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GUERRE 1914-1918 |
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Février : Le Royaume-Uni demande au Portugal d’arraisonner et de réquisitionner les navires de commerce allemands présents dans ses ports.
Du lundi 31 janvier 1916 (548ème jour de la guerre) au dimanche 6 février 1916 (554ème jour)
Sur les fronts Belge et Français. Les dépêches hollandaises signalent dans l'intérieur de la Belgique des passages de troupes allemandes du Landsturm, dirigées sur le front de l'Yser. Dans les Flandres, les Allemands continuent leur agitation, ainsi qu'en témoigne la violente lutte d’artillerie près de Dixmude; on se dispute toujours à coups de grenades les abords du pont de Steenstraete sur le canal d’Ypres, et, plus au sud, sur la rive droite, les Anglais ont eu à réprimer une attaque dirigée contre leurs tranchées bordant la route d'Ypres à Pilken; mais, devant les lignes anglaises, c'est entre la Bassée et Lens que se concentre l'activité réciproque. Au nord d'Arras, les engagements importants ne se renouvellent pas : la guerre de mines recommence. Si la tranquillité semble renaître en Picardie, en revanche les bords de l'Aisne attirent à nouveau l'attention, et l'ennemi cherche à tâter nos lignes dans la région de Berry-au-Bac. La guerre de mines est plus ardente que jamais en Argonne : les explosions déterminées par nos pionniers se sont produites entre Vauquois-Boureuilles et le Four-de-Paris. En Woëvre et dans les Vosges, actions locales d'artillerie, Un raid de zeppelins sur les côtes anglaises du Norfolk, le comté de Stafford et le comté de Lincoln a pour résultat de faire redoubler d'efforts les Anglais pour aboutir à la punition des Allemands: 300 bombes ont été lancées par l'expédition aérienne; on compte 59 tués, 101 blessés et deux usines sans importance militaire détruites.
Sur le front italien. Dans la vallée de l'Agarina, les troupes italiennes, appuyées par le feu de l'artillerie, attaquent et dispersent des groupes ennemis, au nord-ouest de Mori. Dans la zone entre Astico et Morra, les ennemis, vêtus d'uniformes blancs et appuyés par des mitrailleuses, se sont avancés contre les positions de nos alliés, le long du front de la cime Norre-Millegrobe : ils sont contre-attaqués et repoussés. Dans la vallée de Sugana, l'activité offensive de l'infanterie italienne provoque de nouvelles rencontres défavorables aux Autrichiens, entre Rougégno et Ronchi. Sur l'Isonzo, action intermittente de l'artillerie. Sur le Carso, les Italiens pénètrent dans un retranchement ennemi, dans la zone de San Martino, y font des prisonniers et s'emparent de fusils et de munitions.
Sur le front Russe: Du côté russe, les nouvelles présentent un intérêt médiocre, en ce qui concerne le front principal : quelques tentatives allemandes sur le front de la Dvina et principalement à l'ouest de Dwinsk sont annihilées dès le début. Un raid aérien des Allemands sur Dwinsk attire de belles représailles : les aviateurs russes bombardent violemment les bâtiments militaires de Ponerwieje; ils détruisent sur un long parcours la voie ferrée et font sauter un train de munitions. L'ennemi s'est empressé, d'amener de la grosse artillerie en Galicie et en Bukovine, sur les points menacés par l'offensive du général Ivanoff : sous la protection de ce feu, l'infanterie austro-allemande s'est lancée à l'attaque des positions russes, en bordure du Dniester, mais les tirs de barrage de nos alliés ont dispersé les assaillants. De grands mouvements de troupes s'opèrent au nord de la Bessarabie, à proximité de la frontière roumaine. En Arménie et en Perse, les troupes russes développent avec succès leur progression, notamment à leur aile droite qui remonte la vallée du Tchorok et dans la région du lac de Van. Les Turcs ont fait évacuer d'Erzeroum les bouches inutiles et une partie de la population non combattante.
Dans les Balkans. L'expédition contre Salonique, si longtemps différée, serait en voie d'aboutir, s'il faut en croire les dépêches : «ils signalent qu'une, partie des forces autrichiennes de von Koevess s'achemine par le Sandjak de Novn-Bazar vers la Macédoine, tandis que d'autres troupes continuent la conquête de l'Albanie. Les Bulgares ne paraissent pas avoir dépassé El-Bassan ». Le débarquement de troupes italiennes dans l'île ottomane de Rhodes est une preuve de l'entente des Alliés quant aux opérations d'Orient. Un zeppelin ayant évolué sur Salonique en causant quelques morts et plusieurs millions de dégâts, 14 avions français ont bombardé le camp ennemi de Petritch : volant bas, nos aviateurs ont pu infliger des pertes considérables à l'ennemi. (3) 1 février : A la suite du bombardement du mois de janvier, le général Galliéni est interpellé à propos de la défense antiaérienne de la capitale. La discussion est reportée en commission. (1) 3 février, en Allemagne, début de la réquisition des industries textiles. (1) 3 février, en Russie Goremykine est remplacé par Sturmer à la présidence du Conseil des ministres.
