkans.

La situation dans la Macédoine a peu changé : le général Sarrail a toutes ses troupes en territoire grec et il se dit prêt à résister à n'importe quel assaut. Les fortifications de Salonique sont poussées très activement : elles s'étendent aux positions avancées de la Chalcidique, qui doivent servir de point d'appui à notre flotte, et englobent tout le nœud de voies ferrées aboutissant à la ville.

Nos aviateurs combattent très efficacement de nouvelles concentrations bulgares à proximité du territoire grec.

L'ambassadeur allemand à Athènes fait de pressantes démarches auprès du gouvernement grec pour obtenir que les troupes turques entrent en Grèce combattre le corps expéditionnaire français, s'il est impossible d'accorder le libre accès aux troupes bulgares. Le président du Conseil, M. Skouloudis, persiste à déclarer que nos ennemis n'ont pas l'intention de violer la frontière et qu'ils porteront plutôt leur effort en Albanie contre les Serbes et les Italiens. Les diplomates des deux groupes de puissances agissent vivement à Athènes.

Les Italiens débarquent 30 000 hommes à Durazzo: le ravitaillement des Serbes, par l'Albanie, a commencé; il s'opère dans des conditions difficiles, à travers des régions peu accessibles. Mais l'Italie déclare qu'elle ne peut tolérer que l'Autriche, sa rivale, s'établisse sur la côte orientale de l'Adriatique.

          

           (3) Divergences entre les états-majors allemand et austro-hongrois. Dans une lettre à son homologue allemand von Falenhayn, le chef d’état-major autrichien von Hötzendorff démontre qu’une offensive dans le sud du Tyrol abattrait l’Italie. Refus des Allemands

Dimanche

           (3) Le maréchal Douglais Haig succède au maréchal John French à la tête de toutes les forces britanniques en France

           (3) Première évacuation des Dardanelles par les troupes anglo-françaises. Décidé en novembre 1915, le retrait commence par le front de Gapa-Tépé et de Sulva. Les alliés, devant leur incapacité à venir à bout des fortifications ennemies et face à une résistance farouche entretenue par le général allemand Otto Liman von Sanders n’ont donc pu mener à bien cette expédition.

 

Du lundi 20 décembre 1915 (506ème jour de la guerre) au dimanche 26 décembre 1915 (512ème jour).

 

Sur les fronts Belge et Français.

Le mauvais temps gêne les opérations sur la plus grande partie du front.

Sur le front belge, bombardement réciproque, particulièrement violent sur les bords de l'Yser.

Sur le front anglais, violent bombardement allemand à Ypres et à Saint Jean, et contre la première ligne de nos alliés et leurs tranchées de soutien au nord-est d'Ypres ; les Anglais canonnent les tranchées de première ligne ennemies, ainsi que Zonnebecke, Zandvoorde et Teubrielen; au cours d'une seule journée, il y a quarante-quatre combats aériens.

En Artois, l'artillerie française se montre active dans la région de Givenchy.

La semaine a été particulièrement rude, dans les Vosges, au Vieil-Armand : une attaque heureuse de nos troupes, déclenchée à la suite d'une préparation d'artillerie, nous permet d'occuper une notable partie des ouvrages ennemis et de faire 1 300 prisonniers ; mais, peu à peu, les Allemands ont repris pied dans leurs tranchées : nos éléments de gauche sont revenus à leurs positions de départ; au centre et à droite nous avons conservé entièrement le terrain conquis sur un front de 2 kilomètres. Une tempête de neige arrête les opérations.

La crue de la Meuse a été tellement rapide que les Allemands n'ont pas eu le temps de creuser les fossés nécessaires pour maintenir les eaux dans leur lit : le pont en bois de Givet a été entraîné par le courant; la Sambre est également sortie de son lit, et une partie de la ville de Namur est sous l'eau ; une quantité de travaux de défense allemands sont détruits par les inondations.

Le capital des rentes souscrites à l'emprunt national français dépasse 14 milliards ; un groupe de banquiers anglais demandent aux Alliés de mobiliser de plus en plus leur fortune liquide : à la Chambre des Communes, M. Lloyd George fait une déclaration importante :« L'Angleterre fabrique des munitions en quantités prodigieuses », et la Chambre vote les crédits pour un quatrième million d'hommes ; le Reichstag allemand vote un crédit de 10 milliards pour la guerre, la minorité socialiste vote contre; à New-York, le cours du mark descend à 77 1/4 cents, cours le plus bas qui ait été coté depuis l'ouverture des hostilités.

