GUERRE 1914-1918

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       Les textes en bleu et italique proviennent du site Wikipédia

        Les textes en vert proviennent de l’encyclopédie « Mémoires du XXème siècle de Bordas »

(il apparaît que les faits peuvent être à des dates légèrement différentes)

 

Du lundi 28 février 1916 (576ème jour de la guerre) au dimanche 5 mars 1916 (582ème jour).

 

Sur les fronts Belge et Français

Entre Ypres et Arras, de violents combats se livrent : les armées en présence sont entrées en action. Les rapports venus de Belgique accordent que les préparatifs allemands ont été faits sur une telle échelle qu'on peut prévoir des batailles longues et rudes.

En Champagne, les attaques qu'on pouvait craindre se bornent à des opérations purement locales qui ne paraissent pas devoir s'étendre.

L'attaque sur Verdun, d'une violence inouïe, est enrayée; près de 120 000 Allemands, le tiers des effectifs engagés par le kronprinz, sont hors de combat : des milliers et des milliers de cadavres jonchent tout le secteur. Après une accalmie de quelques jours, pendant laquelle l'ennemi a essayé de combler ses vides, les attaques recommencent, à la fin de la semaine, aussi terribles et aussi furieuses. Des bataillons entiers sont fauchés par notre artillerie, surtout autour du fort et du village de Douaumont en ruines, pris et repris plusieurs fois par les troupes adverses dans des assauts acharnés. La boucle de la Meuse, au nord de Verdun, battue à la fois par les deux artilleries, est intenable pour chacun des adversaires. En résumé, l'armée allemande se trouve tenue en échec à 8 ou 10 kilomètres au nord de Verdun tandis qu’à l’est elle patauge dans la plaine de Woëvre, en contrebas des côtes de Meuse, à 10 kilomètres de la place.

Le président de la République visite Verdun et la région fortifiée; il décore, près de Revigny, la station d'autos-canons qui abattit un zeppelin et reçu par le général Pétain, il prie les commandants de transmettre aux troupes ses félicitations chaleureuses.

La Provence, grand paquebot français transformé en croiseur auxiliaire, est torpillé par un sous-marin ennemi, dans la Méditerranée : un millier de soldats français périt.

 

Gal Pétain

Chez nos amis.

La Chambre italienne, en reprenant ses travaux, rappelle, les batailles autour de Verdun et envoie son salut chaleureux à la France. La Chambre française répond par une adresse de remerciements en exprimant les sentiments fraternels de la France pour l'Italie.

Recevant, de l'ambassadeur du Japon, les insignes du Chrysanthème, M. Poincaré, président de la République, constate que le Japon, notre allié, et nous, soutenons une cause commune et trouverons « dans une commune victoire une nouvelle garantie d'union durable et féconde ».

Le roi du Cambodge, Sisowath, dans une proclamation adressée à son peuple, invite ses sujets à contracter pour la durée de la guerre des « engagements dans les armées, les arsenaux et les ateliers de France ».

 

Sur le front italien.

Dans la zone de Lagazuol, au nord du col de Falzsrago, l'ennemi ouvre un feu intense d'artillerie et de mousqueterie : il est contrebattu et réduit au silence par les troupes italiennes.

Dans la vallée de Fella, nos alliés exécutent des tirs efficaces sur des colonnes en marche de Uggowizt à Malborghetto.

Sur les hauteurs, au nord-ouest de Gorizia, l'artillerie italienne canonne efficacement des détachements ennemis de première ligne.

Sur le Carso, une atmosphère brumeuse entrave l'activité de l'artillerie.

 

Sur le front russe.

Sur le front occidental, accalmie, sauf dans la région au nord de Czartorysk, où les Allemands tentent une offensive facilement dispersée par l'artillerie russe.

Sur le front du Caucase, les Russes continuent à presser l'ennemi; dans la région de Bitlis, la lutte se poursuit dans des conditions de difficultés exceptionnelles : les chemins sont défoncés, le froid est rigoureux et la neige épaisse.