Du lundi 7 février 1916 (555ème jour de la guerre) au dimanche 13 février 1916 (561ème jour)
(1) 8 février, le sous-marin allemand U-51 coule le cuirassé « Amiral Charner » (1) 8 février, à Berlin, émeute provoqué par les problèmes de ravitaillement. (2) 8 février : Le gouvernement allemand fixe au 1er mars le début de la guerre sous-marine sans restriction : les navires marchands pourvus de canons seront torpillés. (3) 8 février : Le gouvernement allemand décrète qu’à partir du 1er mars la guerre sous-marine sans restriction pourra commencer : les navires marchands pourvus de canons seront assimilés à des bâtiments de guerre et torpillés sans restrictions préalables pour évacuer les passagers. (3) 9 février : Aristide Briand se rend à Rome avec une mission militaire afin d’établir avec le gouvernement italien une liaison similaire à celle existant entre Londres et Paris (3) 11 février : Les services de renseignements des Alliés apprennent que les Allemands sont sur le point de lancer une offensive de grande envergure dans la région de Verdun. (1) 11 février, à Berlin, Guillaume II ordonne l’intensification de la guerre sous-marine. (1) 13 février, les alliés s’engagent à garantir dans l’avenir, la neutralité du territoire belge et lui promettent la récupération des territoires annexés par l’Allemagne. (2) 13 février : Dans l'Est africain sous domination allemande, les troupes britanniques venant de Rhodésie lancent une attaque dans le but de s'emparer du chemin de fer qui relie Kigoma, sur le lac Tanganyka, à l'océan Indien. Les troupes du Congo belge sont chargées de diviser les forces allemandes en attaquant celles-ci à l'Ouest. (2) 13 février : La 1re brigade russe constituée (2 régiments), quitte Moscou par le transsibérien et arrive en Mandchourie à Dairen le 28 février, d'où elle embarque pour la France sur des navires français.
Du lundi 14 février 1916 (562ème jour de la guerre) au dimanche 20 février 1916 (568ème jour).
Sur les fronts Belge et Français. Notre front garde la même physionomie que la semaine dernière : un peu de mines, beaucoup de tirs d'artillerie, peu d'actions d'infanterie. Les Allemands ne restent cependant pas inactifs : on signale en Belgique de grands passages de troupes vers Ypres; ils usent de tous les moyens de locomotion pour envoyer sur le front hommes et matériel : des transports à vapeur immenses, portant des poids considérables, parcourent les canaux, surtout ceux de la région de Gand. Le kaiser a été signalé à Namur, se rendant à Charleville, où est le grand quartier général allemand. Depuis que l'ennemi a occupé quelques centaines de mètres de tranchées britanniques en Belgique, parallèlement au canal d'Ypres à Commines, nos alliés ne leur laissent pas de répit, depuis le nord d'Ypres jusqu'aux abords de la Lys. Au nord de Soissons, nous bombardons durement les défenses ennemies, après avoir repoussé une furieuse attaque de plusieurs jours. A l'autre extrémité de l'immense front, l'ennemi s'efforce, sans succès, de nous harceler : les actions qu'il engage depuis peu en Haute-Alsace se font remarquer par leur intensité et leur continuité. A peine remise de son échec de Seppois, l'armée du kronprinz attaque nos positions de Largitzen, à quelques kilomètres d'Altkirch : grâce à une furieuse préparation d'artillerie, les troupes allemandes ont pu aborder un instant nos tranchées, mais une intervention de nos réserves a brillamment rétabli la situation.
Sur le front italien. Sur le long du front, on signale différents combats d'artillerie avec des tirs de représailles contre les localités habitées. En réponse aux nombreuses violations du droit des gens effectuées par les aviateurs autrichiens qui ont tenté, notamment, de bombarder Milan, des escadrilles italiennes effectuent plusieurs raids sur des positions ennemies (Lubrania, Nabresina, etc.).