 

Sur le front Italien.

Sur le front Tyrol-Trentin et en Carnie, actions intenses d'artillerie : les Autrichiens causent quelques dommages.

Dans la vallée du ruisseau de Camers (Adige), l'ennemi a fait rouler de gros rochers des hauteurs dominant le pays au nord, sans réussir toutefois à causer de graves dégâts.

Sur le front de l’Isonzo, il ne s'est produit aucun événement important.

Sur le plateau de Tolmino, les Alpins italiens sont séparés des Hongrois par des murs formés de sacs de sable, la roche et le feu de l'ennemi ne permettant pas l'ouverture de tranchées; auparavant, c'étaient les cadavres gelés des soldats tués qui servaient de parapet. Les Italiens ont eu à s'ouvrir à la mine un chemin de 30 kilomètres pour se ravitailler.

 

Sur le front russe.

Action d'artillerie sur la ligne de Dwinsk contre les ouvrages allemands: l'offensive des ennemis sur le front Riga-Dwinsk échoue.

Violents combats en Galicie orientale : une tentative d'offensive ennemie a été brisée et suivie d'une contre-attaque des Russes qui ont mis l'ennemi en retraite, lui faisant de nombreux prisonniers et s'emparant d'armes et de munitions.

En Perse, les Russes occupent Khoum, Hamadan et Noveran.

 

Dans les Balkans.

L'armée serbe se reconstitue en Albanie : elle est ravitaillée avec la coopération d'Essad Pacha.

Les Alliés poussent activement les fortifications de Salonique : le major général de Castelnau,

qui est à Salonique, a eu un long entretien avec le général Sarrail ; cette visite, dans les circonstances présentes, a une grande importance, étant donnée surtout l'arrivée continuelle des transports ; tous les jours on débarque du matériel; les Anglais ont retiré leurs troupes de Suvla, dans les Dardanelles, pour renforcer celles de leur secteur de Salonique.

En Macédoine, les belligérants se préparent des deux côtés de la frontière grecque.

Une rencontre d'avant-postes a eu lieu entre Grecs et Bulgares sur le territoire albanais ; il n'y a que quelques blessés et tués : le commandant bulgare a exprimé ses regrets au commandant de la troupe grecque.

Le gouvernement grec, par suite de l'abstention du parti de M. Venizelos, à des élections approuvant en apparence sa politique ; mais les deux tiers des électeurs se sont abstenus. M. Scouloudis, président du Conseil, vient de prendre une ordonnance interdisant l'exportation des denrées alimentaires à destination de Salonique : cette ordonnance gênera non seulement nos soldats, mais la population civile qui voit là une nouvelle tracasserie de l'administration grecque contre les Alliés.

(1) le 21, le roi Nicolas 1er envoie une offre de paix à François-Joseph

(1) le 21, les troupes franco-britanniques se retirent des dardanelles et gagnent Salonique.

           (3) Battus sur tous leurs fronts de résistance, les Allemands se réfugient en Guinée espagnole.

 

Du lundi 27 décembre 1915 (513ème jour de la guerre) au dimanche 2 janvier 1916 (519ème jour)

 

Sur les fronts Belge et Français.

Les navires anglais bombardent la côte flamande; l'artillerie allemande vise de son côté la ville de Nieuport.

En Belgique, les Allemands canonnent violemment plusieurs agglomérations des Alliés, sur le front de l'Yser. De concert avec l'artillerie belge, notre artillerie de campagne et nos canons de tranchées attaquent les organisations ennemies de la région des dunes : des incendies sont allumés et deux dépôts de munitions sautent, dans le secteur de Saint-Georges. A l'est de Boesinghe et dans la région de  Streenstraete, même succès de notre artillerie.

Le 1er janvier, les Allemands ont bombardé Nancy, ville ouverte ; une dizaine d'obus d'une pièce de 350 ont tué quelques civils : le résultat militaire est nul. Nos batteries coupent court à cette manifestation, le gros canon ayant été rapidement repéré par nos aéroplanes.