Nos alliés s'emparent de vive force de la ville de Bitlis : ils prennent 6 canons, et parmi les Turcs faits prisonniers se trouvent 17 officiers, dont un colonel. La prise de cette ville, après celle d'Erzeroum, enfonce pour la seconde fois le front turc.

La population civile turque de Trébizonde évacue cette ville que les Russes serrent de près.

 

Dans les Balkans.

Le calme le plus complet règne sur le front de Salonique.

Plusieurs ponts, gares et voies ferrées sont détruits à Smyrne, au cours d'un  bombardement effectué par les Alliés. Une escadrille de 7 aéroplanes français fait un raid remarquable : Partis de l'île de Chio, nos aviateurs sont venus bombarder les batteries turques de Smyrne; après une action très effective, ils revinrent à Salonique, ayant couvert 600 kilomètres.

Les forces roumaines actuellement sous les drapeaux se montent à 300 000 soldats sur les frontières et à 200000 en réserve : la mobilisation est donc un fait accompli.

             (2) 29 février : Le croiseur britannique Alcantara et le navire allemand Grief se coulent mutuellement après un combat épique dans la Manche.

             (3) 29 février : Après avoir tenté en vain de s’emparer du village de Douaumont, les Allemands suspendent leur offensive.

             (3) 2 mars : Bataille de Verdun : les Allemands prennent Douaumont

             (3) 4 mars : La Grande-Bretagne et la France signent un acord pour le partage du Cameroun qu’elles viennent de conquérir

 

Du lundi 6 mars 1916 (583ème jour de la guerre) au dimanche 12 mars 1916 (589ème jour).

 

Sur les fronts Belge et Français.

Activité réciproque d'artillerie dans la région d'Ypres, sur le front défendu par les Anglais.

Les attaques allemandes, toujours violentes, échouent contre nos lignes au nord de Verdun; voilà, résumée en quelques mots, la situation actuelle. L'effort ennemi porte principalement sur nos ailes, du côté de Béthincourt et du bois des Corbeaux à l'ouest, puis sur le plateau qui domine Vaux, devant Damloup, à l'est : partout il est brisé, après avoir entraîné des pertes énormes auxquelles il est impossible que notre adversaire puisse suffire longtemps; à cet égard, des chiffres, que nous ne pouvons reproduire, ont été donnés à la commission de l'armée par le ministère de la Guerre.

L'état-major allemand n'a réussi qu'à faire porter légèrement en arrière, quelques avancées en saillant des lignes françaises.

 En Alsace, nos batteries bouleversent les tranchées allemandes à l'est de Thann.

Notre aviation se montre particulièrement active : de nombreux combats sont livrés par nos appareils, la plupart dans les lignes ennemies.

Dix avions allemands, dont un Fokker, sont détruits. 

 

Sur le front italien.

Dans la zone alpine, malgré les neiges et les avalanches dans les plaines, malgré une pluie torrentielle, les troupes italiennes persistent dans leurs opérations offensives.

Sur l'Isonzo, l'activité de nos alliés oblige l'ennemi à regarnir ses retranchements efficacement frappés; sur le bas Isonzo, l'artillerie ennemie montre quelque activité.

 

Sur le front russe.

Sur le front austro-allemand, la défensive se change peu à peu en offensive, de la part des Russes, dans la région de Riga et de Courlande.

Les Allemands annoncent que leur flotte de Kiel va attaquer Riga : rien ne vient confirmer cette menace.

Dans la région de Dvinsk, la situation reste stationnaire; de même dans la région de la Strypa supérieur et en Galicie. La neige tombe presque partout en abondance et ne permet pas d'action d'ensemble.

Dans la région du Caucase, l'armée russe continue sa progression : elle est divisée en deux colonnes dont l'une, partant du lac Van après la prise de Bitlis, va chercher à opérer sa jonction avec l'expédition anglaise sur Bagdad; l'autre, qui a pénétré en Arménie avec une rapidité merveilleuse, s'avance sur Trébizonde que les Turcs continuent à évacuer. Déjà l'armée russe, appuyée sur sa flotte, s'est emparée de Mapawre et du port important de Rizeh, à 40 kilomètres de Trébizonde.