Sur le front russe. Du côté des Russes, une activité réciproque continue à se manifester aux deux ailes du front principal entre Riga et Dvinsk, d'une part, en Bukovine et en Galicie, de l'autre : il s'agit surtout d'un duel d'artillerie. L'intérêt se porte principalement sur le théâtre d'Arménie : le siège d'Erzeroum a été conduit avec une rapidité foudroyante et la chute de cette importante place forte n'a suivi que de quelques jours la destruction du premier fort. Les journaux russes évaluent la garnison d'Erzeroum à 100 000 hommes avec 467 canons dans les forts avancés, 374 dans les forts centraux et 200 canons de campagne. Nos alliés ont recueilli plus de mille canons turcs. Pendant que leur groupe central taille en pièces les débris de l'armée turque en déroute au cours d'une poursuite vigoureuse, leur aile droite, progressant le long du littoral de la mer Noire et par la vallée de Tchorok, dessine un mouvement tournant vers le port de Trébizonde. Deux autres villes tombent au pouvoir de l'armée russe du grand-duc Nicolas : Mouch et Aklat.
Dans les Balkans. En Albanie, les Bulgares et les Autrichiens assiègent Durazzo défendue par les Serbes : les troupes autrichiennes paraissent vouloir atteindre la mer, au sud de Durazzo; le gros de l'armée austro-bulgare se groupe près de la rivière Arzen, au nord de Durazzo. En Macédoine, on ne signale qu'une certaine activité des avions ennemis qui se montrent fort curieux de nos dernières fortifications. Les troupes françaises de Salonique continuent leurs travaux et l'occupation de positions stratégiques le long du Vardar et des ponts de ce fleuve. Seize avions français de bombardement ont lancé sur Stroumitza-station (à 20 kilomètres de Stroumitzaville), où sont arrivés des renforts allemands, 165 bombes de gros calibre : selon les rapports et photographies, les résultats de ce bombardement sont considérables. Le général Sarrail, invité par le roi des Hellènes, projette un voyage à Athènes : la presse grecque espère que cette entrevue « resserrera les liens de cordialité entre le pays et l'Entente, cordialité que les menées des Empires centraux n'ont pas réussi à faire disparaître ».
La conquête du Cameroun. La garnison allemande de Mora, dans le nord du Cameroun, s'est rendue : cette reddition complète la conquête de la colonie allemande. (1) 14 février, le gouvernement britannique approuve le plan de guerre du général Joffre. (3) 14 février : La France, la Grande-Bretagne et la Russie garantissent que la Belgique participera aux négociations de paix et qu’elles ne mettront pas fin aaux hostilités tant que l’indépendance politique et économique du pays ne sera pas rétablie. (3) 14 février : Aristide Briand achève sa visite à Rome après avoir reçu l’assurance que l’Italie participerait aux futures réunions interalliées. (3) 15 février : Les autorités coloniales mettent fin à la rébellion, à la frontière entre le Dahomey et le Nigéria, déclenchée en 1915 contre le recrutement forcé. (3) 16 février : Les forces russes s’emparent d’Erzeroum en Arménie turque. L’entrée des troupes révéle l’ampleur de la déportation des Arméniens dans cette ville. (3) 17 février : Le Portugal ordonne la saisie de navires allemands surpris dans les eaux territoriales avant de les mettre à la disposition des Alliés. Berlin proteste. (3) 18 février : Le général Joffre commandant en chef des armées française, et le maréchal Douglais Haig commandant en chef des armées britannique, se mettent d’accord pour reporter la prochaine grande offensive sur le front de la Somme.