Le temps toujours pluvieux rend impossible toute opération importante en Champagne : l'ennemi tente une attaque à la grenade sur nos tranchées avoisinant la route de Tahure à Somme-Py; il est facilement repoussé.

Vigoureuse démonstration de nos batteries autour de Mulbach, dans la vallée de la Fecht : ce village est en aval de Metzeral, sur le chemin de Munster.

A l'autre extrémité du ballon de Guebviller, sur le versant du Vieil-Armand, les Allemands concentrent un tel feu d'artillerie que 300 mètres de nos tranchées ont du être évacués.

 

Sur le front russe.

Sur le front de Dvinsk, le thermomètre est descendu jusqu'à 60 degrés Farenheit : malgré cette température extrêmement basse, les Allemands travaillent à leurs fortifications de campagne.

Sur le front de Riga, jusque dans la région de Priept, aucun changement.

Sur le Pripet, les combats continuent. Dans le secteur de la rivière du Styr, les Russes avancent et passent sur la rive gauche, malgré de furieuses contre-attaques.

Sur le front de la rivière de la Strypa, les Russes occupent encore deux nouvelles lignes de tranchées ennemies.

Entre le Dniester et la frontière roumaine, nos alliés atteignent les fils de fer barbelé de l'ennemi, les détruisent et consolident le terrain gagné.

 

Sur le front italien.

Sur tout le front, les artilleries adverses continuent de vives actions.

Les Autrichiens prononcent de petites attaques d'infanterie, facilement déjouées, près de Mori (Val Lagarina) et des pentes du Rombon (Plezzo). Dans la zone du Carso, une action de quelques  détachements italiens permet la capture de prisonniers, d'armes et de munitions.

Des avions ennemis lancent des bombes, sans aucun dommage, sur Mario (Val Lagarina) et sur Strigno et Borgo (Val Sugana).

 

Dans les Balkans.

Le maréchal von Mackensen est nommé commandant en chef de toutes les forces ennemies opérant contre nous dans les Balkans.

L'apparition de la cavalerie allemande au nord de la frontière grecque est signalée.

Les travaux de défense dans le camp retranché de Salonique sont presque terminés : les positions des Alliés, d'après les critiques militaires, sont inexpugnables. 15000 ouvriers grecs ont travaillé jour et nuit pendant deux semaines, sous la conduite d'officiers du génie français. Nos lignes de tranchées, doublées de fil barbelé, sont actuellement achevées ; les pièces d'artillerie et les munitions sont accumulées en très grande quantité.

Le roi de Grèce, Constantin, interviewé, affirme à nouveau qu'il garde une neutralité bienveillante pour les Alliés et qu'il veut « éviter le Charybde allemand autant que le Scylla anglais ».

Des avions austro-allemands ayant bombardé nos campements de Salonique, le général Sarrail, malgré les protestations du gouvernement grec, fait arrêter les consuls des puissances ennemies, qui dirigent une véritable armée d'espions.

Une partie de l'armée serbe fait son apparition à Durazzo.

Un sous-marin allemand ou autrichien torpille dans la Méditerranée le Persia, paquebot qui transportait à Bombay de très nombreux colis postaux, un fort courrier et une faible cargaison : le Persia n'avait à bord ni matériel de guerre, ni combattants. La plus grande partie des passagers a été sauvée, grâce aux canots du paquebot.

(1) Le 29, ce qui reste de l’armée serbe et le souverain Pierre 1er se réfugient sur l’île de Corfou.

           (3) Vote des crédits militaires au reichstag. 22 députés sociaux-démocrates quittent la séance pour ne pas voter, mais 20 y demeurent pour voter contre, rompant la discipline de parti.

           (3) Le roi Pierre 1er de Serbie, son fils Alexandre et ce qui reste de l’armée serbe se réfugient dans l’ile de Corfou.

           (3) Le gouvernement britannique expose à Lisbonne les avantages que présenterait la réquisition par les Alliés des 38 navires allemands restés inutilisés dans les eaux portugaises depuis le début de la guerre.

           (3) Ordre général du généralissime Joffre aux armées : « pendant que nos ennemis parlent de paix, ne pensons qu’à la guerre et à la victoire »

           (3) Le général Sarrail, commandant en chef de l’armée d’Orient et organisateur du camp retranché de Salonique, fait expulser les consuls des Empires centraux à la suite du bombardement de Salonique par un aéroplane allemand.

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