 

Dans les Balkans.

A Salonique, le général Sarrail attend l'heure qui lui sera fixée et reçoit toujours des compléments de renforts, armes et munitions; de plus, l'armée serbe se reconstitue rapidement et de forts contingents rejoignent l'armée anglo-française

Les ministres des Empires centraux font une démarche significative auprès du gouvernement grec, lui offrant l'Albanie du Sud et Vallona, et affirmant que l'Autriche n'a aucune prétention sur Salonique.

 

La guerre entre le Portugal et l'Allemagne.

En remettant une longue note au gouvernement du Portugal, le gouvernement allemand déclare la guerre à ce pays : cette rupture des relations diplomatiques ne fait que préciser une situation qui, en fait, existait depuis les premiers mois de la guerre européenne actuelle.

L'Allemagne, au début des hostilités, avait, d'ailleurs, envahi la colonie portugaise de l'Angola.

Les troupes portugaises une cinquantaine de mille hommes : n'auront sans doute pas à intervenir sur les champs de bataille; mais les vaisseaux portugais aideront à faire la police des mers et, désormais, les Alliés utiliseront, pour leur trafic maritime affecté par la crise du fret, les cinquante transatlantiques allemands réfugiés dans les ports du Portugal.

(1) 6 mars, de violents combats se déroulent autour du fort de Douaumont.

(1) 7 mars, Démission de Galliéni, ministre de la guerre.

             (3) 7 mars : En Conseil des ministres, le ministre de la Guerre Galliéni dresse un réquisitoire contre le haut-commandement militaire et demande la restitution au ministre de l’intégralité de ses fonctions.

             (3) 7 mars : L’armée russe s’empare de Rizeh en Arménie turque, sur la mer Noire

(1) 9 mars, l’Allemagne déclare la guerre au Portugal

(2) 9 mars : L’acte de réquisition provoque la déclaration de guerre de l’Allemagne au Portugal. Un gouvernement d’Union sacrée est organisé au Portugal avec mission de préparer un corps expéditionnaire et de renforcer les troupes qui combattent en Afrique.

(2) 9 mars : Verdun : prise du fort de Douaumont : les Allemands se heurtent à la résistance du fort de Vaux.

             (3) 9 mars : Bataille de Verdun : l’armée allemande lance une offensive sur le front Douaumont-Vaux qui échoue contre le fort de Vaux.

             (3) 9 mars : Après avoir dressé  une liste de toutes les atteintes au statut de pays neutre (vente de matériel à l’Entente, actes d’hostilité à la frontière de l’Angola et saisie récente de navires allemands), le gouvernement allemand déclare la guerre au Portugal

 

Du lundi 13 mars 1916 (590ème jour de la guerre) au dimanche 19 mars 1916 (596ème jour)

 

Sur les fronts Belge et Français.

Une grande activité règne sur la ligne Dixmude-Gand.

Les Anglais bombardent avec succès les tranchées allemandes, près de la voie ferrée d'Ypres à Roulers.

A l'ouest de Lens, l'artillerie allemande tonne jour et nuit.

Mais l'attention de l'Europe, du monde entier, est concentrée sur Verdun, où la troisième phase de la bataille commence. Les lignes françaises sont formées par une première position : Béthincourt-Mort-Homme-Gumières et par une deuxième position : Malancourt-Esnes-Bois-Bourrus-Fort de Marre. Les Allemands ayant attaqué toute la longueur de notre première ligne ont pénétré dans les tranchées à la gauche qui se trouve en saillant: quand on voit des attaques si violentes aboutir à la prise de quelques mètres de tranchées, il faut garder sa confiance entière.