Du lundi 21 février 1916 (569ème jour de la guerre) au dimanche 27 février 1916 (575ème jour)
Sur les fronts Belge et Français. Semaine marquée par de nombreux combats aériens : à l'est d'Altkirch, un de nos avions fait tomber un fokker allemand; dans la région d'Epinal, un albatros est abattu par notre artillerie; dans la région de Bures, au nord de la forêt de Parroy, un appareil allemand tombe dans nos lignes; dans la région de Vigneulles-les-Hattonchâtel, deux taubes sont contraints d'atterrir; un avion ennemi est atteint à Givry-en-Argonne; un zeppelin, en marche de Sainte-Menehould vers le sud, est atteint par un obus lancé par un auto-canon de la section de Revigny et tombe enflammes aux environs de Brabant-le-Roi. Un raid d'avions allemands a lieu sur le Comté de Kent, en plein jour : il cause, après avoir lancé 18 bombes des dégâts insignifiants. Les aviateurs anglais, par représailles, font un raid de nuit contre l'aérodrome allemand de Cambrai : leurs bombes frappent les hangars et font explosion à l'intérieur. Les troupes allemandes prononcent une attaque importante en Artois, dans le bois de Givenchy, à l'est de la route reliant Souchez à Angres : deux régiments d'infanterie bavaroise, sur un front d'un kilomètre, gagnent l'emplacement de notre première tranchée et, en quelques points, notre tranchée de doublement, malgré nos tirs de barrage qui déciment les assaillants. En Picardie, une offensive aussi sérieuse se produit près de Chaulnes, où se croisent les lignes d'Amiens à Chaumont et de Paris à Cambrai : notre artillerie brise la tentative. Le secteur de Verdun est le théâtre de la plus formidable bataille qui ait eu lieu : malgré la rage de l'offensive allemande, nos ennemis n'ont obtenu aucun résultat appréciable. La prise de quelques tranchées évacuées par ordre de notre commandement (les Allemands ont par endroits deux lignes de batteries) ne peut être considérée comme un succès, et cet effort coûta beaucoup. Depuis la bataille de l'Yser, les Germains n'avaient pas fait pareille dépense de forces : les experts militaires évaluent à 200000 hommes les armées qui attaquent Verdun, c'est-à-dire 10 soldats par mètre. Or, la décision, à l'heure actuelle, est toujours pendante; les pertes allemandes sont énormes; les corps s'amoncellent au point de former comme un mur. Un communiqué spécial allemand annonce la prise du fort de Douaumont; un communiqué français annonce la reprise de ce fort par notre contre-attaque et la stabilité du front français en avant de la position reconquise.
Sur le front italien. Abondante chute de neige sur tout le front : les opérations sont arrêtées en partie. Dans la vallée de Popona (Rienz), l'artillerie autrichienne développe une action particulière, sans causer de gros dommages. Sur les hauteurs au nord-ouest de Gorizia, les détachements ennemis lancent des bombes asphyxiantes; le feu italien repousse les agressions.
Sur le front russe. Les aéroplanes allemands se montrent au dessus de la région de Riga et dans le secteur de la Dvina. Sur la position de Dvinsk, dans la région du chemin de fer, les Russes refoulent l'ennemi et progressent. En Galicie, échange de bombes et combats locaux autour d'entonnoirs. Les communiqués russes donnent des détails officiels sur la prise d'Erzeroum : sont prisonniers: 235 officiers turcs, 12000 soldats; ont été enlevés : 9 drapeaux, 313 canons et de grands dépôts d'armes, de munitions et d'approvisionnements. L'armée russe du Caucase continue sans répit la poursuite du reste des forces turques; sur la chaussée de Trébizonde, elle occupe quelques villages.
Dans les Balkans L'entrevue du général Sarrail et du roi des Hellènes est l'objet d'articles optimistes dans la presse grecque et la presse française, mais aucune déclaration n'est faite par les gouvernements. L'effort bulgare et autrichien se porte autour de Durazzo, serrée de près. Un fort contingent de troupes anglo-françaises est débarqué dans cette ville pour aider les Italiens qui construisent fiévreusement des fortifications autour de la place; Essad-Pacha, à la tête de 20 000 Albanais, apporte son concours aux alliés. (1) 21 février, début de l’offensive allemande de Verdun. (2) 21 février : Début de la bataille de Verdun (fin le 11 décembre à 11 heures du matin). (3) 21 février : L’artillerie lourde allemande pilonne les positions françaises sur un front de 12 kilomètres du village d’Ornes à la Meuse. C’est le début de la bataille de Verdun. (3) 22 février : Sous le commandement du colonel Driant, 1300 chasseurs défendent avec acharnement le bois des Caures, dans la zone de Verdun. Aucun homme ne survivra. (1) 22 février en France, 3 600 000 casquesfabriqués à ce jour pour la guerre. (1) 23 février, au Portugal, embargo sur un navire de commerce allemand. (3) 23 février : Devant la puissance de feu de l’armée allemande, les troupes françaises doivent évacuer Brabant-sur-Meuse, situé entre Samogneux et Consenvoye. (3) 24 février : Continuant l’offensive sur Verdun, les Allemands occupent Beaumont. (1) 25 février Joffre place Pétain à la tête de la 2ème armée. (2) 25 février : Verdun : après avoir pris Beaumont et le fort de Douaumont, les Allemands suspendent l’offensive devant le village de Douaumont qu’ils n’ont pas réussi à occuper. (3) 26 février : Bataille de Verdun, les forces allemandes (24e Brandebourgeois) s’emparent du fort de Douaumont. (3) 26 février : Le général Joffre confie le commandement du secteur de Verdun au général Philippe Pétain qui commande la IIème armée. |