Deux membres de la commission de l'armée à la Chambre répètent les paroles qu'ils ont recueillies de la bouche du général Pétain, qui défend Verdun : « J'ai maintenant l'esprit libre, j'ai la certitude du succès final. » L'ennemi paraît moins s'acharner sur Vaux, et porter son effort vers le secteur du sud de Verdun.

 Notre aviation de combat, malgré la brume et les nuages bas, effectue dans la région de Verdun de nombreux vols de chasse et bombarde les gares de Conflans et de Metz, et l'aérodrome allemand de Dieuze.

4 hydravions allemands survolent Douvres : l'un d'eux est abattu.

 Pour raisons de santé, le général Galliéni donne sa démission de ministre de la Guerre; il est remplacé par le général Roques.

Gal Roques

.La piraterie allemande.

Le torpillage de bâtiments neutres, et notamment du Tubanlia, navire hollandais, émeut les puissances : la presse hollandaise demande une entente avec les Etats-Unis pour faire cesser ces actes de piraterie. Le gouvernement de Washington ordonne une enquête sur les circonstances de la perte du Tubanlia et de la tentative de torpillage dont la Patria aurait été l'objet.

L'amiral Tirpitz, ministre de la Marine allemande, donne sa démission, ses conceptions de la guerre navale n'étant pas conformes à celles du cabinet militaire du kaiser; les journaux pangermanistes estiment que « ce départ est une catastrophe nationale ».

Le torpilleur d'escadre français le Renaudin est coulé, dans l'Adriatique, par un sous-marin ennemi.

 

Sur le front italien.

Dans la région montagneuse, les communiqués signalent une activité intense d'artillerie : l'artillerie autrichienne s'acharne avec une violence particulière contre les positions de nos alliés sur la hauteur de Santa-Maria, dans la zone de Tolmino; les Autrichiens font un large emploi de bombes et de fusées.

Sur le Carso, les Italiens font une démonstration de large envergure et empêchent les divisions adverses d'être distraites du front.

Les avions ennemis lancent des bombes incendiaires près du golfe Panzano, sans causer de dommage.

Le généralissime italien Cadorna vient à Paris : il se rendra au grand quartier général français, puis à Londres, où lord Kitchener l'attend.

 

Sur le front russe.

Accalmie sur les fronts russes, sauf en Arménie où, en poursuivant les Turcs dans la direction d'Erzindjan nos alliés occupent, après un combat, le village de Kotur, au sud-ouest de la ville de Mamahatun.

 

Dans les Balkans.

Accalmie complète sur le front de Salonique.

 Le bureau de la presse fait connaître la façon dont l'ennemi, surtout les Bulgares,  exterminent la population serbe : les villes et villages sont dévastés, les blessés achevés; la terreur règne sur l'ancienne frontière de la Serbie; le nombre des Macédoniens fuyant en Grèce devant les Autrichiens et les Bulgares augmente quotidiennement.

Les avant-gardes autrichiennes sont signalées à Voyontza, près de Valona.

 

Le Portugal dans la bataille.

Le ministère d'Union nationale, au Portugal, déclare qu'il peut mettre à la disposition de l'Entente 100 000 hommes d'infanterie et plusieurs batteries.

L'Autriche rappelle son ministre à Lisbonne et fait remettre ses papiers au ministre de Portugal à Vienne.

 

Allemagne et Brésil.

Le gouvernement du Brésil a l'intention de réquisitionner 30 bâtiments allemands internés dans ses ports : l'Allemagne proteste contre cette réquisition.

(1) 13 mars, la 5ème offensive des Italiens sur l’Izonso est un échec.

(1) 14 mars, les allemands prennent d’assaut les hauteurs du Mort-Homme devant Verdun.

(1) 15 mars, L’amiral Von Tirpitz démissionne du ministère allemand de la Marine. L’amiral Von Capelle lui succède.

(3) 15 mars : En Afrique-orientale allemande, avec l’appui des troupes indiennes, rhodésiennes et belges, le général sud-africain Smuts lance une offensive générale en direction du Mozambique

                      (2) 16 mars : Le ministre français de la guerre Gallieni démissionne pour raisons de santé

             (3) 16 mars : Devant l’opposition des civils à sa stratégie très offensive, le secrétaire d’Etat à la marine Alfred von Tirpitz démissionne. Eduard von Capelle lui succède.

             (3) 16 mars : Le ministre de la Guerre Galliéni démission pour raison de santé. Sur les conseils de Joffre, le général Roques lui succède.

(3) 16 mars : A l’occasion du vote des crédits militaires, le député radical Léon Accambray met en cause le haut commandement. La chambre lui reire la parole et vote les crédits le lendemain.

(1) 17 mars, le général Roques succède au général Galliéni au ministère de la Guerre

(3) 17 mars : Les Russes occupent Ispahan

(2) 18 mars : Victoire des Russes sur les Allemands en Lettonie, au sud de Dwinsk

(3) 18 mars : L’armée russe défait les Allemands au sud de Daugpils (Dwinsk), en Lettonie

(1) 19 mars, les troupes Russes occupent Ispahan

            

Du lundi 20 mars 1916 (597ème jour de la guerre) au dimanche 26 mars 1916 (603e jour).

 

Sur les fronts Belge et Français.

En Belgique, notre artillerie exécute des tirs sur les tranchées et boyaux de la seconde ligne ennemie, dans la région de Steenstraete.

Au nord de l'Aisne, nous canonnons un large secteur.

 L'effort allemand continue autour de Verdun, que nos ennemis appellent un « nouveau Sébastopol ». Malgré la violence du bombardement et les attaques en masses compactes de l'infanterie allemande, nous, ne perdons cette semaine que la corne sud du bois d'Avocourt, qui est à 16 kilomètres de Verdun.

Le général Cadorna, accompagné du générallissime Joffre, a visité une partie du front français.

Le prince Alexandre de Serbie, accompagné de M. Poincaré, président de la République, est allé saluer le général Joffre, au grand quartier général, puis a visité une partie du secteur de Verdun.

La campagne sous-marine allemande continue : de nombreux torpillages sont relevés par l'amirauté anglaise. Par suite du blocus sous-marin de l'Angleterre, les navires neutres sont exposés à être coulés en entrant dans les eaux britanniques.

 

Sur le front italien.

Sur tout le front, depuis Rovereto jusqu'aux hauteurs de Gorizia, l'ennemi multiplie son action moyennant une grande dépense d'artillerie et de petites avances d'infanterie : cette action a pour but de chercher de faciles succès contre quelques-unes des positions italiennes les plus avancées.

Des duels d'artillerie particulièrement intenses ont lieu dans la vallée de Sugana et le haut Cordevole, le long de la frontière de Carnie.

Sur le haut Isonzo et sur les hauteurs de Gorizia, l'artillerie italienne endommage plusieurs points des lignes ennemies.

La lutte est plus intense dans le bassin de Plezzo, où, après une longue préparation par l'artillerie et les mitrailleuses, l'ennemi réussit à atteindre quelques tranchées avancées italiennes,

Calme relatif sur le Carso.

 

Sur le front russe.

Sur le front de Riga, duel d'artillerie et de mousqueterie.

La percée des lignes allemandes au sud de Jacobstadt permet aux Russes de continuer une avance lente, mais méthodique, tout en paralysant les contre-attaques de diversion de l'adversaire.

Les troupes russes du rayon fortifié de Dvinsk se mettent également en mouvement.

En Galicie et sur le front du Caucase, la progression russe continue lentement.

 

Dans les Balkans.

A la Chambre grecque, M. Dragonnis déclare que le gouvernement fera tout son possible pour activer le transport de la population habitant dans la zone des combats, qui seraient  imminents.

Guevgueli étant le point où a lieu l'invasion des troupes centrales, la population serait condamnée à subir les conséquences du choc.

22 avions de bombardement ont survolé les campements allemands, dans la région de Salonique, lançant avec plein succès un grand nombre de bombes et faisant de gros dégâts dans les camps ennemis.

Les gouvernements alliés ont des preuves, qui seront bientôt publiées, que les Autrichiens et les Bulgares ont perpétré d'atroces massacres en Serbie et au Monténégro

 

(1) 20 mars, à Berlin, le ravitaillement devient difficile, apparitions des cartes de rationnement.

(1) 21 mars, les troupes austro-hongroises massacrent 9 000 civils serbes

(1) 24 mars, au large de Folkestone, un sous-marin allemand coule le paquebot « Sussex ».

(2) 24 mars : Un sous-marin allemand torpille dans la Manche sans sommation le paquebot « Sussex ».

             (3) 24 mars : La paquebot britannique Sussex est torpillé sans sommation dans la Manche par un sous-marin allemand. On dénombre 80 disparus

 

Du lundi 27 mars 1916 (604ème jour de la guerre) au dimanche 2 avril 1916 (610ème jour)

 

Sur les fronts Belge et Français,

L'armée anglaise étend son front dans la région d'Arras, de manière à relever plusieurs divisions françaises : les Anglais défendent aujourd'hui 130 kilomètres de front.

Au nord de l'Aisne, les communiqués signalent une assez grande activité des deux artilleries, dans les régions de Moulin-sous-Touvent et de Fontenoy.

 En Argonne, nous exécutons des tirs de destruction sur les routes et voies ferrées ennemies.

La bataille de Verdun qui, pendant quelques jours, s'était calmée, reprend presque  l'ampleur du début; l'ennemi passe rapidement d'un point à un autre : tantôt il attaque furieusement notre aile gauche à Malancourt, tantôt notre centre au Mort-Homme, tantôt notre aile droite à Vaux; quant aux résultats, les voici : à l'ouest, c'est la prise de Malancourt; à l'est, la prise de Vaux; mais le Mort-Homme et le fort de Vaux sont toujours à nous. Les communiqués de l'état major français disent que Malancourt et Vaux sont des amas de ruines dont la possession n'a plus d'importance pour nous.

Jean CAILLOU né le 13 octobre 1875 à Cestas, appartenant au 360 ème RI, tué à l’ennemi le 28 mars à Fleury Douaumont (Meuse). Son corps sera retrouvé,  au printemps 2013, parmi 26 autres victimes, dont 7 seulement seront identifiées. Il est inhumé dans le cimetière de Cestas  en Gironde le 11 novembre 2013.

Les autres corps retrouvés sont :

  Albert Hennequin né le 17 février 1891 à Garches (92) - 269ème RI – tué à l’ennemi le 31 mars 1916 à Douaumont (Meuse)

  Jules Le Bœuf né le 14 avril 1880 à Hottot-les-Bagues (14)  - 279ème RI – tué à l’ennemi le 29 mars 1916 à Douaumont (Meuse)

  Jules Letellier né le 13 juillet 1880 à Saint Pierre la Vis (76)  - 129ème RI – tué à l’ennemi le 5 avril 1916 à Fleury (Meuse)

  Charles Louis Desplanques né le 8 novembre 1892 à Armentières (59) - 360ème RI – tué à l’ennemi à Fleury Douaumont (Meuse)

  André Giansily né le 18 novembre 1984 à Vescovato (Corse) - 140ème RI – mort des blessures de guerre le 25 mai 1916 à Fleury (Meuse).

  Jean Peyrelongue né le 23 avril 1881 à Briscous (64) - 49ème RI – mort des blessures de guerre  le 31 mai 1916 à Fleury Douaumont (Meuse)

Deux nouveaux raids de zeppelins sont effectués sur les comtés de l'est de l'Angleterre : organisés en deux escadrilles, ces dirigeables ont jeté 76 bombes et tué ou blessé 100 personnes environ. L'un des zeppelins, atteint par un canon anglais, est descendu au large de l'embouchure de la Tamise : l'appareil a coulé.

La commission du Reichstag, en Allemagne, souscrit à l'aggravation de la guerre sous-marine: mais les puissances neutres se plaignent des violations du droit international : la Norvège conseille à ces puissances une action commune, la Hollande convoque ses deux Chambres et supprime les permissions de ses militaires.

Les représentants des huit gouvernements de l'Entente, réunis à Paris les 27 et 28 mars 1916, ont affirmé l'entière communauté de vues et la solidarité des Alliés et confirmé toutes les mesures prises pour réaliser l'unité d'action sur l'unité de front : les gouvernements alliés  décident, en outre, de coordonner l'action économique à exercer pour empêcher les ravitaillements de l'ennemi. La presse du monde entier commente l'important texte désormais historique des résolutions des puissances de l'Entente.

Le général Cadorna adresse, de Modane, une dépêche au générallissime Joffre dans laquelle il exprime sa « pleine certitude de la victoire finale >>.

 

Sur le front italien.

Les communiqués officiels ne parlent que d'escarmouches sur tout le front.

Sur l'Isonzo, l'archiduc héritier d'Autriche semble vouloir imiter le Kronprinz à Verdun, en lançant à l'assaut des masses compactes de troupes provenant, pour la plupart, de Transylvanie : ce nouveau système d'attaque aboutit à des hécatombes d'Autrichiens.

Sur le Carso, les tentatives d'attaque contre les positions conquises par les Italiens, à l'est de Seltz sont repoussées.

 

Sur le front russe.

Le dégel arrête les opérations, les conditions du terrain devenant très difficiles; mais dans trois secteurs, nos Alliés font des progrès considérables.

Dans le secteur de Jacobstadt, les Russes consolident leur avance.

En Galicie, ils traversent deux nouvelles tranchées ennemies et repoussent toutes les contre-attaques.

 

Dans les Balkans.

La Grèce incorpore, au Royaume, la Haute Epire, interrogé, à la Chambre, à propos des explications réclamées par les puissances à cette incorporation, M. Skouloudis président du Conseil, répond qu'il croit préférable de ne faire aucune déclaration à ce sujet. Répondant à une question relative aux agissements et aux violences des Bulgares en Macédoine et sur le territoire grec, M. Skouloudis déclare que la Grèce a adressé des représentations énergique au gouvernement bulgare et aux Alliés de la Bulgarie.

Devant le camp retranché français de Salonique, les détachements allemands et bulgare qui avaient occupé des villages grecs, ont été ramenés à la frontière, après des escarmouches qui leur ont valu des pertes relativement importantes. Les Allemands ont vengé cet échec en envoyant des avions sur Salonique: vingt civils grecs ont été tués et vingt cinq blessés.

             (3) 27 mars : Ouverture à Paris de la conférence des 8 puissances alliées. L’ambassadeur Isvolski et le général Gilinski représente la Russie. Pachitch et Vesnitch la Serbie, Broqueville et le général Wielemans la Belgique, Joao Chagas le Portugal, Matsui le japon, Salandra, Sonnino et le général Dall’Olio l’Italie, Asquith, Llyod George, Edward Grey, les généraux Kitchner et Robertson la Grande-Bretagne et Aristide Briand, Léon Bourgeois, Albert Thomas, Jules Cambon et les généraux Joffre et Castelnau la France

             (3) 28 mars : La conférence ouverte la veille se clôt par un communiqué final affirmant « l’entière communauté de vues des Alliés » et par la création d’un comité permanent chargé de renforcer le blocus imposé aux pays ennemis.

             (3) 1 avril : Promu général de brigade, Mustapha Kémal est envoyé par les autorités ottomanes sur les fronts du Caucase.

             (3) 2 avril : Le chef du gouvernement albanais arrive à Paris et confirme la sympathie de son pays envers les Alliés.

             (3) 2 avril : A Verdun, après une courte trêve, l’armée allemande repasse à l’offensive

             (3) 2 avril : Devant le refus de l’Entente de désarmer les navires civils, le gouvernement américain renonce à son projet de compromis destiné à éviter le torpillage des bâtiments de commerce.

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